Aller au contenu

Le Docteur Jivago (film)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Le Docteur Jivago
Description de cette image, également commentée ci-après
Omar Sharif et Julie Christie dans une scène du film.
Titre original Doctor Zhivago
Réalisation David Lean
Scénario Robert Bolt
Musique Maurice Jarre
Acteurs principaux Omar Sharif
Julie Christie
Alec Guinness
Sociétés de production Metro-Goldwyn-Mayer
Pays de production Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Italie Italie
Genre drame, romance, historique
Durée 201 minutes
Sortie 1965

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Le Docteur Jivago (Doctor Zhivago) est un film britannico-italo-americain réalisé par David Lean et sorti en 1965. Écrit par Robert Bolt, il est l'adaptation du roman du même nom de Boris Pasternak.

Le film raconte l'histoire de Youri Jivago (interprété par Omar Sharif), jeune médecin et poète, pendant les évènements de la Première Guerre mondiale, la révolution d'Octobre et la guerre civile russe, et son amour pour Lara Antipova.

Ce film romantique, tragique et épique obtient des critiques partagées : l'intensité de l'histoire d'amour est saluée, mais sa durée lui est reprochée. Il est néanmoins un très grand succès commercial dès sa sortie : en 2022, il est le neuvième plus gros succès de l'histoire du cinéma avec 1,9 milliard de dollars de recettes[1]. Le film est nommé pour dix Oscars lors de la 38e cérémonie des Oscars en 1966 (dont l'Oscar du meilleur film), et en remporte cinq, dont celui du meilleur scénario adapté, de la meilleure photographie et de la meilleure musique. En 1998, il a été classé 39ème par l'American Film Institute et par le British Film Institute en 1999 comme le 27e plus grand film britannique de tous les temps.

Julie Christie dans le rôle de Lara.
Rita Tushingham et Alec Guinness.

Dans les années 1940-1950, près d'un barrage hydroélectrique en URSS, le général Yevgraf Jivago recherche la fille de son demi-frère Youri Jivago, et de Lara Antipova. Il convoque dans le poste du responsable du barrage Tonia Komarova, une jeune femme qu'il pense être sa nièce. Lorsque Yevgraf l'interroge, elle avoue être née en Mongolie, mais ne plus se souvenir de son enfance et de l'identité de ses parents. Le général entame alors le récit de l'histoire de son demi-frère.

Au tout début du XXe siècle, dans l'Oural, après la perte de sa mère, Youri, encore enfant, est recueilli par des amis de sa mère, Alexandre et Anna Gromeko. Il grandit avec leur fille Tonia à Moscou. Le seul et unique héritage de sa mère (et qu'il emmène avec lui), est une balalaïka, instrument dont cette dernière jouait avec virtuosité.

En 1913, à Moscou, Youri est devenu étudiant en médecine et un poète en pleine ascension. De retour chez lui après avoir quitté l'université, il apprend l'imminence du retour de Tonia. Pendant ce temps, Lara évite à son fiancé, Pavel Antipov, jeune révolutionnaire idéaliste (surnommé « Pacha »), d'être emmené par la police, alors qu'il distribue des tracts pour une manifestation pacifique organisée pour le soir même. Une fois rentrée chez sa mère, elle découvre la présence de l'amant de celle-ci, Victor Komarovsky. Homme mûr et influent, il est un soutien des libéraux et un partisan de réformes limitées du régime tsariste. Il ne dissimule par devant Lara son attirance pour elle. Le soir, Lara et Komarovsky se rendent à une réception à laquelle la mère de Lara, malade, ne peut assister. Après avoir dansé avec elle toute la soirée, Komarovsky embrasse la jeune fille sur le chemin du retour.

Dans la nuit, la manifestation pacifique de Pacha tourne au bain de sang alors que les cavaliers cosaques chargent sur la foule, épée à la main. Consterné Youri en est un témoin impuissant, depuis le balcon de sa fenêtre. Il descend alors dans la rue tenter d'aider les blessés, mais ces derniers sont emmenés par les forces de police. Le lendemain, il accueille Tonia à la gare avec les Gromeko. En parallèle, Pacha, blessé au visage lors de la charge des cosaques, se rend chez Lara pour lui demander des soins. Il en profite pour lui faire garder un pistolet tombé à terre la nuit précédente et qu'il a récupéré dans la confusion. Par la suite, elle entame une liaison avec Komarovsky. Lorsque sa mère le découvre, elle tente de se suicider. Komarovsky, la découvrant gisant sur le lit, fait appel à un de ses amis, un docteur qui enseigne la médecine et qui se trouve être le professeur de Youri. Assisté par son élève, il sauve la mère de Lara, que le professeur fera ensuite entrer dans un hôpital, et tous les deux promettent de ne rien révéler à sa fille. Sur le retour, Youri apprend à son professeur que Komarovsky était un partenaire d'affaires de son propre père.

