Un homme et une femme

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Un homme et une femme

Réalisation Claude Lelouch
Scénario Claude Lelouch
Pierre Uytterhoeven
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films 13
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Romance
Durée 102 minutes
Sortie 1966

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Claude Lelouch en 1966

Un homme et une femme est un film français de Claude Lelouch, sorti en 1966. Claude Lelouch en est à la fois le réalisateur, le coscénariste, le producteur, et le directeur de la photographie. Le film a pour acteurs principaux Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant.

Palme d'or du festival de Cannes 1966, Oscar du meilleur film étranger en 1967 et Oscar du meilleur scénario original, le film eut un impact international non négligeable. Par exemple, il éblouit Charles Bremner, correspondant du Times, qui quitta l'Australie et s'installa en France[1].

Claude Lelouch réalisa deux suites, toutes deux présentées hors compétition au Festival de Cannes et sorties dans la foulée du festival : Un homme et une femme : Vingt ans déjà (festival 1986), puis Les Plus Belles Années d'une vie (festival 2019).

Synopsis[modifier | modifier le code]

Un homme et une femme, tous deux veufs inconsolables, se rencontrent, se croisent et finissent par s'aimer d'un amour fulgurant et passionné. Lelouch voulait raconter « une histoire d’amour comme il y en a dans la vie et non comme il y en a au cinéma[2]. »

Réalisation[modifier | modifier le code]

Avec un budget de 470 000 francs (environ 650 000 euros de 2022), Claude Lelouch a dû se limiter à une équipe de cinq personnes, faire le tournage en trois semaines et réaliser une partie du film en noir et blanc, faute d'argent pour de la pellicule couleur[2].

Le réalisateur laisse une grande marge de manœuvre à ses acteurs, ne leur donnant que « les phrases de dialogues essentielles [...] Pour les scènes entre Anouk Aimé et Jean-Louis Trintignant, il prend à part l’actrice afin de lui expliquer ce qu’elle doit dire à son partenaire, puis fait de même avec l’acteur. Les deux comédiens ne savent pas ce que l’autre va dire. C’est la méthode « reportage » de Lelouch[2]. »

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Prix Catégorie Récipiendaire Résultat
Festival de Cannes Palme d'or Lauréat
Prix du jury œcuménique Lauréat
Oscars Meilleur film étranger Lauréat
Meilleur réalisateur Claude Lelouch Nomination
Meilleur scénario original Claude Lelouch et Pierre Uytterhoeven Lauréat
Meilleure actrice Anouk Aimée Nomination
Golden Globes Meilleur film en langue étrangère Lauréat
Meilleur réalisateur Claude Lelouch Nomination
Meilleure actrice dans un film dramatique Anouk Aimée Lauréat
Meilleure musique de film Francis Lai Nomination
BAFTA Meilleur film Nomination
Meilleure actrice Anouk Aimée Lauréat
Directors Guild of America Meilleure réalisation pour un film Claude Lelouch Nomination

Autour du film[modifier | modifier le code]

Le peintre Jean-Gabriel Domergue raconte dans l'émission de télévision de l'ORTF du , En direct de Cannes, avoir engagé Lénine en 1911 comme « homme de ménage »[4]. Claude Lelouch place l'anecdote dans les dialogues (vers la 20e minute) d'Un homme et une femme où Anne Gauthier (Anouk Aimée) apprend à Jean-Louis Duroc (Jean-Louis Trintignant) qui la raccompagne et ne connaît pas la rue Lamarck : « C'est pourtant dans cette rue que Jean-Gabriel Domergue un peu avant 1917 engagea un domestique russe qui s'appelait Vladimir Oulianov. Il a appris bien après que c'était Lénine. » Dans Stedevaart naar Paris (2020), l'écrivain et journaliste néerlandais Jan Brokken rapporte l'anecdote sous la forme de l'engagement de Vladimir Ilitch Oulianov par Jean-Gabriel Domergue pour livrer ses commandes à vélo depuis son atelier de la rue Lamarck. Pour Jan Brokken, le fait que Lénine, qui vivait à cette époque avec sa famille dans le 14e arrondissement de Paris, ait livré les commandes du peintre est peu plausible[5].

