Luiz Inácio Lula da Silva

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Luiz Inácio Lula da Silva
Portrait officiel de Luiz Inácio Lula da Silva, président de la République fédérative du Brésil.
Portrait officiel de Luiz Inácio Lula da Silva,
président de la République fédérative du Brésil.
Fonctions
35e président de la République fédérative du Brésil

(&&&&&&&&&&&029228 ans, 0 mois et 0 jour)
Élection
Réélection
Vice-président José Alencar Gomes da Silva
Prédécesseur Fernando Henrique Cardoso
Successeur Dilma Rousseff
Député fédéral du Brésil
pour São Paulo
Président du Parti des travailleurs
Biographie
Nom de naissance Luiz Inácio Ferreira da Silva
Date de naissance (68 ans)
Lieu de naissance Caetés, Pernambouc (Brésil)
Nationalité brésilienne
Parti politique Parti des travailleurs
Conjoint Maria de Lourdes da Silva
Marisa Letícia Rocco Casa
Enfant(s) Lurian Cordeiro da Silva
Marcos Cláudio Casa Lula da Silva (fils adoptif)
Fábio Luís Casa Lula da Silva
Sandro Luís Casa Lula da Silva
Luís Cláudio Casa Lula da Silva
Profession Ouvrier métallurgiste
Religion Catholicisme romain
Résidence Palácio da Alvorada (officielle)
São Bernardo do Campo (personnelle)

Signature

Luiz Inácio Lula da Silva
Présidents de la République fédérative du Brésil

Luiz Inácio Lula da Silvaaudio, né le [1] est un homme d'État brésilien, président de la République fédérative du Brésil de 2003 à 2011.

Désigné personnalité de l'année en 2009 par le journal Le Monde, il est classé l'année suivante par le Time comme le dirigeant le plus influent au monde[2].

Nom[modifier | modifier le code]

Fils d'Aristides Inácio da Silva et d'Eurídice Ferreira de Mello, il reçoit, à sa naissance (selon la tradition des pays lusophones), comme double nom l'un des deux noms de sa mère (Ferreira) suivi de l'un des deux noms de son père ([da] Silva). Il est donc déclaré à sa naissance comme Luiz Inácio Ferreira da Silva. Surnommé Lula, diminutif affectueux de "Luiz" (Lula signifie également calamar), il intègre officiellement ce surnom à son nom de famille en 1982 sur les registres de l'état civil, omettant désormais le nom de sa mère, son nom complet devenant ainsi Lula da Silva. Son surnom officialisé sert à le désigner de façon abrégée, le patronyme (da) Silva étant extrêmement courant. C'est traditionnellement ce dernier qui se transmet en tant que nom de famille, mais les enfants du président brésilien portent désormais le patronyme Lula da Silva, en dehors de sa première fille, née d'une relation hors mariage.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est né dans le village de Caetés dans l'État du Pernambouc. Il est le septième et avant-dernier enfant d'une famille modeste. Fuyant la misère de la campagne de sa région natale du Nordeste, son père part s'engager comme docker dans le grand port de Santos à 72 km de São Paulo.

Alors qu'il avait sept ans, sa mère qui élevait seule les 8 enfants, décide de rejoindre son mari. Arrivés dans la grande ville, ils s'aperçoivent qu'il avait fondé un autre foyer, et elle se retrouve seule pour tenter de survivre. Tous les enfants sont mis à contribution, et le petit Lula quitte l'école à 10 ans pour des petits boulots dans la rue (cireur de chaussures, vendeur de cacahuètes).

À 14 ans, il devient tourneur dans une usine automobile de São Bernardo do Campo, puis ouvrier métallurgiste. C'est lors de l'exercice de ce dernier des métier qu'il perdra un doigt, l'auriculaire gauche, dans une machine[3].

Carrière syndicale[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, le Brésil connaît un boom économique, mais qui ne profite pas à la classe ouvrière. Lula se syndicalise et se radicalise ; ses talents de tribun et de négociateur sont remarqués. En 1975, il devient président du syndicat de la métallurgie, et devient une figure du syndicalisme brésilien, avec son épaisse barbe noire et ses cheveux toujours en bataille. Ses prises de position lui valent alors quelques brefs séjours en prison.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Luiz Inácio Lula da Silva, en novembre 2003 au Mozambique. Discute avec des petites filles

En 1980, il décide de passer du syndicalisme à la politique et fonde le Partido dos Trabalhadores (Parti des travailleurs), à une époque où le général João Figueiredo préparait lentement le pays au retour de la démocratie.

En 1982, il est une première fois candidat au poste de gouverneur de l'État de São Paulo, puis il commence à constituer ses propres réseaux d'influence en faisant élire ou nommer des militants de son parti dans les mairies, au parlement et dans les sphères des affaires de l'État.

