Ansar Dine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ansar Dine
Image illustrative de l'article Ansar Dine

Idéologie Islamisme, Salafisme
Objectifs Instauration de la Charia
Statut Actif
Fondation
Date de formation 2012
Pays d'origine Drapeau du Mali Mali
Actions
Mode opératoire Lutte armée, guérilla
Zone d'opération Nord du Mali
Période d'activité Mars 2012 - auj.
Organisation
Chefs principaux Iyad Ag Ghali
Membres 3 000 à 10 000 hommes[1],[2]
(2012-2013)

800 hommes[3]
(en 2014)
Guerre du Mali

Ansar Dine (en arabe : أنصار الدين) ʾAnṣār ad-Dīn, nom qu'on peut traduire par « défenseurs de la religion », est un groupe islamiste dirigé par Iyad Ag Ghali, un des principaux chefs de la rébellion touarègue de 1990-1995. Apparu au début de l'année 2012, c'est l'un des principaux groupes armés participant à la guerre du Mali.

Ce groupe ne doit pas être confondu avec son homonyme, mouvement légalisé en 1992, revendiquant 800 000 soutiens dirigés par le prédicateur Chérif Ousmane Haïdara, vice-président du Haut Conseil islamique du Mali[4].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le 18 mars 2012, Ansar Dine adresse un communiqué à l'AFP, le mouvement affirme combattre pour instaurer la charia à l'ensemble du Mali[5] :

« À compter de ce jour, nous nous engageons à la lutte armée sans merci pour l'application de la charia, dans un premier temps dans l'Adrar des Ifoghas. Quiconque est d'accord avec cette position est avec nous. Nous sommes des musulmans du Mali (...) et notre objectif est de convaincre de gré ou de force les autres à appliquer la charia. Nous ne voulons pas une république indépendante à part, mais une république islamique[5]. »

Dés le début de la guerre du Mali, Ansar Dine s'allie avec Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI)[6].

Organisation[modifier | modifier le code]

Pick-up d'Ansar Dine à Tombouctou, en août 2012.

Ansar Dine est créé et dirigé par Iyad Ag Ghali, une ancienne figure des rébellions touarègues maliennes des années 1990.

Alghabasse Ag Intalla, fils de l'amenokal des Ifoghas, est le principal responsable diplomatique du mouvement. Il mène l'essentiel des négociations à Ouagadougou avec le gouvernement malien et le MNLA[7]. Il rompt cependant avec Ansar Dine, en janvier 2013 pour fonder le MIA[8]. Le principal porte-parole du mouvement est Senda Ould Boumama[9].

Abou Mohame, dit Cheikh Ag Aoussa et Haroune Ag Saïd, dit Abou Jamal, sont considérés comme faisant partie des plus proches lieutenants d'Iyad Ag Ghali[10],[11]. Mohamed Moussa Ag Mouhamed est présenté comme le numéro 3 du mouvement par le MNLA[12]. L'un des principaux chefs est Mohamed Ag Aghaly Ag Wambadja, dit Abdelkrim Kojak. Il a fait partie du MNLA, et c'est un ancien bras droit d'Ibrahim ag Bahanga[13],[14],[15].

Au sein de l'organisation, figure plusieurs émirs : Abderrahman Gouli[16], dit Wathik, Abou Abida[16], dit Mourabiti Ben Moula, chef de la katiba Tawhid[16], Athman Ag Houdi[16], Mohamed Moussa chef de la katiba El Hisba, et Abou Tourab, chef de El Amr Bil Maarouv Weneuhye Ani Al Mounkar[17]. Le secteur d'Aguel'hoc est sous l'autorité d'Ibrahim Ag Inawelan, dit Ibrahim Dina[18].

Début décembre 2012, une nouvelle katiba est créée au sein d'Ansar Dine, baptisée Ansar al-Charia, et commandée par Omar Ould Hamaha. Elle est constituée principalement d'Arabes de la région de Tombouctou[19],[20]. Elle comporterait également des transfuges du MAA[21].