  • En 1965, Claude Lelouch réalisa Les Grands Moments qui fut un échec. « Quand ça va mal, dit-il, je vais à Deauville. C'était le 13 septembre... je marchais donc sur la plage et très loin – il faisait très mauvais ce jour-là – j'ai vu une femme qui marchait aussi. De très loin, elle semblait très très belle. Et il y avait une petite fille qui jouait à côté d'elle. J'essayais de me rapprocher de cette dame... et tout en me rapprochant j'essayais de trouver une explication... Les idées venaient comme ça, et, tout en marchant, j'écrivais l'histoire d'Un homme et une femme... »[6]
  • Énoncé à quatre reprises (minutes 20, 27, 57 et 69), le numéro de téléphone d'Anne Gauthier « Montmartre 15.40 » traduit l'attachement durable des parisiens aux anciens indicatifs téléphoniques littéraux.
  • En 1967, Claude Lelouch fut poursuivi devant le tribunal correctionnel pour infraction au Code du travail pour ne pas avoir demandé l'autorisation de l'Inspection du Travail avant de faire tourner les deux enfants. Pour sa défense, il dit qu'il ignorait l'existence de cette loi, qu'il s'agissait d'enfants d'amis, que les scènes où ils apparaissaient étaient morales et que le tournage avait été réalisé pendant les vacances de Noël en présence des mères des enfants[7].
  • Les scènes du rallye Monte-Carlo ont été tournées en janvier 1966 pendant le déroulement de l'épreuve. Jean-louis Trintignant et Henri Chemin étaient vraiment engagés dans la compétition avec la Ford Mustang n° 145 (immatriculée 5646 SF 75)[8].
  • Lelouch se cite lui-même avec humour en 1973 dans La Bonne Année, rappelant au cours d'un réveillon-jeu de massacre ce qu'avaient reproché à Un homme et une femme certains critiques. On voit également des images du film à l'écran.
  • Dans le film Le Voyou, à 1.26, le commissaire demandant à ses inspecteurs, au téléphone, une description des malfaiteurs , ceux-ci lui décrivent "un homme, et une femme", qu'il répète à voix haute, et Simon (Trintignant) se met à siffloter l'air du film.
  • Une scène de Confidences pour confidences de Pascal Thomas, sorti en 1979, montre Claude Lelouch à Deauville en train de tourner sur la plage et empruntant la chienne de l'héroïne, Brigitte Roussel. Cela donne lieu à un amusant développement du scénario, toute la famille Roussel (animal compris) allant assister à la projection du film en salle, ce qui vaut de voir à l'écran les retrouvailles des personnages principaux.
  • En 1986 Lelouch réalise le deuxième chapitre de l'histoire entre Anna et Giovanni, intitulé Un homme et une femme : Vingt ans déjà. Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant forment à nouveau le couple mythique de Un homme et une femme. Claude Lelouch considère cette suite comme une erreur de sa part.
  • En 2011, les Frères Polish signent For Lovers Only qui s'inspire du film de Lelouch, tout en lui rendant hommage.
  • Le film fait l'objet d'une commémoration nationale officielle pour son cinquantième anniversaire en 2016[9].
  • En 2019, le réalisateur tourne le troisième chapitre de Un homme et une femme, toujours avec les mêmes acteurs, intitulé Les Plus Belles Années d'une vie.
  • Pour le film, Ford France met à disposition 2 Mustang. Le cabriolet rouge, et le coupe 65 qui servira aux scènes de Deauville. Ces voitures n’existeraient plus, bien qu’un doute subsiste pour le cabriolet. Les deux Mustang 66 du Monte Carlo ont disparu elles aussi. Seule la Gt40 mark 1 P1007 a survécu. Elle est actuellement en Angleterre.
  • Pour « les plus belles années d’une vie » une Mustang « 184 » a été utilisée. Elle coule des jours heureux à... Deauville.
  • La Mustang des scènes de Deauville porte le numéro 184. Quand on additionne 1+8+4, cela fait... 13. Le hasard a du talent.
  • Le film a été tourné dans le département du Calvados

Critique[modifier | modifier le code]

Pierre Billard qualifie le film dans L'Express de « merveilleux de naturel »[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Agence France Presse, La Française vue par les étrangers : elle a tout pour elle, France 24, 8 mars 2010 : « La Française intimide énormément, surtout les Européennes du nord et reste très enviée, jouant sur les deux tableaux : c'est une femme classique, latine, qui travaille, ajoute Charles Bremner, qui a quitté l'Australie de son enfance à 18 ans pour la France, ébloui par "un Homme et une Femme" de Claude Lelouch ».
  2. a b et c Blumenfeld.
  3. « Pierre Barouh sur IMDB » (consulté le ).
  4. « En direct de Cannes », INA,
  5. (nl) Jan Brokken, Stedevaart naar Paris, Amsterdam, Uitgeverij Atlas Contact, , 415 p. (ISBN 978-90-450-4014-1, OCLC 1130760871, lire en ligne)
  6. Bonus du DVD "Un homme et une femme".
  7. L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, vendredi 10 novembre 1967 : "Claude Lelouch en correctionnelle"
  8. (en) Shacki, « Jean-Louis Trintignant - rally profil eWRC-results.com », sur eWRC-results.com (consulté le )
  9. Nicolas Lebourg, « Inviter Black M à Verdun, c'était ne rien comprendre à ce qui s'y joue », sur Slate, (consulté le ).http://www.la-croix.com/Culture/Cinema/20-mai-1966-Palme-d-or-a-Cannes-pour-Un-homme-et-une-femme-de-Claude-Lelouch-2016-05-18-1200761020?&PMID=.
  10. Suite Un homme et une femme.
  11. Pierre Billard, Sélection cinéma, in L'Express no 798 du 3-9 octobre 1966, p. 22

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Mortier, « Un Homme et une femme », Téléciné no 129, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), , p. 40, (ISSN 0049-3287)
  • Samuel Blumenfeld, « Jean-Louis Trintignant, pilote de ses rêves dans « Un homme et une femme » », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]