En 1985, d'immenses manifestations populaires obligent le général João Figueiredo à rendre le pouvoir, et un civil, Tancredo Neves est élu président de la République, mais meurt 4 mois après son élection. Le vice-président José Sarney le remplace à la présidence et il impose un programme d'austérité économique et introduit une nouvelle monnaie pour tenter de contenir une inflation galopante qui se montera à 1000 % en 1989.

En 1986, il est élu député et rentre au Congrès. Il participe à la Constitution, mais renonce peu après.

Le 5 octobre 1988, une nouvelle Constitution plus démocratique est promulguée en remplacement de celle de 1969. Elle établit un régime présidentiel et le suffrage universel avec vote obligatoire. Elle met en place un Sénat (81 sénateurs élus pour huit ans), et une Chambre des députés (503 députés élus pour quatre ans).

En décembre 1989, se déroulent les premières élections démocratiques depuis trente ans. Lula se présente pour la première fois à la présidence de la République. À cette occasion, il décide de changer son image pour avoir plus de chance de réussite : il taille sa barbe et se fait refaire les dents. Cependant, il perd face à Fernando Collor de Mello qui devient le premier président de la République réellement élu par le peuple après 1960.

En 1992, se déroule une procédure de destitution du président Fernando Collor de Mello, accusé de corruption financière. Le vice-président Itamar Franco assume la présidence de la République.

En 1994, le Brésil met en œuvre un nouveau plan d'austérité économique pour pallier les conséquences de la récession mondiale. Lula se présente une deuxième fois à la présidence. Fernando Henrique Cardoso est élu président de la République avec 54,3 % des suffrages exprimés, contre 27 % à Lula.

Entre 1995 et en 1996, de violents affrontements ont éclaté entre les propriétaires terriens et les sans-terre. Le président Fernando Henrique Cardoso fait redistribuer 1 000 km2 de terres de riches domaines privés pour les donner à plus de 3600 familles pauvres, et autorise la reprise de terres attribuées aux Indiens.

En 1998, Lula se présente une troisième fois à la présidence, mais il est battu dès le premier tour, à cause de la popularité du gouvernement sortant, de la bonne économie du Brésil et peut-être de son discours politique, ressenti comme trop radical.

Présidence de la République[modifier | modifier le code]

Luiz Inácio Lula da Silva et son épouse, Marisa Letícia Rocco Casa

Le 27 octobre 2002, Lula est élu président à l’élection présidentielle de 2002. Premier président brésilien de gauche, chantre de la démocratie participative expérimentée à Porto Alegre, il ne remet pas en question la rigueur budgétaire des années précédentes, mise en œuvre par Fernando Henrique Cardoso et accepte le code de conduite du FMI.

Lors de sa prise de fonctions, le 1er janvier 2003, Lula a déclaré dans son discours inaugural :

«  Le changement, voilà notre mot d'ordre (...) L'espoir a vaincu la peur, notre société a décidé qu'il était temps d'emprunter une nouvelle voie. »

Mais, il savait qu'il allait être confronté à la difficulté de mettre en œuvre ses ambitions, et aux espoirs qu'il a soulevés auprès de ceux qui l'ont soutenu, et espèrent de lui des emplois, des écoles, une couverture sociale généralisée, l'amélioration du service public de l'éducation et de la santé, alors que le pays est accablé par une dette publique et extérieure paralysante.

Bénéficiant d'une large popularité, Lula a d'abord agi pour continuer la politique exigée par le FMI, tout en militant avec l'Argentine, pour son assouplissement. Il a choisi comme ministre de l'économie, Antonio Palocci, ancien trotskiste converti à l'économie du marché, pour renforcer la crédibilité du Brésil et attirer les investissements étrangers qui avaient baissé de 22 milliards de dollars[réf. nécessaire] par peur de Lula.

Cependant, dans les rangs du PT, autant que dans les populations des favelas, du Nordeste et dans les usines, l'impatience gronde, les méfiances s'accumulent et les premiers mouvements sociaux se font jour, menés par le Mouvement des sans-toit et le Mouvement des sans-terre (MST). Beaucoup estimaient fin 2003 que Lula devait commencer à assumer ses promesses électorales.

Fin 2003, les objectifs fixés par le FMI ayant été atteints et même dépassés, Lula annonce que la rigueur est passée, et que 2004 sera une meilleure année pour tous les Brésiliens.

La reprise économique qui se confirme au Brésil à la fin du premier semestre 2004, avec l'augmentation de la production industrielle, la baisse du chômage et la prévision de croissance de 3,5 % pour 2004, la popularité de Lula et de son gouvernement augmente (58,1 % d'opinion favorable pour Lula [réf. nécessaire]).

