Rosaire

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Le rosaire est un exercice de piété catholique qui consiste à dire quatre chapelets d'oraisons. Consacré à la Vierge Marie, mère de Jésus-Christ, il tire son nom du latin ecclésiastique rosarium qui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont couronnées.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le rosaire, à l'origine, est une forme de dévotion mariale qui consiste à réciter trois chapelets, composés chacun de cinq dizaines de grains. Ces quinze dizaines permettent de méditer sur des « mystères » liés à Marie et à Jésus. Depuis le pontificat de Jean-Paul II, un quatrième chapelet a été ajouté, portant le total à vingt dizaines. Le Pape Jean-Paul II a expliqué dans la lettre apostolique «Rosarium Virginis Mariae» que "chaque mystère du chapelet, bien médité, met en lumière le mystère de l'homme. En même temps, il devient naturel d'apporter à cette rencontre avec la sainte humanité du Rédempteur les nombreux problèmes, préoccupations, labeurs et projets qui marquent notre vie. « Décharge ton fardeau sur le Seigneur: il prendra soin de toi » (Ps 55, 23). Méditer le Rosaire consiste à confier nos fardeaux aux cœurs miséricordieux du Christ et de sa Mère"[1].

Le chapelet[modifier | modifier le code]

Un chapelet catholique

Le chapelet comprend cinq dizaines de petits grains appelés Ave, précédées chacune d'un grain plus gros appelé Pater. Partant de l'un des grains plus gros, une branche terminale comporte trois petits grains (Ave), un gros (Pater) et un crucifix. Les appellations Ave et Pater correspondent au premier mot de la version latine des prières récitées.

Les prières récitées dans un chapelet sont :

Au début de chaque dizaine peuvent également être annoncées les mystères du Rosaire.

Les mystères du rosaire[modifier | modifier le code]

Les mystères appartiennent initialement à trois catégories : les « mystères joyeux » (l'Annonciation, la Visitation, la Nativité, la Présentation de Jésus au Temple, le Recouvrement de Jésus lors d'un pèlerinage à Jérusalem) ; les « mystères douloureux » (l'agonie de Jésus, la Flagellation, le Couronnement d'épines, le Portement de la Croix, la Crucifixion) ; enfin, les « mystères glorieux » (la Résurrection de Jésus, l'Ascension, la Pentecôte, l'Assomption, le Couronnement de Marie).

Lors de l'« année du Rosaire » (octobre 2002 - octobre 2003), le pape Jean-Paul II a ajouté une quatrième catégorie de cinq mystères, plus spécifiquement christologiques : les « mystères lumineux »[2]. Ils comprennent le Baptême du Christ, les Noces de Cana, la proclamation du Royaume, la Transfiguration et l'institution de l'Eucharistie.

Dans une volonté d'œcuménisme, ces mystères lumineux portent sur des épisodes de la vie de Jésus qui intègrent les préoccupations des Églises réformées, soucieuses de voir mettre l'accent sur son message. L'Église catholique recommande de méditer sur les mystères lumineux le jeudi.

Une piété populaire[modifier | modifier le code]

La pratique du rosaire consiste en un exercice de méditation simple sur les épisodes importants de la vie de Jésus-Christ à travers le regard marial. Cette forme de piété correspond à une culture « à la fois rurale, populaire et orale[3] ».

« Le rosaire, c'est la liturgie du pauvre », a écrit Sylvie Germain dans Songes du Temps.

Histoire[modifier | modifier le code]

Aux origines[modifier | modifier le code]

Antonello de Messine, l'ange Gabriel, détail

L'Annonciation est évoquée dans les paroles du Je vous salue Marie qui est récité 153 fois dans un rosaire au fil des Ave Maria.

La récitation de cette prière peut être dite de façon personnelle, familiale, ou en groupe de prière. L'Église catholique, s'appuyant sur les textes bibliques, affirme que l'Esprit saint reçu au baptême est présent dans la récitation du chapelet.

