Judy Garland

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Judy Garland
Description de cette image, également commentée ci-après
Judy Garland, vers 1940.
Nom de naissance Frances Ethel Gumm
Surnom Judy Garland
Naissance
Grand Rapids (Minnesota, États-Unis)
Nationalité Drapeau : États-Unis Américaine
Décès (à 47 ans)
Londres (Royaume-Uni)
Profession Actrice
Chanteuse
Danseuse
Films notables Le Magicien d'Oz (1939)
Le Chant du Missouri (1944)
Parade de printemps (1948)
Une étoile est née (1954)
Jugement à Nuremberg (1961)

Frances Ethel Gumm, dite Judy Garland, née le à Grand Rapids (Minnesota) et morte le à Londres (Royaume-Uni), est une actrice, chanteuse et danseuse américaine.

Elle est considérée par l'American Film Institute comme la huitième meilleure actrice de légende du cinéma. Elle est aussi la mère de la chanteuse et actrice Liza Minnelli.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'enfant de la balle[modifier | modifier le code]

Les « Gumm Sisters », Mary Jane, Virginia et Judy.

Frances Ethel Gumm[1],[2] naît le [1],[2] à Grand Rapids dans le Minnesota[1]. Ses parents, Frank Avent Gumm et Ethel Marian Milne, ont été acteurs de variétés[1] avant que son père devienne le gérant du seul cinéma[2] de la ville de Grand Rapids. Judy y fait ses débuts sur scène, entre deux films, avec ses deux sœurs aînées, Mary Jane et Virginia, accompagnées par leur mère au piano. À trois ans, elle interprète Jingle Bells sur la scène[3].

Le , la famille Gumm déménage en Californie à Lancaster à la recherche d'un climat plus favorable car, selon la légende familiale, Frances Ethel est sujette à des allergies[4]. En réalité son père a fait des avances sexuelles à deux jeunes portiers du New Grand Theatre et, pour préserver la réputation de la famille qui menace d'être altérée par des révélations sur son homosexualité, il préfère fuir Grand Rapids[5].

La famille sillonne les grandes villes américaines et en 1934, les Gumm Sisters se produisent à l'Exposition universelle de Chicago. C'est là que Georges Jessel, la vedette du spectacle, conseille à la jeune Frances d'opter pour le pseudonyme de Garland[3]. Un an plus tard, la jeune starlette changera également son prénom, emprunté à une chanson à succès « Judy ».

Elle commence sa vraie carrière en solo après le mariage d’une de ses sœurs et se produit au Lake Tahoe où elle est remarquée par la critique. Un dépisteur de talent suggère à sa mère de lui faire faire du cinéma. En 1934, elle prend Al Rosen comme agent et compte parmi ses admirateurs le réalisateur Joseph L. Mankiewicz. Tous les deux réussiront à la présenter à la MGM[3].

Ainsi à 13 ans, en 1935, elle passe une audition devant Louis B. Mayer, patron de la Metro-Goldwyn-Mayer, qui lui offre un contrat sans passer de bout d’essai. La même année, elle perd son père, une mort qui la marquera profondément. Judy rejoint les bancs de classe de la MGM aux côtés des enfants stars de la MGM, Lana Turner, Jackie Cooper, Mickey Rooney, Freddie Bartholomew et Deanna Durbin.

Cette période à la MGM, bien que glorieuse sur le plan cinématographique, est humainement assez dure à vivre pour la jeune actrice. Gourmande par nature, elle devient la cible de quolibets au sein du studio. Pour y remédier, un régime spécifique lui est octroyé : les employés ne sont autorisés à lui servir qu'un bouillon clair comme repas, sur ordre de Louis B. Mayer. Les employés du studio finissent même par faire les poches de ses petits camarades afin d'éviter qu'ils ne lui fournissent des friandises[6].

En 1936 à l'occasion de sa première apparition dans un court-métrage, sa voix attire l'attention du public dans Every Sunday avec Deanna Durbin.

Judy Garland fait une incursion dans les studios de la 20th Century Fox pour son premier long métrage Pigskin Parade, et à quinze ans, elle se fait remarquer dans The Broadway Melody of 1938, film dans lequel elle chante « Dear Mr. Gable, you made me love you » devant une photographie de Clark Gable, chanson qu’elle avait déjà interprétée en l’honneur de l’anniversaire de la star de la MGM. C’est le compositeur Roger Edens, ami de Judy, qui compose la chanson[3].

