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Film pornographique

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Tournage d'un film pornographique.
Affiche du film Gorge profonde (1972).

Un film pornographique — aussi abrégé film porno et appelé film X, film de charme, film pour adultes, film hard ou film rose — est un film à visée érogène contenant des scènes où le rapport sexuel, non simulé, est montré de manière explicite dans le but de provoquer l'excitation sexuelle du spectateur. Les films pornographiques relevant du « porno hard » se distinguent des productions dites « porno soft », terme désignant les films érotiques où le rapport sexuel est simulé. Dans le hard — terme désignant le cinéma pornographique proprement dit — les organes génitaux, dont le pénis en érection, sont directement montrés à l'image, avec de fréquents gros plans, dans des scènes représentant le coït de façon explicite. La plupart de ces films étaient interprétés par des acteurs spécialisés, mais depuis internet, l'ubérisation de la profession tend au contraire à mettre en scène des personnes non professionnelles.

Dans les premiers temps, les films pornographiques sont destinés à des projections personnelles, à des clubs privés ou des lieux de prostitution, dans des conditions souvent clandestines. Par la suite, ils sont projetés dans des salles de cinéma spécialisées. À compter des années 1980, les films pornographiques gagnent en visibilité grâce à leur diffusion en cassettes vidéo (puis plus tard en DVD), ainsi que sur certaines chaînes de télévision (généralement sur abonnement ou en vidéo à la demande). La pornographie connaît ensuite une nouvelle révolution avec l'essor d'Internet, qui facilite grandement l'accès à ce type de productions.

Genre cinématographique

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Linda Williams (chercheuse pionnière des Porn Studies à la Duke University) et Julien Servois notent l'existence d'un lien essentiel entre la pornographie et le cinéma qui se traduit par une volonté de décomposer les mouvements involontaires du corps humain qui échappent à la perception naturelle afin de les rendre visibles[1],[2]. Stéphane Bou relève de son côté que « le cinéma pornographique définit aussi un genre évaluable, appréciable, cinématographiquement et quand bien même il serait considéré comme fondamentalement nul, parce que réductible à sa seule fonction de stimulateur libidinal »[3].

Le cinéma pornographique renvoie souvent à des codes de représentation rigides. Il est fréquent que la scène sexuelle se déroule selon un ordre précis qui se traduit typiquement par la pratique d'une fellation (parfois d'un cunnilingus), d'une pénétration vaginale et/ou d'une pénétration anale, et se termine par une éjaculation externe. Les gros plans sur les organes génitaux sont très couramment employés[4]. La grande majorité des films pornographiques n'ont aucune prétention au réalisme : ils dépeignent au contraire un univers relevant du fantasme, où l'activité sexuelle représente l'essentiel de l'action et où les partenaires, féminins ou masculins, sont toujours disponibles et performants, y compris avec de parfaits inconnus.

Photo d'un tournage avec les acteurs Sebastian Barrio, Mélissa Lauren et Ian Scott.
L'actrice Océane dans une scène du film XYZ, de John B. Root (2000).

Le public hétérosexuel masculin constitue la majeure partie du marché, bien que diverses niches existent (pornographie gay, pornographie lesbienne, SM...). L'industrie du cinéma pornographique propose à son public, en fonction des demandes du marché et des législations nationales, toutes les formes de pratiques sexuelles autorisées. La législation varie selon les pays : en France, il est ainsi interdit de réaliser des films nécrophiles[5] ou zoophiles[6]. Les films pornographiques mettant en scène des enfants — dits « pédopornographiques » — sont interdits dans l'ensemble des pays : leur réalisation, comme leur diffusion et leur visionnage, sont des crimes. Sur les 4 plateformes porno les plus visitées (Pornhub, Xhamster, Xvideos, Xnxx) les internautes peuvent trouver :

  • 1 404 276 vidéos de violences sexuelles
  • 1 573 109 vidéos racistes
  • 789 282 vidéos d'inceste
  • 1 595 593 vidéos pédocriminelles

Soit 5 362 260 vidéos hors la loi en France et en libre accès[7],[8].

Certains films peuvent tourner autour d'un type précis de pratiques, voire d'une seule pratique. Les films hard peuvent avoir un scénario — ou du moins un fil conducteur — plus ou moins élaboré, ou au contraire, à l'image de la pornographie gonzo, consister en une simple suite de scènes sans autre lien entre elles que les interprètes, les équipes techniques ou les pratiques représentées.

