Saint-Aubin-du-Perron

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Saint-Aubin-du-Perron
Saint-Aubin-du-Perron
L'entrée du bourg et l'église Saint-Aubin.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Coutances
Canton Agon-Coutainville
Intercommunalité Communauté de communes Coutances Mer et Bocage
Statut commune déléguée
Maire délégué Rose-Marie Duval
Code postal 50490
Code commune 50449
Démographie
Gentilé Saint-Aubinais
Population 244 hab. (2016 en augmentation de 0,83 % par rapport à 2011)
Densité 32 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 09′ 06″ nord, 1° 22′ 30″ ouest
Altitude Min. 15 m
Max. 88 m
Superficie 7,62 km2
Historique
Date de fusion
Commune(s) d’intégration Saint-Sauveur-Villages
Localisation

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Saint-Aubin-du-Perron

Saint-Aubin-du-Perron est une ancienne commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 244 habitants[Note 1], devenue commune déléguée à partir du au sein de la commune nouvelle de Saint-Sauveur-Villages.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'altitude est comprise entre 15 et 88 mètres, le territoire couvre 762 hectares.

Communes limitrophes de Saint-Aubin-du-Perron[1]
Vaudrimesnil Périers, Saint-Martin-d'Aubigny Saint-Martin-d'Aubigny
Vaudrimesnil,
Saint-Sauveur-Lendelin
Saint-Aubin-du-Perron Saint-Martin-d'Aubigny
Saint-Michel-de-la-Pierre Saint-Michel-de-la-Pierre, Le Mesnilbus Saint-Martin-d'Aubigny,
Le Mesnilbus

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme Sanctus Albinus en 1176[2]. La paroisse était dédiée à Aubin d'Angers, évêque au VIe siècle.

Le nom a évolué à plusieurs reprises. Au cours du XIIIe siècle, le nom devient Saint-Aubin-de-la-Pierre (Sanctus Albinus de Petra) puis, au cours du XIVe siècle, et jusqu'à au moins 1712, Saint-Aubin-d'Aubigny (Sanctus Albinus de Albigneyo). Ce n'est qu'au cours du XVIIIe siècle qu'apparaît l'actuel nom de Saint-Aubin-du-Perron (voir ci-après lien vers l'ouvrage de l'abbé LECANU).

Le déterminant Perron (« lieu empierré »)' est un affixe destiné peut-être à rendre plus solennelle la reconnaissance du rattachement en 1685 de l'emplacement de l'église paroissiale au fief de Virville (qui relevait directement du Roi) en lieu et place de son rattachement à l'abbaye de Blanchelande (qui relevait de la baronnie d'Aubigny) ou pour rendre hommage au cardinal Davy du Perron dont la famille était originaire du lieu, à moins que cela n'ait trait à l'érection, en 1676, en châtellerie des domaines réunis du Perron et de la Hézardière. In fine, cette nouvelle appellation mettait un terme à une redondance puisque le radical Aubigny (Albigneium ou Albigneyo) correspond déjà au nom du saint patron, Aubin[3]. L'Abbé Lecanu, dans son Histoire du diocèse de Coutances et Avranches, retient comme seule cause l'hommage rendu au cardinal du Perron.[4]

Le gentilé est Saint-Aubinais[5]. En patois local, les habitants étaient surnommés les « bétournés » (« mal tournés ») du fait d'une orientation sud-nord de l'église différente de l'orientation est-ouest usuelle apparue dès l'époque paléochrétienne et devenue une règle à partir du XIe siècle. Si le terrain ne s'y oppose pas, les édifices religieux tournent leur chevet vers l'est (le levant) et s'ouvrent à l'ouest (le couchant) respectant en cela une symbolique religieuse.

De nombreux noms de lieux-dits se déclinent en Hôtel suivi d'un nom de personne. Cette formulation se retrouve de façon très importante dans le Centre-Manche, dans deux anciens cantons limitrophes du Calvados et de façon marginale dans l'Orne. Une étude publiée en 1954 dans les Annales de la Normandie[6] indique que la zone très dense d'utilisation de ce type de nom de lieu-dit correspond à la zone comprise entre celle de forte utilisation de noms scandinaves au Nord et celle de forte utilisation de noms gallo-romains au Sud. Il s'agirait donc vraisemblablement de lieux issus du défrichement intense connu aux XIIIe et XIVe siècles.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire médiévale et jusqu'au milieu du XIXe siècle de Saint-Aubin du Perron, ainsi que des autres communes du canton de Saint-Sauveur-Lendelin, a été synthétisée dans l'Annuaire du département de la Manche (volume 28, année 1856 pages 21 à 27)[3]

À la suite des évènements du 15 mars 1792 survenus au Mesnilbus et relatifs à l'enrôlement dans l'armée de la Manche pour combattre les Vendéens (notamment lors du siège de Granville) le représentant de la Convention Jean-Baptiste Le Carpentier, député de la Manche, en représailles fait décider par l'administration départementale le démembrement de la commune du Mesnilbus entre quatre communes[7] dont celle de Saint-Aubin-du-Perron, d'où un accroissement temporaire du nombre d'habitants et de la superficie communale.