Plus tard, Lara apprend à Komarovsky son projet de mariage avec Pacha, et elle les fait se rencontrer. De retour chez la mère de Lara, Komarovsky essaie de la dissuader de se marier. Face à son refus, il la viole. En état de choc, elle se rend à une réception donnée pour le réveillon de Noël et à laquelle Komarovsky (mais aussi Youri et Tonia) participe. Elle tente de le tuer avec le revolver de Pacha (au moment où était annoncé le mariage prochain de Youri et Tonia), mais Lara ne le blesse que légèrement au bras. Cependant, Komarovsky ne fait pas appel à la police, par peur que Lara ne révèle ses outrages. Lara quitte la salle escortée de Pacha, qu'elle avait croisé en chemin et qui l'avait suivie. Komarovsky se fait soigner par Youri. Il avoue alors au jeune homme avoir été présent à la mort de son père, très attaché à sa mère, et dit connaitre des gens qui connaissent son demi-frère Yevgraf. Ils se quittent lorsque Komarovsky insiste pour que Youri se sépare de Lara. Cette dernière finit par épouser Pacha, qui continue de l'aimer bien qu'il ait tout appris de sa relation avec Komarovsky. Lara donne plus tard naissance à une fille prénommée Katya.

En 1914, lorsque débute la Première Guerre mondiale, Yevgraf entre dans l'armée sous un faux nom sur ordre du Parti communiste, avec comme instruction d'œuvrer à la défaite du régime tsariste afin de faciliter la révolution. Engagé dans l'armée, Pacha disparait à l'hiver 1915, au cours d'une charge héroïque contre les forces allemandes, et est laissé pour mort. Youri sera réquisitionné par le Parti ouvrier social-démocrate de Russie pour soigner les blessés de l'armée impériale russe. En 1917, lui et Lara, engagée comme infirmière volontaire pour retrouver son mari, sont tous les deux témoins des tensions entre les soldats et leurs officiers suite à la révolution russe d'Octobre. Après s'être rencontrés, Youri et Lara apprennent ensemble le début de la guerre civile russe (opposant l'Armée rouge des révolutionnaires bolcheviques aux Armées blanches tsaristes), et soignent ensemble les blessés dans un hôpital militaire. Dans la difficile épreuve de la guerre vue de l'arrière, Lara et Youri tombent amoureux. Youri reste néanmoins fidèle à Tonia, avec qui il s'est marié. Lara retourne chez elle avec les soldats restants peu de temps après.

Après la fin du conflit et la prise de pouvoir de Lénine, Youri retourne à Moscou auprès de son beau-père, sa femme et leur fils Sacha (sa belle-mère Anna étant entretemps décédée). Il trouve sa maison réquisitionnée par le Parti et occupée par des prolétaires souffrant de la faim, du froid et de la maladie, et desquels il est peu apprécié, en raison de sa classe sociale. Il est témoin de la progression du typhus et de la famine, et des mensonges du parti à ce sujet. Un soir, il commet une infraction en arrachant du bois à une palissade pour pouvoir se chauffer, et découvre à son retour chez lui que ses biens sont réquisitionnés et redistribués par le Parti. Alors qu'il s'en prend à un prolétaire s'emparant de la balalaïka de sa mère, il laisse tomber le bois volé. Sur le point de se faire arrêter, il est sauvé par l'intervention de Yevgraf, qui l'a surpris pendant qu'il volait le bois et l'a suivi jusque chez lui. Né d'une relation du père de Youri avec une aristocrate européenne, il est désormais membre de la Tchéka et informe Youri que, en haut-lieu, ses poèmes sont jugés anti-communistes, bourgeois et individualistes. Il organise alors le voyage de Youri et sa famille vers l'Oural, dans une maison de la bourgade de Varykino, afin qu'ils soient à l'abri de la répression bolchevique. Voyageant dans un wagon à bestiaux, Youri est confronté à la misère et la violence de la guerre civile lorsque le train traverse un village en ruine et que des habitants tentent d'y monter. Lors d'une pause, les passagers voient passer à grande vitesse un autre train de l'Armée rouge, dans lequel se trouve le sinistre général Strelnikov, qui n'est autre que Pacha.