En 2022, le Haut Conseil à l'Égalité a réalisé des tests en procédant à des signalements auprès de Pharos, dont la mission est de lutter contre les contenus illicites sur internet. Exemples de titres des 35 vidéos signalées par le HCE entre le et le  : « écolière se fait sodomiser », « Papa baise moi », « Deux filles se réveillent avec de la pisse au visage », « Une rousse se fait électrocuter, torturer et baiser », « Beurette en chaleur calmée avec la ceinture », « Ils lui ont fait boire leur pisse après avoir été baisée grossièrement dans le cul ». Aucun des signalements à Pharos sur ces contenus n'a été suivi d'effet[8].

Les films sont interprétés par des personnes rémunérées — sauf dans certains cas relevant de la pornographie amateur — et majeures. Le 17 février 2022, Marie Maurisse, journaliste et autrice de Planète Porn[9], raconte à une commission parlementaire : « J'ai assisté à des scènes surréalistes. Des femmes très précaires, en grande difficulté économique et sociale, étaient présentes sans savoir ce qu'elles faisaient là, sans savoir comment elles avaient atterri là, parce qu'elles avaient besoin d'argent. Elles faisaient ça pour quelques dizaines d'euros. Elles sont abusées, bien qu'elles aient techniquement donné leur accord. C'est un cercle infernal. Les scènes sont extrêmement violentes. »[7]. Les actrices sont choisies en fonction de leur correspondance à des critères de beauté ainsi que de leur capacité à se livrer à telle ou telle pratique sexuelle, la bisexualité (aptitude à tourner aussi bien avec des hommes qu'avec des femmes) étant, pour les femmes, l'une des plus courantes. Depuis les années 1970, la promotion du cinéma X joue beaucoup sur la mise en vedette de certaines actrices : dans les premières années du cinéma pornographique non clandestin, on peut citer Linda Lovelace aux États-Unis ou Claudine Beccarie en France. Ce phénomène de « starisation » va croissant avec le temps, avec l'apparition régulière de nouvelles actrices, à la carrière généralement éphémère : Marilyn Chambers, Teresa Orlowski, Annette Haven, Amber Lynn, Jenna Jameson, Victoria Paris, Brigitte Lahaie, Marilyn Jess, la Cicciolina, Moana Pozzi, Traci Lords, Laure Sainclair, Estelle Desanges, Clara Morgane, Belladonna, Maria Ozawa, Katsuni, Sasha Grey, Asa Akira...

S'agissant des interprètes masculins, l'âge et le physique sont — du moins dans le porno hétérosexuel — des facteurs moins importants que leur capacité à produire une érection ferme et à la maintenir pendant le tournage (avec ou sans l'aide de produits « dopants ») ; ils sont également moins nombreux que leurs collègues féminines, et leur salaire est en moyenne sensiblement inférieur, mais ils ont généralement une carrière longue. Leur rôle étant de servir de substitut au spectateur masculin et de produire un effet d'identification, ils sont généralement moins mis en vedette, la caméra et la promotion des films mettant plutôt l'accent sur leurs partenaires féminines. La starisation peut cependant concerner certaines vedettes masculines, comme les Nord-Américains John C. Holmes et Harry Reems, le Canadien Peter North, l'Italien Rocco Siffredi, ou le Français Manuel Ferrara.

Des origines à 1969

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Photographies d'un film érotique autrichien, vers 1906, par le photographe Johann Schwarzer.
Une image de A Free Ride (1915 ?) l'un des plus anciens films pornographiques produits aux États-Unis d'Amérique.

On relève des films proposant un contenu sexuel parmi les premières œuvres réalisées à la suite de l'invention en 1893 du film 35 mm par Thomas Edison et William Kennedy Laurie Dickson, et celle du cinématographe par Louis Lumière qui consacre la vente aux particuliers de caméras argentiques. Le public des frères Lumière était une clientèle aisée et familiale, et toute la production de leur société était visible par tous. En revanche, celui d'Edison, dans ses Kinestoscope Parlors, qui telles des salles de jeux, permettaient de visionner des films individuellement sur des kinétoscopes (Kinetoscope peep show machine), était plus populaire et moins guindé. « Au fond de la salle, un peu à l'écart et moyennant un supplément, certains exemplaires présentaient des bobineaux réservés aux messieurs seuls, où l'on pouvait apprécier des dames qui enlèvent leur robe et osent se présenter, suprême audace à l'époque, en collant et maillot! Tous les autres bobineaux étaient des films visibles par un public familial. »[10]

Le Coucher de la mariée, réalisé par Albert Kirchner en 1896, est considéré comme l'un des tout premiers films à caractère érotique. Les premiers films montrant des rapports sexuels non simulés apparaissent au début du XXe siècle, apparemment en Amérique latine ; la documentation sur ces films est lacunaire et beaucoup ont aujourd'hui disparu. L'exemple le plus ancien, un film — probablement argentin — intitulé El Sartorio, pourrait avoir été tourné en 1907 ou 1908. L'un des tout premiers films français de ce genre, À l'Écu d'or ou la Bonne Auberge, date de la même époque. Le plus ancien film pornographique produit aux États-Unis à avoir été conservé, intitulé A Free Ride, semble avoir été tourné vers 1915. Les réalisateurs comme les interprètes des films pornographiques muets sont anonymes ; le matériel audiovisuel étant alors coûteux et difficilement maniable, les techniciens semblent cependant avoir été des professionnels[11].

