Film contenant un film

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Un film contenant un film est un film de fiction dans lequel apparaît d'autres films réels ou fictifs.

Généralités[modifier | modifier le code]

Divers procédés permettent d'inclure un film dans un film. Que se soit par un l'inclusion d'extraits à l'intérieur du montage, par une scène de projection au cinéma ou de diffusion télévisuelle, ou par la mise en scène d'un tournage de film. Ces procédés peuvent servir à une contextualisation du récit, à une citation permettant de faire référence à un autre film, à une mise en abyme du scénario ...

Il faut distinguer deux types de films inclus dans des films, les films réels et des films fictifs. Il n'est pas rare qu'un réalisateur choisisse de faire référence à d'autres films pour contextualiser une scène ou pour rendre hommage à un autre réalisateur. Les films fictifs eux aussi permettent parfois de contextualiser une scène, souvent par le biais d'un faux documentaire ou d'une fausse publicité. Les films fictifs peuvent être aussi l'occasion d'interroger les notions de réalité et de fiction, ou ils peuvent être l'occasion d'avoir un discours sur le cinéma et constituent des méta-films où le cinéma se retrouve scruté par l'œil d'une caméra. Ainsi les scénarios basés sur le tournage de films fictifs ou réels sont l'occasion de proposer une critique de ses moyens de production. On retrouvera ainsi souvent une opposition entre les productions hollywoodiennes où l'argent finis par corrompre la pureté du cinéma opposés aux films indépendants d'auteurs, réalisés avec plus de sincérité.

Les films contenant des films offrent ainsi un langage cinématographique riche et souvent subtile, et proposent des possibilités scénaristiques originales. Les films se contenant eux-mêmes étant sans doute l'illustration la plus insolite.

Films contenant des films fictifs[modifier | modifier le code]

Films contenant des extraits de films fictifs[modifier | modifier le code]

Films mettant en scène le tournage de films fictifs[modifier | modifier le code]

A noter que ces films proposent généralement la diffusion des rushs du film fictif ou des extraits inclus dans le montage du film.

  • Chantons sous la pluie (1952) de Stanley Donen et Gene Kelly, qui raconte une version humoristique et imaginaire du passage des films du muet au parlant.Il met en scène plusieurs tournages et extraits de films fictifs.
  • Les Ensorcelés (1952) de Vincente Minnelli, raconte l'histoire d'un producteur de cinéma à Hollywood, et contient plusieurs scènes de tournages de scènes de films fictifs. Il est question plus précisément du tournage du film fictif de série B Le crépuscule des hommes-chats (The Doom of the Cat Men), ainsi que de l'adaptation cinématographique du livre fictif Les monts du Lointain (Far away monts), et enfin du tournage du film lui aussi fictif Les grands chemins (The Proud Land).
  • Huit et demi (1963) de Federico Felini. Ce film met en scène un réalisateur en panne d'inspiration et empreint de doute durant la réalisation de son prochain film. Il ne cesse de fuir la responsabilité de mener à bien ce film. Le tournage du film sera finalement abandonné. Cependant plusieurs parties du scenario sont évoqués. Il est question d'un film de science-fiction post-apocalyptique mettant en scène une gigantesque fusée qui doit permettre de sauver les derniers hommes sur terres et plusieurs scènes se déroulent sur le lieu de la construction du décor de cette fusée, notamment la célèbre scène de la ronde finale. Des essais d'actrices pour le tournage sont aussi projetés, et plusieurs protagonistes du film tel que le producteur, le scénariste, les acteurs sont dans l'attente du tournage et pressent le réalisateur de commencer ce tournage. C'est surtout un film majeur de l'histoire du cinéma qui évoque les difficultés de l'acte de création, et en particulier celles qui concernent la réalisation d'un film.
  • Le Mépris (1963) de Jean-Luc GodardFritz Lang (jouant son propre role) réalise une adaptation fictive de L'Odyssée.
  • The Last Movie (1971), de Denis Hopper, raconte le tournage d'un western fictif dans un village du Pérou où les villageois tentent ensuite de reproduire le tournage du film.
  • La Nuit américaine (1973) de François Truffaut raconte les coulisses et les aléas d'un tournage, celui du film Je vous présente Paméla.
  • La moutarde me monte au nez (1974) de Claude Zidi voit Pierre Richard perturber le tournage d'un western avec Jane Birkin.
  • On aura tout vu (1976) de Georges Lautner raconte les péripéties du tournage d'un film pornographique.
  • L'État des choses (Der Stand der Dinge) (1981) de Wim Wenders décrit les difficultés d'un réalisateur, Friedrich Munro, qui cherche à terminer un film de science fiction fictif appelé Les Survivants.
  • Passion (1982) de Jean-Luc Godard, raconte l'histoire de la réalisation d'un film intitulé Passion.
  • Body Double (1984) de Brian De Palma commence lors du tournage d'un film de vampire.
  • La Dernière Cible (1988) est un polar où l'inspecteur Harry Callahan enquête sur des meurtres liés au tournage d'un film d'horreur fictif nommé Hotel Satan. Le film s'ouvre sur le tournage d'un clip (fictif) pour "Welcome to the Jungle". Il y a aussi quelques scènes montrant le tournage de Hotel Satan et une scène où l'inspecteur Harry et son collègue visionnent plusieurs extraits (sans titre) de films attribués au réalisateur de Hotel Satan.
  • Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988) débute par la diffusion d'un cartoon joué par Roger Rabbit. La diffusion est brutalement interrompu vers sa fin, et on découvre qu'il s'agissait en fait du tournage en studio de ce dessin animé où Roger Rabbit est un des acteurs.

