Film contenant un film

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Un film contenant un film est un film de fiction dans lequel apparaît un ou plusieurs extraits d'autres films, réels ou imaginaires.

Généralités[modifier | modifier le code]

Il est fréquent qu'un film présente des extraits de films. Ainsi, Jean-Luc Godard a abondamment usé de la citation et de la mise en abyme dans ses films. Cela peut être aussi un moyen d'évoquer rapidement des faits passés, par exemple lorsqu'un personnage est lui-même un acteur ou a participé à un événement représenté au cinéma. Dans son célèbre L'Homme à la caméra (1929), Dziga Vertov montre la journée de travail d'un cadreur tournant des séquences qui sont montées puis projetées devant un public dans un cinéma, laquelle scène est incluse dans le film...

Des images d'actualités permettent de dresser rapidement le contexte dans lequel va se dérouler l'histoire du film : dans Mad Max II, l'intrigue est précédée par le récit accéléré d'une guerre mondiale liée au pétrole qui situe d'emblée le récit dans un monde futur en ruine. Cette utilisation de films dans un film peut s'apparenter à une variante de la voix off.

L'inclusion de films dans un film permet des effets de flashbacks, de mise en contexte et peut servir aussi bien à des effets décalés ou comiques (le personnage de La Rose pourpre du Caire qui sort de l'écran, celui interprété par Woody Allen dans Zelig qui se trouve aux côtés de célébrités de son temps) qu'à créer la nostalgie. Ainsi lorsque Fellini se montre dans Intervista rendant visite, avec Marcello Mastroianni, à Anita Ekberg, l'extrait de la plus célèbre scène de La Dolce vita, à la fontaine de Trevi, interprétée autrefois par les deux acteurs mêle l'hommage et la nostalgie devant leur vieillissement.

Films contenant des films fictifs[modifier | modifier le code]

Les films racontant le tournage d'un film fictif seront répertoriés ici seulement si des extraits du film fictif en question y apparaissent.

Films contenant de faux films de fiction[modifier | modifier le code]

Films contenant des films documentaires fictifs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Faux documentaire.

Films contenant des téléfilms ou séries télévisées fictifs[modifier | modifier le code]

  • Pleasantville (1998) contient une fausse série télévisée en noir et blanc (dont le titre donne son nom au film) dans laquelle les deux héros du film sont transportés.
  • Toy Story 2 (2000) a pour fil conducteur une série télévisée de marionnettes, Western Woody, dans lequel Woody était le héros.
  • Les Poupées russes (2005) de Cédric Klapisch contient un extrait d'un téléfilm à succès dont Xavier, le personnage principal, est censé écrire la suite. Le film montre aussi par moment des extraits du téléfilm dont Xavier essaie d'écrire le scénario (notons toutefois qu'il ne s'agit que de séquences imaginées par Xavier donc a priori non tournées par les producteurs).
  • Kiss Kiss Bang Bang (2005) de Shane Black présente un extrait de Protocop, une série dont découlent des produits dérivés comme le jouet Protocop que le héros doit voler au début du film.

Films contenant des films publicitaires fictifs[modifier | modifier le code]

  • Je te tiens, tu me tiens par la barbichette (1978) de Jean Yanne, lors de son enquête à la chaine de télévision AF4, l'inspecteur Chodaque (Jean Yanne) regarde des pubs fictives : Stopodor, Gerbastop, Podospray Déodorant ou l'eau de toilettes Travelo
  • Le Coup du parapluie (1980) de Gérard Oury ; le personnage de Pierre Richard joue dans une publicité pour une marque de nourriture pour chien appelée Ragoutoutou et dont le jingle est « Ragoutoutou, le ragoût de mon toutou, j'en suis fou… »
  • RoboCop (1987) de Paul Verhoeven présente plusieurs publicités destinées à donner une représentation satirique de la société décrite dans ce film (systèmes antivols pour voiture tuant le délinquant…).
  • Batman (1989) de Tim Burton montre une fausse publicité pirate diffusée par le Joker sous forme de comparaison de ses produits cosmétiques mortels avec la "marque X".
  • Total Recall (1990) de Paul Verhoeven présente une publicité pour la société Recall, qui vend des souvenirs fictifs.
  • La Cité de la peur (1994) de Alain Berbérian (écrit par les Nuls) contient une fausse publicité pour une voiture de la marque "Renault".
  • Camping Cosmos (1995): Claude Semal, présentateur à Radio Cosmos, lance un détournement publicitaire sur le dentifrice et sur les crèmes de beauté.
  • Starship Troopers (1997) de Paul Verhoeven: on y aperçoit plusieurs spots de propagande gouvernementale pour inciter les jeunes à s'engager dans la guerre contre des insectes géants, vraisemblablement un clin d'œil satirique à la propagande des médias américains durant la guerre du Golfe.
  • Toy Story 2 (2000) contient plusieurs fausses publicités.
  • Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004) de Michel Gondry présente une publicité pour la fausse société Lacuna Inc.
  • Girls Will Be Girls (2004), écrit et réalisé par Richard Day, met en scène trois actrices dont l'une peine à démarrer sa carrière et tourne son premier spot publicitaire pour une marque de plats pré-cuisinés à réchauffer au micro-onde. À la fin du spot publicitaire, une longue liste de recommandations pour la consommation du produit défile et révèle qu'il est très dangereux pour la santé, étant notamment cancérigène.
  • Les Vacances de Mr. Bean (2007) montre M.. Bean assister au tournage d'une publicité se déroulant dans la vieille France profonde alors qu'elle se fait attaquer par l'armée allemande lors de la Seconde Guerre mondiale, pour la marque fictive de yaourt Fruzzi.
  • 99 Francs (2007) contient plusieurs publicités qu'Octave (joué par Jean Dujardin) a créées.

