Amfreville (Manche)

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Amfreville
L'église Saint-Martin.
L'église Saint-Martin.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Canton Carentan
Intercommunalité Communauté de communes de la Baie du Cotentin
Statut commune déléguée
Maire délégué Ginette Dongé
2016-2020
Code postal 50480
Code commune 50005
Démographie
Gentilé Amfrevillais
Population 288 hab. (2013)
Densité 29 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 24′ 36″ nord, 1° 23′ 34″ ouest
Altitude Min. 1 m – Max. 31 m
Superficie 10,10 km2
Historique
Commune(s) d’intégration Picauville
Localisation

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Amfreville

Amfreville (prononcer /ɑ̃frəvil/) est une ancienne commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Picauville[1].

Elle est peuplée de 288 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune fait partie du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.

Le bourg d'Amfreville occupe une position centrale, à 20 mètres d'altitude. Le point culminant se situe au lieu-dit le Mont, à 30 mètres d'altitude, au nord-ouest du bourg, sur une hauteur qui fait fonction de limite avec Gourbesville. Les basses prairies du marais d'Amfreville descendent jusqu'à 2 mètres d'altitude près du Merderet. Dans les marais passe la limite séparant des communes de Neuville-au-Plain, Fresville, Sainte-Mère-Église, et Picauville.

La commune est peu boisée, comme tout le Cotentin, mais le bocage fait que l'arbre et la haie lui donne de loin une allure de forêt, les parcelles étant souvent de petite taille. Seuls les prés au bord du marais sont dépourvus d'arbres, puisque le marais « blanchit » chaque année vers janvier-février.

La commune se compose d'un bourg principal (Amfreville) et de plusieurs écarts[2]: la Fontaine, la Féricotterie, les Landes, le Sis, les Ancres, le Motey, les Helpiquets, les Cardets, Rubec, Hameau aux Brix, Cauquigny (église), le Bourg Neuf, Hameau Flaux, le Château (et sa chapelle), la Pesquerie, Durencru, la Percillerie, Bergerie des Avocats, les Heutes, la Moinerie (château).

La portion est d'Amfreville, bordée par le Merderet, présente de nombreux marais et prés humides : l'Essert, Pièces du Pont, l'Île, les Croisées, le Tiers, le Closet, le Parquet, Pièces d'Envie, les Marais. La partie ouest, structurée en champs, est quasi-inhabitée (seulement le manoir de la Moinerie).

Communes limitrophes d’Amfreville[3]
Gourbesville Gourbesville, Fresville Fresville,
Neuville-au-Plain
Gourbesville Amfreville[3] Sainte-Mère-Église
Étienville Picauville Picauville

Toponymie[modifier | modifier le code]

Amfreville[modifier | modifier le code]

Amfreville est attesté en 1150 sous la forme Ansfrevilla[4].

Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman VILLA « domaine rural »). Le premier élément est l'anthroponyme norrois Ásfridhr[5], localement adapté en Normandie sous la forme francique Ansfrid, d'où le sens global de « domaine rural d'Ásfridhr »[6].

Le gentilé est Amfrevillais.

Cauquigny[modifier | modifier le code]

Cauquigny est attesté en 1154 sous la forme Calqueneio[7].

Toponyme formé avec le suffixe gallo-roman -ACU ou -IN-IACU ajouté à un anthroponyme. Ce premier élément est de forme et d'origine discutées :

  • François de Beaurepaire proposa une formation en -IN-IACU à partir d'un nom de personne de type germanique °Calko, soit °CALKINIACU, « (le domaine) de Calko ». Ce dernier pourrait représenter une forme réduite de °Scalc(h)o, qui est quant à lui bien attesté[8]. L'origine germanique du nom et son emprunt tardif permettent de justifier le maintien de [k] devant [i], là où l'on attendrait une forme dialectale en [ʃ] ou française en [s].
  • Ernest Nègre avança une protoforme °CALCANIACU, dérivé toponymique en -ACU d'un surnom gallo-romain hypothétique °Calcaneus, lui-même tiré du latin calcaneus « talon », donc « (le domaine) de °Calcaneus »[9].

De ces deux hypothèses, la seconde pose le moins de problèmes phonétiques, mais postule l'existence d'un nom jamais attesté. La première est plus vraisemblable, mais l'argument phonétique est un peu plus délicat, quoique plausible.

Microtoponymie[modifier | modifier le code]

Rubec vient à la fois de l'ancien français ru et du norrois bekkr, ces derniers ont le même sens : « ruisseau »[10].

Motey est un toponyme fréquent dans le nord de la France dès le XIIe siècle, il vient de l'ancien français mostier « église »[11]

Les lieux-dits en Y-ère/-erie résultent du fort accroissement démographique normand du XIe-XIIIe siècle. Ils désignaient la ferme de la famille Y, fondée sur les nouvelles terres obtenues par les grands défrichements. Les essarts prennent le nom des défricheurs, suivi de la désinence -erie ou -ière[12].

Les autres lieux-dits en (Hameau / Le(s)…)-Y s'avèrent plus récents, ils indiquaient un bien de la famille Y.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon Théodose du Moncel, s'appuyant sur Charles Duhérissier de Gerville, le seigneur d'Amfreville en 1329 est Guillaume Avenel des Biards. Par mariage, le titre échoit à Jean de Tardes, baron de l'Angle-de-Néhou, qui épouse Françoise des Biards en 1503, puis à Nicolas, baron de Mouy, uni à Françoise de Tardes, dame d'Amfreville, de Néhou et des Biards, en 1533. Leurs fils et petit-fils en héritent[13]. Le fief devient ensuite la propriété de la famille du Poërier, puis des Davy, ces derniers obtenant de l'érection en marquisat. Les Davy d'Amfreville donne plusieurs marins, dont François Davy d'Amfreville, ainsi que deux cardinaux de la curie romaine et deux grands baillis du Cotentin. À la mort du commandeur d'Amfreville, en 1780, famille du Mesnildot hérite du domaine, vendu ensuite aux Sesmaisons[13].