Vedette de la MGM[modifier | modifier le code]

Judy Garland dans Le Magicien d'Oz (1939).

Judy tourne dans quelques films familiaux, chers à Louis B. Mayer, où elle chante. En 1939, avec son rôle de Dorothy dans Le Magicien d'Oz, elle est propulsée, à 17 ans, au rang de star. Ce rôle fut proposé en premier lieu à la star de la Twentieth Century Fox, Shirley Temple, mais la MGM ne put l’obtenir et après avoir envisagé Deanna Durbin, elle donna à Judy le rôle par défaut. Elle y chante la chanson qui sera oscarisée et qui allait tout au long de sa carrière devenir son cheval de bataille, Over the Rainbow. Elle-même remporte l’Oscar spécial de la « Meilleure des jeunes actrices de l’année ». Le film deviendra l'un des plus vus de l’histoire du cinéma grâce à ses passages à la télévision drainant des millions de spectateurs, la licence ayant été cédée à CBS en 1956[7].

Elle enchaîne avec Place au rythme avec Mickey Rooney, qui rapportera deux millions de dollars uniquement aux États-Unis, le soir de la première du film, c’est la consécration, elle appose ses empreintes au Grauman's Chinese Theatre. Le duo Judy Garland - Mickey Rooney formé par la MGM devint le couple à succès des films musicaux du studio. Après leur premier film, Thoroughbreds Don't Cry (ils devinrent tout de suite de très bons amis), ils tourneront huit films ensemble. Outre les trois films de la série Andy Hardy, ils jouent ensemble dans Place au rythme, En avant la musique, Débuts à Broadway, films de Busby Berkeley et Girl Crazy de Norman Taurog. Ils se retrouveront une dernière fois en 1948 dans Ma vie est une chanson également de Norman Taurog.

En 1940, Judy est l’une des dix vedettes les plus populaires au box-office, la seule femme à faire partie de ce palmarès avec Bette Davis.

C'est à cette époque qu'elle devient toxicomane. Étant déjà habituée aux médicaments (ayant un solide appétit, sa mère l'obligeait à en prendre pour qu'elle garde la ligne), la situation empire lorsque les studios lui prescrivent des amphétamines, afin qu'elle garde la forme et supporte mieux les nombreuses heures de tournage. Mais cela la rend insomniaque et elle doit alors y ajouter des barbituriques pour l'aider à dormir. Sa santé va rapidement se dégrader[8].

Pendant le tournage de Little Nellie Kelly où, selon la publicité de l’époque, elle joue sa première scène d’amour, elle annonce ses fiançailles avec le musicien David Rose, ex-mari de Martha Raye. Malgré le désaccord de sa mère et de Louis B. Mayer (qui suit de près sa carrière et sa vie privée), Judy épouse David Rose le .

Dans La Pluie qui chante (1946).

Elle apparaît ensuite dans de nombreuses comédies musicales à succès produites par la MGM, La Danseuse des Folies Ziegfeld, Lily Mars vedette, Girl Crazy, Parade aux étoiles, et les célèbres Le Chant du Missouri (Meet Me in St. Louis, 1944) et Parade de printemps (1948), deux productions du maître de la comédie musicale MGM, Arthur Freed. Freed, entouré d’une équipe de créateurs, « la Freed Unit », produisit la plupart des films de Judy au sein de la MGM. Il produisit également les plus prestigieuses comédies musicales de l’époque et recruta un jeune débutant de Broadway, Gene Kelly, en 1942 pour en faire un partenaire de Judy dans Pour moi et ma mie. C’est lui qui engagea Vincente Minnelli, alors connu comme directeur artistique de revues à grand spectacle, afin de réaliser son premier film, Un petit coin aux cieux.

Freed réunit Minnelli et Garland pour le film Le Chant du Missouri (Meet Me in St. Louis). Au départ réticente quant au projet, Judy compose dans ce film un de ses personnages les plus attachants. Le film libère le musical des conventions héritées de la scène de Broadway ; les couleurs aux tons pastels, la réalisation évitant la mièvrerie du sujet et les chansons font du film un succès critique et populaire. Minnelli et Garland tombent amoureux pendant le tournage et cette fois avec l’approbation des studios MGM. Judy l'épouse le (elle a divorcé de David Rose en 1944). Sa première fille Liza Minnelli naît l’année suivante. Elle fait trois autres films avec le duo Freed-Minnelli, L'Horloge un de ses rares films non musical[9], Ziegfeld Follies film à sketches[10] et enfin Le Pirate où elle retrouve Gene Kelly[11].

