Gare de Valence-Ville

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Valence-Ville
Image illustrative de l'article Gare de Valence-Ville
Le bâtiment voyageurs et l'entrée de la gare
avec la statue de François-Désiré Bancel.
Localisation
Pays France
Commune Valence
Adresse 38, rue Denis Papin
26000 Valence
Coordonnées géographiques 44° 55′ 41″ nord, 4° 53′ 34″ est
Gestion et exploitation
Propriétaire SNCF
Exploitant SNCF
Services TGV
TER Rhône-Alpes
Caractéristiques
Ligne(s) Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles
Valence à Moirans
Voies 7 (+ voies de service)
Quais 4
Altitude 123 m
Historique
Mise en service
Ouverture 1865 (Bâtiment de Louis-Jules Bouchot)
Architecte Louis-Jules Bouchot
Protection  Inscrit MH (1982)
Correspondances
Bus Citéa Lignes 1, 9, 10 et InterCitéa

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Valence-Ville

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La gare de Valence-Ville est une gare ferroviaire française des lignes de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles et de Valence à Moirans, située à proximité du centre de la ville de Valence, préfecture du département de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Elle est mise en service en 1854 par la Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée (LM), avant de devenir en 1857 une gare de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) qui fait construire en 1865 un nouveau bâtiment voyageurs dû à l'architecte Louis-Jules Bouchot.

C'est une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), desservie par des TGV, des trains TER Rhône-Alpes et par des navettes ferroviaires qui établissent des correspondances avec les trains à grande vitesse qui desservent la gare de Valence-Rhône-Alpes-Sud TGV sur la ligne de Combs-la-Ville à Saint-Louis (LGV). .

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

Établie à 123 mètres d'altitude, la gare de bifurcation de Valence-Ville est située au point kilométrique (PK) 616,939 de la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles entre les gares ouvertes de Tain-l'Hermitage - Tournon et de Livron[1].

Elle est également l'origine, au PK 0,000, de la ligne de Valence à Moirans, suivie par la gare ouverte de Valence-Rhône-Alpes-Sud TGV[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Arrivée du chemin de fer à Valence[modifier | modifier le code]

Lors d'un voyage en 1837, Stendhal, fatigué par un long trajet en calèche, indique à son arrivée à Valence que c'est d'ici « qu'il faudrait commencer les chemins de fer ». Mais il faut attendre le début des années 1840 pour que Valence, du fait de sa position géographique, soit retenue, par les ingénieurs chargés des études du tracé, pour être située sur l'axe ferroviaire de Paris à Marseille via Lyon. Les autorités locales ne sont pas opposées à ce projet qui peut favoriser le développement de la ville mais s'inquiètent des problèmes posés par le passage de la ligne et le choix de l'emplacement de la gare[3]. Le conseil municipal, lors de sa séance du , accepte le projet d'une implantation dans la basse ville[4]. Mais cette proposition de l'ingénieur De Lannoy devient rapidement caduque du fait que Valence est choisie pour être le point de départ d'un embranchement vers Grenoble[3], ce qui nécessite une gare avec une situation plus centrale et donc que la ville soit traversée par la ligne. Bien que ce nouveau projet engendre la création d'une tranchée, large de six à sept mètre, il est accepté par le conseil municipal. Les travaux débutent en ville en 1852[5].

La gare de Valence, terminus provisoire avec un embarcadère en bois[4], est mise en service le par la Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée (LM), lorsqu'elle ouvre à l'exploitation la section d'Avignon à Valence[6].

Le correspondant du Journal des débats politiques et littéraires relate cet évènement : « Pendant les derniers jours qui ont précédé l'ouverture de l'exploitation du chemin de fer de Valence à Avignon, la gare de Valence a présenté un coup d'œil d'une animation extraordinaire, par suite des préparatifs qui ont été faits pour organiser le service. Hier soir particulièrement, les abords de l'embarcadère étaient encombrés de wagons de toutes classes et de locomotives qui semblaient attendre le moment où ils allaient s'élancer sur la voie pour la parcourir d'une manière régulière et définitive, tandis qu'on remarquait sur un des trains récemment arrivés d'élégants omnibus destinés à transporter les voyageurs des divers quartiers de la ville et des environs. Un grand nombre d'employés, revêtus de leur uniforme, sont encore arrivés par un convoi qui a fait son entrée à la gare vers six heures du soir. Ce matin enfin, à six heures, le service a commencé par le départ du premier convoi régulier de Valences à Avignon. Trois diligences et une centaine de voyageurs composaient ce départ, qui s'est effectué dans le plus grand ordre et en présence d'un nombre considérable de curieux, accourus pour jouir de la nouveauté de ce spectacle. À midi, est arrivé le premier convoi express, parti de Marseille : il était (sic) également très nombreux et presque tous les wagons étaient pleins. Toute notre population paraissait heureuse de voir, après une longue attente, la mise en exploitation d'une entreprise dont elle attend de si précieux résultats. Les réjouissances publiques, dans cette occasion ont été remplacées par d'abondantes aumônes. La Compagnie a fait remettre au maire de Valence une somme de 5 000 fr pour être redistribuée aux pauvres. »[7].

