Alpha Jet

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French Alpha Jet.JPG Vue de l'avion

Constructeur Drapeau : France Drapeau : Allemagne Dassault Aviation-Dornier
Rôle Avion d'entraînement et d'attaque au sol
Premier vol 26 octobre 1973
Mise en service 1979
Nombre construits 500
Équipage
2 (Biplace)
Motorisation
Moteur Snecma-Turbomeca Larzac 04C6
Nombre 2
Type Turboréacteurs
Poussée unitaire 1438 kg de poussée
Dimensions
ALPHA JET (DASSAULT-BREGUET, DORNIER).png
Envergure 9,11 m
Longueur 11,84 m
Hauteur 4,19 m
Surface alaire 17,5 m2
Masses
À vide 3 340 kg
Carburant 1 520 kg
Maximale 8 000 kg
Performances
Vitesse maximale 1000 km/h (Mach 0,86)
Vitesse de décrochage 204 km/h
Plafond 13 750 m
Vitesse ascensionnelle 3 660 m/min
Rayon d'action 1 230 km
Facteur de charge +7.5 / -3
Armement
Interne canon DEFA de 30 mm ou Mauser de 27 mm en pod ventral
Externe 2 500 kg maximum sur 5 point d'ancrages, missile air-air d'autodéfense, missiles antichar, bombes et roquettes

L’Alpha Jet est un appareil militaire de conception franco-allemande (Dassault Aviation - Dornier), destiné à l'entraînement ou à l'attaque au sol. Il a été construit à environ 500 exemplaires, utilisés par une dizaine de pays différents et équipes, dont la Patrouille de France depuis 1981.

Historique[modifier | modifier le code]

D'une collaboration franco-britannique...[modifier | modifier le code]

En 1965, alors que l'Armée de l'air française, la Luftwaffe allemande et la Royal Air Force britannique cherchent toutes trois à remplacer leurs Aérospatiale/Potez Fouga Magister, Lockheed T-33A, AMD-BA Mystère IVA, Fiat G.91R ou Hawker Hunter utilisés pour l'entraînement de leurs pilotes, la société Breguet remporte avec son projet Br-121 le concours français d'Avion école combat et d'appui tactique (ECAT) lancé début 1964[1]. En octobre 1964, les Britanniques établissent de leur côté une fiche-programme[2] pour un appareil d'entraînement supersonique. Les deux projets se rapprochent début 1965 jusqu'à l'accord de coopération franco-britannique de 17 mai 1965 validant la construction d'un avion école en commun : le Jaguar, présenté conjointement par Bréguet et British Aerospace Corporation et équipé de deux turboréacteurs Rolls-Royce plc/Turbomeca Adour de plus de 2 000 kg de poussée à sec. L'Armée de l'air demande deux versions : une d’entraînement, une d’appui tactique, la Royal Air Force ne désire que la version d’entraînement. En mai 1966, la Société européenne pour la production de l'avion-école de combat et d'appui tactique (SEPECAT) est créée par Bréguet et British Aerospace Corporation. De droit français, elle est chargée de gérer le projet et recevoir les contrats. Un mois plus tard a lieu la fondation de la Rolls-Royce plc/Turbomeca Ltd (RRTM), de droit britannique, responsable de la mise au point et de la production des turboréacteurs Adour. La fabrication des prototypes du Jaguar est lancée en octobre 1966 et en mars 1967, l'Adour fait ses premiers tests au banc d'essai. Le 9 janvier 1968, le ministre français des Armées et le ministre britannique de la Défense signaient à Londres une commande de 400 appareils pour les besoins à parts égales de l'Armée de l'air française et de la Royal Air Force. La sortie d'usine du Jaguar a lieu le 17 avril 1968. Courant d'année, alors qu'il effectue son 1er vol[3], le programme Jaguar d’avion école est modifié et la RAF diminue sa commande d’avions d’entraînement au profit de la version d’appui tactique. En 1970, le programme Jaguar est une nouvelle fois modifié : la RAF ne veut plus d’avion d’entraînement et l'on aboutit à l'avion d’appui tactique alourdi Jaguar[4].

