Aéronautique navale

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F-14 et F/A-18 sur le pont de l'USS Enterprise (CVN-65) en 2001, un des porte-avions de l'US Navy. La United States Naval Aviation est, sans conteste, la plus puissante aéronautique navale du monde depuis la fin des Campagnes du Pacifique

L'aéronautique navale est la composante aérienne d'une marine militaire. On emploie également le terme, aéronavale, plus correctement utilisé comme adjectif : par exemple une opération aéronavale, ou familièrement l'Aéro.

Une aéronautique navale comprend généralement :

Cocarde des aéronefs de l'aviation navale française

Aviation embarquée[modifier | modifier le code]

Article connexe : Carrier Air Wing (US Navy).

L’aviation embarquée est constituée d'avions de combat, de soutien (ravitailleurs, reconnaissance, etc.), et d'hélicoptères formant dans la marine française un groupe aérien embarqué et dans la marine des États-Unis un Carrier Air Wing.

Avions de combat[modifier | modifier le code]

Les ADAV comme le Sea Harrier sont utilisés à bord de porte-aéronefs

Les avions de combat sont mis en œuvre depuis un porte-avions dans le cas d'appareils classiques, ou depuis un porte-aéronefs dans le cas d'appareils à décollage court ou vertical.

Pour pouvoir être embarqué sur un porte-avions, un avion de combat doit subir quelques modifications par rapport à son équivalent basé à terre :

  • ajout d'un système d'accrochage sur les catapultes nécessaires pour le décollage
  • ajout d'une crosse d'appontage nécessaire pour le freinage lors de l'atterrissage
  • renforcement de la structure générale et du train d'atterrissage en particulier, en raison des contraintes mécaniques induites par le catapultage et l'appontage

Pour le reste, c'est-à-dire en termes de missions et performances, les avions embarqués ne se distinguent guère des autres avions militaires.

Hélicoptères[modifier | modifier le code]

Appontage d'un hélicoptère de lutte anti-sous-marine Lynx sur une frégate portugaise.

Les hélicoptères sont susceptibles d'embarquer sur tout navire de guerre disposant d'une plateforme d'atterrissage et d'un hangar. Tous les bâtiments de combat modernes d'une certaine taille (frégate, destroyer...) disposent en général d'hélicoptères qui peuvent être considérés comme un élément de leur système d'armes.

Ces hélicoptères sont utilisés pour la lutte anti-sous-marine, la lutte anti-aérienne (Seaking AEW britanniques) la lutte anti-navire, des missions de transport, de sauvetage, de logistique ou de servitude.

Les hélicoptères embarqués à bord des bâtiments de débarquement et utilisés pour amener les troupes à terre appartiennent généralement à l'armée de terre (ou, aux États-Unis, au corps des Marines)

Aviation basée à terre[modifier | modifier le code]

Avions de patrouille maritime[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Avion de patrouille maritime.

L’avion de patrouille maritime est destiné à explorer les étendues maritimes pour rechercher, surveiller bâtiments de surface et sous-marins, guider d'autres unités de combat vers un objectif et, éventuellement, le détruire lui-même.

Avions de combat basés à terre[modifier | modifier le code]

Un avion de chasse Shenyang J-8 de la marine chinoise, basé à terre

Plusieurs marines militaires ne disposant pas de porte-aéronefs ont néanmoins des avions de combat basés à terre, capable d'assurer en particulier des missions de lutte anti-navire.

Hélicoptères basés à terre[modifier | modifier le code]

Hélicoptère SeaKing (SAR) de la marine allemande

Il s'agit en général d'hélicoptères lourds, spécialisés :

  • dans les missions de recherche et sauvetage (SAR) ;
  • dans le transport de charge ou de personnel, notamment de forces spéciales ou commandos de marine.

Aéronautique navale ou armée de l’air ?[modifier | modifier le code]

L'aéronautique navale mettant en œuvre des aéronefs, ses missions pourraient être confiées à l'armée de l'air. Un certain nombre d'arguments, principalement techniques, plaident pour un tel regroupement : l'unicité de direction technique, certaines économies d'échelles de gestion, de soutien et de formation.

La plupart des grands pays maintiennent, cependant, la composante aéronavale au sein de leur marine, dans sa totalité, ou pour le moins en partie, comme au Royaume-Uni et dans les pays de culture militaire britannique, où seule l'aviation de patrouille maritime appartient à l'armée de l'air, exception faite du Canada où tous les aéronefs appartiennent à la force aérienne.

En effet, des facteurs d'ordre humain et opérationnel s'opposent à un tel regroupement.

  • les techniques d'appontage (avions et hélicoptères) et de survol maritime par tous les temps exigent un entraînement des équipages, spécifique et exigeant ;
  • la « fraternité d'arme » : les équipages des aéronefs ont la même culture que ceux des bâtiments de surface, embarqués, ils vivent ensemble, certains, notamment les officiers, ont reçu la même formation initiale. La compréhension et la confiance sont donc naturelles et a priori immédiates, qualités essentielles dans l'action et dans des opérations le plus souvent effectuées en commun : les opérations menées en mer sont spécifiques au soutien des forces navales et requièrent une communauté culturelle avec les marins des forces de surface, des sous-marins et des commandos-marine, voire avec les marins civils (pêcheurs et marchands).