Cette ouverture qui ne concerne que la grande vitesse permet la mise en service de trains omnibus qui rejoignent Avignon en quatre heures et Marseille en h 45 min. Les voyageurs qui font le voyage entre Paris et Marseille doivent prendre le bateau entre Lyon et Valence ; néanmoins, leur temps de parcours est réduit de douze heures. Le succès est rapide mais une épidémie de Choléra, qui touche le sud de la France et de l'Europe, vient briser dès le mois de juillet l'engouement pour ces voyages. Localement, la foire de Beaucaire est suspendue. Le , la ligne est ouverte au service de la petite vitesse[6].

La gare devient une gare de passage le , lorsque la Compagnie ouvre la section suivante de Lyon (La Guillotière) à Valence[8].

Un journaliste et un dessinateur du journal L'Illustration racontent cette ouverture : « On traverse un beau viaduc de quatre arches, l'Isère teinte d'ardoises qu'elle a rencontrées sur sa route. Arrivée à Valence, on voit, avant de s'engager dans le tunnel qui passe sous la promenade, la silhouette des clochers et des tours se détacher sur les cimes bleues de la Provence. La ville était en fête ; la population accourait à la rencontre de cette force motrice qui malgré une distance de 58 myriamètres, met Valence à une journée de Paris, et lui ouvre une ère nouvelle de prospérité. Nous sortons par l'embarcadère, édifice bas, écrasé, indigne d'une grande compagnie comme celle du chemin de fer de la Méditerranée. »[9].

Gare de la compagnie du PLM[modifier | modifier le code]

En avril 1857, la gare est intégrée dans le réseau de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), nouvelle compagnie née de la fusion entre la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et de la Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée[10].

Valence devient une gare de bifurcation le , lors de l'ouverture de l'embranchement de Valence à Moirans par la Compagnie du PLM[11].

En 1865, un nouveau bâtiment voyageurs, dû à l'architecte Louis-Jules Bouchot, est mis en service.

Gare de la SNCF[modifier | modifier le code]

La mise en service de la ligne de Combs-la-Ville à Saint-Louis (LGV) (relation à grande vitesse de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles) a profondément changé l'activité de la gare. Celle-ci voyait en effet passer la totalité des relations de Paris vers la Côte d'Azur et vers le Languedoc, les relations en provenance du nord-est de la France et à destination du sud ainsi que le courant des Alpes vers le sud et même le sud-ouest (Hendaye par exemple). L'essentiel des relations à longue distance se sont reportées sur la gare de Valence-TGV située à 11 km au nord-est.

La gare de Valence-Ville était l'origine de la relation par train express régional desservant Livron, Crest, Die, Veynes - Dévoluy, Gap, Embrun et Briançon. Cette relation a maintenant pour origine Romans-Bourg-de-Péage, afin de desservir la gare de Valence-TGV.

Service des voyageurs[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

La gare de Valence-ville est ouverte au public tous les jours de la semaine, de h à 23 h23 h 40 le vendredi). En plus de la salle d'attente, un service de bagages, ainsi qu'un service d'objets trouvés sont à disposition des voyageurs[12].

Desserte[modifier | modifier le code]

Valence-Ville est desservie par les TGV à destination des gares de la moyenne vallée du Rhône, ainsi que par les trains TER Rhône-Alpes. La gare est le point de départ des trains en direction de Grenoble, Chambéry, Annecy, et Genève.

Des navettes ferroviaires directes existent entre les gares de Valence-Ville et de Valence-TGV, par les trains TER réguliers de la région Rhône-Alpes et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Par ailleurs, les trains Intercités de nuit qui assurent la relation de Paris à Briançon s'arrêtent dans cette gare pour changer de locomotive (relais traction entre le mode électrique et le mode thermique), mais ce n'est pas un arrêt commercial.

Intermodaltité[modifier | modifier le code]

Une correspondance est possible avec les autobus du réseau urbain, les autocars départementaux et les cars TER.