Ces films sont destinés à une consommation à domicile, dans des clubs privés — aux États-Unis, on les surnomme alors les « smokers », car ils sont fréquemment diffusés dans des Gentlemen's club, dont les membres fument pendant les projections — ou dans des maisons closes afin d'émoustiller les clients. Les actrices pourraient, dans un certain nombre de cas, avoir été des prostituées : il a été postulé que ces films étaient réalisés pour l'essentiel par des proxénètes, mais cette thèse semble infondée en raison des coûts de production et des contraintes techniques de l'époque. En théorie illégaux, les films à caractère sexuel sont néanmoins proposés de manière assez transparente, pendant l'entre-deux-guerres, dans les catalogues que des sociétés comme Pathé destinent aux exploitants ; il est néanmoins difficile, faute de pouvoir accéder aujourd'hui à la plupart de ces bandes, de déterminer lesquels étaient de simples films « grivois » proposant uniquement des images de nudité — la majorité semble avoir relevé de cette catégorie — et lesquelles étaient réellement de nature pornographique[11].

Les films pornographiques après-guerre suivent les innovations techniques du cinéma conventionnel : l'apparition des formats mm puis Super 8 facilite leurs conditions de tournage. De nombreux films d'exploitation, aux États-Unis ou en Europe, proposent des images à caractère sexuel, mais il s'agit alors de films de nature érotique — surnommés « nudies » dans les pays anglo-saxons — et non pornographique, qui se parent souvent d'un prétexte éducatif ou documentaire (notamment les films sur le naturisme). Les véritables films pornographiques sont en général des courts-métrages — surnommés « loops » aux États-Unis — et demeurent alors destinés à une exploitation clandestine. À partir de 1969, leur exploitation est progressivement autorisée dans divers pays — d'abord au Danemark et aux Pays-Bas, puis aux États-Unis — dans des salles de cinéma spécialisées[11].

Années 1970

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Plusieurs tentatives ont eu lieu aux États-Unis dans les années 1970 pour proscrire la pornographie, mais les tribunaux établissent une distinction entre une personne qui reçoit de l'argent en contrepartie d'un rapport sexuel et la représentation cinématographique ou photographique d'un rapport sexuel.

Entre les années 1960 et 1980, la « libération sexuelle » s’est confondue avec une montée spectaculaire de la pornographisation de la culture. Dans ce contexte où la sexualité est devenue omniprésente dans différents médias, les études pornographiques se développent et commencent à s'interroger sur les effets sociologiques et psychologiques de cette survalorisation du sexe (ou sexualisation excessive)[12]. Le cinéma pornographique présente, outre les caractéristiques physiques et les comportements hors-norme des acteurs (accentués par les effets de montage), une sexualité qui se focalise sur la génitalité et la performance. Ainsi représentée, la pornographie véhicule de vieux mythes sur la sexualité (domination masculine, orgasmes simultanés, disponibilité sexuelle permanente). Dans Les Joies du sexe (1972), Alex Comfort prétendait défendre la liberté sexuelle, tout en transformant la sexualité féminine en charge d'être toujours désireuse de relations sexuelles, sans quoi « il irait voir ailleurs », obligeant les femmes à s’adapter aux attentes masculines plutôt qu’à leurs propres désirs[13]. La pornographie a renforcé ce processus en imposant les stéréotypes de l’homme dominant et des femmes masochistes qui apprécient être insultées, ligotées, frappées ou forcées « violer est viril et d’ailleurs elles aiment ça »[13],[14]. Dans cette perspective, la pire dégradation est présentée comme la plus grande libération[15], et les femmes, déjà exposées depuis des millénaires aux violences sexuelles masculines, sont désormais sommées d’en tirer du plaisir ou un « empouvoirement »[13]. En influençant les codes de la culture visuelle, publicités, musique, clips, médias, l'industrie du film pornographique fait la promotion d'une sexualité sans limites, et favorise un climat permissif au développement de mouvements pédocriminels structurés[13] comme la Paedophile Information Exchange (PIE) au Royaume-Uni ou la North American Man/Boy Love Association (NAMBLA) aux États-Unis.