... à un développement franco-allemand[modifier | modifier le code]

Entre temps, les constructeurs Avions Marcel Dassault-Breguet Aviation (AMD-BA) et Dornier se sont déjà rapprochés en juillet 1969 pour répondre au besoin d'avion d'entrainement subsonique. Trois projets sont proposés :

À l'issue d'une compétition acharnée, le 23 juillet 1970 les deux gouvernements sélectionnent le TA501, qui prend alors le nom d'Alpha Jet. La version d'entraînement est désignée «E» tandis que celle d'attaque porte la lettre «A».

Prototypes[modifier | modifier le code]

Issu des études menées de chaque côté, le premier prototype de l'Alpha Jet s'envole le 26 octobre 1973. La France reçut ses premiers avions en 1977 tandis que l'Allemagne, qui souhaitait plutôt une version d'attaque au sol attendit 1978.

Spécifications[modifier | modifier le code]

L'Alpha Jet peut être armé d'un canon de 27 mm ou 30 mm en pod ventral, et emporter 2 500 kg de charge offensive. Le système d'armement et de navigation de la version de combat est efficace et précis, et permet une grande flexibilité dans les missions d'attaque. Mais ce système est obsolète depuis l'apparition des avions de combat de 3e génération (Mirage 2000, F-16, etc.). Les avions affectés à la Patrouille de France emportent un pod fumigène sous le fuselage, dérivé du pod canon des versions de combat.

  • Carburant maximal : 2 580 litres (avec réservoirs externes)
  • Vitesse de décrochage : 204 km/h
  • Vitesse d'approche : 216 km/h
  • Distance de décollage (m) : 340
  • Distance d'atterrissage moyenne (m): 500
  • Facteur de charge : +7.5g/-3 g
  • Consommation : 700 à 800 kg de kérosène à l'heure

L'Alpha Jet a été construit jusqu'en 1991 à un peu plus de 500 exemplaires (504 ou 512 suivant les sources) et a connu un certain succès à l'export. Aujourd'hui encore, les pilotes des armées de l'air française et belge font leur apprentissage du pilotage d'avion à réaction sur cette machine.

Variantes[modifier | modifier le code]

Un Alpha-jet E du Nigeria en configuration d'attaque au sol.

Versions opérationnelles[modifier | modifier le code]

  • Alpha Jet A : version d'attaque (légèrement supersonique, grâce à son nez pointu) (175 exemplaires pour l'Allemagne, certains cédés ensuite au Portugal)
  • Alpha Jet E : version d'entraînement (303 exemplaires pour 8 pays)
  • Alpha Jet E+ : version avec avionique améliorée (29 exemplaires convertis en Belgique)
  • Alpha Jet MS1 et MS2 : versions d'attaque avec avionique améliorée pour l'Égypte.

Le projet VTX pour l'US Navy (1977-1983)[modifier | modifier le code]

En 1975, l'US Naval Air Development Center (NADC) débute des études puis lance en septembre 1977 le concours VTX-TS (Heavier Than Air [sic]-Training Aircraft)[8] visant à remplacer ses North American T-2 Buckeye et Douglas Aircraft Company TA-4F Skyhawk par un avion d'entraînement avancé. Associés à Lockheed le 24 juillet 1978, AMD-BA/Dornier proposent une version peu modifiée de l'Alpha Jet A (train d'atterrissage renforcé et doté d'un diabolo, allongement du nez, etc). Après l'élimination d'une version améliorée du North American T-2 Buckeye, de l'Aermacchi MB-339, de projets de General Dynamics, Grumman/Beechcraft et Northrop/Vought, l'Alpha Jet est opposée au BAe Hawk.

Il est prévu qu'en cas de victoire Lockheed construise l'avion aux États-Unis avec AMD-BA et Dornier à raison de 350 exemplaires. Les réacteurs Turboméca/SNECMA Larzac doivent également être construits aux États-Unis par Teledyne CAE de Toledo (Ohio). Le projet est dirigé par Jacques Bonnet et Pierre Lasala pour AMD-BA et Peter Kania pour Dornier. La coordination avec Lockheed est assurée par Raymond Derimay (AMD-BA) et Steve Myers. Le concept de programme d'entraînement proposé par Lockheed prévoit la production de 261 avions, 39 simulateurs et d'un système automatisé de gestion de la formation.

