Les Évadés (film, 1994)

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Les Évadés

Description de cette image, également commentée ci-après

La plage de Zihuatanejo

Titre québécois À l'ombre de Shawshank
Titre original The Shawshank Redemption
Réalisation Frank Darabont
Scénario Frank Darabont
d'après la nouvelle Rita Hayworth and Shawshank Redemption de Stephen King
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Sortie 1994
Durée 142 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Évadés (The Shawshank Redemption), ou À l'ombre de Shawshank au Québec et au Nouveau-Brunswick, est un film américain réalisé par Frank Darabont, sorti le 10 septembre 1994.

Ce film est inspiré du roman court Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank de Stephen King (faisant partie du recueil Différentes Saisons) et conte l'histoire d'Andy Dufresne (Tim Robbins), un homme injustement condamné pour les meurtres de sa femme et de son amant et qui va passer presque vingt ans au pénitencier de Shawshank, endurant diverses épreuves mais se liant également d'amitié avec Red (Morgan Freeman), un autre détenu.

Le film a été un échec commercial lors de sa sortie au cinéma, mais a depuis acquis le statut de film culte, figurant notamment dans la liste des 100 meilleurs films de l'American Film Institute, ainsi qu'à la première place du classement des meilleurs films de l'Internet Movie Database.

Résumé[modifier | modifier le code]

Tim Robbins en 2008.

1947. Andy Dufresne, un banquier américain, est jugé coupable du meurtre de sa femme et de l'amant avec qui elle le trompait. Pour ce double meurtre, il est condamné à subir deux peines de prison à vie consécutives, et se retrouve emprisonné dans le pénitencier fédéral de Shawshank, dans l'État du Maine. Le directeur de la prison, Samuel Norton, un homme ambitieux et pétri de valeurs religieuses traditionnelles, est épaulé par un gardien-chef brutal et sans pitié, le capitaine Byron Hadley, qui ne craint pas de recourir à une violence aveugle (jusqu'à la mort de détenu, si nécessaire) afin de faire respecter la discipline.

Dufresne, peu communicatif au début de son incarcération, se lie pourtant d'amitié avec certains prisonniers, en particulier un détenu noir, Ellis Redding, surnommé « Red »[Note 1], ainsi que de la bande qui gravite autour de ce dernier. Ce prisonnier, dont on dit qu'il est « homme à dégoter des choses », fait office d'intermédiaire, faisant passer en fraude des marchandises en provenance de l'extérieur de la prison en contrepartie d'un petit pourcentage sur la vente. D'ailleurs Andy, grand amateur de géologie avant sa condamnation, lui demande un jour de lui procurer un petit marteau taille-pierre. Cet outil lui servira à sculpter des morceaux de roches qu'il tente de récolter dans la cour de la prison, pour, entre autres, se constituer des pièces d'un jeu d'échecs, qu'Andy apprécie. Il lui demandera aussi plus tard une grande affiche de Rita Hayworth (affiche qui sera remplacée au fil des années par celle de Marilyn Monroe, puis de Raquel Welch).

Cependant, Dufresne doit faire face également à des individus moins amicaux ; alors qu'il travaille à la laverie de la prison, il est régulièrement persécuté par certains de ses codétenus — surnommés les « Trois sœurs » — qui veulent obtenir de lui des faveurs sexuelles. Andy se défend à de nombreuses reprises avec acharnement, mais au prix de visites régulières à l'infirmerie, ne pouvant résister aux assauts inattendus de Bogs et ses frères.

1949. Un jour, alors qu'il recouvre de goudron le toit d'un des bâtiments de la prison, lors d'un travail collectif, Dufresne propose inopinément au gardien-chef Hadley ses services en matière de fiscalité, et ce de manière très hardie. Cette initiative l'amène à frôler de peu la mort, Hadley menaçant de le jeter du toit. Mais Andy parvient in extremis à le convaincre de ses compétences. C'est le début d'une relation « d'affaires » avec les gardiens (Dufresne se chargeant de remplir leurs déclarations d'impôts), mais également et surtout, avec le directeur de la prison. En effet, Norton charge Andy de « blanchir » ses revenus illégaux, issus des pots-de-vin liés aux marchés passés avec la communauté, pour l'exploitation des détenus dans des travaux collectifs en dehors de la prison.