Après être brièvement descendu du train, Youri est repéré par des gardes rouges et amené devant Strelnikov, qu'il reconnait, l'ayant aperçu six ans auparavant lors du réveillon de Noël. En discutant, il apprend que Pacha est toujours marié à Lara, mais qu'il ne l'a pas revue depuis le début des conflits. Il sait cependant qu'elle habite dans la ville de Youriatine, voisine de Varykino. Arrivés à Varykino, Youri, Tonia, Alexandre et Sacha descendent du train et sont conduits à leur maison de campagne. Sur le chemin, ils voient la ville de Youriatine incendié par Strelnikov et ses hommes. Arrivés chez eux, ils découvrent qu'un comité de justice révolutionnaire les a expropriés et que leur demeure a été réquisitionnée par les gardes rouges. Ils s'installent alors dans un pavillon annexe, qui n'a pas été réquisitionné, et mènent une vie paisible et champêtre, vivant des récoltes du jardin. Ils apprennent là-bas l'exécution du tsar.

Après avoir passé un premier hiver à Varykino, Youri retrouve fortuitement Lara dans une bibliothèque de Youriatine où elle habite depuis un an avec sa fille Katya. L'attirance qu'ils éprouvent l'un pour l'autre refait rapidement surface, et ils deviennent amants. Lorsque Tonia tombe enceinte à nouveau, Youri décide de renoncer à sa relation adultère. Prétextant d'aller chercher des médicaments, il rend visite à Lara et rompt avec elle. Mais, sur le chemin du retour, il est arrêté par un détachement de l'armée rouge qui le contraint à les accompagner comme officier-médecin, et ce sans avoir la possibilité d'avertir sa famille.

Ce n'est qu'au bout de deux longues années que Youri réussit à s'échapper, à la faveur d'une forte tempête de neige. Après une longue, harassante et difficile traversée du désert blanc de Russie (au cours de laquelle il croit un jour reconnaître sa famille au loin), un Youri presque mort de froid retrouve Lara à Youriatine. Il apprend qu'après sa disparition, Tonia est venue le chercher chez Lara, à qui elle a laissé la balalaïka de la mère de Youri et à qui elle a plus tard envoyé une lettre au cas où Youri retournerait chez elle. Youri apprend ainsi que toute sa famille est saine et sauve à Moscou, que Tonia a donné naissance à une fille prénommée Anna et que tous vont quitter la Russie pour Paris à l'aide d'une organisation humanitaire.

Alors que Lara et Youri renouent leur relation dans la petite maison de Youriatine, Komarovsky réapparaît. Il annonce au couple que la Tchéka les menace tous les deux : Lara pour son mariage avec Strelnikov, désormais détesté du gouvernement, et Youri pour sa désertion et ses poèmes jugés anti-communistes. Komarovsky propose alors son aide : jouant de ses relations, il leur offre un moyen de fuir la Russie par l'est, où il doit prendre un poste de ministre, et leur promet qu'ils auront de là-bas la possibilité de quitter le pays. Les deux amants refusent sa proposition, et repoussent Komarovsky dans le froid glacial de l'hiver.

Tout de même inquiets, Lara et Youri repartent s'installer à Varykino avec Katya, cette fois-ci dans la maison autrefois réquisitionnée par les révolutionnaires. Youri y commence la rédaction de ses Poèmes pour Lara, qui lui attireront autant la sympathie du peuple que la défaveur du gouvernement. Alors qu'il mène une vie calme et paisible, Komarovsky refait brusquement irruption et leur renouvelle sa proposition. Face à leur refus, il annonce que Strelnikov, arrêté peu de temps auparavant près de Youriatine, s'est suicidé. La Tchéka n'ayant épargné Lara que dans l'espoir qu'elle lui attirerait Strelnikov, elle est désormais en danger de mort. Komarovsky propose une seconde fois au couple de prendre la fuite, l'accompagnant vers la Mongolie (où il doit prendre un poste de ministre) dans un train du gouvernement. Cette fois-ci, le couple accepte sa proposition. Au moment de partir, Youri prétexte un manque de place dans les traîneaux pour les rejoindre plus tard à la gare, chose qu'il ne fera jamais, déterminé à suivre son destin et ne pouvant se résoudre à suivre un homme qu'il méprise depuis toujours.

