Le Journal

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Projet aquarellé de page de couverture pour Le Journal (supplément deuxième année 1894), par Gabriel van Dievoet (1875-1934).

Le Journal était un quotidien français qui parut entre 1892 et 1944 dont le siège se trouvait au 100 rue de Richelieu dans le 2e arrondissement de Paris.

Le Journal est lancé le 18 septembre 1892 par le journaliste Fernand Xau (1852-1899), ancien imprésario de Buffalo Bill lors de la tournée française du Buffalo Bill's Wild West Show. Son projet est de créer un « journal littéraire d’un sou » destiné aux petits commerçants, aux instituteurs, aux ouvriers et aux employés. A la veille de la guerre de 1914-18, c'est l'un des quatre plus grands quotidiens français d’avant-guerre, avec Le Petit Parisien, Le Matin, et Le Petit Journal.

Historique[modifier | modifier le code]

Rapidement, Xau s'entoure de grandes signatures comme Octave Mirbeau, Maurice Barrès, Émile Zola, Léon Daudet, Jules Renard, Raoul Ponchon, Alphonse Allais et Georges Courteline; le radical Clemenceau y écrit également de 1895 à 1897. Il installe la rédaction au 100, rue de Richelieu, dans le IIe arrondissement de Paris, puis lance en 1893 un supplément hebdomadaire illustré, Le Journal pour tous. De sensibilité républicaine, Le Journal connaît un bon succès, avec un tirage de 450 000 exemplaires à la fin du XIXe siècle. Fernand Xau rachète alors la revue littéraire Gil Blas qui a notamment publié Maupassant, Musset et George Sand.

Après la mort de Xau en 1899, Le Journal est dirigé par Henri Letellier, avec José-Maria de Heredia au poste de directeur littéraire. Son contenu éditorial change en 1911, date à laquelle le sénateur de la Meuse Charles Humbert est nommé directeur politique du quotidien. Il lui imprime alors une ligne politique conservatrice et nationaliste. Le public suit : le tirage du Journal atteint un million d’exemplaires, ce qui lui permet de contrebalancer le poids de son grand rival, Le Matin.

Après la Première Guerre mondiale, l'orientation conservatrice du Journal se renforce avec l'arrivée à la direction politique de François-Ignace Mouthon, journaliste catholique et antisémite. Puis un scandale ébranle la réputation du quotidien : l'un de ses actionnaires, Pierre Lenoir, est convaincu d'espionnage et fusillé le 24 octobre 1919. Son tirage diminue alors de moitié.

En dépit d'une nouvelle formule, qui privilégie les grands reportages et les enquêtes, Le Journal ne parvient pas à renouer avec le succès. Le titre sera finalement vendu en janvier 1925 à un groupe d'investisseurs formé par le directeur du casino de Deauville, l’agence Havas et la Banque de Paris et des Pays-Bas.

Une nouvelle équipe prend progressivement la direction de la rédaction et, en 1929, Le Journal rachète le quotidien L’Echo des sports. En complément des feuilletons, comme ceux de Maurice Leblanc et de Gaston Leroux, ses pages publient des textes d'écrivains célèbres, comme Blaise Cendrars ou Colette, qui y tient une rubrique hebdomadaire jusqu’en 1938. Géo London, grand reporter, en a été le chroniqueur judiciaire.

La ligne politique du journal reste ancrée à droite. Dans les années 1930, il s'affirme anticommuniste et préconise une alliance avec l’Italie fasciste. Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, Le Journal s'exile d'abord à Limoges, puis à Marseille, et enfin à Lyon. Il sera suspendu en 1944 avant de cesser définitivement sa parution la même année. Une partie de ses archives sont alors attribuées au quotidien L’Aurore.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Christine Nougaret (dir.), Les sources d’archives relatives aux journaux et aux journalistes dans les fonds d’Archives privées (séries AB XIX, AP, AQ, AR, AS) XVIIIe-XXe siècles. [PDF] [1] Version en ligne
  • Claude Bellanger (dir.), Histoire générale de la presse française, Tome III, PUF, 1972
  • Archives Nationales, 8 AR, Fonds Le Journal. [PDF] [2] Version en ligne.
  • Les archives départementales de l'Essonne conservent aussi un petit fonds versé par l'ancien propriétaire la Papeterie Darblay. (80 J : correspondances ainsi qu'une collection du Journal jusqu'en 1937).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe:

  • Le Bonnet rouge, journal d'extrême gauche dont un actionnaire fut condamné pour espionnage en 1918, faisant diminuer une partie de ses ventes