À la suite d'une énième attaque des « Trois sœurs », qui résulte en une violente bastonnade d'Andy, l'envoyant à l'infirmerie pour un mois, le gardien-chef Hadley (qui le protège maintenant, au vu de son intérêt pour le directeur) inflige une correction impitoyable à l'un de ses agresseurs, Bogs, le rendant en définitive paraplégique et hospitalisé à vie. Cela fait par la même occasion cesser les tourments de Dufresne de manière définitive, les autres détenus sachant désormais qu'il est intouchable.

Au fil de longues années, et après maintes lettres envoyées au Sénat du Maine (une lettre par semaine, puis, après un premier succès, deux lettres par semaine), Dufresne parvient à obtenir une dotation financière, ainsi qu'un important stock de livres, de revues et de disques, pour garnir la miteuse bibliothèque de la prison. Muté de la laverie à cet endroit dès lors qu'il a commencé à s'occuper des déclarations d'impôts des gardiens, il utilise la bibliothèque et ses annexes comme un bureau pour ses différentes activités : le conseil en fiscalité — d'où il embauche tous les ans Red et sa bande, afin qu'ils l'aident à organiser la masse des déclarations — mais également comme un lieu de détente et de découverte culturelle pour les détenus. Enfin, Andy aide les prisonniers qui souhaitent reprendre leurs études, et les entraîne en vue de passer des examens.

Morgan Freeman, en 2006.

1965. Cette année-là arrive à Shawshank un jeune loubard dénommé Tommy Williams, surnommé par Red « M. Rock 'n' roll ». À la suite des déclarations de Tommy, qu'Andy a pris sous son aile, Dufresne comprend qu'il n'est pas responsable de la mort de sa femme et de son amant : en effet, Tommy a côtoyé lors d'un précédent séjour en prison le véritable meurtrier, qui, en se pavanant, lui a raconté toute l'histoire ; l'état d'ébriété avancé d'Andy au moment du meurtre lui ayant enlevé tout souvenir du terrible évènement, bien qu'il ait clamé depuis le début son innocence. Celui-ci demande alors de l'aide au directeur de la prison, voyant là une chance unique de pouvoir faire rejuger son affaire. Mais ce dernier refuse. En effet, Norton a besoin de lui pour s'occuper de ses affaires louches ; mais surtout, il craint de voir ses fraudes révélées au grand jour si Andy était libéré. Dufresne, interloqué, en lui demandant pourquoi il est si « obtus », et en essayant de le rassurer sur son silence, ne fait qu'enrager et effrayer Norton. Ce dernier le met à l'isolement strict durant un mois, une peine très dure.

Pendant ce temps, Norton interroge Tommy Williams. Conforté par son témoignage et par sa volonté d'aider Dufresne à dévoiler la vérité, Norton le fait éliminer par le captaine Hadley, en maquillant ce meurtre en tentative d'évasion. Le lendemain, Norton rend visite à Dufresne dans sa cellule d'isolement. Il lui raconte ce qui s'est passé et le menace de lui retirer toute protection, ainsi que de détruire la bibliothèque qu'il avait aidé à rénover, s'il cherchait par quelque moyen que ce soit à continuer ces « chimères ». Et de lui donner derechef un mois de plus en isolement total, histoire de bien y réfléchir…