On attribue à Antoine le Grand, ermite dans le désert d'Égypte, l'invention du komvoskhinion orthodoxe, encore utilisé par les moines du mont Athos. L'anachorète Pallade à Sceté récitait chaque jour 300 prières identiques, ainsi que Paul l'Ermite (Paul de Thèbes), qui mettait sous les pans de son manteau 300 cailloux, (en fait des cubes de pierre destinés aux mosaïques, en jetant un chaque fois qu'il récitait une prière. Ces prières répétitives, appelées orationes, pouvaient être récitées 100, 300, 700 fois selon des auteurs anciens, mais on ne sait si ce sont des Notre Père ou des Je vous salue Marie. Plus tard, seront dits jusque 1 000 Ave par jour par Bonaventure de Bagnoregio.

Historique[modifier | modifier le code]

Chaucer, Le Règlement des Princes

La dévotion du rosaire était déjà en usage chez les Cisterciens depuis le XIIe siècle et s'est développée au XIIIe siècle sous l'influence des dominicains. Il n'existe sous sa forme actuelle qu'à partir du XIVe siècle. C'est pourquoi de nombreux tableaux de la Vierge du Rosaire présentent celle-ci offrant une rose ou un chapelet à saint Dominique, le fondateur de l'ordre. Les mêmes tableaux lui associent souvent Catherine de Sienne, la plus célèbre des dominicaines. En général, on y montre dans des médaillons ou des cartouches entourant la scène les quinze mystères cités plus haut. De nombreuses œuvres picturales représentent le Rosaire donné à Saint Dominique ou à Alain de La Roche, mais aussi des personnes le récitant, soit agenouillé avec un rosaire autour du cou (enluminures) ou à la main, comme celle du poète médiéval anglais G. Chaucer.

Le mot « rosaire » est attesté dès le XIIIe siècle. Le mot rosarium (ou rosarius) désigne une roseraie, ou un champ de roses en latin classique. Il est attesté à la fin du XVe siècle dans d'autres emplois, religieux ou profanes. Le mot Rosarium est également utilisé en 1498 par le franciscain Bernardino de Bustis (c. 1450-1513) : Rosarium sermonum, recueil de sermons latins contenant des citations d'autorités classiques et médiévales, parmi lesquelles des poètes de langue italienne (Dante, Pétrarque, Jacopone da Todi et Cecco d'Ascoli). On le traduit comme guirlande de sermons. Sont connus aussi le Rosarius des miracles de Notre Dame[4] et le Rosarium philosophorum en Alchimie, ou le Rosier de Saint Denis[5].

Alain de La Roche ne voulait pas employer ce terme qui évoquait pour lui le paganisme et lui préférait le nom de Psautier de Notre-Dame. Le Rosaire comprenait donc une guirlande d'Ave et de méditations autour de la Vie du Christ. À partir du XVe siècle les ouvrages sur le rosaire se multiplient. Par exemple en 1526 avec Le Rosaire de Notre-Seigneur, et en 1533 avec Mystique du doux Rosaire pour les âmes croyantes, et plus tard, le Rosier Mystique de fr. Antonin-Thomas[6].

Il est reconnu que Pierre l'Ermite fut l'un des concepteurs du rosaire, que les Anglais attribuaient à Bède[7].

Alain de La Roche prêcha en Flandres et dans le Nord de la France. Il fonda une de premières confréries du Rosaire à Douai, ville toute proche de Crespin[8].

Le rosaire des Dominicains[modifier | modifier le code]

Vierge aux chapeaux de rose - Fra Angelico Retable de l'église Saint-Dominique de Pérouse. Les anges offrent à la Vierge Marie deux chapeaux de roses symbole probable du rosaire.
Vierge aux boutons de roses Fra Angelico, Vierge aux Boutons de rose : les anges offrent à Marie les roses symboles des prières.