En 1823 / 1824, la partie sud-ouest du territoire est restituée à la commune du Mesnilbus[8] rétablie dans ses droits.

Au cours de la Première Guerre mondiale, dix-neuf Saint-Aubinais sont morts pour la France, soit près de 6 % de la population communale[9].

Comme beaucoup d'autres dans la région, la commune de Saint-Aubin-du-Perron a très durement souffert durant la bataille de Normandie en 1944 : elle a été décorée de la croix de guerre 1939-1945 par décret du [10].

La commune nouvelle de Saint-Sauveur-Villages est créée le [11] après la fusion de Ancteville, Le Mesnilbus, La Ronde-Haye, Saint-Aubin-du-Perron, Saint-Michel-de-la-Pierre, Saint-Sauveur-Lendelin et Vaudrimesnil.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La Révolution française a débouché sur la mise en place de « municipalités cantonales » (Saint Aubin dépendait de celle de Saint-Sauveur-Lendelin). La constitution du (5 fructidor), met en place un « agent municipal » élu (pour 2 ans) dans chaque commune et qui participe à l'administration de la municipalité cantonale. La loi municipale du 28 pluviôse an VIII () a institué le titre de maire en remplacement de celui d'agent municipal.

Le premier à avoir porté le titre de maire de Saint-Aubin-du-Perron est Louis Francois Ledot[12],[13]. Il était déjà agent municipal, élu depuis l'an VI.

L'an XIII de la République (1805) lui succède Léon Eudes [14], puis Pierre Lajoye de 1825 à 1832, puis Jean Vauttier de 1832 à 1847, puis François Joseph Davy de Virville de 1848 à 1869, puis Jules d'Auxais (également député de la Manche, vice-président du conseil général) de 1869 à 1881, puis Adrien Davy de Virville de 1881 à 1885, puis Gustave Lebailly de 1885[15] à 1901 (adjoint : Louis Emmanuel Ledot)[16].

Le premier maire élu au XXe siècle (1902) est M. Lesaulnier (adjoint : M. Poutrel)[16]

Liste des maires[5]
Période Identité Étiquette Qualité
1919 1951 Albert Lebailly    
1951 1965 Constant Lepetit    
1965 1989 Michel Grimaux    
1989 mars 2001 Fernand Robert    
mars 2001[17] décembre 2018 Rose-Marie Duval[18] SE Professeur des écoles
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et trois adjoints[18].

Du fait des évolutions administratives récentes, la commune a été rattachée à compter du , à la communauté du Bocage coutançais, entité regroupant quarante-deux communes et près de 30 000 habitants[19]. Cette entité était elle-même issue de la fusion de plusieurs intercommunalités, dont celle du canton de Saint-Sauveur-Lendelin à laquelle était déjà rattachée la commune de Saint-Aubin-du-Perron.

À compter du [20], la commune est désormais rattachée à la communauté de communes Coutances Mer et Bocage qui regroupe 67 communes et plus de 48 000 habitants.

Le , par arrêté préfectoral du , Saint-Aubin-du-Perron devient une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Saint-Sauveur-Villages.

À l'issue des élections municipales de 2020, Saint-Sauveur-Villages sera représentée par 29 conseillers municipaux, répartis au prorata du nombre d’habitants, soit : douze pour Saint-Sauveur-Lendelin, quatre pour Vaudrimesnil, trois pour Le Mesnilbus, La Rondehaye et Ancteville, et deux pour Saint-Michel-de-la-Pierre et Saint-Aubin-du-Perron[21].

Liste des maires Délégués
Période Identité Étiquette Qualité
janvier 2019 En cours Rose-Marie Duval SE Professeur des écoles
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[22]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[23].

En 2016, la commune comptait 244 habitants[Note 2], en augmentation de 0,83 % par rapport à 2011 (Manche : -0,23 %, France hors Mayotte : +2,44 %). Saint-Aubin-du-Perron a compté jusqu'à 1 233 habitants en 1806. Sa population est pratiquement diminuée de moitié à la suite de la cession en 1823 d'une partie de son territoire suite au rétablissement de la commune du Mesnilbus, démembrée et supprimée en 1794.

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1001 1001 2331 194666681670641658
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
619590578536507523505462423
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
371357354318310335306318305
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
349335310259210219218242244
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

L'activité agricole est désormais la seule activité économique existante, à l'exception de quelques locations à vocation touristique. L'élevage bovin prédomine (lait, viande).