Après deux mois de ce traitement, Dufresne, apparemment brisé, reprend sa vie et sa routine habituelle à la prison, dominé par Norton et ses menaces. Andy parle alors à Red d'une ville au Mexique, Zihuatanejo, ainsi que d'une cache à proximité d'un village du Maine, Buxton, que Red devra trouver le jour où il sera libre. Après un certain temps, Red, devenant inquiet au sujet du moral d'Andy, plus taciturne que jamais, et ayant peur qu'il ne se suicide, apprend que ce dernier s'est procuré une longueur de corde à l'atelier de la prison. Ne pouvant lui parler de toute la journée, Red endure une nuit terrible sans sommeil, inquiet de ce qui pourrait arriver le lendemain. Au matin, les gardiens découvrent que Dufresne s'est évadé. Durant la fouille de la cellule de Dufresne par un Norton hystérique, celui-ci découvre par accident que l'affiche sur le mur cache en fait l'entrée d'un tunnel, que Dufresne a creusé pendant ses dix-neuf années d'incarcération à l'aide du marteau taille-pierres que Red lui avait fourni. Ce tunnel mène à un conduit d'évacuation, qui débouche à l'extérieur des murs de Shawshank.

À la suite de son évasion réussie, Andy Dufresne endosse la fausse identité de Randall Stevens, un personnage créé de toute pièce qu'il utilisait pour blanchir l'argent de Norton. Il récupère les 370 000 dollars[Note 2] de Norton, placés dans plusieurs banques de Portland, et dénonce la corruption de ce dernier, en envoyant un courrier à charge à un journal local. Par la suite, Le capitaine Hadley est arrêté et Samuel Norton met fin à ses jours, pour éviter le scandale et la prison.

Pendant ce temps, Dufresne, toujours en fuite, passe la frontière mexicaine à Fort Hancock au Texas (il envoie d'ailleurs une carte postale de cet endroit à Red, vierge de toute inscription, pour le prévenir sans attirer les soupçons).

Quelques années plus tard, Red, profitant d'une libération sur parole, sort de prison. Il se rend à Buxton et trouve la cache dont Andy lui avait parlé, où l'attendent une enveloppe remplie d'argent ainsi qu'un message de ce dernier, lui demandant de le rejoindre. Faisant fi de sa libération sur parole, il part le rejoindre au Mexique, comme promis. La scène finale du film montre l'apparition de Red marchant sur la longue plage de Zihuatanejo, à la rencontre d'Andy, occupé à poncer un navire sur la berge, et qui, reconnaissant son ami, le rejoint et lui donne l'accolade.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources voxographie : VoxoFilm (VF)[2] et doublage.qc.ca (VQ)[3]

Production[modifier | modifier le code]

Frank Darabont a acquis les droits d'adaptation du récit de Stephen King après lui avoir présenté un court métrage adapté de sa nouvelle Chambre 312 qui a beaucoup impressionné l'écrivain[4]. Il s'est vu offrir 2 500 000 $ par Rob Reiner (déjà réalisateur de Stand By Me) pour que celui-ci réalise le film. Mais Darabont, qui n'a alors qu'une expérience de scénariste de films d'horreur, refuse cette offre et choisit d'écrire le scénario et de diriger lui-même le film[5].

Bien que Red soit dépeint dans le livre comme un Irlandais aux cheveux roux, Darabont choisit Morgan Freeman pour interpréter ce rôle en raison de sa présence à l'écran et de son charisme[5]. Tom Cruise et Harrison Ford avaient exprimé leur intérêt pour les rôles d'Andy Dufresne et de Red mais, en leur préférant Tim Robbins et Morgan Freeman, Frank Darabont a permis au budget du film d'être diminué de moitié[6]. Le tournage du film s'est déroulé du 16 juin au 10 septembre 1993, dans l'Ohio, principalement à l'Ohio State Reformatory de Mansfield, une ancienne prison fermée en 1990. Les cellules ont par contre été reconstituées dans un décor non loin de la prison[7]. Le film devait initialement se terminer sur Red prenant le bus pour rejoindre Dufresne mais les producteurs ont insisté pour que la fin soit moins ouverte et Darabont a tourné à contrecœur la scène finale sur la plage quelques semaines seulement avant la sortie du film[6].