Le rosaire des Dominicains daterait du XIIIe siècle. Il vient non pas seulement des 50 ou 150 Pater Noster du patenôtrier mais aussi des 150 Psaumes remplacés par le "Psautier de Notre Dame" (Psalterium Virginis)ou "Psautier de la Vierge", ou "Psautier de Marie" ou 150 Ave Maria : ces 150 psaumes de la Bible étaient complétés par 50 autres, tirés du Nouveau et de l'Ancien Testament et des Hymnes. On appelait cela le "Psautier parfait" et dès le XIIIe siècle certains dominicains ont rajouté une quatrième cinquantaine ce qui faisait déjà 200 Ave Maria. Un manuscrit ancien antérieur à 1200 montre un chapelet de 50 Ave séparés en dizaines après lesquelles on devait dire : « Spiritus Sanctus superveniet in te et virtus Altissimi umbrabit tibi. Ideoque et quod nascetur ex te sanctum vocabitur Filius Dei. Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum. »[9]

L'ajout du Gloria Patri est plus tardif.

Le don du rosaire à Dominique[modifier | modifier le code]

Dominique de Guzmán au XIIIe siècle aurait eu la révélation du rosaire lorsque le catharisme se répandait dans le Sud-Ouest de la France. À la bataille de Muret en 1213, il aurait soutenu de sa prière dans la paroisse, par les Ave Maria, les soldats de Simon de Montfort.

Dominique se serait retiré ensuite pour prier dans la forêt de Bouconne, aux portes de Toulouse. Au terme de trois jours de prière, il aurait reçu le rosaire comme moyen de convertir les populations du pays toulousain adeptes du dualisme cathare. Cette légende ne fait que traduire l'attachement des dominicains à la récitation du rosaire, mais celui-ci ne s'est stabilisé que beaucoup plus tardivement, vers le XVe siècle.

Dominique est aussi représenté sur le tableau non pas avec un rosaire, mais avec un lys, et un livre dans la main gauche, c'est-à-dire la prédication de l'Évangile selon Matthieu. Mais aucune représentation picturale contemporaine de Dominique ne le représente avec un rosaire ou un chapelet à la main, ni légende le tableau d'une mention au rosaire.

Les peintures du XVIIe siècle et sq. représentent Dominique et le rosaire. Par exemple, les tableaux de Balthazar-Thomas Moncornet au plafond de l'amphithéâtre Bruno de Solages[10].

Alain de la Roche[modifier | modifier le code]

Dominique de Guzmán et la Vierge Marie : on voit deux types de chapelets, l'un tenu par la Vierge, avec les dizaines marquées par des grains rouges symboles des paters nosters et l'autre de simples grains de corail rouge tenu par le saint avec la Bible, sans les dizaines. (komvoschinion, patenôtrier ?)

C'est au frère Alain de La Roche, né en Bretagne en 1428, entré dans l'ordre des Prêcheurs, que l'on doit sa diffusion : il prêcha le rosaire dans le Nord de la France et en Hollande où il mourut[11]. Il prêche en Flandre puis à Lille où, en contact avec des monastères chartreux, il découvre les clausules de Dominique de Prusse qui l'enthousiasment. Alain de la Roche devient le grand apôtre du Rosaire qu'il appelle « Psautier du Christ et de la bienheureuse Vierge Marie ». On lui doit surtout (après le système des clausules de Dominique de Prusse) la division des trois cinquantaines (Mystères joyeux, douloureux et glorieux) et en 15 mystères précis. Il prône la création de la Confrérie du Rosaire dont le succès est immense, jusqu'en Italie et dans le reste de l'Europe occidentale, la première étant fondée à Douai près de Cambrai où vivait Aybert de Crespin en 1470.

Mais il attribue l'origine du Rosaire à Dominique, le fondateur de son ordre, mort en 1221[12].