Films contenant d'autres formes de films fictifs[modifier | modifier le code]

Films se contenant eux-mêmes[modifier | modifier le code]

Outre le phénomène courant de réutilisation de séquences dans les génériques, certains films se citent eux-mêmes en utilisant la technique de la mise en abyme. Outre le cinéma, cette technique a été utilisée par Michel Gondry dans le clip qu'il a réalisé pour Bachelorette, chanson de Björk sortie en 1997.

  • L'Homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov montre à la fois la vie quotidienne à Odessa et le film en train d'être tourné, puis monté et enfin projeté dans une salle de cinéma.
  • Liliom (1934) de Fritz Lang. Liliom, qui vient de décéder, arrive dans une salle où lui est projeté, sur écran, un extrait antérieur du film. Ce flash-back est donc présenté au personnage dans une forme cinématographique (personnage dans la salle, écran, projection, ralentis)[3].
  • L'amour chante et danse (1942) les producteurs d'Hollywood souhaitent adapter l’histoire du film au cinéma, les décors sont d’ailleurs les mêmes.
  • Chantons sous la pluie (1952) est montré en affiche lui-même à la fin du film.
  • Le Voyou (1970) de Claude Lelouch montre Jean-Louis Trintignant essayant d'échapper à la police en entrant dans un cinéma qui passe... le Voyou.
  • Esclave de l'amour (1976) de Nikita Mikhalkov, la séquence initiale montrant une arrestation à la sortie d'une salle de cinéma est ensuite montrée à nouveau, en noir et blanc, lors d'une projection, par un personnage du film qui l'a tournée.
  • La Dernière Folie de Mel Brooks (1976) de Mel Brooks est un film muet, qui raconte les tribulations d'un cinéaste essayant de convaincre les studios de produire un film muet, en l'occurrence celui réalisé par Mel Brooks.
  • La Folle Histoire de l'espace (1987) de Mel Brooks dans lequel l'abominable Casque Noir regarde à un moment La Folle Histoire de l'espace, et tombe sur le moment qu'il est en train de vivre, créant ainsi une mise en abyme.
  • Epidemic (1987) de Lars von Trier 2 scénaristes écrivent le scénario du film Epidemic, et on voit ce film durant le film.
  • Vidéodrome (1989) de David Cronenberg met en scène le dirigeant d'une chaîne de télévision, Max Renn. Le film s'achève sur Max Renn observant son propre suicide dans une télévision, qui explose au moment de la mort du Renn fictif. Les dernières images montrent Renn reproduire les gestes et paroles diffusés peu auparavant.
  • L'Antre de la folie (1994) de John Carpenter dans lequel le personnage de Sam Neill se rend compte qu'il est un personnage du roman L'Antre de la folie de l'écrivain Sutter Cane. Il assiste à la projection de l'adaptation cinématographique de ce roman, c'est-à-dire au film que le spectateur est lui-même en train de regarder.
  • Modern Love (2008) conte plusieurs histoires d'amour croisées, dont l'une est à l'affiche sous le titre Modern Love.
  • Tonnerre sous les tropiques (2008) de Ben Stiller a pour cadre le tournage d'un film éponyme retraçant un pseudo-épisode véridique de la guerre du Viêt Nam.
  • Funny Games U.S. (1997 et 2007) de Michael Haneke dans lequel l'un des acteurs fait partie de la réalité, il s’adresse directement au spectateur. Dans le même film, un des acteurs dit avoir vu un film où l'un des acteurs est ancré dans la réalité. Il s'agit en réalité du même film, raconté dans ce propre film (mise en abyme)
  • Réalité (2014) de Quentin Dupieux, film à tiroir où il est très difficile de séparer le contenant du contenu. Un film en réalisation est projeté, contenant des éléments du film dans le film mélangé à des rêves dans le film et hors du film... une mise en abyme inextricable.
  • Vive la crise (2017) de Jean-François Davy, dans lequel l'auteur de l'histoire, Luigi Pirandello (en référence à Luigi Pirandello, auteur de la pièce Six personnages en quête d'auteur, elle même basée sur la mise en abyme), incarné par Venantino Venantini écrit le film et interagit ponctuellement avec les personnages, lesquels sont pleinement conscients de jouer leur propre rôle dans le film. Il s'agit en quelque sorte, d'une double mise en abime. Non seulement le film se contient lui-même, mais le film contient tout alentour, y compris l'auteur, la société de production et les personnages.