Photographie publicitaire de Judy Garland en 1954.

Les ennuis de santé de Judy Garland deviennent de plus en plus sérieux. Fatiguée, elle tombe malade pendant le tournage du Pirate. Le studio doit s'habituer à ses sautes d’humeur, à ses absences et à son manque de ponctualité. Malgré cela, la MGM enchaîne les tournages. Elle a un nouveau partenaire de prestige, Fred Astaire, qui remplace Gene Kelly, ce dernier s’étant cassé la cheville la veille du tournage, pour un autre succès de la MGM, Parade de printemps[11]. Le film apporte à l'actrice, qui est ravie de travailler avec Astaire, un certain répit mais de courte durée.

De plus en plus sujette aux dépressions nerveuses, elle doit renoncer à retrouver Fred Astaire, et c’est Ginger Rogers qui la remplace dans Entrons dans la danse[12]. Elle cède également son rôle à Betty Hutton dans Annie du Far West, à Jane Powell dans Mariage royal[13] et à Ava Gardner dans Show Boat[14].

Judy passe trois mois dans une clinique de Boston[4], puis retourne aux studios pour tourner son dernier film à la MGM, La Jolie Fermière. Le tournage dure six mois après bien des retards dus aux absences et aux crises de nerfs de l’actrice. Le producteur Joe Pasternak et le réalisateur Charles Walters décident, le film terminé, d’ajouter un numéro musical et de la faire revenir. Elle revient en pleine forme et exécute le numéro Get happy[13].

En 1950, comme l'accoutumance de Judy Garland, alors âgée de 28 ans, à l'alcool et aux médicaments la rend ingérable, la MGM met un terme à son contrat[13].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Judy Garland dans sa loge au Greek Theater de Los Angeles en 1957.
Judy Garland en 1963.

Une profonde dépression la mène à une tentative de suicide en 1950[4]. Le , elle divorce de Vincente Minnelli après l'avoir découvert dans son lit avec leur chauffeur[15]. Paradoxalement, elle devient une icône gay après avoir appris l'homosexualité de son mari[16]. Le , elle épouse le producteur de cinéma Sidney Luft (1915-2005), avec qui elle a une fille, Lorna, et un garçon, Joseph. Il relance sa carrière grâce à une série de tournées. Il la persuade de se produire au Palladium de Londres pendant un mois, c’est un triomphe. Puis elle revient au music-hall, elle bat tous les records de recettes pendant dix-neuf semaines au Palace Theatre de New York. Ces retrouvailles avec ses fans et le succès lui redonnent de l’assurance.

En 1954, Sidney Luft produit le film Une étoile est née dans lequel elle joue le rôle d'une jeune artiste qui accède à la popularité grâce à l'aide d'une star sur le déclin, deuxième des quatre versions tournées sur le même sujet. Le film obtient un énorme succès auprès de la critique et du public malgré les mutilations opérées par la Warner Bros qui ampute le film de 90 minutes pour des raisons de distribution. Judy est citée aux Oscars mais, à la surprise générale, la récompense échoit à Grace Kelly.

Dean Martin, Judy Garland et Frank Sinatra (1962).

Un an plus tard, en 1955, elle fait ses débuts à la télévision dans un show de la CBS. Elle participe à de nombreux shows où l'on retrouve ses amis, comme Frank Sinatra et Dean Martin.

Elle continue ses tournées durant les années 1950 et 1960. Elle triomphe au Carnegie Hall en 1961 et y enregistre l'album Judy au Carnegie Hall, dont les ventes atteindront le million de dollars[4].

Délaissant le cinéma durant cette période où elle ne tourne que trois films, elle obtient néanmoins une nouvelle nomination aux Oscars pour un second rôle dans Jugement à Nuremberg. En 1963, elle lance une émission télévisée, The Judy Garland Show, qui ne dure qu'une saison en raison de la concurrence de Bonanza.

Le , au cours d'une tournée en Australie, Judy Garland « épouse » l'acteur Mark Herron lors d'une cérémonie religieuse célébrée par un prêtre bouddhiste, bien qu'elle soit encore mariée. Après que le divorce avec Sidney Luft aura été prononcé l'année suivante (le couple était séparé depuis 1963), elle se remariera officiellement le avec Mark Herron. Six mois plus tard, ils se sépareront définitivement car elle a découvert qu'il est homosexuel (il avait une relation avec le mari de sa fille, Peter Allen), mais ils ne divorceront que le . En 1966, elle apparaît dans de nombreux shows télévisés.