Alanus de Rupe, Les cinq Mystères Joyeux du Psautier et du Rosaire de Notre-Dame. Wie man den beten sol, Augsburg: Anton Sorg 1492. Chaque Mystère des est un médaillon entouré de cinq fleurs à cinq pétales

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Les clausules[modifier | modifier le code]

Est attribuée à un chartreux de Cologne, berceau de la première confrérie du rosaire, Henri Eger de Calcar[13] (mort en 1408), la division du chapelet en quinze dizaines séparées chacune par la récitation d'un Pater Noster.

Vers 1398 dans la chartreuse Saint-Alban de Trèves, un chartreux, Adolphe d'Essen est l'auteur du premier écrit recommandant la récitation des 50 Ave, sous sa forme brève soutenue par la méditation de la naissance et de la vie de Jésus. Cette dévotion alors monastique sera propagée ensuite jusqu'à la cour par son amie, la bienheureuse duchesse de Lorraine Marguerite de Bavière. À la même époque un chartreux polonais, Dominique de Prusse, est initié à cette forme de prière par Adolphe d'Essen et a alors l'idée de lier systématiquement la récitation du chapelet et la contemplation de la vie du Christ, en divisant celle-ci en 50 épisodes puis en rédigeant pour chacun un court texte destiné à suivre l'Ave Maria.

Il étend ensuite ce procédé à tout le psautier marial : le jeune chartreux Dominique rédigea alors 50 phrases ou courtes méditations, ou clausules, en latin et en allemand sur l'enfance, la vie publique et la Passion du Seigneur. Par exemple : "Jésus, que Jean baptisa dans le Jourdain et désigna comme l’Agneau de Dieu" ; "Jésus, qui après avoir choisi ses disciples, prêcha aux hommes le Royaume de Dieu" ; "Jésus, qui à la dernière Cène, a institué le sacrement de son Corps et de son Sang", etc." Son prieur est séduit par cette proposition nouvelle et l'envoie à divers monastères de son ordre.

Puis Dominique de Guzmán rédige une série de trois fois 50 clausules, en parallèle avec les 150 Psaumes.

Le double principe du « rosaire », à la fois marial et christocentrique, est dès lors posé. Au XIVe siècle et durant les siècles suivants, le rosaire connaît encore différentes additions et modifications, qui touchent plus à la forme qu'au principe même de cette prière.

Bulles[modifier | modifier le code]

On trouve dans une collection de décrets pontificaux, des bulles d'Alexandre IV : Une de 1294, trente-quatre ans après la mort de saint Dominique, dans laquelle ce pape accorde une indulgence à la confrérie du Rosaire érigée dans l'église des dominicains de Florence. Et deux autres bulles datant de 1294 et 1295 aux couvents dominicains de Plaisance et de Padoue[14].

Pie V avait ordonné que le premier dimanche d'octobre on fit mémoire de sainte Marie de la Victoire pour remercier Dieu, par l'intercession de la sainte Vierge, de la célèbre victoire remportée sur les Turcs, dans le golfe de Lépante, le 7 octobre 1571. Or ce jour tombait au premier dimanche d'octobre en cette année. Le saint pontife en avait été miraculeusement informé avant que la nouvelle officielle eût pu lui parvenir. Celle bataille navale fut gagnée, selon Baronius, par les flottes combinées du pape, de Philippe, roi d'Espagne, et de la république de Venise.

Son successeur publia la bulle de la Fête du Rosaire. Le pape Grégoire XIII fixa la fête du Rosaire le premier dimanche d'octobre, à célébrer dans les églises qui possédaient un autel sous l'invocation du Rosaire.

Sous l'influence de la piété populaire, le texte de l' Ave Maria est augmenté et se transforme en prière de supplication. C'est au temps de saint Pierre Canisius (1521-1597) que l'invocation « Sainte Marie, priez pour nous, pécheurs » se répand de plus en plus. Ailleurs, on trouve d'autres ajouts : « maintenant et à l'heure de notre mort » (XVe siècle).