Films citant des films réels[modifier | modifier le code]

Film compris dans le montage d'un autre film[modifier | modifier le code]

Film cité dans le générique d'un autre film[modifier | modifier le code]

Film cité dans une projection cinéma[modifier | modifier le code]

Film cité dans une diffusion télévisée[modifier | modifier le code]

Films reconstituant le tournage de films réels[modifier | modifier le code]

Il s'agit dans ce cas de films qui ne se contentent pas de montrer des extraits de films réels, mais qui les « re-tournent », avec d'autres acteurs que ceux de l'œuvre originale. (Il ne s'agit en aucun cas de lister des exemples de making of). On trouve notamment ce cas de figure dans les films biographiques liés au cinéma: acteurs, réalisateurs, producteurs…

Films fictifs dans une œuvre télévisuelle[modifier | modifier le code]

  • Tom et Jerry, dans l'épisode Tom fait du cinéma (Smarty Cat, 1955) Tom joue dans un film, Tom the Terrific Cat, où il humilie le chien Spike.
  • Les Simpson (1989-) met en scène de manière récurrente la série ultra-violente Itchy et Scratchy, parodie de Tom et Jerry et à l'occasion les films de Radioactive Man parodie des héros de comics.
  • Daria (1997-2002) série animée de Susie Lewis Lynn : les héroïnes Daria et Jane regardent très régulièrement l'émission fictive Triste monde tragique (Sick sad world en anglais), une parodie poussée à l'extrême du sensationnalisme moderne et du voyeurisme dans ce qu'il a de pire.
  • South Park (1997-), dans lequel les 4 protagonistes principaux adorent regarder la série mettant en scène deux pétomanes à l'humour scatologique un peu douteux : Terrance et Philippe.
  • Futurama (1999-2003), série animée de Matt Groening, inclut régulièrement la parodie de telenovelas, Par tout mes circuits (All My Circuits), entièrement interprétée par des robots, dont son héros Calculon ainsi que la série Hypnotoad et son héros éponyme.
  • Les Griffin (1999-) Dans le triple épisode L'Incroyable histoire de Stewie Griffin - Le Bébé maléfique se met à nu (2005), par Seth MacFarlane, les Griffin sont invités dans un festival de cinéma pour présenter leur film. Durant l'émission, une caméra cachée s'introduit dans la salle de cinéma et enregistre le film. C'est à ce moment que le film commence. Il y a aussi un entracte durant lequel on entend les personnages parler dans la salle, et, une fois le film réellement fini, l'émission de télévision qui projetait le film continue quelques minutes et filme la fête qui suit la projection.
  • Stargate SG-1 dans son épisode Wormhole X-Treme (2001) présente le tournage d'un film qui présente une version fictive de la série.
  • Lost : Les Disparus (2004) inclut des films d'entreprise fictifs pour le Projet Dharma et de multiples captations télévisuelles fictives montrant le groupe Drive Shaft ou encore Hugo lors de son gain au loto.
  • X-Files (1993-2002) dans l'épisode 18 de la saison 7 nous montre un faux film basé sur Mulder et Scully.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eli Roth’s PRIDE OF THE NATION poster…, 26 janvier 2009
  2. Test blu-ray Inglourious Basterds, HDnumerique.com, 20 janvier 2010
  3. Catherine Gheselle, « Liliom de Fritz Lang », sur cgheselle.over-blog.com (consulté le 12 septembre 2009)
  4. « Les 400 coups et autres aventures d'Antoine Doinel », Krinein magazine
  5. Philippe Pillard, Autour de Peter Sellers, livret dans le DVD Trois comédies so british ! éd. Tamasa
  6. Martin Scorsese et Michael Henry Wilson, Voyage de Martin Scorsese à travers le cinéma américain, éd. Cahiers du Cinéma, 1997, p. 132