Des synergies sont néanmoins recherchées par la mutualisation de certaines fonctions entre marines et armées de l'air, particulièrement en matière de formation (filières partagées ou communes) et de matériels (cas des programmes Rafale, F-18, Harrier et JSF / F-35), des nombreux armements et des soutiens techniques à terre.

Marine ou armée de l'air, l'aviation navale est quoi qu'il en soit spécifique : son positionnement n'est qu'affaire de préférence nationale. Les synergies sont propres à chaque solution et ne peuvent toutes être satisfaites par une seule des options.

Bref historique[modifier | modifier le code]

Premier vol « aéronaval » le 14 novembre 1910 par le pilote civil américain Eugene Ely depuis le croiseur USS Birmingham (CL-2)

Le 25 juillet 1909, Louis Blériot franchit la Manche; en mars 1910, Henri Fabre fut, sur l'étang de Berre, le premier à faire s'envoler un hydravion ; Eugene Ely, le 14 novembre 1910, est le premier à décoller d'un navire, il s'agit d'un biplan « Curtiss » depuis d'une plate-forme aménagée sur le croiseur américain USS Birmingham (CL-2). En ces débuts de l'aéronautique, tous ces exploits intéressent les marines militaires des grandes puissances qui constituèrent à partir de cette époque ce qui allait devenir l'aéronautique navale.

Au 1er août 1914, la Royal Naval Air Service aligne 6 dirigeables et 93 avions et la marine impériale allemande un Zeppelin et 24 avions[1].

On considère que les premières attaques de navires par un avion eurent lieu durant la bataille de Lemnos en 1913 pendant la Première Guerre balkanique et le combat de Topolobampo lors de la révolution mexicaine en 1914.

Ses progrès furent rapides, la catapulte à air comprimé, inventée en 1912, permit d'équiper tous les croiseurs d'appareils de reconnaissance et d'observation. Le premier navire porte-avions fut le croiseur anglais HMS Furious (47), dont la plage avant avait été transformée en pont d'envol. Mais ce n'est qu'avec un autre bâtiment britannique, le HMS Argus (I49), suivi peu après par le USS Langley (CV-1) américain et le Béarn français, qu'apparaissent entre 1918 et 1922 les porte-avions proprement dits, avec pont d'envol continu, cheminée et passerelle déportées sur tribord, et brins d'arrêt sur le pont pour accrocher la crosse de l'avion à l'appontage.

Pendant la Première Guerre mondiale, on découvre que les avions, primitivement destinés seulement à l « éclairage » des forces navales, pouvaient avoir toute une série d'utilisations offensives : attaque au canon, à la bombe, à la torpille d'autres navires, de troupes ou d'installations à terre.

En même temps font preuve de leur efficacité contre les sous-marins des avions à grand rayon d'action basés à terre, des hydravions et des dirigeables. L'aéronautique navale française comptait déjà en 1918 près de 1 600 aéronefs et 36 bases. Entre les deux guerres, des conflits éclatent à l'intérieur des forces armées de beaucoup de pays pour savoir si cette aviation fera partie intégrante de la Marine, ou reviendra aux armées de l'Air naissantes, qui ont alors parfois tendance à la considérer comme une parente pauvre. La Marine française ne retrouvera son aéronavale qu'en 1936, et la Fleet Air Arm ne sera entièrement transférée à la Royal Navy qu'en 1937. Par contre, les Allemands et les Italiens n'auront jamais ni porte-avions ni aéronautique navale. Ce sont les Japonais, sous la conduite de l'amiral Yamamoto, qui réalisent le plus célèbre raid purement aéronaval, avant toute déclaration de guerre, en attaquant et détruisant à l'aube du 7 décembre 1941 la flotte américaine du Pacifique dans son mouillage de Pearl-Harbor. Premier des combats aériens au-delà de l'horizon, il sera suivi des batailles de la mer de Corail, de Midwey, de Leyte, où des forces navales affronteront uniquement par l'intermédiaire de leurs avions et où les Américains prendront leur revanche. Les attaques suicides des avions kamikazes japonais n'arriveront pas à empêcher leur défaite. Pendant ce temps, dans l'Atlantique, les « Liberator », les « Catalina », les « Suderland » du Coastal Comand, aidés par les « Avenger » embarqués sur les porte-avions d'escorte arriveront à juguler la menace sous-marine, s'attribuant 43 % des sous-marins allemands coulés. Ainsi, en 1945, l'aéronavale est devenue l'arme essentielle des flottes, envoyant les grands cuirassés et leurs canons à la ferraille.

Le premier véritable avion à réaction embarqué fut le McDonnell FH-1 Phantom en 1945.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Iltis, « Les forces navales anglaises et allemandes à la veille de la Première Guerre mondiale », Champs de Bataille, no 49,‎ janvier 2013, p. 41 (ISSN 1767-8765)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henry-Pierre Grolleau, Chasse embarquée, Rennes, Marines,‎ 2006 (ISBN 2-915-37938-6)
  • Jean Moulin, L'aéronavale française, Rennes (13 rue du Breil, CS 16311, 35063 Cedex), Marines Éditions,‎ 2006 (ISBN 2-915-37943-2)
  • Alain Pelletier, Les aigles des mers : lhistoire mondiale des avions embarqués depuis 1910, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine, ETAI,‎ 2006 (ISBN 2-726-89471-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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