Quelques années plus tard, après la prise de pouvoir de Staline, les deux demi-frères Youri et Yevgraf se retrouvent à Moscou. Le second procure un travail au premier, désormais malade et affaibli. Un jour, lors d'un trajet en tramway, Youri aperçoit une femme dans la rue qui ressemble fortement à Lara, sans pour autant savoir avec certitude s'il s'agit d'elle ou pas. Il sort du tramway et tente de l'interpeller, mais n'arrive pas à crier assez fort pour attirer son attention, et s'effondre sur le sol sans même que la jeune femme l'ait remarqué, alors que d'autres passants se portent à son secours. Malheureusement, Youri succombe d'une crise cardiaque. Ses funérailles rassemblent beaucoup de monde, ses poèmes ayant gagné le cœur du peuple. Lara rencontre Yevgraf à cette occasion. Elle lui révèle avoir donné naissance à la fille de Youri, qu'elle a perdue dans le tumulte de l'occupation de la Mongolie par la Chine. Malgré toute l'aide dévouée de Yevgraf, elle ne la retrouvera jamais, et disparaîtra peu de temps après avoir abandonné ses recherches à Moscou, probablement déportée ou exécutée pendant la Grande Terreur.

De retour dans le présent, Yevgraf suppose que Tanya est la fille de Lara et de Youri : elle est née en Mongolie, où elle a perdu ses parents, porte le même prénom que la femme de Youri et le même nom de famille que Komarovsky. Il lui présente une photo de son père et de sa mère. La jeune fille reste sceptique sur sa véritable identité, mais Yevgraf lui fait promettre qu'elle y réfléchira. En partant, Tanya remet sur son dos une balalaïka, l'instrument dont jouait la mère de Youri quand ce dernier était enfant, et qui l'avait accompagné durant toute sa vie, ultime confirmation, pour Yevgraf, que Tanya est bien la fille de Youri et de Lara.

Fiche technique

[modifier | modifier le code]

Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».

Photographie (seconde équipe) : Manuel Berenguer, Desmond Dickinson

Distribution

[modifier | modifier le code]
Geraldine Chaplin et Omar Sharif.

Genèse, développement et attribution des rôles

[modifier | modifier le code]

Le producteur Carlo Ponti se fait céder les droits du roman de Boris Pasternak pour le compte de la MGM. Voulant accomplir un film proche de Lawrence d'Arabie (1962), il en confie la réalisation à David Lean et veut plusieurs membres de l'équipe de Lawrence d'Arabie : le scénariste Robert Bolt, le directeur de la photographie Freddie Young, le décorateur John Box et le compositeur Maurice Jarre[2][réf. à confirmer].

Pour le rôle du docteur Jivago, David Lean choisit d'abord Peter O'Toole. L'acteur refuse, déclarant que l'expérience de Lawrence d'Arabie, également réalisé par David Lean, avait été exténuante pour lui. Un conflit éclate alors entre eux deux, qui ne sera jamais réglé par la suite. Dirk Bogarde, Sean Connery, Burt Lancaster ou encore Max von Sydow seront également envisagés. Alors qu'Omar Sharif avait demandé à David Lean de lui donner le rôle de Pavel Antipov, l'acteur est le premier surpris lorsqu'il obtient le rôle-titre. Pour lui donner un physique plus « russe », les maquilleurs étirent les yeux d'Omar Sharif avec du sparadrap. L'acteur qui joue Jivago enfant est Tarek Sharif, le fils d'Omar. Michael Caine avait également fait quelques lectures pour le rôle du docteur Jivago[2][réf. à confirmer].

Le premier choix de David Lean pour le rôle de Komarovsky avait été Marlon Brando mais celui-ci n'a pas daigné répondre à son invitation. James Mason a accepté de le jouer mais D. Lean a finalement décidé de ne plus le prendre car il le croyait peu apte à dominer le caractère de Jivago. Rod Steiger fut donc embauché. Il est l'un des seuls acteurs américains du film[2][réf. à confirmer].

Le premier choix de David Lean pour le rôle de Tonia a été Audrey Hepburn mais il a été tellement impressionné par la prestation de Geraldine Chaplin lors de l'audition qu'il l'a aussitôt engagée[2][réf. à confirmer].

