Gazole

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Gazole
Identification
No CAS 68476-34-6
No EINECS 270-676-1
Apparence liquide incolore à jaune
Propriétés physiques
ébullition 170 à 390 °C[1]
Solubilité pratiquement insoluble dans l'eau[1]
Masse volumique 820 à 860 kg·m-3 à 15 °C[1]
d'auto-inflammation 220 °C[1]
Point d’éclair > 55 °C ISO 2719 (contient de l'essence en hiver, donc le point d'éclair est plus bas)[1]
Limites d’explosivité dans l’air inférieure : 0,6 %vol
supérieure : 6,5 %vol[1]
Pression de vapeur saturante 1 mbar à 20 °C[1]
Viscosité dynamique 32,6 SUS – 40,1 SUS (à 37,7 °C)[1]
Précautions
SGH[2]
SGH08 : Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxique
Attention
H351,
Directive 67/548/EEC
Nocif
Xn



Transport
30
   1202   
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
gazole

Le gazole, diesel, diésel ou gas-oil, ou encore gasoil, est un carburant pour moteur Diesel. Physiquement, c'est un fioul léger et, réglementairement, un carburant (norme fiscale) issu du raffinage du pétrole.

Le mot « gazole »[3] est issu du mot anglais « gasoil » (fioul, mazout). Ce terme est surtout utilisé en France. La dernière édition du Dictionnaire de l'Académie française ne reconnait pas l'utilisation du mot diesel pour ce carburant ; cela évite en particulier de confondre le moteur et le carburant. Dans d'autres pays, comme la Belgique, le Canada et la Suisse, le produit est connu comme « diesel »[4], mot issu du nom de Rudolf Diesel, l'inventeur du moteur Diesel, qui fonctionne habituellement avec ce carburant.

Gros émetteur d'oxydes d'azote et de particules fines nocives pour le système respiratoire[5], le gazole est fortement taxé au Danemark et en Suisse, vendu plus cher que l'essence aux États-Unis mais encore très utilisé en France où il est moins cher et moins taxé que l'essence[6].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Au Canada, le carburant pour moteur Diesel est séparé en deux catégories :

  • le carburant diesel saisonnier type B d'usage général ;
  • le carburant diesel léger type A d'usage particulier.

Durant plusieurs décennies, le gazole canadien était aussi défini par sa teneur en molécules sulfurées ; on parlait alors d'ordinaire, de faible teneur en soufre et de très faible teneur en soufre. Le soufre permet de limiter l'accumulation de particules en suspension à l'arrivée dans le pot d'échappement. Néanmoins, dans la foulée des pressions environnementales, le gouvernement canadien restreint la vente de carburant à ceux à très faible teneur en soufre depuis septembre 2006[7]. Effectivement, le soufre s'oxyde dans la chambre de combustion pour faire place au dioxyde de soufre, produit participant au brouillard urbain et à l'acidification des pluies. Les teneurs maximales en soufre ont considérablement baissé. En France, elle a été divisée par cinquante en quinze ans, passant de cinq-cents milligrammes par kilogramme en 1996 à trois-cent-cinquante en 2000 puis à cinquante en 2008 et enfin à dix milligrammes par kilogramme en 2009.

Autres formulations[modifier | modifier le code]

Lorsque le gazole est fabriqué sans pétrole ou avec une portion moindre de gazole pétrolier, on parle de biodiesel. Ce terme récent est contesté à cause de sa connotation environnementale plus ou moins usurpée. Ce terme recouvre deux carburants différents :

  • le gazole mélangé à des carburants d'origine végétale (biocarburant), qu'il s'agisse d'huiles ou de bioéthanol. L'appellation est dans ce cas usurpée car le pourcentage de carburant d'origine végétale est généralement faible (~ 10 %). Il s'agit de gazole oxygéné, terme plus correct mais peu utilisé dans le monde francophone ;
  • le carburant d'origine végétale utilisable par les moteurs Diesel. Généralement, de l'ester d'éthyle d'huile végétale (EEHV) ou de l'ester de méthyle d'huile végétale (EMHV). L'EEHV a l'avantage d'être productible à partir d'éthanol et d'huile végétale, soit des produits que l'on peut obtenir à 100 % à partir de l'agriculture.

Certains proposent le terme « agridiesel » mais cette nomenclature fait encore l'objet de discussions.

La masse volumique du gazole est d'environ 850 kg·m-3.

