Char Schneider CA1

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Char Schneider CA1
Image illustrative de l'article Char Schneider CA1
Caractéristiques générales
Équipage 6
Longueur 6,32 m
Largeur 2,05 m
Hauteur 2,30 m
Masse au combat 13,6 tonnes
Armement
Armement principal canon 75 mm Schneider court (90 obus, portée : 600 m, précis à 200 m)
Armement secondaire 2 mitrailleuses Hotchkiss 8 mm (une sur chaque flanc)
Mobilité
Moteur Schneider 4-cylindres
Puissance 70 ch (45 kW)
Suspension Ressorts hélicoloïdaux
Vitesse sur route 5 a 6km/h sur plat ; en terrain varie: 2 a 3 km/h
Puissance massique 5 ch/tonne
Autonomie 48 km ; 7 heures de marche.

Le char Schneider CA1 est un véhicule blindé et chenillé utilisé au cours de la Première Guerre mondiale. C'est, en 1917, le premier char de combat utilisé par l'armée française. Il a été conçu pour ouvrir des passages à l'infanterie à travers les réseaux de fils de fer barbelés et pour détruire les nids de mitrailleuses ennemis. 400 exemplaires sont construits par SOMUA, une filiale de Schneider dans la région parisienne. Le char Schneider CA1, engagé sur le front pour la première fois le 16 avril 1917, sera utilisé sans interruption jusqu'à l'armistice de 1918.

Historique[modifier | modifier le code]

Dès la fin de 1914, l'armée française recherche un moyen nouveau de contrer les mitrailleuses et les réseaux de barbelés de la guerre de tranchées. Il ne peut s'agir que d'un véhicule blindé et armé capable de déplacements sur un terrain défoncé par les pilonnages d'artillerie. En janvier 1915, la société Schneider et Cie commence des travaux sur un nouvel engin militaire destiné à remplir cette tâche. La solution est largement inspirée par l'existence de tracteurs agricoles à chenilles de fabrication américaine Holt Caterpillar utilisés pour les besoins de l'artillerie.

Sous l'impulsion du colonel Jean-Baptiste Estienne et inventé par Eugène Brillié, le prototype de ce tank est présenté le 16 juin 1915 devant le Président de la République française, Raymond Poincaré. La démonstration ayant convaincu celui-ci, dix unités sont commandées. Plus tard, ce nombre sera porté à 400 unités.

Le développement d'un premier prototype, le tracteur A, va se faire avec la société Saint-Chamond. Mais, après l'apparition de divergences, chaque société va développer son propre engin : le CA1 pour Schneider, et le char Saint Chamond pour Saint-Chamond.

Les premiers chars Schneider sont livrés en septembre 1916. Construit pour un équipage d'un conducteur et de cinq servants, le tank est équipé d'un canon de 75 mm BS (Blockhaus Schneider) court monté à l'avant droit et de deux mitrailleuses Hotchkiss latérales, protégées par des boucliers hémisphériques. La forme d'étrave munie d'un rail d'acier à l'avant du char Schneider permet de cisailler puis d'écraser les réseaux de barbelés et facilite aussi dans une certaine mesure les franchissements de tranchée.

Char Schneider détruit par l’armée allemande.

Quatre-vingt-deux chars Schneider combattent pour la première fois le 16 avril 1917 à Berry-au-Bac, sur le Chemin des Dames. Ce premier engagement se solde par plus de la moitié des chars engagés détruits par l'artillerie adverse. Le char Schneider montre un volume interne habitable très étroit pour un équipage de 6 hommes et ses capacités de ventilation ainsi que le mauvais champ de vision qu'il offre à l'équipage le rendent pénible à utiliser. De plus, son blindage latéral initial trop faible (vulnérable aux balles "K" à noyau d'acier allemandes) et son réservoir d'essence initialement placé à l'avant du char le rendent très vulnérable. Dans les versions suivantes, le réservoir d'essence est déplacé à l’arrière du Schneider et sa caisse dotée d'un surblindage supplémentaire de 5,5 mm. Au niveau mécanique, le moteur Schneider, les boîtes de transmission et les chenilles sont relativement fiables, expliquant la présence de chars Schneider encore utilisés par l’Armée espagnole pendant la Guerre du Rif.

Malgré les améliorations de blindage, l'Armée française maintient sa commande de 400 unités à SOMUA, mais n'en commandera pas davantage. L'Armée française choisit de privilégier les nouveaux chars légers Renault FT-17 dont le nombre dépassera plus de 1 500 à la fin de la guerre. Les chars Schneider restent en service jusqu'à l’Armistice, escortant l'infanterie et les chars FT-17.
Le seul et unique char Schneider CA1 restant en existence est préservé au musée des blindés de Saumur. Il a été entièrement remis en état de marche avec son moteur et ses transmissions d'origine, par les équipes du Musée des blindés. Avant son retour en France, ce char Schneider CA1 était préservé à l' "US Army Ordnance Museum" of "Aberdeen Proving Grounds" dans le Maryland, USA.

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