Le rosaire des Carmes[modifier | modifier le code]

Les Carmes n'ont pas le rosaire comme signe distinctif mais le scapulaire du Mont Carmel. Jean de la Croix insiste cependant sur la spiritualité de la prière du Rosaire, et l'esprit de pauvreté : propos révolutionnaires à l'époque où se créait la confrérie des patenôtriers, qui en bons commerçants fabriquaient des chapelets et de rosaires de plus en plus luxueux, de corail ou d'ambre, ornés de reliques (voir patenôtrier), suivaient la mode, alors que les premiers rosaires étaient une simple corde avec des grains, parfois des bracelets de perle de bois[15].

«  « Vous ne comprenez pas bien le dénuement et l'esprit de pauvreté que requiert la perfection; du moins vous reconnaîtrez l'imperfection que l'on apporte généralement dans l'usage des chapelets. On trouvera à peine une personne qui n'ait quelque faiblesse à leur sujet; on veut qu'ils soient de telle sorte plutôt que de telle autre, de telle couleur, de tel métal, ou avec tel ou tel ornement; or il importe peu qu'ils soient d'une matière ou d 'une autre. Dieu n'écoute pas mieux la prière qu'on fait avec ce chapelet que celle qu'on fait avec un autre; il a pour agréable celle qu'on lui adresse avec un cœur simple et droit, avec l'unique but de lui être agréable sans se préoccuper de ce chapelet plutôt qu'un autre, à moins qu'il ne soit indulgencié (...) Est-ce que vous ne mettez pas votre joie dans ce qui n'est qu'un instrument ? » Saint Jean de la Croix, La Montée du Carmel, L.III, ch. 34.  »

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Jean-Paul II priait tous les jours le rosaire et lui a consacré une lettre apostolique : Rosarium Virginis Mariae. Paul VI a lui aussi encouragé cette prière dans son exhortation apostolique "Marialis cultus". C'est Jean-Paul II qui a ajouté les cinq mystères lumineux : baptême du Seigneur, noces de Cana, proclamation du Royaume, Transfiguration, institution de l'eucharistie.

Approche spirituelle[modifier | modifier le code]

Grignion de Montfort[modifier | modifier le code]

Le rosaire est avant tout une école d'oraison et de contemplation, ce qui implique qu'il soit pratiqué régulièrement. La manière de le réciter a été décrite par Louis-Marie Grignion de Montfort dans Le Secret admirable du Très Saint Rosaire pour se convertir et se sauver. « Il faut que la personne qui récite le saint Rosaire soit en état de grâce ou du moins dans la résolution de sortir de son péché, parce que toute la théologie nous enseigne que les bonnes œuvres et les prières faites en péché mortel, sont des œuvres mortes » (§117).

Quatrième mystère douloureux, « Le portement de la croix » dans l'« Allée du Rosaire » sculptée fin XIXe siècle par Michel Cosme au sanctuaire de Warre/Tohogne

« La confrérie du Rosaire ordinaire n'exige qu'on le récite qu'une fois par semaine. Celle du Rosaire perpétuel qu'une fois par an, mais celle du Rosaire quotidien demande qu'on le dise tous les jours tout entier, c'est-à-dire 150 Ave Maria » (§21).

Le rosaire ne se réduit pas à la récitation, ce que Grignion de Montfort appelle l'oraison vocale (§9). Le rosaire doit éviter toute distraction volontaire (mais « Vous ne pouvez pas, à la vérité, réciter votre Rosaire sans avoir quelques distractions involontaires » - 120) et s'accompagner d'une oraison mentale[16]. Pour Grignion de Montfort, la prière commence par une invocation silencieuse au Saint-Esprit (§126), puis la contemplation du mystère et la demande de son fruit[17].

La méditation[modifier | modifier le code]

Pour Jean-Paul II, l'objectif du rosaire est avant tout de « contempler avec Marie le visage du Christ ». Cette contemplation fait appel à l'imagination, ce qu'Ignace de Loyola appelle une « composition de lieu » : il s'agit de reconstituer dans son imagination et de voir en esprit tel ou tel événement de la vie de Jésus.