Le 2 janvier 2013, Sultan Ould Bady, émir de la katiba Saladin, quitte le MUJAO et rejoint Ansar Dine avec ses hommes[22],[23],[24],[25].

À l'été 2013, parmi les principaux chefs figureraient Ibrahim Ag Inawelan, dit « Ibrahim Dina », commandant pour la région d'Aguel'hoc, Ayoub Ag Assarid, Malick Ouanesnat et Inawalen Ag Ahmed[26]

Effectifs[modifier | modifier le code]

Les effectifs d'Ansar Dine ne sont pas connus avec précision et varient selon les périodes.

En avril 2012, Éric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), estime que le mouvement disposerait de moins d'un millier d'hommes mais précise que « l'on manque de données fiables quant aux effectifs respectifs »[27].

En décembre 2012, le reporter Jean-Paul Mari écrit que le mouvement compte 3 000 hommes[1]

En janvier 2013, Mathieu Guidère, universitaire et professeur d'islamologie à l'Université Toulouse - Jean Jaurès, évalue le nombre de leurs combattants entre 5 000 et 10 000[2].

Début août 2014, Mélanie Matarese, journaliste pour Le Figaro écrit que selon « un proche des mouvements islamistes », Ansar Dine compte encore 800 hommes[3].

Participation au conflit du Nord-Mali[modifier | modifier le code]

Article principal : Guerre du Mali.

Le 12 octobre 2012, le Conseil de sécurité des Nations unies charge les pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) de mobiliser les forces armées ouest-africaines et de définir un plan de reconquête militaire du Nord du Mali[28] qui se trouve entre les mains d'AQMI, du MUJAO et d'Ansar Dine.

Chronologie à partir de 2013[modifier | modifier le code]

En janvier 2013, dans le contexte de l'opération Serval de l'armée française au Mali, un groupe de dirigeants modérés d'Ansar Dine s'en sépare pour fonder le Mouvement islamique de l'Azawad, qui se dit favorable à un règlement pacifique de la crise[29].

L'un des dirigeants d'Ansar Dine, Ahmadou Ag Abdallah, est arrêté par les autorités mauritaniennes à Bassikounou le 26 janvier 2013[30]. Le 3 février 2013, le no 3 de l'organisation, Mohamed Moussa Ag Mouhamed, responsable de l'application de la Charia à Tombouctou, est arrêté à In Khalil, près de la frontière algérienne[31].

Le 18 mai 2013, Senda Ould Boumama, porte-parole d'Ansar Dine, se serait rendu aux autorités mauritaniennes à la frontière est du pays[32].

En février 2014, le retour de combattants d'Ansar Dine est signalé à Abeïbara, où ils distribuent de l'argent à des habitants, et à Boghassa, où ils forcent les villageois qui ne leur sont pas favorable à s'exiler[33],[34].

Dans la nuit du 24 au 25 avril, Haroune Ag Saïd, dit Abou Jamal est tué au nord de Kidal par les forces spéciales française[11],[35].

Drapeaux[modifier | modifier le code]