Les commerces de détail ainsi que les services y compris médicaux ou para-médicaux les plus proches se trouvent à Saint-Sauveur-Lendelin et à Périers.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le maitre-autel.
  • Église Saint-Aubin, des XIIe et XVIe siècles. En 1176 l'évêque Richard de Bohon a confirmé l'abbaye de Blanchelande comme propriétaire de l'église paroissiale. Cette donation avait été consentie environ 50 ans plus tôt par Guillaume d'Aubigny[25]. Elle abrite un ensemble maitre-autel-retable et quatre statues classées à titre d'objets aux Monuments historiques[26]. La restauration du mur sud de la nef, le remplacement de la voûte en plâtre qui menaçait ruine, la rénovation de la toiture, du dallage et des bancs de la nef ont été réalisés en 1957.
  • Château du Perron (ancien manoir de la Hézardière) et sa chapelle dédiée à saint Jean, fondée en 1330 par Simon de la Hézardière[27]. La chapelle actuelle date de la fin du XVIe siècle. Le château actuel date du XIXe siècle. Sa construction fut commandée par Jules d'Auxais. Au bord de l'étang subsistent quelques traces de la construction du XVIe siècle.
  • Château de Virville et sa chapelle dédiée à sainte Avoie[28]. La bâtisse actuelle date du XIXe siècle.
  • La chapelle de l'ancien fief de Launey ou l'Auney[29], dédiée à Notre-Dame et saint Edmond, Elle avait été restaurée lors du rachat de la propriété en 1655 par la congrégation des Eudistes qui avaient implanté en ces lieux un noviciat jusqu'à son transfert complet à Caen en 1732. La chapelle et les autres bâtiments sont alors retournés à un usage profane.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Diverses cérémonies, animations, concours de belote et voyages sont organisés par :

  • le comité des fêtes ;
  • le club de l'amitié ;
  • la société de chasse ;
  • l'association des anciens combattants.

La salle polyvalente municipale permet d'abriter manifestations, repas, spectacles, concours de belote.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2016.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 3 : Formations dialectales (suite) et françaises, Genève, (lire en ligne), p. 1531.
  3. a et b Julien Gilles Travers, Annuaire du Département de la Manche, J. Elie, (lire en ligne).
  4. Abbé Auguste François LECANU, Histoire de diocèse de Coutances et Avranches, (lire en ligne), volume 2, page 360.
  5. a et b René Gautier, 601 communes et lieux de vie de la Manche, Éditions Eurocibles, (ISBN 978-2354-58-0360), p. 503.
  6. Lechanteur, Fernand, « Principaux types toponymiques de la Normandie », Annales de Normandie, vol. 4, no 1,‎ (lire en ligne, consulté le 19 août 2018).
  7. "LE DIDAC’DOC – Service éducatif des archives départementales de la Manche" – novembre 2011, page 33, note no 86 : Ojouault, « Rapport sur le siège de Granville par Jean-Baptiste Le Carpentier (Granville, novembre 1793) », sur webcache.googleusercontent.com (consulté le 15 octobre 2016).
  8. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. « Relevé sur monument aux morts ».
  10. [PDF] « Communes décorées de la croix de guerre 1939-1945 », sur Mémorial Dormans (consulté le 23 octobre 2016).
  11. Jean-Marc Sabathé, « Arrêté n° 17-18-ASJ du 26 décembre 2018 portant création de la commune nouvelle de SAINT-SAUVEUR-VILLAGES », Recueil des actes administratifs spécial n°50-2018-94,‎ (lire en ligne [PDF])
  12. 1re mention de ce titre sur le registre d'état civil an VII-1812, vue 70 du registre, le 5 germinal de l'an VIII de la République.
  13. « Acte de naissance » (consulté le 22 octobre 2016).
  14. 1er acte d'état civil avec son nom le 30 brumaire an XIII.)
  15. Selon un dépouillement des registres d'état civil de la commune conservés aux archives départementales.
  16. a et b Annuaire du département de la Manche années 1900 à 1907.
  17. « Rose-Marie Duval candidate pour un 2e mandat », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 4 avril 2016).
  18. a et b Réélection 2014 : « Saint-Aubin-du-Perron (50490) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 4 avril 2016).
  19. « Communauté du Bocage Coutançais » (consulté le 22 octobre 2016).
  20. « Huit intercommunalités dans la Manche en 2017 », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 28 décembre 2016).
  21. « Nouvelle commune », sur Ouest-France, (consulté le 5 janvier 2019)
  22. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  23. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  25. Auguste François Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours: suivie des̀ Actes des saints et d'un tableau historique des paroisses du diocèse, Salettes, (lire en ligne).
  26. « Œuvres mobilières à Saint-Aubin-du-Perron », base Palissy, ministère français de la Culture.
  27. Auguste François Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours : suivie des̀ Actes des saints et d'un tableau historique des paroisses du diocèse, Salettes, (lire en ligne).
  28. « Des siècles d'histoire eu château de Virville », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  29. Auguste François Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours: suivie des̀ Actes des saints et d'un tableau historique des paroisses du diocèse, Salettes, (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Julien Gilles Travers, Annuaire du Département de la Manche, t. 28, J. Élie, (lire en ligne), p. 21 à 27 (Revue monumentale de l'arrondissement de Coutances)

Liens externes[modifier | modifier le code]