Accueil[modifier | modifier le code]

Le film a été un échec commercial, rapportant lors de sa sortie au cinéma 28 341 469 $ aux États-Unis et au Canada, soit à peine plus que son budget[1], et réalisant 219 879 entrées en France[8]. L'échec du film à sa sortie en salles peut s'expliquer par l'absence de vedettes au générique, un titre original peu explicite et le thème carcéral peu vendeur pour le public[6].

Il a par contre reçu un accueil critique très positif, recueillant 88 % de critiques favorables, avec un score moyen de 8/10 et sur la base de 59 critiques collectées, sur le site Rotten Tomatoes[9]. Sur le site Metacritic, il obtient un score de 80 %, sur la base de 19 critiques collectées[10].

Après sa sortie en vidéo, le film a acquis une grande popularité auprès du public en étant le titre le plus loué et vendu en VHS en 1995[6]. Il figure dès 2000 en tête du classement des films de l'Internet Movie Database, basé sur des votes du public, avec une note moyenne de 9,2/10[11] (succédant au Parrain). En 2007, il est entré dans le Top 100 de l'American Film Institute, qui classe les 100 meilleurs films de tous les temps, au 72e rang[12]. Le vote des lecteurs du magazine britannique Empire l'a classé à la quatrième place dans sa liste des 500 meilleurs films de tous les temps[13]. Les internautes d'AlloCiné le classent 14e meilleur film de tous les temps[14]. Il est cité dans le livre de référence 1001 films à voir avant de mourir.

Autour du film[modifier | modifier le code]

L'entrée de l'établissement de l'Ohio State Reformatory (en) à Mansfield, Ohio, utilisé comme décor pour le pénitencier de Shawshank.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, cette liste provient d'informations de l'Internet Movie Database[15].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce qui est assez ironique, car c'est normalement un prénom d'origine irlandaise.
  2. Corrigés de l'inflation, 370 000 USD de 1966 correspondent à 2 671 000 USD de 2014, soit 1 935 000 euros. Voir à ce sujet le calculateur de prix par année du Bureau of Labor Statistics.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « The Shawshank Redemption », Box Office Mojo (consulté le 23 mars 2011)
  2. « Doublage français de Les Évadés », AlloDoublage (consulté le 13 avril 2014)
  3. « Doublage québécois de À l'ombre de Shawshank », sur doublage.qc.ca (consulté le 13 avril 2014)
  4. George Beahm, Stephen King de A à Z, Vents d'Ouest,‎ 2000 (ISBN 2-8696-7903-3), p. 44
  5. a et b (en) « The Shawshank Redemption Special Edition - Commentaire audio de Frank Darabont », Castle Rock Entertainment, 2004, DVD
  6. a, b, c et d Alexandre Poncet, « Captivité et espoirs », Mad Movies, no HS 22,‎ décembre 2013, p. 108-109
  7. (en) « Cleveland: The Shawshank Redemption prison », The A.V. Club (consulté le 24 janvier 2013)
  8. « Les Évadés », sur Jp's Box-office (consulté le 30 mai 2011)
  9. (en) « The Shawshank Redemption », sur Rotten Tomatoes (consulté le 23 mars 2011)
  10. (en) « The Shawshank Redemption », sur Metacritic (consulté le 23 mars 2011)
  11. « Les Évadés », Internet Movie Database
  12. (en) « AFI's 100 Years...100 Movies », American Film Institute (consulté le 23 mars 2011)
  13. (en) « The 500 Greatest Movies of All Time », Empire (consulté le 23 mars 2011)
  14. « Les 250 meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs », AlloCiné (consulté le 22 août 2013)
  15. (en) « Awards for Les Évadés », Internet Movie Database

Liens externes[modifier | modifier le code]

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