On recommande aux fidèles de prier chaque jour une fois le chapelet : soit un tiers du rosaire. À chaque catégorie de mystère sont associés deux jours de la semaine, le dimanche faisant exception. En six jours on prierait deux fois le rosaire, et le dimanche, on prierait encore une catégorie de mystère, suivant le calendrier. Les autres jours de méditation peuvent aussi être modifiés en fonction du calendrier (par exemple, méditer les mystères glorieux les jours de fête et les mystère joyeux la veille).

À la fin du rosaire, on conclut par une prière mariale.

Dans le Je vous salue Marie, entre « Jésus » et « le fruit de vos entrailles », on peut réciter une clausule[18].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Encycliques[modifier | modifier le code]

Léon XIII[modifier | modifier le code]

Pie XI[modifier | modifier le code]

Pie XII[modifier | modifier le code]

Jean XXIII[modifier | modifier le code]

Ouvrages universitaires[modifier | modifier le code]

  • Jocelyne Bonnet, Inventions européennes du temps: temps des mythes, temps de l'histoire, éd. L'Harmattan, 2004, extraits en ligne

Ouvrages de foi et de piété[modifier | modifier le code]

Ouvrages anciens[modifier | modifier le code]

  • Bernard de Clairvaux. La Louange de la Vierge Mère, Œuvres complètes XX Introduction, traduction, notes et index par Marie-Imelda Huille, o.c.s.o., moniale de Notre-Dame d'Igny, et Joël Regnard, o.c.s.o., moine de Notre-Dame de Cîteaux. Décembre 1993 [2009] . Le Cerf.
  • Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, éd. Mediapaul, 1997
  • Louis-Marie Grignion de Montfort, Le Secret admirable du très saint Rosaire - Pour se convertir et se sauver, éd. Traditions monastiques, 2005