Le , elle épouse à Londres le producteur de disques Michael DeVinko, dit Mickey Deans (1934-2003). Elle meurt le [1],[2] à Chelsea[17], un quartier de Londres[1],[2], des suites d'une prise excessive — volontaire ou accidentelle[2] — de barbituriques[2]. Un musée lui est consacré dans sa ville natale.

D'abord enterrée à New York, elle repose depuis 2017 à Los Angeles au Hollywood Forever Cemetery.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Judy Garland dans L'amour frappe André Hardy (1938).
Photographie promotionnelle de Judy Garland pour le film Lily Mars vedette (1943).
Dans L'Ombre du passé (1963).

Cinéma[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Grâce au film Le Magicien d'Oz, Judy Garland obtient un Oscar spécial de la « Meilleure jeune actrice » en 1940.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le téléfilm biographique Judy Garland, la vie d'une étoile est diffusé en 2001.

L'actrice américaine Renée Zellweger incarne Judy Garland dans un biopic réalisé par Rupert Goold et intitulé Judy, sorti sur les écrans en . Le film est une adaptation de la comédie musicale End of the Rainbow écrite par Peter Quilter en 2005[18].

Le , Renée Zellweger obtient l'Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle, après avoir obtenu le Golden Globe équivalent. Elle dédie son Oscar à Judy Garland avec ces mots : « Judy Garland n'a pas reçu les honneurs qu'elle méritait en son temps [...] Mme Garland, vous êtes certainement parmi les héroïnes qui nous unissent et nous définissent, et [cette récompense] est sans aucun doute pour vous »[19]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f « Garland, Judy (1922-1969) », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 15 novembre 2016).
  2. a b c d e f et g Renaud Machart, « Judy Garland, une vie de mélo », sur Le Monde, (consulté le 15 novembre 2016).
  3. a b c et d Le Cinéma, Grande histoire illustrée volume 3, Éditions Atlas, 1982,
  4. a b c et d Judy Garland, de Morella et Epstein traduit de l'anglais par Françoise Ducout, Georges et André-Charles Cohen, Editions Henri Veyrier, (ISBN 2-85 199-151-5)
  5. (en) Paul Donnelley, Judy Garland, Haus, , p. 7
  6. Florence Colombani, « Stars en herbe », Vanity Fair France n°23,‎ , p. 168
  7. Metro Goldwyn Mayer, Splendeur du cinéma américain de Peter Hay, traduit par Paule Pagliano, Bordas (ISBN 2-04-019778-8)
  8. (en) Gerald Clarke, Get Happy. The Life of Judy Garland, Random House Publishing Group, , p. 231-234.
  9. J.D.E, p. 204.
  10. J.D.E, p. 201.
  11. a et b J.D.E, p. 220.
  12. J.D.E, p. 224.
  13. a b et c J.D.E, p. 237.
  14. J.D.E, p. 247.
  15. Judy Garland, une vie de mélo LeMonde.fr, 18 décembre 2015.
  16. (en) Paul Donnelley, Judy Garland, Haus, , p. 132
  17. Judy Garland sur Allociné.
  18. (en) Jackson McHenry, « "Judy" Trailer: Renée Zellweger’s Judy Garland Takes You Somewhere Over the Rainbow », sur vulture.com, .
  19. « Renée Zellweger sacrée meilleure actrice aux Oscars 2020 », sur BFMTV.com (consulté le 10 février 2020).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Biographie[modifier | modifier le code]

  • J.D.E., La fabuleuse histoire de la Metro Goldwyn Mayer en 1714 films, Le Livre de Paris, Odège, 1977, (ISBN 2-245-00616-X)
  • Joe Morella et Edward Z. Epstein, Judy Garland, Henri Veyrier, 1977, 208 pages.
  • Frank Gerold, Judy. La vie tragique et passionnée de Judy Garland, Éditions Grasset & Fasquelle, (1re éd. 1977), 409 p. 
  • Mary kepler, Les plus belles histoires d'Amour d'Hollywood : Judy Garland, Éditions Balland, (1re éd. 1981), 230 p. (ISBN 978-2715803220). 
  • Judy Garland, splendeurs et chutes d'une légende, par Bertrand Tessier, éditions L'archipel, 2019

Bertrand Tessier est également le réalisateur d'un documentaire, Judy Garland / Vincente Minnelli, diffusé sur OCS et Sky Arts.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]