En France, il n'y a pas obligation d'utiliser du gazole dans les moteurs des engins agricoles ou de travaux publics. En général, le fioul domestique (FOD), cousin du gazole, est utilisé à la place. Depuis 2012, il est interdit d'utiliser du fioul dans les moteurs agricoles, le carburant à utiliser est le GNR (gasoil non routier) ce n'est plus une base fioul avec beaucoup de soufre, mais une base gasoil avec des huiles végétales ou des graisses animales. Ce nouveau carburant à un taux de cétane plus élévé, soit 56 contre un fioul à 40 ou 49. Ce carburant est moins polluant, mais plus fragile.

De même, les avions à moteur Diesel sont autorisés à utiliser du jet A1, un kérosène un peu plus léger que le fioul mais suffisamment gras pour ne pas gripper les pompes. En cas de crise majeure, les moteurs Diesel des véhicules militaires sont prévus pour l'usage du jet A1 (recommandation OTAN).

Inconvénients[modifier | modifier le code]

Les gaz d’échappement des moteurs Diesel ont été classés cancérigènes par l'OMS (voir la Liste de cancérogènes du groupe 1 du CIRC), associés au cancer du poumon et à celui de la vessie[8].

En effet, ces gaz d'échappement contiennent des oxydes d'azote (NOx) et des particules fines. Jusqu'à la généralisation de la norme Euro 6b pour tous les véhicules immatriculés à partir du , les émissions d'oxydes d'azote autorisées pour les véhicules Diesel étaient nettement plus élevées que celles autorisées pour les véhicules à essence.

La situation est moins tranchées pour les particules fines, puisque les moteurs essence à injection directe sont aussi de gros émetteurs de ce type de polluants. La norme Euro 6b autorise un taux d'émission de particules fines analogue pour les moteurs à essence et Diesel si on les mesure en mg/km (4,5 mg/km contre 5 mg/km), mais elle autorise un nombre de particules 10 fois plus élevé pour les moteurs à essence (6×1012 contre 6×1011 /km). Des mesures effectuées sur une Renault Mégane 1.2 TCe, une Ford Focus 1.0 EcoBoost et une Hyundai i40 1.6 GDI ont montré que, bien que ces véhicules respectaient la norme applicable aux moteurs à essence, ils dépassaient celle applicable aux moteurs Diesel[9]. Il faudra attendre le pour que la norme Euro 6c impose aux véhicules essence à injection directe nouvellement immatriculés une limite d'émission de particules fines identique à celle appliquée aux véhicules Diesel immatriculés depuis 2011 (norme Euro 5).

Les particules fines sont aussi émises notamment par les pneus, les freins et les embrayages[10], ainsi que par le chauffage au bois[11].

En France, en octobre 2015, Delphine Batho va mettre en œuvre une commission chargée de faire des propositions sur les moteurs au gazole[12]. En effet, l'ex-ministre de l'écologie a été désignée comme rapporteur de cette commission. Les parlementaires ont décidé de se charger du dossier dans le cadre du traitement d'un sujet directement lié à la santé publique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Entrée du numéro CAS « 68476-34-6 » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 1 novembre 2008 (JavaScript nécessaire)
  2. Numéro index 649-227-00-2 dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008).
  3. Terme recommandé en France par la DGLFLF – Journal officiel du 22/09/2000, voir FranceTerme.
  4. Terme recommandé par l'Office québécois de la langue française.
  5. « Les particules émises par les diesels classées cancérogènes », sur Sciences et avenir (consulté le 18 avril 2016).
  6. « Paris pollué, politiques irresponsables », sur Le Monde,‎ (consulté le 23 juillet 2016).
  7. Division du pétrole, Ressources naturelles Canada, « Aperçu du marché des produits pétroliers »,‎ (consulté le 23 juillet 2016).
  8. « Les gaz d'échappement des moteurs Diesel cancérogènes » [Communiqué de presse], Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC),‎ (consulté le 18 novembre 2012).
  9. « Particules : l'essence et l'hybride pires que le Diesel », sur Challenges,‎ (consulté le 22 juillet 2016).
  10. « Le diesel n’est pas seul responsable de la pollution automobile », sur Le Monde,‎ (consulté le 22 juillet 2016).
  11. « Pollution de l'air : particules fines, diesel et bois en accusation », sur La Dépêche du Midi,‎ (consulté le 22 juillet 2016).
  12. « Les parlementaires se penchent sur l'avenir du diesel », sur Le Point,‎ (consulté le 22 juillet 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]