Films contenant des films documentaires fictifs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Faux documentaire.

Films contenant des téléfilms ou séries télévisées fictifs[modifier | modifier le code]

  • Pleasantville (1998) contient une fausse série télévisée en noir et blanc (dont le titre donne son nom au film) dans laquelle les deux héros du film sont transportés.
  • The Truman Show (1998) de Peter Weir relate l'histoire d'un personnage, héros à son insu d'une émission de télé-réalité.
  • Toy Story 2 (2000) a pour fil conducteur une série télévisée de marionnettes, Western Woody, dans lequel Woody était le héros.
  • Les Poupées russes (2005) de Cédric Klapisch contient un extrait d'un téléfilm à succès dont Xavier, le personnage principal, est censé écrire la suite. Le film montre aussi par moment des extraits du téléfilm dont Xavier essaie d'écrire le scénario (notons toutefois qu'il ne s'agit que de séquences imaginées par Xavier donc a priori non tournées par les producteurs).
  • Kiss Kiss Bang Bang (2005) de Shane Black présente un extrait de Protocop, une série dont découlent des produits dérivés comme le jouet Protocop que le héros doit voler au début du film.

Films contenant des films publicitaires fictifs[modifier | modifier le code]

  • Je te tiens, tu me tiens par la barbichette (1978) de Jean Yanne, lors de son enquête à la chaine de télévision AF4, l'inspecteur Chodaque (Jean Yanne) regarde des pubs fictives : Stopodor, Gerbastop, Podospray Déodorant ou l'eau de toilettes Travelo
  • Le Coup du parapluie (1980) de Gérard Oury ; le personnage de Pierre Richard joue dans une publicité pour une marque de nourriture pour chien appelée Ragoutoutou et dont le jingle est « Ragoutoutou, le ragoût de mon toutou, j'en suis fou… »
  • RoboCop (1987) de Paul Verhoeven présente plusieurs publicités destinées à donner une représentation satirique de la société décrite dans ce film (systèmes antivols pour voiture tuant le délinquant…).
  • Batman (1989) de Tim Burton montre une fausse publicité pirate diffusée par le Joker sous forme de comparaison de ses produits cosmétiques mortels avec la "marque X".
  • Total Recall (1990) de Paul Verhoeven présente une publicité pour la société Recall, qui vend des souvenirs fictifs.
  • La Cité de la peur (1994) de Alain Berbérian (écrit par les Nuls) contient une fausse publicité pour une voiture de la marque "Renault".
  • Camping Cosmos (1995): Claude Semal, présentateur à Radio Cosmos, lance un détournement publicitaire sur le dentifrice et sur les crèmes de beauté.
  • Starship Troopers (1997) de Paul Verhoeven: on y aperçoit plusieurs spots de propagande gouvernementale pour inciter les jeunes à s'engager dans la guerre contre des insectes géants, vraisemblablement un clin d'œil satirique à la propagande des médias américains durant la guerre du Golfe.
  • Toy Story 2 (2000) contient plusieurs fausses publicités.
  • Lost in translation (2003) de Sofia Coppola. Où Bob Harris (Bill Murray) est venu à Kyoto pour jouer dans le tournage d'une publicité fictive pour la marque de whisky bien réèlle Suntory.
  • Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004) de Michel Gondry présente une publicité pour la fausse société Lacuna Inc.
  • Girls Will Be Girls (2004), écrit et réalisé par Richard Day, met en scène trois actrices dont l'une peine à démarrer sa carrière et tourne son premier spot publicitaire pour une marque de plats pré-cuisinés à réchauffer au micro-onde. À la fin du spot publicitaire, une longue liste de recommandations pour la consommation du produit défile et révèle qu'il est très dangereux pour la santé, étant notamment cancérigène.
  • Les Vacances de Mr. Bean (2007) montre M.. Bean assister au tournage d'une publicité se déroulant dans la vieille France profonde alors qu'elle se fait attaquer par l'armée allemande lors de la Seconde Guerre mondiale, pour la marque fictive de yaourt Fruzzi.
  • 99 Francs (2007) contient plusieurs publicités qu'Octave (joué par Jean Dujardin) a créées.