Au début de la rébellion, Ansar Dine utilise d'abord le drapeau noir, cependant en juillet 2012, cherchant à se démarquer d'AQMI et du MUJAO, Iyad Ag Ghali adopte un nouveau drapeau : blanc avec comme emblème, en rouge, une kalachnikov et un sabre surmontés d'un coran[36],[37],[38]. Cependant dans une vidéo rendue publique le 29 juillet 2014, Iyad Ag Ghali réapparaît avec le drapeau noir en fond[39].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [MALI. Qui sont les islamistes touaregs d'Ansar Dine ?]
  2. a et b francetvinfo Mali. Qui sont les islamistes à qui la France a déclaré la guerre ?
  3. a et b Le Figaro : Le chef des Touaregs islamistes est de retour, par Mélanie Matarese.
  4. « A Bamako, l’autre Ansar ed-Dine fulmine », Libération,‎ 25 janvier 2013 (consulté le 27 janvier 2013)
  5. a et b AFP : Mali: un mouvement islamiste appelle à appliquer la charia par les armes
  6. Islamist fighters call for Sharia law in Mali -13 March 2012 -Agence France-Presse
  7. Le Soir d'Algérie : Actualités : ALGHABASS AG INTALLA, VICE-PRÉSIDENT DU HAUT CONSEIL POUR L’UNITÉ DE L’AZAWAD :«Nous n’avons jamais été des extrémistes»
  8. Mali : le MIA, dissidence d'Ansar Eddine, demande "l'arrêt des hostilités"
  9. rfi : Mauritanie: l'un des porte-parole d’Ansar Dine se serait rendu
  10. Sahara Media : Exclusivité Sahara média : Ançar Edine dans sa première sortie médiatique depuis sa constitution
  11. a et b RFI : Mali: un proche d’Iyad Ag Ghali tué par l’armée française
  12. Francetvinfos : Mali. Un groupe touareg revendique l'arrestation du numéro 3 d'Ansar Dine
  13. Bamada : Le bras droit de Iyad Ag Ghaly tue à Konna
  14. Malimag : Mali bilan konan: Beaucoup de leaders djihadistes tués dont Mohamed Ag Aghaly Ag Wambadja dit Kojak
  15. rfi : Mali: poursuite des raids aériens contre les groupes islamistes, situation stabilisée à Konna
  16. a, b, c et d Mali: trois chefs d'Ansar Dine ont trouvé refuge en Algérie, selon un journal)
  17. Jeune Afrique : Mali: trois chefs d'Ansar Dine ont trouvé refuge en Algérie, selon un journal
  18. Le Républicain : Aguel Hoc (Nord Mali) / Aqmi lapide à mort un couple
  19. MALI. La mosaïque de l'armée islamiste
  20. "Les Français ont ouvert les portes de l'enfer"
  21. Sahara Media : La nouvelle qatiba « Ançar Echaria », un nouveau projet djihadiste conduit par l’homme à la barbe rouge
  22. Malijet ; La liste des principaux dirigeants du MNLA, D’ANÇAR-DINE, d’AQMI, du MUJAO…, des Katibas…
  23. Tahalil : Focus sur les groupes armés qui minent le Mali
  24. CF2R : NOTE D'ACTUALITÉ no 296 MALI : POINT SUR LES FORCES REBELLES
  25. Magharebia : Les menaces d'Ansar al-Din suscitent des craintes au Sahel
  26. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 591.
  27. L'Express : Crise au Mali: "la France est condamnée à marcher sur des œufs"
  28. Libération - L'ONU donne 45 jours aux Africains pour préciser leur intervention au Mali - 13 octobre 2012
  29. « Mali : scission au sein d'Ansar Eddine » - article du Monde du 24 janvier 2013.
  30. Guerre au Mali: un chef du mouvement islamiste Ansar Dine arrêté par l'armée mauritanienne
  31. « L'un des responsables islamistes d'Ansar Dine a été arrêté » - article de LCI du 3 février 2013.
  32. RFI : Mauritanie: l'un des porte-parole d’Ansar Dine se serait rendu
  33. Le Monde : Un an après « Serval », les djihadistes sont de retour au Mali
  34. RFI : Les jihadistes toujours présents dans le nord du Mali
  35. Ministère de la Défense : Serval : point de situation du mercredi 30 avril
  36. Jeune Afrique : Les islamistes d'Ansar Dine laissent tomber le drapeau noir
  37. RFI : Aqmi, Mujao, MNLA : un rapport de force complexe
  38. Les drapeaux jihadistes de l’Ametettaï au Mali
  39. Maghreb Emergent : Iyad Ag Ghali abandonne totalement la revendication touareg pour basculer dans le jihadisme

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]