Le producteur Carlo Ponti, qui avait acheté les droits du roman, voulait que sa femme, Sophia Loren, obtienne le rôle de Lara. David Lean a refusé en déclarant qu'elle était trop grande pour le rôle. Le même rôle est refusé par Jane Fonda, qui ne veut pas partir tourner neuf mois en Espagne. Elle changera d'avis quelques mois plus tard, mais le rôle était déjà attribué à Julie Christie. David Lean la choisit après sa prestation dans Billy le menteur (1963) de John Schlesinger et sur la recommandation de John Ford, qui venait de la diriger dans Le Jeune Cassidy (1965)[2][réf. à confirmer].

Pour le rôle de « Pacha », le scénariste Robert Bolt recommande Albert Finney. Cependant, David Lean s'y oppose, en partie car l'acteur avait refusé un rôle dans Lawrence d'Arabie. C'est finalement Tom Courtenay qui incarne Pacha.

Omar Sharif lors du tournage en Finlande.

Le producteur Carlo Ponti voulait initialement tourner en Union soviétique mais s'est heurté au refus du gouvernement local. David Lean fait alors des repérages en Yougoslavie et en Scandinavie, mais les deux zones sont trop froides et la bureaucratie yougoslave complique énormément les démarches[2][réf. à confirmer].

Le film a été presque entièrement tourné en Espagne, notamment à Canfranc et à Soria, mais aussi en Finlande et dans la province de l'Alberta au Canada. L'Oural est en réalité figuré par les Pyrénées.

La réplique de Moscou d'environ 4 hectares a été construite en banlieue de Madrid. Elle comprenait une grande rue de 800 mètres avec un tramway et un viaduc, une réplique miniature du Kremlin et 60 magasins et maisons entourant une grande place[2][réf. à confirmer].

4 000 jonquilles ont été importées des Pays-Bas et plantées à proximité de la montagne de Soria, où était situé le domaine de Jivago[2][réf. à confirmer].

Le tournage a pris plus de dix mois car D. Lean voulait évoquer les différentes saisons, dont le rude hiver russe. Mais l'Espagne connut un hiver très doux cette année-là, ce qui entraîna de sérieux retards. Il fallut fabriquer de la neige en plastique pendant l'été. Les acteurs devaient se refaire maquiller très souvent à cause de la transpiration[2][réf. à confirmer].

Alec Guinness et David Lean se disputaient souvent sur le plateau, chacun critiquant le travail de l'autre. Ils se brouilleront quelques années et ne tourneront plus ensemble jusqu'à La Route des Indes (1984), dernier long métrage de David Lean avant son décès en 1991[2][réf. à confirmer].

Lors du tournage (d'une scène de révolution marxiste) en Espagne, alors sous le régime du général Franco, la police locale est intervenue croyant qu'une véritable révolte avait lieu[2][réf. à confirmer].

Dans la scène où Julie Christie gifle Rod Steiger, celui-ci la gifle à son tour. Cette seconde gifle n'était pas dans le script et la surprise de Christie en la recevant est réelle[2][réf. à confirmer].

Lors de la scène dans laquelle Omar Sharif et ses compagnons tentent de hisser une femme à bord du train en marche, une rumeur prétend que l'actrice Lili Murati passa sous le train. S'il s'agit bien d'une rumeur, l'actrice a été réellement blessée sérieusement alors que sa chute a été utilisée dans le montage final[2][réf. à confirmer]. Le bonus du DVD du 40e anniversaire du film fait cependant écho à cet accident, relaté par Géraldine Chaplin. Le commentaire indique par ailleurs que David Lean prenait des nouvelles chaque jour de la victime pendant le tournage[4],[5],[6].

Doctor Zhivago
The Original Soundtrack Album
Bande originale de Maurice Jarre
Sortie 1966
Genre musique de film
Producteur Jesse Kaye
Label MGM Records

La musique du film est composée par le Français Maurice Jarre, fidèle collaborateur du réalisateur. La musique est enregistrée avec le MGM Studio Orchestra de 110 musiciens dont 22 joueurs de balalaïka, un instrument russe[2][réf. à confirmer].

Tout comme le film, la bande originale est un succès commercial. L'album s'écoule à 600 000 exemplaires rien que la première année. Malgré ce succès, David Lean jugera plus tard la partition de Maurice Jarre « trop romantique »[2][réf. à confirmer].

