Aller au contenu

Étienville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Étienville
Étienville
L’église Saint-Georges.
Blason de Étienville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Intercommunalité Communauté de communes de la Baie du Cotentin
Maire
Mandat
Matthieu Giovannone
2020-2026
Code postal 50360
Code commune 50177
Démographie
Gentilé Étienvillais
Population
municipale
384 hab. (2021 en augmentation de 2,4 % par rapport à 2015)
Densité 52 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 22′ 41″ nord, 1° 26′ 09″ ouest
Altitude Min. 2 m
Max. 30 m
Superficie 7,36 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Bricquebec-en-Cotentin
Législatives Troisième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
Étienville
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
Étienville
Géolocalisation sur la carte : Manche
Voir sur la carte topographique de la Manche
Étienville
Géolocalisation sur la carte : Normandie
Voir sur la carte administrative de Normandie
Étienville
Liens
Site web 50177.campagnol.fr

Étienville est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 384 habitants[Note 1].

Géographie

[modifier | modifier le code]

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique franc, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[2]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[3]. Parallèlement le GIEC normand, un groupe régional d’experts sur le climat, différencie quant à lui, dans une étude de 2020, trois grands types de climats pour la région Normandie, nuancés à une échelle plus fine par les facteurs géographiques locaux. La commune est, selon ce zonage, exposée à un « climat maritime », correspondant au Cotentin et à l'ouest du département de la Manche, frais, humide et pluvieux, où les contrastes pluviométrique et thermique sont parfois très prononcés en quelques kilomètres quand le relief est marqué[4].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 883 mm, avec 13,3 jours de précipitations en janvier et 7,2 jours en juillet[2]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Sainte-Marie-du-Mont à 15 km à vol d'oiseau[5], est de 11,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 890,0 mm[6],[7]. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d’émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[8].

Au , Étienville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[9]. Elle est située hors unité urbaine[10] et hors attraction des villes[11],[12].

Occupation des sols

[modifier | modifier le code]

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (98,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (98,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (62,8 %), prairies (18 %), terres arables (17,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,8 %)[13]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Le nom de la localité est attesté sous les formes Aitinvilla vers 1165[14], Aitinville aux XIIe et XIIIe siècles[15], parrochia Sancti Georgii de Aitinvilla en 1226[16], parrochia de Ethinvilla en 1268[17], Aytinvilla en 1278[18], Etyvilla en 1332[19], Esteevilla en 1351 et en 1352[20], Estienville en 1556[21], Etienville en 1716[22], Estienville en 1719[23], Etienville entre 1753 et 1785[24].

Le gentilé est Étienvillais.

La voie romaine Alauna-Cosedia franchissait l'Ouve et son vaste marais par un pont long, architecture unique et inédite qui n'a pas actuellement d'équivalent technique recensé au sein de l'Empire romain. Le pont, situé au sud du château de la Cour, était long de 750 mètres et haut de plus d'un mètre. Une voie « lourde » large de sept mètres, réservée aux convois attelés, était doublée en rive est d'une piste cavalière d'environ quatre mètres, au revêtement plus sommaire et plus souple. Un gué (une chaussée immergée) permettait le franchissement de l'Ouve[25].

Le fief d'Étienville, dit Conjonc ou Conjoncs, relevait de la baronnie d'Amfreville. Les armoiries de Conjoncs sont de sable au sautoir d'or cantonné de quatre merlettes d'argent[26].

La seigneurie d'Étienville était depuis 1395, à la suite d'un mariage, entre les mains de la famille de Pierrepont. Parmi celle-ci on trouve Guillaume de Pierrepont ( 1622) qui fut l'un des grands chefs huguenots de la région. Au cours du XVIIe siècle, c'est Antoine Garaby de la Luzerne (1617-1679), moraliste et poète, qui est seigneur d'Étienville, où il est inhumé[27].

Époque contemporaine

[modifier | modifier le code]

Lors de la Révolution, le curé d'Étienville, Louis Galliot (1751-1804) refusa de prêter serment et s'exila à Londres, avant de revenir y finir ses jours et où il a sa pierre tombale[27].

Le Bon Sauveur

[modifier | modifier le code]
La chapelle du Bon-Sauveur à Pont-l'Abbé.

Le Bon Sauveur à Pont-l'Abbé, hameau à cheval sur les communes de Picauville et d'Étienville, fut un hospice pour pauvres créé en 1837 et dirigé par les sœurs du Bon Sauveur ; au fil des ans s'y ajoutèrent un pensionnat, un institut de sourds et muets, un ouvroir pour jeunes filles et un orphelinat, tous de taille modeste. En 1853, l'établissement est autorisé à accueillir les aliénés. En 1903, l’asile du Bon Sauveur de Pont-l’Abbé-Picauville accueille les aliénés des deux sexes des arrondissements de Cherbourg et de Valognes et les aliénés masculins des arrondissements de Saint-Lô et de Valognes. Il reçoit aussi « une grande partie de ses pensionnaires du département de la Seine, qui chaque année déverse le trop plein de ses asiles dans les établissements de province ayant des places libres » ; l'asile accueille alors 360 hommes et 550 femmes ; parmi elles Liouba Bortniker, d'origine russe et première femme reçue à l'agrégation de mathématiques en 1885. Les archives de l'asile ont disparu lors des bombardements du [28].