Films citant des films réels[modifier | modifier le code]

Films compris dans le montage d'un autre film[modifier | modifier le code]

Films cités dans le générique d'un autre film[modifier | modifier le code]

Films cités dans une projection cinéma[modifier | modifier le code]

Films cités dans une diffusion télévisée[modifier | modifier le code]

Films se contenant eux-mêmes[modifier | modifier le code]

Les films se contenant eux-mêmes sont des films dont le scénario propose la situation paradoxale d'évoquer des extraits antérieur de ce même scénario.

  • L'Homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov montre à la fois la vie quotidienne à Odessa et le film en train d'être tourné, puis monté et enfin projeté dans une salle de cinéma.
  • Liliom (1934) de Fritz Lang. Liliom, qui vient de décéder, arrive dans une salle où lui est projeté, sur écran, un extrait antérieur du film. Ce flash-back est donc présenté au personnage dans une forme cinématographique (personnage dans la salle, écran, projection, ralentis)[8].
  • L'amour chante et danse (1942) les producteurs d'Hollywood souhaitent adapter l’histoire du film au cinéma, les décors sont d’ailleurs les mêmes.
  • Chantons sous la pluie (1952) est montré en affiche lui-même à la fin du film.
  • Le Voyou (1970) de Claude Lelouch montre Jean-Louis Trintignant essayant d'échapper à la police en entrant dans un cinéma qui passe... le Voyou.
  • Esclave de l'amour (1976) de Nikita Mikhalkov, la séquence initiale montrant une arrestation à la sortie d'une salle de cinéma est ensuite montrée à nouveau, en noir et blanc, lors d'une projection, par un personnage du film qui l'a tournée.
  • La Dernière Folie de Mel Brooks (1976) de Mel Brooks est un film muet, qui raconte les tribulations d'un cinéaste essayant de convaincre les studios de produire un film muet, en l'occurrence celui réalisé par Mel Brooks.
  • La Folle Histoire de l'espace (1987) de Mel Brooks dans lequel l'abominable Casque Noir regarde à un moment La Folle Histoire de l'espace, et tombe sur le moment qu'il est en train de vivre, créant ainsi une mise en abyme.
  • Epidemic (1987) de Lars von Trier 2 scénaristes écrivent le scénario du film Epidemic, et on voit ce film durant le film.
  • Vidéodrome (1989) de David Cronenberg met en scène le dirigeant d'une chaîne de télévision, Max Renn. Le film s'achève sur Max Renn observant son propre suicide dans une télévision, qui explose au moment de la mort du Renn fictif. Les dernières images montrent Renn reproduire les gestes et paroles diffusés peu auparavant.
  • The Player (1992) de Robert Altman commence par le lancement et le clap du plan séquence d'ouverture du film mettant dès le depart une notion de mise en abîme. La fin du film se termine par la proposition d'un scénario à Griffin Mill de The Player qui est exactement l'histoire qui vient de nous être racontée dans le film.
  • L'Antre de la folie (1994) de John Carpenter dans lequel le personnage de Sam Neill se rend compte qu'il est un personnage du roman L'Antre de la folie de l'écrivain Sutter Cane. Il assiste à la projection de l'adaptation cinématographique de ce roman, c'est-à-dire au film que le spectateur est lui-même en train de regarder.
  • Modern Love (2008) conte plusieurs histoires d'amour croisées, dont l'une est à l'affiche sous le titre Modern Love.
  • Funny Games U.S. (1997 et 2007) de Michael Haneke dans lequel l'un des acteurs fait partie de la réalité, il s’adresse directement au spectateur. Dans le même film, un des acteurs dit avoir vu un film où l'un des acteurs est ancré dans la réalité. Il s'agit en réalité du même film, raconté dans ce propre film (mise en abyme)
  • Réalité (2014) de Quentin Dupieux, film à tiroir où il est très difficile de séparer le contenant du contenu. Un film en réalisation est projeté, contenant des éléments du film dans le film mélangé à des rêves dans le film et hors du film... une mise en abyme inextricable.
  • Vive la crise (2017) de Jean-François Davy, dans lequel l'auteur de l'histoire, Luigi Pirandello (en référence à Luigi Pirandello, auteur de la pièce Six personnages en quête d'auteur, elle-même basée sur la mise en abyme), incarné par Venantino Venantini écrit le film et interagit ponctuellement avec les personnages, lesquels sont pleinement conscients de jouer leur propre rôle dans le film. Il s'agit en quelque sorte, d'une double mise en abime. Non seulement le film se contient lui-même, mais le film contient tout alentour, y compris l'auteur, la société de production et les personnages.