Liste des titres[7]
  1. Overture From "Doctor Zhivago" - 4:10
  2. Main Title From "Doctor Zhivago" - 2:37
  3. Lara Leaves Yuri - 1:25
  4. At The Student Cafe - 1:30
  5. Komarovsky And Lara's Rendezvous - 3:49
  6. Revolution - 3:59
  7. Lara's Theme From "Doctor Zhivago" - 2:50
  8. The Funeral - 3:05
  9. Sventytski's Waltz - 2:12
  10. Yuri Escapes - 2:16
  11. Tonya Arrives At Varykino - 3:39
  12. Yuri Writes A Poem For Lara - 2:35

Accueil et sortie

[modifier | modifier le code]

Pierre Billard qualifie le film dans L'Express d'« adaptation plus qu'honorable du chef-d'œuvre de Pasternak, et [d']une réussite plastique indéniable[8]. »

Succès mondial

[modifier | modifier le code]

David Lean sera très marqué par certaines critiques négatives, comme celle parue dans Newsweek à la sortie du film, qui décrit un film avec des « décors bâclés » et une « photographie pâle ». Il songera un temps à abandonner le cinéma. Cependant, après les distinctions que récoltera le film et son succès commercial, Lean réalisera finalement La Fille de Ryan (1970), lui aussi très mal accueilli par la presse[2][réf. à confirmer].

Le film deviendra par la suite un film culte. Il figure dans divers classements honorifiques, notamment de l'American Film Institute : 7e du AFI's 100 Years... 100 Passions et 39e du AFI's 100 Years...100 Movies. Il est présent dans l'ouvrage 1001 films à voir avant de mourir[2][réf. à confirmer].

Le film est un succès commercial mondial. Il totalise 111 721 910 $ de recettes sur le sol américain[9]. En France, le succès est également au rendez-vous avec 9 816 054 entrées[10].

En tenant compte de l'inflation, il est le 9e plus gros succès commercial du box-office mondial de l'histoire selon une liste établie en 2014[2][réf. à confirmer],[1].

Sortie en Russie

[modifier | modifier le code]

Tout comme le roman original, le film sera interdit en Union soviétique de par son sujet. Le roman est cependant autorisé de publication vers , six mois avant le lancement en de la glasnost, la politique de liberté d'expression et de publication d'informations portée par Mikhaïl Gorbatchev. Mais ce n’est qu'en 1994 que le film est diffusé pour la première fois dans le pays[2][réf. à confirmer].

Distinctions

[modifier | modifier le code]

Récompenses

[modifier | modifier le code]

Nominations

[modifier | modifier le code]

Autour du film

[modifier | modifier le code]
  • Dans le plan où le héros revient à Youriatine à demi gelé (vers 2 h 41 min 20 s), deux lettres cyrilliques sont inversées sur la pancarte portant le nom de la gare : ЮРЯИТНЪ au lieu de ЮРЯТИНЪ.
  • La scène dans laquelle le docteur Jivago et Lara rencontrent les déserteurs de l'armée est un hommage au film La Grande Parade (1925) de King Vidor, l'un des films préférés de David Lean[2][réf. à confirmer].

Postérité

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. 1 2 Guinness World Records 2015 : Le mondial des records (trad. de l'anglais), vol. 60, Paris, Hachette pratique, , 256 p. (ISBN 978-2-01-396860-7), p. 160-161.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 « Trivia » ((en) anecdotes), sur l'Internet Movie Database
  3. Dans la version française, Omar Sharif est doublé par André Oumansky. En effet, bien que parfaitement francophone, Omar Sharif ne pouvait imposer son accent franco-égyptien à un personnage russe.
  4. « http://www.snopes.com/movies/films/zhivago.asp »
  5. « Woman Falling Under a Train in Doctor Zhivago », sur thingsinmovies.com (consulté le )
  6. (en) Gene Phillips, Beyond the Epic : The Life and Films of David Lean, University Press of Kentucky, , 592 p. (ISBN 0-8131-7155-5, lire en ligne)
  7. (en) Maurice Jarre – Doctor Zhivago Original Soundtrack Album - Discogs
  8. Pierre Billard, Sélection cinéma, in L'Express no 798 du 3-9 octobre 1966, p. 22.
  9. (en) « Doctor Zhivago (1965) », sur Box Office Mojo (consulté le ).
  10. « Le Docteur Jivago », sur jpbox-office.com (consulté le ).
  11. « Movie connections » ((en) connexions), sur l'Internet Movie Database

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Jean-Elie Fovez, « Docteur Jivago », Téléciné, no 131, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), , p. 59 (ISSN 0049-3287)

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]