Du 8 au 25 septembre 1980, l'Alphajet A 58 (F-ZVAB), revêtu pour l'occasion d'une livrée spéciale jaune, bleue et blanche, effectue une tournée aux États-Unis. L'appareil est convoyé de France par Patrick Experton et Brad Spahr, pilote d'essais de Lockheed. Il vole sur les bases aéronavales de Pensacola (Floride), Meridian (Mississippi), Corpus Christi (Texas), Kingsville (Texas), et Beeville (Texas) ainsi que les bases aériennes d’Andrews (Maryland) et Randolph (en) (Texas). L'appareil est présenté devant les membres du Congrès, du gouvernement, des officiers de haut rang, des spécialistes de l'entraînement et des pilotes instructeurs de la marine et de l'armée de l'air américaine. Le programme serré de démonstrations comprenait quatre à cinq vols quotidiens de présentation.

L'A 58 a effectué 88 vols en 18 jours ce qui représente un total d'environ 100 heures de vol. Soixante-sept pilotes américains ont pu essayer l'appareil à cette occasion. Le programme n'aboutit pas. Bien que la fiche programme de l'US Navy ait spécifié son exigence d'un biréacteur, c'est finalement le BAe Hawk produit sous licence par Mc Donnell Douglas sous le nom de T-45A Goshawk, monoréacteur, qui a été choisi en août 1983 pour des raisons de politique industrielle. En 2005, l'US Navy utilise 75 T-45A et 86 T-45C à l'avionique améliorée pour la formation de ses pilotes, ceux de l'US Marine Corps et ceux de certaines marines étrangères comme la Marine nationale française.

Le projet d'Alpha Jet 2 NGEA[modifier | modifier le code]

L'Alpha Jet 2, initialement l'Alpha Jet NGEA (Nouvelle Génération École/Appui), est une version d’entraînement et d’attaque dérivée de la version MS2 (désignateur laser, VTH, centrale inertielle de navigation, etc) compatible avec le missile air-air Matra Magic 2 et dotée d'un turboréacteur Turbomeca Larzac 04-C20 plus puissant. On suppose que l'Alpha Jet 2 NGEA qui a volé est l'un des 4 prototypes conservés par les constructeurs.

Le projet d'Alpha Jet 3 Lancier (1989)[modifier | modifier le code]

Version d’attaque tout temps dérivé du NGEA et pourvue d’équipements infra-rouge FLIR ainsi que d'une capacité en armement étendue.

L'Alpha Jet 3 "Lancier" devait avoir un cockpit tandem équipé d'affichages multifonctions (MFD). Il devait pouvoir porter les systèmes AGAVE ou le radar Anemone, un système de vision infra-rouge FLIR, un système d'acquisition laser de cibles et un ensemble de contremesures modernes.

Enfin, Dassault proposa un avion d'entrainement embarqué avec crosse d'appontage et train renforcé pour l'Aeronavale.

Le projet d'Alphajet M pour la Marine nationale française (1990-1994)[modifier | modifier le code]

Confrontée à l'usure du Fouga CM.175 Zéphyr utilisé par la flottille 59.S depuis 1960 pour l'entraînement à l'appontage, la Marine nationale étudie avec bienveillance[9] les projets de 1986 et 1988 de Dassault Aviation. Des approches d'un Alpha Jet sont simulées du 18 au 29 juin 1990, au moment des essais du Super-Étendard Modernisé (SEM) et de l'Étendard IV P modernisé, sur le Clemenceau (R98). Cette version M, qui serait produite à 40 exemplaires, comporterait un train d'atterrissage renforcé, une crosse d'appontage et serait motorisée par deux SNECMA/Turbomeca Larzac 04-C6/20 délivrant 13 % de poussée supplémentaire. En juin 1991, la Marine nationale étudie également l'acquisition du McDonnell Douglas T-45 Goshawk comprenant un nouveau cockpit à deux écrans cathodiques, un capteur laser, un GPS, un canon de 20 mm en nacelle et qui serait motorisé par un Rolls-Royce plc/Turbomeca F405/401, version navalisée de l'Adour Mk871. Finalement après le retrait des Zéphyr en 1994, l'État-major convient d'entraîner ses pilotes aux États-Unis à la Naval Air Station Meridian (Mississippi).