Ouvrages contemporains[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul II, Le Rosaire de la Vierge Marie
  • Padre Pio, Le Rosaire, Parole et Silence, 2008
  • Sœur Emmanuelle, Les Mots du rosaire, Actes Sud, 2001
  • Élie-Pascal Épinoux et André Gouzes, Le Rosaire de Fra Angelico. Méditations de Catherine de Sienne. Prières du frère André Gouzes, Cerf, 1995
  • Marie-Joseph Le Guillou, Le Rosaire, Parole et Silence, 1998
  • Hugues-François Rovarino, Prier le rosaire, préface par Mgr Jacques Perrier, Paris, Éd. Le Chalet, coll. « Fenêtre sur la prière », 2005. - 64 p
  • Josemaría Escrivá de Balaguer, Saint Rosaire, éd. Le Laurier, 1997 ouvrage sur le site de l'Opus Dei
  • Le rosaire : Histoire d'une prière, abbé Hubert Lelièvre, Téqui, 53, p. 1996.
  • Louange des mystères du Christ: histoire du rosaire, Dr Andreas Heinz, Téqui.
  • Le Rosaire dans l'enseignement des papes, introd., choix et ordonnance des textes, index et tables par les moines de Solesmes Sablé-sur-Sarthe : Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, 1984.
  • Maria: études sur la Sainte Vierge, Hubert Du Manoir S.J. [lire en ligne]
  • Père Guy Gilbert, Le Rosaire, éditions des Béatitudes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/it/apost_letters/2002/documents/hf_jp-ii_apl_20021016_rosarium-virginis-mariae.html
  2. « Afin de donner une consistance nettement plus christologique au Rosaire, il me semble toutefois qu'un ajout serait opportun; tout en le laissant à la libre appréciation des personnes et des communautés, cela pourrait permettre de prendre en compte également les mystères de la vie publique du Christ entre le Baptême et la Passion. Car c'est dans l'espace de ces mystères que nous contemplons des aspects importants de la personne du Christ en tant que révélateur définitif de Dieu. Proclamé Fils bien-aimé du Père lors du Baptême dans le Jourdain, il est Celui qui annonce la venue du Royaume, en témoigne par ses œuvres, en proclame les exigences. C'est tout au long des années de sa vie publique que le mystère du Christ se révèle à un titre spécial comme mystère de lumière. » Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae.
  3. Marie-Odile Métral-Stiker, article « Rosaire » in Encyclopædia Universalis, édition 2006.
  4. Université d'Ottawa
  5. Le poète, la vierge et le prince: étude sur la poésie mariale, Gérard Gros, collection Université de Saint-Étienne, p. 28-30
  6. Histoire générale du Rosaire, Marcelin Mery.
  7. Voir Vita de saint Albert ou bien C. Dereine in Analecta Bollandiana 106, 1988, p. 121-142, chap. La critique de la "Vita" de saint Aibert, reclus en Hainaut (1140)
  8. Voir (en) Winston Allen, Stories of the Roses
  9. Cabrol, dict. d'archeologie au mot chapelet, p. 403
  10. Tableaux au plafond de l'amphithéâtre Bruno de Solages
  11. Consulter Boer, B. de, De souter van Alanus de Rupe. IV. De verbreiding van de Rozenkrans in de Nederlanden na de dood van Alanus de Rupe 1475-1520, in: Ons geestelijk erf 33,1959, p. 145-193.
  12. Cité par de Monroy, O.P.
  13. [http///www.musicologie.org/Biographies/h/heinrich_eger_von_kalkar.html Biographie de Henry of Kalkar]
  14. Source : Migne
  15. Images de grains de dizeniers : Dänemarks Kloster Museum
  16. « Le Rosaire renferme deux choses, savoir: l'oraison mentale et l'oraison vocale. L'oraison mentale du saint Rosaire n'est autre que la méditation des principaux mystères de la vie, de la mort et de la gloire de Jésus-Christ et de sa très sainte Mère. L'oraison vocale du Rosaire consiste à dire quinze dizaines d'Ave Maria précédées par un Pater pendant qu'on médite et qu'on contemple les quinze vertus principales que Jésus et Marie ont pratiquées dans les quinze mystères du saint Rosaire. »
  17. « Après avoir invoqué le Saint-Esprit, pour bien réciter votre Rosaire, mettez-vous un moment en la présence de Dieu et faites les offrandes des dizaines, comme vous verrez ci-après. Avant de commencer la dizaine, arrêtez-vous un moment, plus ou moins, selon votre loisir, pour considérer le mystère que vous célébrez par la dizaine et demandez toujours, par ce mystère et l'intercession de la sainte Vierge, une des vertus qui éclatent le plus dans ce mystère ou dont vous aurez le plus de besoin. »
  18. « La clausule, qui s'harmonise bien avec le caractère répétitif et méditatif du Rosaire, est constituée de quelques mots qui suivent le nom de Jésus, et ont un rapport avec le mystère énoncé. Une clausule appropriée, permanente pour chaque dizaine, brève dans son énoncé et fidèle à la Sainte Écriture et à la Liturgie, peut constituer une aide de qualité en vue de la prière éditée du saint Rosaire. »Cf. Directoire sur la Piété populaire et la Liturgie, n° 201.
  19. a, b et c « Encycliques | LÉON XIII », sur w2.vatican.va (consulté le 16 décembre 2017)
  20. a et b « Encycliques | LÉON XIII », sur w2.vatican.va (consulté le 16 décembre 2017)
  21. a, b, c, d et e « Encycliques | LÉON XIII », sur w2.vatican.va (consulté le 16 décembre 2017)
  22. « Encycliques | LÉON XIII », sur w2.vatican.va (consulté le 16 décembre 2017)
  23. « Encycliques | PIE XI », sur w2.vatican.va (consulté le 16 décembre 2017)
  24. « Encycliques | PIE XII », sur w2.vatican.va (consulté le 16 décembre 2017)
  25. « Encycliques | Jean XXIII », sur w2.vatican.va (consulté le 16 décembre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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