Vaudrimesnil

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Vaudrimesnil
Vaudrimesnil
L'église Saint-Manvieu.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Coutances
Canton Agon-Coutainville
Intercommunalité Communauté de communes Coutances Mer et Bocage
Statut commune déléguée
Maire délégué Jean Lecrosnier
Code postal 50490
Code commune 50622
Démographie
Population 458 hab. (2016 en augmentation de 21,49 % par rapport à 2011)
Densité 76 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 09′ 12″ nord, 1° 24′ 54″ ouest
Altitude Min. 16 m
Max. 40 m
Superficie 6,05 km2
Historique
Date de fusion
Commune(s) d’intégration Saint-Sauveur-Villages
Localisation

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Vaudrimesnil est une ancienne commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 458 habitants[Note 1], devenue commune déléguée à partir du au sein de la commune nouvelle de Saint-Sauveur-Villages.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Vaudrimesnil[1]
Millières Périers Périers
Muneville-le-Bingard Vaudrimesnil[1] Saint-Aubin-du-Perron
La Ronde-Haye Saint-Sauveur-Lendelin Saint-Sauveur-Lendelin

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme Waudrimaisnille entre 962 et 996[2].

Cet appellatif toponymique repose sur l’ancien français maisnil, mesnil « habitation avec pièce de terre, demeure, maison, manoir », et parfois « métairie », issu du bas-latin mansionile, dérivé neutre en -ile du latin mansio « résidence », lui-même un dérivé nominal du verbe manēre « demeurer, rester ».

L'élément mesnil a servi à désigner des propriétés rurales, principalement entre le Xe et le XIIIe siècle (mais on en trouve quelques exemples dès les VIIe / VIIIe siècles). Le mot a aussi continué d’être employé assez tardivement, d’où la difficulté de dater les noms de ce type lorsque les formes anciennes ne sont pas connues. En règle générale, les toponymes normands de type X + -mesnil sont antérieurs au XIIe siècle. Dans la Manche, cette structure n’a été employée qu'au nord d'une limite allant approximativement de Granville à Saint-Lô. Le premier élément est généralement un nom de personne, souvent d'origine germanique continentale (francique), un peu plus rarement scandinave ou anglo-scandinave; on relève aussi quelques noms d'origine romane (voir dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie de René Lepelley). Au cas d'espèce, Vaudrimesnil serait la contraction de Waldric (nom d'origine germanique) et de mesnil[3].

Le gentilé est vaudrimesnilais(e)

Histoire[modifier | modifier le code]

Vaudrimesnil est de fondation très ancienne. Il était traversé par une route romaine, le Coralium, passant par Valognes et Coutances[4].

La paroisse de Vaudrimesnil relevait de la baronnie de Périers qui appartenait à l'abbaye Saint-Taurin d'Évreux. En 1195, Richard Cœur de Lion confirme cette donation du domaine de Vaudrimesnil (Vandrimesnillum) faite par Richard Ier, duc de Normandie[5], mais en 1208, Jean de Martigny, 19e abbé de Saint-Taurin, fait remise des églises de Périers et de Vaudrimesnil[6].

Sous l'Ancien Régime, la paroisse relevait du bailliage de Saint-Sauveur-Lendelin, secondaire du bailliage de Cotentin. Elle dépendait de l'élection de Carentan, de la généralité de Caen et de la sergenterie de Périers.

Vingt-trois habitants de Vaudrimesnil sont morts pour la France durant la Première Guerre mondiale[7].

Par décret du , la commune se voit décerner la Croix de guerre 1939-1945[8].