À l'été 2005, l'ensemble du PT est affecté par le scandale des mensualités qui touche l'ensemble la direction du parti, poussée à la démission, tandis que Lula remplace son ministre des finances Antonio Palocci courant 2006, entre autres en raison d'une possible implication dans le scandale (non prouvée jusqu'à présent) mais aussi peut-être comme signe envers la gauche brésilienne.

En outre, le Brésil est affecté par la fièvre aphteuse bovine, conduisant à l'interdiction dans plusieurs pays de l'importation de viande brésilienne.

Le président Lula est très populaire parmi les Brésiliens vivant en ville, mais beaucoup moins chez les Amérindiens[4] notamment à cause de son avis favorable envers la construction du barrage de Belo Monte qui provoquera la déforestation d'une partie de la forêt amazonienne et la destruction des habitats des tribus vivant à proximité[5],[6].

Lula et Nicolas Sarkozy, en 2007.

En 2006 se déroule l’élection présidentielle brésilienne. Briguant un deuxième mandat consécutif, Lula part favori dans les intentions de vote face à Geraldo Alckmin, le candidat d'union du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), avec 50 % d'intentions de vote contre 29 %. Selon les sondages, l'action du président Lula aurait été appréciée pour son combat contre la faim et la pauvreté mais n'aurait pas brillée dans la prévention de la violence et de la corruption.

Geraldo Alckmin a déposé le 19 septembre un recours auprès du Tribunal supérieur électoral visant à déclarer Lula inéligible pour avoir « bénéficié d'actes d'abus du pouvoir » dans une nouvelle affaire, lors de laquelle deux membres du PT furent arrêtés en septembre 2006 en possession de l'équivalent de 630 000 euros destinés à payer des photos et une vidéo truquées mettant en cause Geraldo Alckmin. L'affaire impliquait également le ministre de la justice, Márcio Thomaz Bastos.

Cette tentative échoua cependant, et le Lula fut réélu pour un second mandat, promettant que « sous [son] gouvernement, les pauvres seraient traités comme des êtres humains. » En été 2007, il débloqua 2,6 milliards d'euros pour améliorer les conditions de vie dans les favelas. Collecte d'eaux usées, raccordement à l'eau potable, à l'électricité, goudronnage des principales voies d'accès, la priorité a été donnée aux grandes agglomérations urbaines, où les problèmes de logement et de violence sont cruciaux. Plus de 12 millions de Brésiliens vivent aujourd'hui dans des favellas, en périphérie des villes, et seulement 53 % des domiciles brésiliens sont raccordés aux égouts.

Investiture de Dilma Rousseff, le 1er janvier 2011.

Il remplaça son ministre de la Défense Waldir Pires par l'ancien député du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) et Président du Tribunal Suprême Fédéral Nelson Jobim en juillet 2007, à la suite de la crise de l'aviation (en) due notamment au manque d'investissement concernant le contrôle aérien.

De confession catholique, Lula da Silva a exprimé son parti pris en faveur de la légalisation de l'avortement, suscitant l'opposition féroce du Vatican, le pape Benoît XVI déclarant alors que de tels partis pris valaient excommunication immédiate de l'Église romaine[7].

Il signa le le décret lançant le IIIe Programme national des droits de l'homme, qui prévoit l'adoption de quelque 500 mesures et le vote de 27 lois nouvelles, ainsi que la création d'une Commission de Réconciliation concernant la période de la dictature militaire (1964-1985)[8]. L'armée s'est opposée à la création de la Commission Réconciliation, deux des trois commandants militaires ayant menacé de démissionner, conjointement au ministre de la Défense Nelson Jobim[9]. Le ministre chargé du Secrétariat des droits de l'homme, Paulo Vannuchi, ami de 30 ans de Lula, a lui aussi menacé de démissionner si le Programme des droits de l'homme était vidé de son contenu. On estime à environ 400 le nombre de victimes (morts et « disparus ») de la dictature, aucun procès n'ayant eu lieu jusqu'à présent, contrairement aux autres pays du Cône sud affecté par la « guerre sale »[9].

Dilma Rousseff lui succède le .

Après la présidence[modifier | modifier le code]

En , le ministère public réclame l'ouverture d'une procédure contre lui pour utilisation irrégulière de fonds publics et sollicite le gel de ses avoirs. Lula est accusé d'avoir utilisé des fonds publics pour financer une campagne de promotion politique en 2004, pour un coût estimé à quatre millions d'euros[10].

Le 27 septembre 2011, Sciences Po Paris lui remet le titre de Docteur honoris causa[11].

En octobre 2011, l'hôpital Syro-Libanais de São Paulo, annonce que Lula est atteint d'une tumeur « localisée dans le larynx » et qu'il devra subir une chimiothérapie « sous forme ambulatoire »[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]