La Dame de Shanghai

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La Dame de Shanghai
Description de cette image, également commentée ci-après

Rita Hayworth.

Titre original The Lady from Shanghai
Réalisation Orson Welles
Scénario Orson Welles
Sherwood King (roman)
Acteurs principaux
Sociétés de production Columbia Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Durée 87 minutes (1 h 27 min)
Sortie 1947

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

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La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghai) est un thriller américain d'Orson Welles, sorti en 1947.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Michael O'Hara fait la connaissance de la ravissante Elsa Bannister, qu'il sauve peu après d'une agression. Mariée à Arthur Bannister, un riche avocat âgé peu scrupuleux, boiteux et de retour de Shanghaï, Elsa fait embaucher Michael sur le yacht de son mari. O'Hara tombe sous le charme d'Elsa sous le regard indifférent de son mari quand, à l'occasion d'une escale, George Grisby, l'avocat associé de Bannister, lui fait une singulière proposition : le tuer sans risque contre une grosse somme d'argent avec l'argument qu'on ne peut pas être poursuivi en Californie tant que le corps n'est pas retrouvé par la police ! À court d'argent, Michael O'Hara hésite puis...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

  • « Rita Hayworth n’a jamais été aussi belle que dans La Dame de Shanghai, allongée sur un rocher, pendant une baignade en mer ou courant dans la nuit mexicaine, vêtue d’une robe blanche féerique. Mais Orson Welles l’avait parée pour ses funérailles et le désastre était irréparable. Le massacre dans les miroirs fut celui d’un mythe qui ne se releva jamais. Par son génie esthétique, Orson Welles a tiré vengeance, moins de la star dont il allait ensuite se séparer définitivement que du système hollywoodien. Sans souci de construire logiquement l’intrigue, il a créé un univers d’images et de formes à la limite de l’onirisme. Chaque plan porte une charge d’insolite, de jeu entre les apparences trompeuses et la réalité. Les hommes d’affaires du clan Bannister sont assimilés à des requins (ce qui visait les producteurs d’Hollywood) et tout, ou presque, prend, dans ce film, un sens symbolique : la fameuse scène où Michael et Elsa s’embrassent devant un aquarium peuplé de poissons monstrueux, la fuite dans le quartier chinois et la dégringolade, par le toboggan, dans le palais des mirages soudain transformé en chambre infernale. Magnifique coup d’éclat de l’auteur de Citizen Kane, qui allait bientôt prendre le chemin de l’exil. » Jacques Siclier, Le Monde[1].
  • « The Lady from Shangaï est un film sur le cinéma. À la différence de Citizen Kane et The Magnificent Ambersons, il ne s'agit pas d'une réflexion à partir du matériau - de la reproduction technique dans sa fonction de document, comme dans le premier film, ou de sa relation au temps perdu, comme dans le second - mais d'une auto-réflexion du cinéma, du movie, comme univers d'images, de fiction, de romance, de rêve d'un monde sans rêve, de la réalisation de la beauté comme promesse. Elle porte sur la nature fascinante, magique et mythique, de l'image cinématographique, cette métamorphose de la beauté en apparence démoniaque et fatale, avec son aura d'emprunt, sa dégradation par l'argent et la marchandise, qui sont la substance même de la star, offerte comme un objet de passion à la rêverie du spectateur solitaire de la grande ville, comme à celle du personnage narrateur de La Dame de Shangaï. Cette auto-réflexion du film, qui dans un retour sur soi s'expose, dans le palais des mirages de la fin, et se détruit, s'effectue par un constant déplacement du modèle classique qu'il crée en même temps que, ironiquement, il en désamorce et détourne le fonctionnement. C'est parce qu'elle ne manifeste plus l'essence du monde, comme dans la tradition de la mimésis, parce qu'elle n'existe que comme image opposée à la laideur et à l'insignifiance de ce qui simplement existe, que la belle apparence est devenue démoniaque. En démontrant la force mythique, le mensonge et l'artifice de l'idole qui fascine et séduit, l'œuvre crée à la fois la belle apparence et en conjure la magie : la belle apparence est mortelle, c'est ce qui perd, en même temps que ce qui est perdu, objet rétrospectif de la nostalgie accompagnant la destruction de la surface miroitante qui fascine, par rupture et arrachement, pour conduire à la parole, l'éthique immanente à cette auto-réflexion du film, par laquelle le movie se transforme en œuvre d'art. » Youssef Ishaghpour, Orson Welles[2].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • La scène la plus célèbre du film a lieu dans un labyrinthe de miroirs brisés lors d'une fusillade. Quelques plans identiques seront repris en hommage à Orson Welles par Woody Allen à la fin de Meurtre mystérieux à Manhattan. Quelques autres films ont tenté la référence directe, notamment Inception réalisé par Christopher Nolan, mais dès 1949, à la fin de Le Troisième homme de Carol Reed, on peut voir Orson Welles dans les égouts face à plusieurs entrées de couloirs comme autant de miroirs obscurs d'où lui parviennent les appels des hommes qui le pourchassent, sans qu'il puisse savoir si emprunter l'un ou l'autre pourrait lui donner une chance de s'échapper. C'est une sorte de transposition en négatif (la scène est souterraine et aucune lumière ne provient de ces portes miroirs) mettant en jeu l’ouïe au lieu de la vue.
  • Le tournage de La Dame de Shanghai débuta de façon difficile : les relations entre Rita Hayworth et son mari Orson Welles se détériorèrent au point qu'elle entama une procédure de divorce.
  • Rita Hayworth était, à l'époque, la star de la Columbia, notamment grâce au film Gilda. Sa longue chevelure rousse était devenue un symbole hollywoodien. Pour ce film, Welles lui imposa une coupe courte et blonde. On insinua[Qui ?] que c'était une vengeance envers cette femme dont il était en train de divorcer, ce que Welles a toujours nié.
  • La légende veut que Welles, ayant besoin d'argent pour monter un spectacle à Boston, appela Harry Cohn, le patron de la Columbia, et lui proposa de réaliser immédiatement un film pour lui contre la somme qu'il lui fallait. Cohn, en acceptant, demanda quel en serait le titre. Welles regarda autour de lui, trouva un roman policier et lut le titre : La Dame de Shanghaï, bien que le film soit basé sur If I Die Before I Wake de Sherwood King.
  • Welles prétendait n'avoir jamais lu le livre original.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Siclier, Le Monde, 20 février 1982.
  2. Youssef Ishaghpour, Orson Welles, cinéaste, une caméra visible : les films de la période américaine, tome II, éditions de la différence, 2001.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Zaca, le yacht appartenant à Errol Flynn où furent tournées certaines scènes du film.

Liens externes[modifier | modifier le code]