Sous l'Ancien Régime, Amfreville faisait partie de la généralité de Caen, de l'élection de Valognes (en 1612/1636 et 1677) puis de Carentan (en 1713) et de la sergenterie de Pont-l'Abbé.

En 1812, Amfreville absorbe Cauquigny[14],[15], au sud-est de son territoire.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de la commune d'Amfreville

Blasonnement (1) : D'azur au chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles d'argent, et d'un croissant du même en pointe

Ces armes sont celles d'une importante famille du Cotentin sous l'Ancien-Régime, les " du Poerier ". Elles furent portées conjointement par toutes les branches de cette même famille, les "du Poerier d'Amfreville, du Poerier de Francqueville, du Poerier de Taillepied et du Poerier de Portbail". De nos jours, seule subsiste la branche de Portbail.

(1) : Selon les informations reçues des mairies par La Banque du Blason, Amfreville n'a pas de blason officiel.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1793 1806 Thomas Barbey    
1806 1815 Gabriel du Mesnildot    
1815 1821 Jean-Baptiste Charpentier    
1822 1830 Gabriel du Mesnildot    
1830 1831 Jean-Baptiste Franchomme    
1832 1832 François Férey    
1833 1839 Charles de Brix    
1839 1848 Jean Belliard    
1848 1854 Pierre Leconte    
1854 1872 Jean F. Cardet    
1872 1882 Pierre Besnard    
1882 1911 Pierre Férey    
1911 1914 Jean Legrusley    
1914 1916 Michel Le Heuzey   faisant fonction
1916 1917 Eugène Delalande    
1917 1928 Michel Le Heuzey    
1928 1948 Pierre Férey    
1948 1977 Paul Férey    
1977 mars 2014 Alain Maître    
mars 2014[16] en cours Ginette Dongé SE Retraitée ressources humaines
Une partie des données est issue de liste établie par Jean Pouëssel et Jean Noël Noury
issue de l'ouvrage "601 communes et lieux de vie de la Manche"[17]

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et deux adjoints[16].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 288 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2008, 2013, 2018, etc. pour Amfreville[18]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
775 805 927 938 820 805 848 830 793
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
741 759 786 726 786 771 717 683 642
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
614 626 610 571 540 523 491 459 430
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 -
414 369 333 312 295 290 299 288 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006 [19].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution démographique de Cauquigny
1793 1800 1806
54 48 70
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes.
(Sources : EHESS[15])

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Ferréol de Cauquigny.
  • Château d'Amfreville (XIVe siècle), inscrit au titre des Monuments historiques[20] depuis le 30 mars 1965.
  • Église Saint-Martin avec sa nef (XIIIe), son chœur (XIIIe - XVIe) et son clocher-tour (XIIIe remanié XVIIe). Elle abrite de nombreuses œuvres classées à titre d'objets aux Monuments historiques[21].
  • Église Saint-Ferréol de Cauquigny (XIIe siècle, restaurée).
  • La Moinerie, maison classée aux Monuments historiques. La chapelle a été rasée, il y a fort longtemps. Le pigeonnier est une énorme tour blanche ; la porte double d'entrée de la tour ne s'ouvre plus que sur un sentier. L'habitation actuelle a dû être reconstruite de fond en comble après avoir été partiellement incendiée en 1944.
  • Rives du Merderet.

La commune est également concernée par le périmètre de protection des monuments inscrits hors de la commune : la mairie de La Pernelle et l'église de Montfarville.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2013.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « recueil des actes administratifs de la Manche » (consulté le 18 décembre 2015)
  2. http://www.geoportail.fr/?c=-1.3925,49.41&l=Scan%2850%29,Admin&z=7
  3. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  4. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 1 : Formations préceltique, celtiques, romanes, Genève, (lire en ligne), p. 1019
  5. Nom des communes de la Manche
  6. Ce nom d'origine germanique bien connu représente la combinaison des éléments Ás- (forme scandinave) ou Ans- (forme francique) « Ase, dieu guerrier » et -fridhr (forme scandinave) ou -frid (forme francique) « paix ».
  7. François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 94.
  8. Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. I (les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques), 1968, p. 196a. Scalco, variante Scalcho, est l'hypocoristique des noms dont le premier élément est °scalc- « serviteur », présent entre autres dans le mot maréchal < francique °marh-skalk « domestique chargé de soigner les chevaux; palfrenier ». En outre, cette chute précoce de s- initial devant consonne en gallo-roman est attestée par un certain nombre d'autres exemples.
  9. Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. I, 1990, p. 544, § 8836.
  10. Revue économique francaise - 1948
  11. Toponymie générale de la France, Volume 1 par Ernest Nègre.
  12. Voir Histoire de la Normandie
  13. a et b Théodose du Moncel, « Châteaux de Nacqueville et d'Amfreville », Annuaire du Département de la Manche, volume 34, J. Elie, 1862, p.47-49
  14. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Cauquigny », sur EHESS, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 9 novembre 2010)
  16. a et b « Ginette Dongé a été élue maire », sur Ouest-france.fr (consulté le 4 avril 2014)
  17. René Gautier, 601 communes et lieux de vie de la Manche [détail des éditions]
  18. Date du prochain recensement à Amfreville, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 201120122013 .
  20. « Château d'Amfreville », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  21. « Œuvres mobilières à Amfreville », base Palissy, ministère français de la Culture.

Liens externes[modifier | modifier le code]