Blaise de Sébaste

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Blaise de Sébaste
Image illustrative de l'article Blaise de Sébaste
Saint Blaise de Sébaste par Hans Memling.
Évêque, martyr et saint
Décès vers 316 
Nationalité Arménienne
Fête 16 janvier Église apostolique arménienne, 3 février Église catholique romaine, 11 février Église orthodoxe
Attributs peignes en fer, bougies, tenant un garçon qui s'étouffe.
Saint patron Tailleurs de pierre, graveurs, travailleurs de laine, gardiens de bétail, cagots, joueurs d'un instrument de musique à vent. Lieux : Dubrovnik, Ciudad del Este, Paraguay, Rubiera...


Saint Blaise de Sébaste (en grec : Άγιος Βλάσιος Agios Vlasios, en arménien : Սուրբ Վլաս Sourp Vlas, est médecin et évêque (de Sébaste) martyrisé sous Licinius en Arménie en 316, par l'ordre d'Agricola, gouverneur de Cappadoce. Il est considéré comme 'saint auxiliaire'.

On croit selon la tradition que saint Blaise intercède dans les cas de maladies de gorge, surtout quand des arêtes s'y sont enfoncées. La première référence que nous avons de lui figure dans les écrits médicaux d'Aetius Amidenus, qui invoque d'ailleurs son aide dans le traitement des objets enfoncés dans la gorge. Au XIIe siècle, Jean Beleth indique que Blaise est invoqué pour les maux de dents et pour les maladies des animaux.

Blaise est le saint de patron de la ville de Dubrovnik (où il est connu comme Sveti Vlaho) : on croit qu'il est apparu dans les airs en 971 afin de prévenir les habitants d'une attaque imminente des Vénitiens. En Russie, saint Vlasij est le saint patron des troupeaux.

Fête : 3 février en Occident, peut-être le 11 février en Orient.

Histoire[modifier | modifier le code]

D'après les Actes de saint Blaise, écrits en grec, Blaise, qui avait étudié la philosophie dans sa jeunesse, était un médecin à Sébaste en Arménie, sa ville natale, et il exerçait son art avec une capacité extraordinaire, une grande bonne volonté et de la piété. Quand l'évêque de la ville mourut, l'acclamation de tout le peuple le désigna pour lui succéder. Sa sainteté se manifestait par une foule de miracles : de partout aux environs, les gens venaient à lui pour faire soigner leur âme et leur corps ; les animaux sauvages eux-mêmes venaient en troupeaux pour recevoir sa bénédiction. En 316, Agricola, gouverneur de Cappadoce et de Petite Arménie, arriva à Sébaste sur ordre de l'empereur Licinius pour mettre à mort les chrétiens et il fit arrêter l'évêque. Comme on le menait en prison, une mère mit à ses pieds son fils unique, qui était en train de mourir par étouffement d'une arête qu'il avait avalée, et l'enfant fut immédiatement guéri. Cependant le gouverneur, incapable de faire renoncer Blaise à sa foi, le fit battre, fit déchirer sa chair avec des peignes en fer et le fit décapiter.

D'après La Légende dorée, après que Blaise fut désigné comme évêque de Sébaste et pour échapper aux persécutions de Dioclétien, le saint gagna une caverne où il vécut en ermite. Assis à l'entrée d'une grotte, les oiseaux lui apportaient sa subsistance, et les animaux s'assemblaient autour de lui pour recevoir sa bénédiction ou pour être guéri lorsqu'ils étaient malades : on le voyait ainsi nourrir un renard, caresser la tête d'un lion ou d'une panthère[1]. Lors d'une partie de chasse, les soldats du gouverneur local tombèrent sur cette grotte, et virent la foule des animaux autour de Blaise, mais ils n'en purent capturer aucun. Aussi le gouverneur fit-il amener le saint sous bonne escorte. En route, Blaise sauva un enfant mourant qui avait avalé une arête de poisson, et obtint d'un loup qu'il restituât un pourceau qu'il avait ravi à une pauvre veuve. Le gouverneur, ne pouvant obtenir de lui qu'il sacrifiât à ses dieux, le fit jeter en prison. Là, la veuve lui apporta du pain et la tête de son pourceau, ainsi qu'une chandelle : ceci explique l'utilisation de chandelles dans le culte du saint. Par la suite, le gouverneur le fit torturer à l'aide de peignes de fer qui lacéraient ses chairs, puis ordonna qu'on le jette dans un étang. Mais alors Blaise fit un signe de croix, et la surface de l'étang devint pour lui solide. Le gouverneur le fit alors décapiter. Lors de sa mort, le saint demanda à Dieu que quiconque l'invoquerait pour un mal de gorge ou une autre maladie fût exaucé, et cela lui fut accordé.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Martyre de saint Blaise (en provenance de la chapelle d'Appeville)