La commune nouvelle de Saint-Sauveur-Villages est créée le [9] après la fusion de Ancteville, Le Mesnilbus, La Ronde-Haye, Saint-Aubin-du-Perron, Saint-Michel-de-la-Pierre, Saint-Sauveur-Lendelin et Vaudrimesnil.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1844 1848 Désiré Leneslet    
septembre 1848 Mars 1882 Léon Gosset - Conseiller d'arrondissement, herbager
         
1882 août 1900 Romain Rupalley   Herbager, gendre de Léon Gosset
         
1945 1971 Benoni Lecanu    
mars 1971 mars 1995 Dominique Brunet SE Agriculteur
1995 mars 2001 Michel Lucas    
mars 2001 décembre 2018 Jean Lecrosnier[10] SE Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et deux adjoints[10].

Depuis le , Vaudrimesnil est rattachée à la communauté de communes Coutances Mer et Bocage, entité regroupant soixante-quatre communes et comptant plus de 48 500 habitants[11].

Le , par arrêté préfectoral du , Vaudrimesnil devient une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Saint-Sauveur-Villages.

À l'issue des élections municipales de 2020, Saint-Sauveur-Villages sera représentée par 29 conseillers municipaux, répartis au prorata du nombre d’habitants, soit : douze pour Saint-Sauveur-Lendelin, quatre pour Vaudrimesnil, trois pour Le Mesnilbus, La Rondehaye et Ancteville, et deux pour Saint-Michel-de-la-Pierre et Saint-Aubin-du-Perron.

Liste des maires Délégués
Période Identité Étiquette Qualité
janvier 2019 En cours Jean Lecrosnier SE Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[13].

En 2016, la commune comptait 458 habitants[Note 2], en augmentation de 21,49 % par rapport à 2011 (Manche : -0,23 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
513394565620551524512549527
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
515502501520521545534532491
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
465445460328353382348471370
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
269294332286332386414377458
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La statue de sainte Foy et ex-voto.
  • Église Saint-Manvieu (XVIIIe), mur absidial droit, autel à quatre colonnes géminées, tour-clocher carrée.
  • Château de la Rivière-Barbey (XVIIe-XIXe siècle), résidence de la famille Gosset du début du XVIIIe siècle jusqu'en 1960 ; devenu manoir Georges-Guénier en 1983 et transformé en foyer d'hébergement pour aveugles.
  • Ancien orphelinat de Vaudrimesnil[16] créé en 1912, puis transformé en maison de retraite en 1990 puis en complexe de loisirs en 2018[17].

