La Meauffe

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La Meauffe
L'église Saint-Martin.
L'église Saint-Martin.
Blason de La Meauffe
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Saint-Lô
Canton Pont-Hébert
Intercommunalité Saint-Lô Agglo
Maire
Mandat
Alain Mahieu
2014-2020
Code postal 50880
Code commune 50297
Démographie
Gentilé Meauffois
Population
municipale
1 076 hab. (2014 en diminution de 1,01 % par rapport à 2009)
Densité 105 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 10′ 35″ nord, 1° 06′ 40″ ouest
Altitude Min. 4 m
Max. 87 m
Superficie 10,22 km2
Localisation

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Liens
Site web pagesperso-orange.fr/mairie.la-meauffe

La Meauffe est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 1 076 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est en pays saint-lois. Son bourg est à 3 km à l'est de Pont-Hébert, à 6,5 km à l'ouest de Saint-Clair-sur-l'Elle, à 8 km au nord de Saint-Lô et à 10 km au sud de Saint-Jean-de-Daye[1]. Elle fait partie du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.

La commune est desservie par le transport en commun départemental par bus (Manéo) via la ligne 001 : Cherbourg-Octeville - Valognes - Carentan - Saint-Lô.

La Meauffe est bordée au nord par la Vire. Elle est traversée par le ruisseau Saint-Martin, et par la Jouenne.

Le point culminant (87 m) se situe en limite sud-est, près du lieu-dit la Basse-Cour. Le point le plus bas (4 m) correspond à la sortie de la Vire du territoire, au nord. La commune est bocagère.

Exemple de chemins creux bocagers, au sud de la commune.

La commune se compose de deux villages principaux (le bourg et le quartier du Pont), et de plusieurs hameaux[2] : la Cour Talvas, la Foulerie, la Côte du Poirier, la Lande Marvast, le Moulin Faby, Douzouville, la Pérelle, la Mare, la Petite Ferme, la Basse Cour, le Carillon, la Jugannière, les Taillis, les Grandes Landes, Concho, la Maison Blanche, la Boulaye, la Rivière, Hotel Samson, la Prêterie, le Tronquet, les Esserts, la Germainerie, Fors, la Caillourie, Launay, Saint-Gilles, la Cornicaillerie, la Herbaudière, la Vengerie, Coquet. Le quartier du Pont est le plus peuplé. Il se développe dès 1970 car situé sur l'axe Saint-Lô - Carentan (ancienne N 174).

Communes limitrophes de La Meauffe[3]
Cavigny Airel Moon-sur-Elle,
Saint-Clair-sur-l'Elle
Pont-Hébert La Meauffe[3] Villiers-Fossard
Rampan Saint-Georges-Montcocq Le Mesnil-Rouxelin

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme est attesté sous les formes Melpha en 1175[4], Melfa vers 1180[4], La Mealphe en 1312[4], La Meauphe en 1392[4] et La Mauffe en 1793[5]. Il serait issu de l'anthroponyme germanique Madelveus[4] ou Madelvus[6].

Le gentilé est Meauffois.

Microtoponymie[modifier | modifier le code]

Le hameau Lande Marvast désigne une prairie (lande) résultant d'un défrichement massif (cf. Hardinvast). Le propriétaire à l'origine a un patronyme commençant par Mar-.

Le hameau Douzouville aurait certainement une origine germanique.

Le hameau Les Esserts désigne un lieu déboisé pour y être habité (cf. Essart).

Les hameaux Boulaye et Launay désignaient respectivement des bois de bouleaux et d'aulnes.

Les hameaux en Y-ère/-erie sont des habitats ultérieurs, résultant du développement démographique de la Normandie. Ils désignaient la ferme de la famille Y, fondée sur les nouvelles terres obtenues par les grands défrichements des XIe-XIIIe siècle. Les essarts prennent le nom des défricheurs, suivi de la désinence -erie ou -ière[7]. Les autres hameaux en Hôtel / Le / Clos / Pont / Cour / Maison...Y sont des constructions encore plus tardives, ils désignent la propriété de la famille Y.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église et manoir avant les destructions de 1944. On aperçoit le calvaire de 1871 devant l'église.