Patrimoine ferroviaire[modifier | modifier le code]

La façade principale sur rue du pavillon central, du bâtiment voyageurs, fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [13]. Ce bâtiment voyageurs a été mis en service en avril 1866. Il a été conçu par Louis-Jules Bouchot[14], architecte de Napoléon III. La façade du corps principal, en pierre de taille, s'inspire du Petit Trianon de Versailles ; elle comporte cinq grandes baies vitrées encadrées de pilastres à chapiteaux doriques, le tout surmonté d'une balustrade à colonnades. Deux ailes en léger retrait complètent l'édifice. Une marquise métallique courait autrefois sur toute la longueur du bâtiment. La dernière rénovation, qui date de l'année 2000, lui a fait retrouver son aspect d'origine. Coté voies, une halle métallique abrite trois des quatre quais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau français : lignes 601 à 990, vol. 2, La Vie du Rail, , 239 p. (ISBN 978-2-918758-44-0), « [830/8] St-Rambert-d'Albon - Montélimar », p. 149.
  2. Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau français : lignes 601 à 990, vol. 2, La Vie du Rail, , 239 p. (ISBN 978-2-918758-44-0), « [908] Valence - Moirans ».
  3. a et b Jacques Delatour, 2016, p. 34.
  4. a et b Gérard Bouchet, 2016, p. 5-7.
  5. Jacques Delatour, 2016, p. 35.
  6. a et b François et Maguy Palau, Le rail en France : Le Second Empire, t. 1 : 1852-1857, Paris, Palau éd., , 215 p. (ISBN 2-950-942-11-3, notice BnF no FRBNF36712104), « 1.21. Avignon-Valence », p. 76-77.
  7. Correspondant (Courrier de la Drôme), « On écrit de Valence le 29 juin », Journal des débats politiques et littéraires,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  8. François et Maguy Palau, Le rail en France : Le Second Empire, t. 1 : 1852-1857, Paris, Palau éd., , 215 p. (ISBN 2-950-942-11-3, notice BnF no FRBNF36712104), « 1.28. Lyon (La Guillotière)-Valence », p. 101-102.
  9. L'Illustration, 1855, p. 233.
  10. François Caron (présentation), Les grandes compagnies de chemin de fer en France : 1823-1937 (Études), Droz, coll. « Archives économiques du Crédit Lyonnais », , 416 p. (ISBN 2600009426 et 9782600009423, présentation en ligne), p. 47.
  11. François et Maguy Palau, Le rail en France : Le second Empire, t. 3 : 1864-1870, Paris, Palau, , 239 p. (ISBN 2-950-9421-3-X, notice BnF no FRBNF39191508), « 7.4. Valence-Moirans », p. 10.
  12. Informations pratiques sur la gare, sur ter.sncf.com, consulté le 19 novembre 2016.
  13. « Notice no PA00117088 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. François Pourpardin, « Les bâtiments voyageurs édifiés le long de la ligne impériale (La Compagnie du PLM : les gares de l'architecte Jules Bouchot) », dans Revue d’histoire des chemins de fer, no 38, 2008, pp. 59-71 lire (consulté le 13 juillet 2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Chemin de fer de Lyon à Valence », L'Illustration, no 633,‎ , p. 231-233 (lire en ligne).
  • PLM, Chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée : Nomenclature des gares, stations et haltes, Paris, Impr. Maulde, Doumenc, , 173 p. (lire en ligne), p. 47, 81 et 163.
  • Gérard Bouchet, « 1854 : à folle vitesse, le train s'élance de la gare de Valence », Études drômoises (la revue du patrimoine de la Drôme), no 66,‎ , p. 5-7 (ISSN 0240-3994, résumé).
  • Alain Balsan, « La gare de Valence à 150 ans », Études drômoises (la revue du patrimoine de la Drôme), no 66,‎ (ISSN 0240-3994).
  • Jacques Delatour, « 1854 : Le train s'élance de la gare de Valence », Regard Magazine un point de vue local, no 67,‎ , p. 34-36 (ISSN 2110-6517, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]


Origine Arrêt précédent Train Arrêt suivant Destination
Paris-Gare-de-Lyon Lyon-Saint-Exupéry TGV TGV Montélimar Avignon-Centre
ou Miramas
Lyon-Part-Dieu Tain-l'Hermitage - Tournon TER Rhône-Alpes Terminus
ou Montélimar
Terminus
ou Avignon-Centre
ou Marseille-Saint-Charles
Mâcon-Ville
ou Lyon-Perrache
ou Lyon-Part-Dieu
ou Terminus
Tain-l'Hermitage - Tournon
ou Terminus
TER Rhône-Alpes Terminus
ou Livron
Terminus
ou Avignon-Centre
Évian-les-Bains
ou Annecy
ou Chambéry - Challes-les-Eaux
ou Grenoble
Valence-TGV TER Rhône-Alpes Terminus
ou Livron
ou Montélimar
Terminus
ou Avignon-Centre
Genève-Cornavin (CFF) Valence-TGV TER Rhône-Alpes Terminus Terminus
Romans - Bourg-de-Péage Valence-TGV TER Rhône-Alpes Livron Briançon
Terminus Terminus TER PACA Montélimar Marseille-Saint-Charles