La première femme à avoir été considérée comme une vedette du X est Linda Lovelace à la suite de sa participation dans le film Gorge profonde (Deep Throat en version originale) de 1972. Le succès de ce film, qui connaît des recettes record, engendre bien d'autres films et de nouvelles vedettes comme Marilyn Chambers (dans Behind the Green Door), Gloria Leonard (dans The Opening of Misty Beethoven), Georgina Spelvin (dans The Devil in Miss Jones), Tina Russell, Leslie Bovee, Sharon Mitchell, Colleen Brennan, Careena Collins, Sharon Kane, Constance Money, Linda Wong, Bambi Woods (dans Debbie Does Dallas).

En France, les vedettes étaient Claudine Beccarie (dans Exhibition, de Jean-François Davy, 1975), Sylvia Bourdon, Brigitte Lahaie, Cathy Stewart, Karine Gambier et Barbara Moose. Tandis que Gabriel Matzneff était invité par Bernard Pivot à faire l'apologie de la pédocriminalité sur Apostrophes, Serge Gainsbourg chantait lemon inceste, Le Monde publiait deux pétitions pro-pédophiles, et Robert Badinter, alors ministre de la Justice, défendit la révision du procès du violeur en série Luc Tangorre, lequel fut gracié par François Mitterrand, et récidiva trois mois après sa sortie de prison[16].

Durant la présidence de Georges Pompidou, la pornographie reste interdite, alors que la France connaît une « révolution sexuelle », consécutive à mai 68. Il est néanmoins possible de produire des « polissonneries déshabillées ».[réf. nécessaire] Élu président en 1974, le président Valéry Giscard d'Estaing met fin à la censure des films pornographiques, avant qu'une loi l'année suivante réglemente les films sur le sujet, le classement X[17].

Années 1980

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La période du début des années 1980 est qualifiée d'« âge d'or de la pornographie ». Aux États-Unis, les principales vedettes féminines de cette époque sont Kay Parker, Seka, Ginger Lynn, Annette Haven, Veronica Hart, Desiree Cousteau, Vanessa del Rio, Savannah, Traci Lords, Nina Hartley et Hyapatia Lee. Parmi les vedettes masculines américaines, minoritaires par rapport aux femmes, on note John C. Holmes, Harry Reems, Jamie Gillis et John Leslie.

Le film Boogie Nights de Paul Thomas Anderson relate cette période, son essor et son déclin.

En France, les stars étaient Marilyn Jess, Olinka Hardiman ou Dominique Saint Claire. À partir de 1985, le cinéma pornographique fait son apparition à la télévision française par le biais de la chaîne cryptée Canal+, qui lui réserve une tranche horaire un samedi par mois à minuit, contribuant à son succès.

À partir de 1980, l'apparition de la cassette vidéo bouleverse l'économie des films pornographiques. Avant cela, quatre distributeurs se partageaient le marché. Par la suite, n'importe quel épicier a pu vendre des cassettes. Cela a entraîné un nouveau mode de consommation, les gens pouvant désormais également posséder et collectionner les films[17].

Années 1990

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Le développement des technologies de support comme les cassettes vidéo VHS puis le DVD, permit l'accès au grand public des films pornographiques dans le cadre de la vie privée, en quittant le milieu restreint des cinémas X.

On compte parmi les vedettes féminines nord-américaines de cette décennie : Jenna Jameson, Aurora Snow, Asia Carrera, Jill Kelly, Chloe Jones, Heather Hunter, Ashlyn Gere et Racquel Darrian.

C'est aussi l'arrivée des stars venues d'Europe de l'Est comme Silvia Saint, Daniella Rush, Monica Sweetheart, Anita Dark, Lea Martini et Sandra Romain.

Parmi les vedettes du X en France, on peut citer Tabatha Cash, Laure Sainclair, Julia Channel, Rebecca Lord, Yasmine, Dolly Golden, ou la Néerlandaise Zara Whites.

Rocco Siffredi, Ron Jeremy, Lexington Steele, Rodney Moore, Sean Michaels, Ed Powers, Vince Vouyer ou Peter North, font partie des acteurs hétérosexuels les plus connus de la décennie.

Les vedettes masculines françaises apparues à cette époque sont Titof, Sebastian Barrio, HPG, Philippe Dean et Ian Scott.