Héraldique

[modifier | modifier le code]
Armes d'Étienville

Les armes de la commune d'Étienville se blasonnent ainsi :
De sable au sautoir d'or chargé d'un trèfle de sinople et cantonné, en chef et en pointe, d'une losange d'argent et, à dextre et à senestre, d'une merlette du même[29].

Politique et administration

[modifier | modifier le code]
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1983 juin 1995 Maurice Lemenuel    
juin 1995[30] mars 2014 Georges René SE  
mars 2014[31] 2020 Patrice Lucas SE Directeur
2020 En cours Matthieu Giovannone    
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et deux adjoints[32].

Démographie

[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[33]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[34].

En 2021, la commune comptait 384 habitants[Note 2], en augmentation de 2,4 % par rapport à 2015 (Manche : −0,76 %, France hors Mayotte : +1,84 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
560531570665581584567633645
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
602644662643664689737837778
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
8619379729061 014930903412886
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
907277303365392344332328376
2018 2021 - - - - - - -
369384-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[35] puis Insee à partir de 2006[36].)
Histogramme de l'évolution démographique

La commune se situe dans la zone géographique des appellations d'origine protégée (AOP) Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny[37].

Lieux et monuments

[modifier | modifier le code]
Le château.
Le presbytère.

Activité et manifestations

[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Population municipale 2021.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2024, millésimée 2021, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2023, date de référence statistique : 1er janvier 2021.
  3. Hervé de Pierrepont ( 1662), chevalier, fut seigneur et patron d'Étienville, Flottemanville, Urville (Hémevez), du Ronceray, et gouverneur pour le roi aux ville et forteresse de Granville.
  1. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références

[modifier | modifier le code]
  1. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée ».
  2. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI 10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le ).
  3. « Zonages climatiques en France métropolitaine », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
  4. GIEC normand, Le climat en Normandie : présentation et évolution, , 18 p. (lire en ligne), p. 2.
  5. « Orthodromie entre Étienville et Sainte-Marie-du-Mont », sur fr.distance.to (consulté le ).
  6. « Station Météo-France « Ste Marie du Mo » (commune de Sainte-Marie-du-Mont) - fiche climatologique - période 1991-2020 », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  7. « Station Météo-France « Ste Marie du Mo » (commune de Sainte-Marie-du-Mont) - fiche de métadonnées », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  8. « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité », sur meteofrance.fr, (consulté le ).
  9. « La grille communale de densité », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  10. Insee, « Métadonnées de la commune ».
  11. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  12. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  13. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le ).
  14. Jean Adigard des Gautries, Les noms de personnes scandinaves en Normandie de 911 à 1066, Lund, 1954, p. 176.
  15. François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 117.
  16. Julie Fontanel, Le cartulaire du chapitre cathédral de Coutances, Archives départementales de la Manche, Saint-Lô, 2003, p. 252, § 126.
  17. Ibid., p. 279, § 149.
  18. Paul Le Cacheux, Essai historique sur l'Hôtel-Dieu de Coutances, l'Hôpital général et les Augustines hospitalières depuis l'origine jusqu'à la Révolution, 1895-1899.
  19. Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 300C.
  20. Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, op. cit., p. 380F.
  21. Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. II), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXII, Caen, 1895, p. 264.
  22. Guillaume de l'Isle, Carte de Normandie, Paris, 1716.
  23. Bernard Jaillot, Le Gouvernement général de Normandie divisée en ses trois généralitez, Paris, 1719.
  24. Carte de Cassini.
  25. Laurence Jeanne, Laurent Paez-Rezende et Caroline Duclos, « Le pont long antique d'Étienville, un ouvrage d'art monumental à l'architecture unique », dans Laurence Jeanne, Laurent Paez-Rezende, Julien Deshayes, Bénédicte Guillot, et la collaboration de Gaël Léon, ArchéoCotentin, t. 2 : Les origines antiques et médiévales du Cotentin à 1500, Bayeux, Éditions OREP, , 127 p. (ISBN 978-2-8151-0790-7), p. 48-49.
  26. Delattre, 2002, p. 80.
  27. a et b Gautier 2014, p. 196.
  28. http://smf4.emath.fr/Publications/Gazette/2011/129/smf_gazette_129_51-68.pdf.
  29. « GASO, la banque du blason - Étienville Manche » (consulté le ).
  30. « La commune rend hommage à deux anciens élus », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
  31. « Patrice Lucas élu maire », sur Ouest-france.fr (consulté le ).
  32. « Étienville (50360) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
  33. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  34. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  35. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  36. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021.
  37. AOP Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny.
  38. « Château », notice no PA00110396, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  39. « Presbytère », notice no PA00110398, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  40. « Église », notice no PA00110397, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  41. Œuvres mobilières à Étienville.
  42. « Chapelle du Bon Sauveur », notice no PA50000043, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 80.
  • René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 196.

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]