Dans l'iconographie, on montre souvent Blaise avec les instruments de son martyre, les peignes en fer. La ressemblance de ces instruments de torture avec les peignes de laine a fait adopter le saint comme patron des cardeurs de laine en particulier et du commerce de la laine en général. Il peut aussi être représenté avec des bougies car elles lui furent apportées lorsqu'il était en prison[2]. De telles chandelles sont utilisées pour la bénédiction des gorges pendant le jour de sa fête, qui tombe dans l'Église Occidentale le 3 février et dans l'Église orientale le 11 février. On tenait une bougie devant la gorge et on prononçait les mots suivants Per intercessionem Sancti Blasii liberet te Deus a malo gutteris et a quovis alio malo in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti [Par l'intercession de saint Blaise que Dieu te libère de ce mal de gorge et de tout autre mal au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit].

Traditions locales[modifier | modifier le code]

On raconte qu'en 1298 le saint fit apparaître des flammes imaginaires au-dessus de la ville de Fiuggi, au moment même où celle-ci était sur le point d'être assiégée par les troupes pontificales[3]. La ville, qui, à l'époque s'appelait Anticoli di Campagna, était un fief des Colonna qui à leur tour étaient en guerre contre la noble famille romaine des Caetani. L'intention des Caetani était d'attaquer le pays de deux côtés : par le bas en descendant du château de Monte Porciano et par le haut en partant de Torre Caetani ; pour exécuter leur plan ils divisèrent leurs forces. C'est à ce moment, raconte-t-on, que le Saint fit apparaître au-dessus de la ville des flammes imaginaires ; les troupes ennemies, qui se préparaient maintenant à l'attaque, crurent avoir été précédées par des forces alliées. Elles s'en allèrent donc et revinrent chez elles. Ayant appris le fait le lendemain, la population choisit comme patron pour la ville le saint du jour, saint Blaise précisément. En souvenir de cet événement, il subsiste dans le pays une ancienne tradition qui consiste à brûler de grandes piles de bois de forme pyramidale, appelées stuzze, qui doivent rappeler les flammes que le saint fit apparaître au-dessus de la ville. Cette manifestation a lieu le soir du de chaque année à l'endroit le plus élevé de la ville, devant la mairie.

Le , fête du saint, il est de tradition en Italie septentrionale de manger un morceau de panettone conservé depuis Noël, dans le but de protéger la gorge de tout mal.

Le saint est également fêté dans la commune de Saint-Blaise en Suisse romande. Chaque année une messe lui est dédiée le avec des chants en patois dans la petite chapelle Saint-Blaise à Queyssac-les-Vignes en Corrèze.

Saint Blaise, réputé pour soigner les maux de gorge, est vénéré dans divers lieux de Normandie ou d'Alsace (comme Blodelsheim, où le saint est le patron du village) et où la coutume veut que l'on allume deux cierges bénits croisés sur la gorge du fidèle qui prie pour sa guérison.

À Metz, en Moselle, en l'église Saint-Eucaire a lieu tous les 3 février un pèlerinage traditionnel et populaire qui rassemble plusieurs milliers de fidèles, qui viennent faire bénir des petits pains briochés garnis de picots évoquant le martyre du saint. Ces petits pains bénits sont réputés guérir ou protéger des maux de gorge. À noter que les reliques de saint Blaise reposent dans l'église.


Culte[modifier | modifier le code]

Son culte s'est étendu en Europe aux XIe et XIIe siècles. Effectivement, le concile d'Oxford de 1222 a défendu tout travail le jour de sa fête. Il est vénéré comme un des Quatorze saints auxiliateurs, c'est-à-dire qu'il est regardé comme particulièrement secourable, soit que son intercession auprès de Dieu soit réellement plus efficace, soit parce qu'il est plus accessible aux prières, en particulier dans les situations d'urgence. Il a donné son nom à l'Ordre arménien de Saint-Blaise et à beaucoup d'églises.

Italie[modifier | modifier le code]

En Italie il est connu sous le nom de San Biagio et est le patron de plus de 120 communes.