La capacité de production commençant à saturer le marché du film pornographique, les productions évoluèrent durant cette décennie vers des pratiques jusqu'ici plus confidentielles voire considérées comme « extrêmes », comme la sodomie, le BDSM, les pénétrations multiples, etc. Certaines de ces pratiques furent incorporées aux films pornographiques plus conventionnels. D'autres studios se sont tournés vers un système à longue traîne, se spécialisant dans la réalisation de fantasmes plus spécifiques et ne touchant qu'un nombre limité d'amateurs, mais en diversifiant leur offre afin d'occuper ces niches commerciales. Le porno japonais s'est ainsi spécialisé dans ce type de marché, proposant aux consommateurs de signaler les fantasmes qui les intéressent, le studio réalisant les films ensuite.

Années 2000-2010

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L'essor d'Internet et du World Wide Web va changer la donne. Les films pornographiques peuvent désormais être téléchargés illégalement, et parallèlement les sociétés de production adoptent la vidéo à la demande (VOD) comme mode de distribution. Tout cela donne accès à un plus large public international. Les actrices X sont rapidement propulsées au rang de « starlettes »[réf. nécessaire] par le Web. Le principal modèle économique des plateformes pornographiques repose sur la génération de clics massifs et la vente d'espaces publicitaires. L'analyse de leurs structures financières, souvent réparties entre plusieurs paradis fiscaux, révèle des flux monétaires opaques faisant partie intégrante de leur fonctionnement. L'industrie pornographique passe alors aux mains de spécialistes de la finance et de la circulation de capitaux[7]. Les amateurs peuvent aussi s'exhiber avec leur webcam ; il n'est pas rare que des jeunes filles soient séquestrées par des producteurs-proxénètes et utilisées pour faire ces contenus[18],[8]. Mais la distinction traditionnelle entre les secteurs « professionnel » et « amateur » apparaît de moins en moins pertinente, compte tenu de la forte porosité entre ces deux univers. Certains observateurs du milieu, comme le journaliste Robin D'Angelo, auteur d'une enquête sur le porno français[19], soulignent l'existence d'agents qui se définissent comme « pro-am », à mi-chemin entre amateur et professionnel. Il s'agit le plus souvent de petits producteurs qui se présentent comme créateurs de contenus « amateurs », tout en réalisant également des vidéos scénarisées destinées à des plateformes industrielles et en faisant parfois appel à des acteurs et actrices professionnels. La différence serait principalement esthétique[7]. Mais les actrices nord-américaines dominent toujours le marché[réf. nécessaire] : Belladonna, Jenna Haze, Tory Lane, Brooke Haven, Sasha Grey, Stoya ou Asa Akira. De nouvelles vedettes masculines apparaissent également, comme James Deen.

Parmi les principales actrices françaises apparues dans les années 2000, on compte Clara Morgane, Estelle Desanges, Katsuni — qui s'expatrie aux États-Unis au milieu de la décennie —, Nina Roberts, Mélissa Lauren ou Liza Del Sierra. Ovidie, apparue à la fin des années 1990, passe quant à elle à la réalisation. Du côté des hommes, Sebastian Barrio se démarque tandis que Manuel Ferrara, devenu une vedette au cours des années 2000, poursuit sa carrière aux États-Unis. L'actrice et réalisatrice Nikita Bellucci raconte ainsi ses débuts : « j'ai commencé à une époque où de multiples sociétés de production, de petite ou moyenne importance, existaient encore. Elles ont aujourd'hui toutes disparu ou ont été absorbées par les deux entités que sont Dorcel et Jacquie et Michel. Les tournages en France se font rares : la plupart des productions se font avec l'aide de Canal+, diffuseur historique. Les actrices ne font plus carrière, puisqu'il n'y a pratiquement plus d'écosystème économique. »[7].

En 2005, avec Pirates, des films pornographiques d'un nouveau genre commencent à faire leur apparition, se rapprochant plus du cinéma traditionnel (ou le parodiant ouvertement) avec un scénario travaillé, des costumes, et même des effets spéciaux. En 2008, ce film connait une suite, Pirates II, La vengeance de Stagnetti, qui réunit ce qui est alors le plus gros budget de l'histoire du cinéma X[20].

À partir de 2006, le développement de la pornographie sur Internet — conjugué au déclin du marché du DVD — conduit cependant à un changement profond de l'industrie du cinéma pornographique. L'apparition des « tubes » — des sites web conçus sur le modèle de YouTube, parmi lesquels YouPorn, Pornhub ou xHamster, qui proposent la diffusion gratuite en streaming de séquences pornographiques, mêlant des vidéos d'amateurs et des extraits de productions professionnelles piratées — a contraint les sociétés de production à revoir radicalement leur modèle économique. Beaucoup ont dû cesser leur activité ou revoir leurs budgets de production à la baisse, et le groupe international MindGeek (anciennement Manwin), propriétaire de plusieurs des principaux « tubes » dont PornHub et YouPorn, a progressivement racheté de nombreuses entreprises survivantes, s'assurant dans les années 2010 une situation de quasi-monopole dans l'industrie pornographique sur le continent nord-américain en contrôlant toute la chaîne de distribution[21],[22]. Cette évolution s'est accompagnée d'une dégradation, voire d'une précarisation des conditions de travail pour les professionnels du cinéma pornographique[23],[24].