Opérateurs [Quand ?][modifier | modifier le code]

Alpha Jet E de la Composante Air de l'armée Belge
Alpha Jet A de la Força Aérea Portuguesa

Modernisation[modifier | modifier le code]

La Belgique a fait évoluer ses exemplaires en les équipant d'une centrale de navigation inertielle couplée avec un récepteur GPS, d'un viseur tête haute et d'un système HOTAS. L'Égypte a reçu 2 versions (MS1 et MS2) avec une avionique également améliorée pour augmenter ses capacités en attaque au sol.

La Délégation générale pour l'armement française a notifié le 31 décembre 2007 un contrat de 22,6 millions d'euros à Thales Avionics et à la SABCA, filiale de Dassault Aviation, un programme de modernisation portant sur 20 appareils, qui recevront des équipements semblables aux Alpha Jet belges : centrale de navigation inertielle couplée avec un récepteur GPS, un viseur tête haute, des conduites de tir air-air et air-sol, etc. Le premier avion modernisé a été livré mi-2009[15].

Le Nigéria a fait moderniser 3 de ses appareils en 2012-2013[14].

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le 15 janvier 1965, le Comité technique des programmes des Armées françaises fixe son choix sur le Br-121
  2. Operational Requirement OR 362
  3. Le 8 septembre 1968
  4. Claude Carlier, « Les hésitations des États-majors face au renouvellement des matériels aériens », dans Stratégique (ISSN 0224-0424) no 53 (janvier 1992) [lire en ligne]
  5. 126 + 375 = 501 !
  6. Selon Le Fana de l'aviation (ISSN 0757-4169) no  416 (juillet 2004)
  7. Selon Flying Review International (août 1970)
  8. Réaménagé en avril 1978
  9. Une partie de la formation des futurs pilotes de l'aviation navale se déroule sur Alpha Jet depuis 1979 au sein de l'École de l'aviation de chasse de la BA 705 à Tours
  10. Commandés et assemblés par la SABCA sous la désignation Alpha Jet 1B, livrés entre 1978 et 1980. L'instrument de bord de quelques exemplaires est modernisée en 2000 en Alpha Jet 1B+, comprenant un système de navigation par gyrolaser et GPS. Ils devraient rester en service jusqu'au moins 2015. Les 22 exemplaires en service en 2013 sont en France
  11. 26 appareils ont été assemblés par l'Industrie Aéronautique Égyptienne (AOI) à Hélouan plus 4 par Dassault Aviation
  12. « Les chiffres-clés de la Défense – édition 2011 », sur Ministère français de la Défense,‎ 30 septembre 2011 (consulté le 3 octobre 2011)
  13. « Question N° : 47342 », sur Assemblée nationale française,‎ 14 avril 2014 (consulté le 29 mai 2014)
  14. a et b « Un Alphajet nigérian s’est écrasé au Niger »,‎ 7 mai 2013 (consulté le 7 mai 2013)
  15. Communiqué du ministère de la Défense français [lire en ligne]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Braybrook, Roy. "Training Maturity". Air International, June 1984, Vol 26 No 6. Bromley, UK:Fine Scroll. ISSN 0306-5634. p. 269–276, 312–313.
  • (en) Paul Eden (éditeur), Encyclopedia of modern military aircraft, London, Amber Books Ltd,‎ 1er juin 2006, 512 p. (ISBN 978-1904687849).
  • Stijger, Eric. "Alpha Jets for Portugal". Air International, Vol. 46, No. 3, March 1994, p. 128–131. Stamford, UK:Key Publishing. ISSN 0306-5634.
  • Taylor, John W R (ed). Jane's All The World's Aircraft 1982-83. London: Jane's Yearbooks, 1982. ISBN 0-7106-0748-2.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Aéronefs comparables

Jaguar - Alpha Jet

Liens externes[modifier | modifier le code]