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Louis Olivier Gosset (Vaudrimesnil, - ), sieur de la Rivière-Barbey, nommé par les habitants de Vaudrimesnil leur avocat au procès des landes de Lessay en 1763[18] ; il participe au début de 1789 à la rédaction du cahier de doléances de la paroisse de Vaudrimesnil pour les États généraux de 1789 ; élu député à l'assemblée préliminaire du Tiers état, il siège à Périers où se déroulent pendant dix-sept jours les travaux du bailliage secondaire de Saint-Sauveur-Lendelin[19].
  • Pierre Le Menuet de La Jugannière (1746 à Vaudrimesnil ou à Périers - 1835), magistrat et homme politique.
  • L'abbé Olivier Gosset, né à Vaudrimesnil le , cousin de l'abbé Pierre Gosset, autre prêtre réfractaire, fait ses études à Caen où il obtient le grade de maître ès arts de l'Université[20]. Il est diacre à Vaudrimesnil puis curé du Mesnilbus en 1766. À la Révolution, il prête serment restrictif et est bientôt recherché. Préférant la clandestinité à l'exil, il se cache dans un bois proche de sa maison natale. Près d'être retrouvé par les Bleus, il se sauve. Allant être rattrapé, il enfouit la boîte conservant ses hosties consacrées. Il est pris et aurait sans doute été relâché mais un chien gratte le sol et découvre le ciboire. Olivier Gosset se précipite pour récupérer les hosties mais les Bleus se jettent sur lui avec leurs sabres pour l'en empêcher et lui tranchent les mains. Le Martyre de l'abbé Gosset a été par la suite transposé par La Varende[21]. Le prêtre réfractaire Olivier Gosset s'expatrie en 1794 à Jersey. Il en revient en 1800 et est successivement desservant à Hauteville-la-Guichard, curé du Mesnilbus puis curé de Montcuit où il décède en poste le , à 73 ans[22]. À la fin du XIXe siècle, sa famille, au retour d'un pèlerinage, a fait ériger un calvaire sur le lieu de son martyre, au bord de la route qui va du château de Vaudrimesnil à l'église.
  • L'abbé Pierre Olivier Gosset, neveu de l'abbé Olivier Gosset, né à Vaudrimesnil le , fait ses études comme son oncle à Caen où il obtient lui aussi le grade de maître ès arts de l'Université. Il est d'abord vicaire à Feugères. Prêtre réfractaire, il doit s'exiler en 1792 à Jersey. Revenu en 1803, il est nommé curé de Vaudrimesnil où il restera pendant seize ans[23]. Sa position d'aîné d'une famille estimée, sa renonciation à ses droits de primogéniture pour être prêtre, sa grande culture, son prestige de prêtre réfractaire et d'exilé, un total dévouement à la population lui valent une grande considération. Il meurt en poste à Vaudrimesnil le , à 62 ans.
  • Le Dr Paul Gires (1873-1948), descendant des Gosset, fondateur de l'École française de stomatologie, repose à Vaudrimesnil.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2016.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  2. Ernest Nègre - 1996 - Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 970 - (ISBN 2600001336).
  3. René Lepelley, « Le parler normand du Val-de-Saire (Manche) : phonétique, morphologie, syntaxe, vocabulaire de la vie rurale [Thèse pour le Doctorat d'État-ès-Lettres présentée à l'Université de PARIS X-Nanterre (Lettres et Sciences humaines) le 6 Novembre 1971 ] », Cahier des Annales de Normandie, vol. 7, no 1,‎ , p. 5–442 (ISSN 0570-1600, DOI 10.3406/annor.1974.4128, lire en ligne, consulté le 4 novembre 2018)
  4. V. Léopold Quénault, p. 460, bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, 1860.
  5. Julien Gilles Travers, Annuaire du Département de la Manche, J. Elie, (lire en ligne)
  6. M. L'abbe Lecanu, Histoire du Diocese de Coutances et Avranches, (lire en ligne)
  7. (en) Eric Blanchais, « MémorialGenWeb Relevé », sur www.memorialgenweb.org (consulté le 3 novembre 2018)
  8. « Wikiwix's cache », sur archive.wikiwix.com (consulté le 3 novembre 2018)
  9. Jean-Marc Sabathé, « Arrêté n° 17-18-ASJ du 26 décembre 2018 portant création de la commune nouvelle de SAINT-SAUVEUR-VILLAGES », Recueil des actes administratifs spécial n°50-2018-94,‎ (lire en ligne [PDF])
  10. a et b Réélection 2014 : « Vaudrimesnil (50490) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 8 mai 2014)
  11. « Le territoire », sur Site de Coutances mer et bocage (consulté le 4 novembre 2018)
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  16. L'ancien orphelinat vendu aux enchères sur internet
  17. audrimesnil. L’ancien orphelinat se mue en complexe sportif
  18. Gaëtan Guillot, Un procès au sujet de la propriété des landes de Vesly, Périers, Vaudrimesnil, Annuaire du département de la Manche, 1907.
  19. Les cahiers de doléances du bailliage de Coutances (Coutances et secondaires) pour les États généraux de 1789, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, ministère de l'Instruction publique, Librairie Ernest Renoux, Paris, 1905. Le député aux États généraux sera Louis Pourel de Roquerie, procureur du roi au bailliage de Saint-Sauveur-Lendelin, demeurant à Périers.
  20. V. acte de Bon Lhermite, notaire apostolique, Coutances, 21 mars 1759
  21. Dans Le Centaure de Dieu
  22. Répertoire du clergé de la Manche pendant la Révolution et l'Empire, abbé Jean-Baptiste Lechat, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche, fasc. 84, 1993, t.1.
  23. Répertoire, id.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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