Durant l'année 2008, la chaîne Canal+ a commencé à produire la série de films X femmes, des films destinés à un public plutôt féminin[25].

Industrie pour adultes

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Manuel Ferrara et Katsuni, deux acteurs pornographiques français expatriés aux États-Unis, en 2011 lors de la cérémonie des AVN Awards à Las Vegas.

L'industrie mondiale du film pornographique est dominée par les États-Unis. Avec la zone de la vallée de San Fernando — surnommée la « Porn Valley », du fait des nombreux studios qu'elle héberge — la Californie est au cœur de cette industrie[26]. En Europe, la Hongrie est devenue dans les années 1990 l'un des principaux centres de production, de nombreux tournages se déroulant à Budapest car les contrôles y sont rares et certaines pratiques illégales se déroulent discrètement. Des témoignages font état de mineures dont la première expérience sexuelle a eu lieu devant une caméra et de tournages où les actrices, mal informées, se retrouvent contraintes à des actes qu'elles n'avaient pas consentis, parfois violents[7],[27],[28].

Préparation du tournage d'une scène pour le studio américain Kink.com avec les acteurs Princess Donna, Natasha Lyn et Mark Davis.

Industrie des films pornographiques en France

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Pour le cinéma français, de tels films ont longtemps été soumis à la censure. Le relâchement de la censure cinématographique après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing entraîne, en 1974-1975, la distribution d'une vague de films pornographiques, ce qui a pour conséquence l'adoption en 1975 de la loi sur le classement X[29]. Aujourd'hui, la classification X est adoptée volontairement par les producteurs de certains films[réf. nécessaire] Toutefois, certains films peuvent être interdits aux moins de 18 ans. Les interdictions d'un film à certains publics sont réalisées par la commission d'exploitation dépendant du ministère de la Culture et peuvent avoir des conséquences importantes sur la viabilité économique du film. L'appellation « X » viendrait du fait que l'on barrait autrefois de croix les affiches des films censurés. Elle est devenue une convention internationale[réf. nécessaire]

Toutes les prises de vues des films pornographiques contemporains sont effectuées en vidéo numérique, et leur exploitation se fait uniquement par la vente de celles-ci sous la forme de DVD / Blu-Ray, par la télévision et par internet, et non plus par exploitation en salle. (Il subsiste néanmoins une salle consacrée au cinéma X dans la région de Reims[Laquelle ?] ainsi qu'une à Metz, « Le Royal ».). La dernière salle parisienne, le Beverley, a fermé ses portes le 23 février 2019. À ce titre, ces œuvres ne sont plus soumises à la législation du cinéma, mais à celle du multimédia. Les seules obligations en sont donc le dépôt légal, et l'application de mesures visant à en empêcher l'accès aux mineurs.

Des personnes du milieu de la pornographie et des collaborateurs hors du monde de la pornographie éditent une charte signée par les sociétés de productions qui s'engagent à respecter une certaine déontologie[30].

Films autorisés à la distribution en France

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Films autorisés à la vente et à la location :

Ces catégories peuvent être déclinées chacune selon des pratiques sexuelles (fellation, sodomie, gang bang, fist-fucking, etc) ou encore des spécialités (fétichisme, sadomasochisme, gérontophilie, urophilie, etc).

Cependant de nombreux films sont multicritères, ainsi de nombreux films qualifiés de films hétérosexuels incorporent des scènes homosexuelles mais uniquement féminines. Les films impliquant des personnes transgenres sont souvent classés en catégorie gay ou lesbien.

Films autorisés à la télédiffusion
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En France la diffusion de films à caractère pornographique est autorisée uniquement entre minuit et cinq heures du matin, sur des chaînes payantes (abonnement en double cryptage ou Pay-per-view) avec de nombreuses restrictions par rapport aux films autorisés à la vente et à la location.

Films autorisés sur chaîne à abonnement
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Les films doivent avoir un scénario, lequel ne doit pas comporter de scènes de viol ou d'inceste. Ils ne peuvent pas se référer aux déclinaisons des pratiques ou des spécialités[précision nécessaire].