Croatie[modifier | modifier le code]

Sous le nom de Sveti Vlaho ou Sveti Blaž il est le patron de plusieurs communes dont Dubrovnic.

Royaume Uni[modifier | modifier le code]

  • En Cornouailles, le village de (en) saint Blazey a été nommé d'après lui et l'église de la paroisse consacrée à saint Blaise.
  • En Angleterre, aux XVIIIe et XIXe siècles, saint Blaise fut adopté comme protecteur des grandes parades données par les travailleurs de la laine particulièrement dans l'Essex, le Yorkshire, le Wiltshire et la région de Norwich. L'enthousiasme populaire pour ce saint s'explique par la conviction que Blaise avait apporté en Angleterre la prospérité (que symbolise le Woolsack) en apprenant aux Anglais à peigner la laine.
  • Selon la tradition anglaise telle que la rapportent les feuillets imprimés lors de ces festivités, Blaise était venu de Jersey. Jersey était d'ailleurs un centre d'exportation de marchandises en laine (comme le témoigne le nom de jersey pour un vêtement de laine). Pourtant, cette tradition est probablement le résultat de confusion avec un saint différent, saint Blaise de Césarée (Césarée étant aussi le nom latin de Jersey).

Il existe une église dédiée à saint Blaise dans le hameau de Haccombe dans le Devon, près de Newton Abbot, et un autre à Milton près d'Abingdon dans le Comté Royal du Berkshire. C'est une des plus petites églises du pays ; elle se trouve à côté de la maison Haccombe qui est la maison familiale de la famille Carew, les descendants du capitaine de la Mary Rose au moment de son naufrage. Un fait curieux associé à cette église est que son curé porte le titre d'archiprêtre.

Selon les Popular Antiquities de Brand (1813), dans certaines régions de la campagne anglaise c'était une habitude d'allumer des feux dans les jardins pour la fête de la Saint-Blaise, le 3 février – coutume apparemment inspirée par la sonorité du mot blaze (incendie en anglais).

Allemagne[modifier | modifier le code]

Il a donné son nom à l'ancienne abbaye de Sankt Blasen en Forêt Noire.

Espagne[modifier | modifier le code]

Dans les pays de langue espagnole, on le connaît sous le nom de san Blas et il a donné son nom à de nombreux endroits.

France[modifier | modifier le code]

  • Le culte de Saint Blaise est aussi pratiqué tous les ans en février dans le village de Thoard, dans les Alpes-de-Haute-Provence dont il est le saint patron. Statue du XVIIIe siècle (IMH) dans l'église.
  • Le culte était très actif autour de Belin en Gironde. Début décembre 1875, fin février 1876 l'église aurait offert une statue à saint Blaise pour arrêter une épidémie de diphtérie[4].
  • À Belhade on bénissait le bétail au nom de saint Blaise encore au début du XXe siècle, mais le 26 juillet date de la patronne de l'église et de la source de la commune : la sainte Anne.
  • À Parentis-en-Born on bénissait le bétail le jour de la Saint-Blaise au moins encore en 1866[5].
  • Saint Blaise est aussi le patron de Pézenas qui, en sa collégiale Saint Jean, conserve certaines de ses reliques. Chaque année il est fêté au mois de février avant l'ouverture du carnaval traditionnel.

Il y a plus de 150 références toponymiques à saint Blaise en France [6]

Suisse[modifier | modifier le code]

Dans le canton des Grisons, en Basse-Engadine, le culte de saint Blaise a été pratiqué avant que la région ne passe à la Réforme au XVe siècle. Son nom en romanche est San Plasch. L'église paroissiale réformée de Tschlin porte par exemple toujours son nom à l'heure actuelle : Baselgia da San Plasch ou Kirche San Plasch.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Réau, Iconographie de l'art chrétien, Presses universitaires de France,‎ 1958, p. 231
  2. R. Giorgi, traduit de l'italien par D. Férault, Les Saints, éd. Harzan, Paris, 2003, p. 65 (ISBN 2-85025-856-3)
  3. (it) Cernicchiaro Josè, Polisciano Tina, San Biagio a Maratea : Vescovo e Martire di Sebaste, patrono e protettore della città di Maratea, Maratea, Zaccara, 2010.
  4. Mémoires de Jean-Louis Brouste
  5. Saint Blaise dans le sud-ouest de la France par Jean-Pierre Lescarret in Bulletin de la Société de Mythologie Française n°256
  6. CD Dictionnaire des toponymes de France éd. IGN

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]