Nanar

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Un nanar est, dans le langage familier, un film tellement mal réalisé et ridicule qu'il en devient involontairement amusant et comique.

Le nanar diffère du navet par son aptitude à divertir. Le nanar amuse par ses défauts tandis que le navet est simplement mauvais et ennuyeux (en référence au goût fade du légume du même nom). Le terme « nanar » est cependant parfois utilisé abusivement pour désigner des films sans intérêt. Il fait alors double emploi avec le terme « navet » auquel il devrait s'opposer[1]. Le nanar est souvent confondu, à tort, avec le cinéma bis ; or il existe des films à gros budget considérés comme des « nanars » ainsi que des films du cinéma bis considérés comme des « bons films ».

Dans le jargon des brocanteurs et bouquinistes, le nanar désigne un livre ou un objet médiocre et invendable.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon Bernard Pivot, le terme nanar serait en fait dérivé de navet, qui daterait lui-même d'avant même l'invention du cinéma : on l'utilisait au XIXe siècle dans les salons pour désigner des tableaux de peu de valeur (le terme employé aujourd'hui serait plutôt « une croûte ») ou des œuvres littéraires ennuyeuses. Le terme s'est semble-t-il répandu dans les années 1950 à partir des cinémas du Quartier latin de Paris.

Selon le dictionnaire Le Robert, le terme nanar date bien du XIXe siècle mais s'orthographiait alors nanard. Il ne dériverait pas de navet mais de l'ancien mot d'argot panard signifiant vieil homme. Un nanard est donc aussi à l'origine une vieille « croûte » (une vieille personne étant d'ailleurs parfois surnommée un « vieux croûton »), une œuvre que l'on trouve mauvaise et risible car elle est désuète. Ce dernier point est parfois pris en compte, des dictionnaires traduisant nanar par mauvais car démodé (ce qui n'est pas toujours faux d'ailleurs…).

On peut aussi employer le mot nanar comme adjectif dans tout ce qui est drôle car mauvais. Par exemple, parler d'un livre nanar pour un livre qui fait rire parce qu'il est très mal écrit. Il est aussi utilisé pour parler de personnes un peu bêtes (avec parfois une drôle d'attitude) et qui nous semblent malgré tout sympathiques.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Il est des nanars qui se bonifient non pas avec l'âge, mais avec le temps qui sépare le spectateur de la vision du film » — Nanarland
  • « Le Nanar est plus un état d'esprit qu'un simple genre de cinéma » — Nanarland
  • « Le pire n'est jamais décevant » — Claude Lelouch, cité par Nanarland
  • « Un nanar est un navet tellement navet que ça en devient un dessert » — Un amateur de nanar, cité par Nanarland

Nanars volontaires (ou comédies nanardesques)[modifier | modifier le code]

Certains films sont volontairement réalisés comme des nanars, formes de parodies qui se donnent l'air sérieux sans l'être, et qui se distinguent des nanars « involontaires » par une facture soignée, de la même verve que les films volontairement kitsch qui sont des hommages aux vieilles séries B. Une société de production comme Troma a de nombreux nanars volontaires à son actif. Les films de la société The Asylum sont assez ambigus sur ce point, certains estimant que le ratage de certains de leurs films est tout à fait délibéré, impression confirmée par le concept de base de ces derniers qui paraissent saugrenus. La série des Sharknado est l'un des exemples les plus connus de nanars volontaires.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Nanarland, site internet spécialisé dans le nanar.
  • Bruno Mattei, réalisateur de nombreux films d'exploitation italiens, dont un grand nombre de nanars, à qui l'on doit notamment Les Rats de Manhattan et Virus cannibale.
  • Ed Wood, surnommé « le plus mauvais réalisateur de tous les temps » ; ses films sont considérés comme des classiques du nanar, en particulier le célèbre Plan 9 from Outer Space.
  • Godfrey Ho (de son vrai nom Ho Chi Keung, Godfrey Ho étant son pseudo le plus connu), réalisateur hongkongais de films d'arts martiaux (très souvent impliquant des ninjas) souvent considérés comme des nanars. Il a par ailleurs beaucoup utilisé la technique du « 2 en 1 » qui consiste à utiliser des scènes de deux films différents pour en faire un seul.
  • Joseph Lai, qui a travaillé avec Godfrey Ho et qui a notamment fondé la société IFD, responsable de nombreux films considérés comme nanars, dont des films d'animation produits en Corée.
  • Menahem Golan, producteur israélien qui produisit et réalisa de nombreux films considérés comme des nanars, parmi lesquels plusieurs films avec Chuck Norris et Jean-Claude Van Damme.
  • White Fire, film franco-turc de Jean-Marie Pallardy, lui-même ayant réalisé beaucoup de nanars, considéré comme l'un des plus grands nanars de tous les temps par Nanarland.
  • L'Homme qui sauva le monde (appelé aussi "Turkish Star Wars"), un film turc devenu culte et considéré également comme l'un des plus grands nanars de tous les temps[2].
  • Weng-weng, acteur nain philippin ayant joué dans des films très appréciés des amateurs de nanars (parodies de James Bond aux titres évocateurs comme 007 1/2 ou For your Height Only).
  • Max Pécas, qui a la réputation d'être un grand réalisateur de nanars français, mais de nombreux amateurs ne sont pas d'accord avec cette idée. Pécas n'a d'ailleurs qu'un seul film chroniqué sur Nanarland, où il est qualifié de « roi du navet » plutôt que de « roi du nanar »[3].
  • Escale à Nanarland, émission consacrée aux nanars, diffusée sur le site Allociné en collaboration avec l'équipe du site Nanarland et arrêtée depuis le 21 décembre 2013.
  • Mystery Science Theater 3000, émission de télévision humoristique américaine dans laquelle étaient diffusés des nanars, régulièrement ponctués des interventions d'acteurs plaisantant sur les défauts de ces films.
  • Alerte Ô Ciné, une émission web sur les mauvais films qui sortent uniquement en DVD, présente les nanars dans l'épisode "The Asylum".
  • The Asylum, société de production spécialisée dans les mockbusters (plagiats de films hollywoodiens) ainsi que des films exploitant leur image de "producteurs de mauvais films".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Neuhoff, « Un champ de navets », Le Figaro, encart « Culture », mercredi 2 octobre 2013, pages 32-33. Lire en ligne sur lenouvelliste.ch, page consultée le 1er mars 2015.
  2. Critique du film Turkish Star Wars
  3. Chronique de Nanarland consacrée au film On n'est pas sorti de l'auberge