Concrètement, les chaînes n'ont pas utilisé pleinement cette semi-liberté ; ainsi l'homosexualité masculine, avant l'apparition de la chaîne Pink TV, était absente (hors événement exceptionnel type Gay Pride ou le film mensuel de la chaîne XXL), tandis que l'homosexualité féminine est très présente dans le porno à destination d'un public hétérosexuel. Enfin, le choix des films privilégie les acteurs jeunes et en bonne santé (pas de handicap physique, actrice de moins de 35 ans, pas de femmes enceintes…).[réf. nécessaire]

Films autorisés en Pay-per-view
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Tous les films autorisés à la vente, avec comme restriction l'absence de scène de viol ou d'inceste et les déclinaisons de spécialité[précision nécessaire].

Industrie des films pornographiques au Canada

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Le cinéma L'Amour, à Montréal (Québec), est l'un des derniers cinémas pornographiques d'Amérique du Nord. Selon Luc Bourdon, la vocation du cinéma est plutôt un lieu de rencontre et d'échange, comme le démontrent les salles privées du cinéma[31].

Il y a de nombreuses critiques des conditions de « travail » du monde du porno, entre viols, désespérance et misère[32]. Le décès par suicide ou overdose n'est pas anecdotique parmi les acteurs et actrices porno[33]. Selon une étude menée en Californie en 2011[34], les actrices ont une santé mentale nettement dégradée en comparaison avec les femmes qui ne sont pas actrices porno. Selon les données de l'étude , les actrices de films pour adultes ont connu des parcours marqués par une plus forte exposition aux violences et à la précarité que les autres femmes interrogées. Dans l'enfance, 37 % d'entre elles déclarent avoir subi des rapports sexuels forcés, contre 13 % dans le reste de l'échantillon. À l'âge adulte, cette proportion atteint 27 %, contre 9 % chez les autres répondantes. 34 % des actrices rapportent avoir subi des violences domestiques, contre 6 % pour la moyenne. Sur le plan socio-économique et psychologique, 50 % des actrices déclarent avoir vécu dans la pauvreté au cours des douze derniers mois, contre 36 % des autres femmes, et 33 % présentent des signes de dépression, contre 13 % des répondantes extérieures à l'industrie pornographique.

La pornographie opère comme un immense dispositif[35],[36] de conditionnement sensoriel et émotionnel[37],[38],[39],[40], où les participants subissent humiliation[41], domination[42] et violence[43]. Dès l'enfance[44],[45],[46],[47] , la culture influence le développement de stéréotypes hiérarchisés[48],[49], favorisant une identification aux agresseurs[44] ou aux victimes d'agressions sexuelles[50]. La pornographie mainstream transmet ces stéréotypes particulièrement violents[51],[52] et les mélange avec de l'excitation sexuelle, ce qui altère le fonctionnement cérébrale, crée une emprise[53], développe des biais psychopathiques[54] et une forme d'excitation traumatique[55],[56].

Avant d'avoir eu une première expérience amoureuse[46],[8], les enfants apprennent à s'identifier aux scénarios sexuels dictés par la culture, les écrans et parfois la pornographie[57],[58]. L'exposition précoce à la pornographie agit alors comme une expérience traumatique[40], c'est à dire que le cerveau se déconnecte de l'émotion liée à la violence à laquelle il est confronté, pour se convaincre que tout va bien[59],[60]. Le cerveau, débordé, se protège : il se dissocie, s'identifie au narratif du plus fort[55], et confond peu à peu excitation, violence et humiliation[61]. L'enfant, ce spectateur trop immature assumer la violence observée et en décoder la charge symbolique[62], devient un apprenti agresseur malgré lui[63],[64],[65].

La violence, omniprésente dans 90 % des scènes pornographiques[42], n'est pas un effet de style, dans le porno toutes les agressions sont réelles[8] : c'est le noyau narratif[66]. La pornographie transforme l'agression en "réflexe" érotique[67]. Les mécanismes de la sexualisation traumatique, bien connus en psychotraumatologie[68],[55], sont ici recyclés à l'échelle industrielle : difficulté émotionnelle, recherche de gratification sexuelle, dissociation, acceptation de la violence, jouissance, honte, culpabilité. Le plaisir sensuel n'est plus une expérience vivante, mais une anesthésie du manque[38],[53]. Le système cérébral de récompense piraté, l'addiction se met en place[69],[70].