Films reconstituant le tournage de films réels[modifier | modifier le code]

Il s'agit dans ce cas de films qui ne se contentent pas de montrer des extraits de films réels, mais qui les « re-tournent », avec d'autres acteurs que ceux de l'œuvre originale. (Il ne s'agit en aucun cas de lister des exemples de making of). On trouve notamment ce cas de figure dans les films biographiques liés au cinéma: acteurs, réalisateurs, producteurs…

Films fictifs et programmes télévisuels fictifs dans une œuvre télévisuelle[modifier | modifier le code]

  • Tom et Jerry, dans l'épisode Tom fait du cinéma (Smarty Cat, 1955) Tom joue dans un film, Tom the Terrific Cat, où il humilie le chien Spike.
  • Les Simpson (1989-) met en scène de manière récurrente la série ultra-violente Itchy et Scratchy, parodie de Tom et Jerry et à l'occasion les films de Radioactive Man parodie des héros de comics.
  • Twin Peaks (1990-1991) les habitants de Twin Peaks suivent régulièrement à la télévision le soap opera Invitation to love.
  • Daria (1997-2002) série animée de Susie Lewis Lynn : les héroïnes Daria et Jane regardent très régulièrement l'émission fictive Triste monde tragique (Sick sad world en anglais), une parodie poussée à l'extrême du sensationnalisme moderne et du voyeurisme dans ce qu'il a de pire.
  • South Park (1997-), dans lequel les 4 protagonistes principaux adorent regarder la série mettant en scène deux pétomanes à l'humour scatologique un peu douteux : Terrance et Philippe.
  • Futurama (1999-2003), série animée de Matt Groening, inclut régulièrement la parodie de telenovelas, Par tout mes circuits (All My Circuits), entièrement interprétée par des robots, dont son héros Calculon ainsi que la série Hypnotoad et son héros éponyme.
  • Les Griffin (1999-) Dans le triple épisode L'Incroyable histoire de Stewie Griffin - Le Bébé maléfique se met à nu (2005), par Seth MacFarlane, les Griffin sont invités dans un festival de cinéma pour présenter leur film. Durant l'émission, une caméra cachée s'introduit dans la salle de cinéma et enregistre le film. C'est à ce moment que le film commence. Il y a aussi un entracte durant lequel on entend les personnages parler dans la salle, et, une fois le film réellement fini, l'émission de télévision qui projetait le film continue quelques minutes et filme la fête qui suit la projection.
  • X-Files : l'épisode 19 de la saison 7, Hollywood (2000), nous montre un faux film basé sur Mulder et Scully.
  • Stargate SG-1 dans l'épisode Wormhole X-Treme (2001) présente le tournage d'un film qui présente une version fictive de la série.
  • Lost : Les Disparus (2004) inclut des films d'entreprise fictifs pour le Projet Dharma et de multiples captations télévisuelles fictives montrant le groupe Drive Shaft ou encore Hugo lors de son gain au loto.
  • Dix pour cent (depuis 2015) : Cette série décrit le quotidien d'une agence artistique d'acteurs de cinéma et est l'occasion de montrer différents tournages de films fictifs où les acteurs jouent leur propre rôles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eli Roth’s PRIDE OF THE NATION poster…, 26 janvier 2009
  2. Test blu-ray Inglourious Basterds, HDnumerique.com, 20 janvier 2010
  3. « Les 400 coups et autres aventures d'Antoine Doinel », Krinein magazine
  4. « Barbara ou ma plus belle histoire d'amour », sur Philharmonie de Paris (consulté le 4 avril 2018)
  5. « Barbara 1978 », sur francois.faurant.free.fr (consulté le 4 avril 2018)
  6. Philippe Pillard, Autour de Peter Sellers, livret dans le DVD Trois comédies so british ! éd. Tamasa
  7. Martin Scorsese et Michael Henry Wilson, Voyage de Martin Scorsese à travers le cinéma américain, éd. Cahiers du Cinéma, 1997, p. 132
  8. Catherine Gheselle, « Liliom de Fritz Lang », sur cgheselle.over-blog.com (consulté le 12 septembre 2009)