Sous l'Ancien Régime, la paroisse dépend de la généralité de Caen, de l'élection de Carentan (1677) puis de Saint-Lô (1691), et de la sergenterie de la Comté.

À la création des cantons sous la Révolution, la commune fait partie du canton d'Esglandes. Ce canton est supprimé lors du redécoupage cantonal de l'an IX (1801)[5]. Meauffe est alors rattachée au canton de Saint-Clair.

Les 11 et 12 juillet 1944, le village est le témoin de violents combats entre la 352e DI et le Kampfgruppe Kenter formé d'unités de la 266e DI pour les allemands, et la 35e DI américaine. Les troupes américaines arrivent depuis la D54, à l'est, précédées d'un barrage d'artillerie. Les allemands occupent le clocher de l'église avec des mitrailleuses lourdes, et ont fortifié le château de Saint-Gilles. Les combats sont violents, tels que les américains surnomment la D54 la « route de la vallée de la Mort » (Death Valley Road). L'attaque se poursuit le 12 juillet, et les troupes américaines arrivent à s'emparer peu à peu du village (10h45), du château Saint-Gilles (14h) avant que les Allemands ne battent en retraite la nuit tombée. La 35e DI américaine compte 19 tués, 170 blessés et 25 disparus[8].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de La Meauffe

Les armes de la commune de La Meauffe se blasonnent ainsi :
De sinople à la fasce ondée d'argent accompagnée, en chef, de deux fleurs de lys d'or et, en pointe, d'un saumon aussi d'argent[9].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1862   Lucien Antoine Delamarre    
 ?  ? Yves Le Meur    
1995 mars 2008 Jacques Lenôtre    
mars 2008[10] en cours Alain Mahieu[11] SE Cadre à France Télécom
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de quinze membres dont le maire et trois adjoints[11].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[13].

En 2014, la commune comptait 1 076 habitants[Note 2], en diminution de 1,01 % par rapport à 2009 (Manche : +0,44 %). La Meauffe est la commune la plus peuplée du canton de Saint-Clair-sur-l'Elle.

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
606 442 652 642 694 689 728 755 739
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
764 743 715 722 729 773 786 712 636
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
621 568 573 508 549 607 650 527 697
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
699 723 851 1 143 1 141 1 034 1 064 1 069 1 073
2013 2014 - - - - - - -
1 076 1 076 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Cycle Établissement public Établissement privé
Écoles primaires École maternelle et élémentaire

Économie[modifier | modifier le code]

Laiterie Claudel[modifier | modifier le code]

Située sur la commune de La Meauffe, on a coutume improprement de localiser la laiterie Claudel à Pont-Hébert.

Ce centre de production de produits laitiers a une histoire associée à un homme, Henri Claudel (1884-1971). Son développement et son extinction sont très étroitement liés à l’histoire agricole du bocage que traverse la Vire.

L’implantation de l’usine Claudel en 1912 est significative de l’essor qu’a connu l’industrie laitière dans notre région entre 1850 et 1920. C’est aussi pour cette partie du bocage bas-normand l’histoire d’un développement industriel étonnant qui s’étalera sur près de 70 ans et mettra Claudel en position dominante dans l’économie laitière du département (avec la coopérative Elle & Vire).

Henri Claudel ne va pas cesser d’étendre son entreprise en créant ici et là des unités de production qui vont permettre la diversification et la spécialisation. Claudel réalisera le passage de la production artisanale à une production industrielle très performante.