L'économie numérique[7] utilise les avancées technologiques[35]pour perfectionner ce vieux piège patriarcal[71],[72] : un monde où les femmes n'existent que comme surface de projection des fantasmes[66] et poupées consommables[73],[74], sans considération pour l'impacte sur la santé des femmes[50], victimes de ce système invisible[75]. Les plateformes porno, véritables usines à violences[42],[8], analysent chaque clic pour proposer une descente abyssale vers des femmes-objets toujours plus humiliées et violentées[35],[76]. Les utilisateurs, coupés de leur empathie par le mélange d'excitation sexuelle et de violence, multiplient les pratiques compulsives[77], masturbation frénétique[37], escalade vers des contenus illégaux[57], incapacités à ressentir dans la réalité ce que la fiction a confisqué[78],[70]. Avec la complicité muette des industries culturelles[79],[80] — cinéma, publicité, clips, littérature — un homme sur deux et une femme sur trois[81], se dissocient face au spectacle de leur propre chosification[48],[50]. Sociologiquement, les chiffres sont éloquents : les consommateurs réguliers de pornographie sont plus souvent masculins (55% d'hommes - 34% de femmes)[8] et plus de trois fois plus d'hommes que de femmes en font un usage auto-déclaré problématique (17,4% d'hommes - 5,6% de femmes)[81], ils font état de troubles de l'humeur[82], sont plus souvent célibataires[81], moins satisfaits de sexuellement[38], se masturbent plus souvent[37], sont sujets aux dysfonctions érectiles avant 40 ans[78] et rejettent toute vie spirituelle[83]. Leur sexualité devient une mécanique de substitution : masturbation contre anxiété[39], domination contre vide intérieur[84].

La pornographie mainstream ne célèbre pas la sexualité[38],[66] : elle met en scène la faillite de l'intimité[85],[67], l'oubli des particularités sensuelles et érogènes[86], la perte de la sécurité affective et de l'altérité bienveillante[54],[87]. Parler, écouter, ressentir sont aussi simples que révolutionnaires[88],[89] dans une société où les consommateurs sont poussés à la dissociation et à l'abrutissement émotionnel[90],[91]. La sexualité créative[92] — celle qui se construit sur la sécurité[93], la curiosité, le respect, et le plaisir partagé[94],[95] — apparaît comme une hérésie vanille face à la brutalité marchande du porno[35],[96],[67]. La pornographie n'a pas inauguré la libération sexuelle[97], mais le trafique du trauma[98],[99], distribué avec l'étiquette du « plaisir »[65].

Emploi (ou refus) du préservatif

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Préservatif masculin.

Les films pornographiques représentent traditionnellement des rapports non protégés. Avec l'apparition du SIDA, l'usage du préservatif s'est répandu et les films pornographiques gay ont été les premiers à adopter majoritairement l'usage du préservatif. Toutefois, et jusqu'à maintenant, très peu de productions de films pornographiques hétérosexuels ont adhéré à cette politique de préservation de la santé publique.[réf. nécessaire]

Avec l'apparition à la fin des années 1990 du relapse[100] dans le milieu gay, phénomène caractérisé par l'abandon du préservatif dans les relations sexuelles (à la fois dans le but de maximiser le plaisir et par bravade vis-à-vis d'un « ordre moral » représenté par les apôtres du « safe-sex » qui remettrait en cause l'idée même de liberté sexuelle), favorisé par les publications d'auteurs comme Guillaume Dustan ou Érik Rémès prônant ouvertement le « barebacking » (« chevauchée sauvage », ou plus littéralement « cul à cru »[100]), est apparue sous cette même dénomination une nouvelle catégorie de films pornographiques présentant des rapports sexuels non protégés entre hommes consentants. Ces films, censés libérer l'imaginaire des spectateurs qui les trouveraient plus excitants, connaissent un grand succès et représentent à présent plus de 25 % du marché pornographique en France, alors que pendant près de 20 ans ils n'étaient qu'une production très marginale[réf. nécessaire].

Les associations de prévention et de lutte contre le SIDA ont essayé de lutter contre ces productions, tentant même en vain de les faire interdire. Ce phénomène se répand de plus en plus, même si les studios précisent que leurs acteurs sont ou bien tous séropositifs, ou bien tous séronégatifs et régulièrement testés, et mettent systématiquement en préambule de leur film un message d'avertissement sur les dangers du SIDA. Dans les faits, d'une part, il existe toujours un délai d'incubation de la maladie pendant laquelle la personne infectée parait séronégative, et d'autre part, la surinfection d'un individu séropositif par un partenaire séropositif complique la prise en charge médicale et réduit l'espérance de vie.[réf. nécessaire]

Pornographie dans les films non classés X

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Divers films comportent des rapports sexuels non simulés, sans être pour autant classés comme pornographiques.

Notes et références

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Bibliographie

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Articles connexes

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Lien externe

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