Dans une région faiblement industrialisée, l’usine Claudel joue un rôle moteur pour l’économie bas-normande. En 1939, l’usine traitait 60 000 litres par jour. Elle brûlera en juillet 1944. Reconstruite en usine ultramoderne, elle aura un potentiel de production de plus de 500 000 litres de lait par jour dans les années 1970-1980. La main d’œuvre passera de 200 employés en 1926 à 880 dans les années 1970. Henri Claudel, fondateur de cet empire incarne le patron d’industrie qui - à l’image d’Alfred Mosselman pour les engrais, la chaux, la brique et les transports - imprime à la région un dynamisme incontestable, une image forte qui perdure. Fin 1984, la société Claudel-Nestlé disparaît définitivement pour se fondre dans le groupe Besnier. La fermeture de l’usine de Pont-Hébert sera vécue par le monde du travail comme un véritable traumatisme. Actuellement, les bâtiments attendent une reprise, et de ce fait ne pourraient être utilisés à des fins touristiques. La valorisation de l’histoire de cette implantation serait à faire sur un autre lieu.

Centrale hydraulique des Claies de Vire[modifier | modifier le code]

Les Claies de Vire.

Tout près du barrage des Claies de Vire, des murs de pierres maçonnées avec ouvertures en brique, et quelques structures intérieures encore en place, révèlent l’existence d’une centrale électrique. Il existait un moulin à cet emplacement à la fin du XVIIIe siècle. Les installations hydrauliques furent transformés par la suite, avec l’installation de deux turbines. L’usine fut règlementée par décret en 1911. En 1946, l’usine devint propriété d’EDF. Aujourd’hui, le toit du bâtiment a disparu, mais les murs restent en état et présentent une architecture remarquable qu’il serait souhaitable de sauvegarder.

Distilleries[modifier | modifier le code]

Deux distilleries ont été implantées sur la commune de La Meauffe après 1918, l’une vers le quartier du Pont, l’autre le long de la route La Meauffe-Airel. La seconde, la plus importante, construite vers 1929 pouvait traiter 400 tonnes de pommes. Cet alcool fabriqué de manière industrielle a servi en gros à la reconstitution des poudres de guerre. L’usine arrêta sa fabrication en 1953. Sa haute cheminée en brique, visible de loin, témoigne de l’importance de l'activité. Cette dernière a été détruite en 2009 pour des raisons de sécurité puisqu'elle menaçait de ruines.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Fours à chaux inscrits aux Monuments historiques[15].
  • Église Saint-Martin, moderne.
  • Chemin de halage.
  • Claies de Vire.
  • Ferme de la Grande Ferrière.
  • Château de Saint-Gilles : détruit en 1944.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

L'Entente sportive La Meauffe-Villiers-Fossard a fait évoluer jusqu'en 2016 deux équipes de football en division de district[16].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Armand-Jérôme Bignon (1711-1772), avocat, académicien, bibliothécaire du roi, conseiller d'État et prévôt des marchands de Paris, seigneur de La Meauffe, en possédait le fief[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Distances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr
  2. La Meauffe sur Géoportail.
  3. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  4. a, b, c, d et e Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 2 : Formations non romanes ; formations dialectales, Genève, (lire en ligne), p. 874
  5. a, b et c Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet, (ISBN 2-95480-455-4 (édité erroné), notice BnF no FRBNF36174448), p. 170
  7. Voir Histoire de la Normandie
  8. La Meauffe en 1944, sur dday-overlord.com
  9. « GASO, la banque du blason - La Meauffe Manche » (consulté le 1er décembre 2013)
  10. « Le maire sortant, Alain Mahieu, a dévoilé sa liste », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 25 août 2015)
  11. a et b Réélection 2014 : « La Meauffe (50880) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 24 mai 2014)
  12. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  15. « Ensemble de six fours à chaux », notice no PA00110671, base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. « Site officiel de la Ligue Basse-Normandie – Ent. s. Meauffe-Villiers-Fossard » (consulté en 25 août 2015 et 25 octobre 2016)
  17. Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l ..., Volume 10 sur Google Livres

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]