Peter Bogdanovich

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Peter Bogdanovich
Description de cette image, également commentée ci-après
Peter Bogdanovich en 2008.
Naissance (79 ans)
Kingston (État de New York)
États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Réalisateur, acteur, critique
Films notables La Dernière Séance

Peter Bogdanovich (en serbe : Петар Богдановић, Petar Bogdanović) est un critique, réalisateur et acteur de cinéma américain qui est né le à Kingston, New York.

Bogdanovich a été critique de cinéma avant de se lancer dans la réalisation. Son film le plus connu, La Dernière Séance (1971), a été nommé huit fois aux Oscars et en a obtenu deux. En 1990, Bogdanovich réalisa une suite à La Dernière Séance : Texasville.

Carrière[modifier | modifier le code]

Né en 1939[1], il est le fils d'un Serbe orthodoxe, peintre[2] et pianiste, et d'une mère juive. Le couple arrive aux États-Unis peu avant la naissance de Peter[3].

Cinéma[modifier | modifier le code]

À 15 ans, il participe à une session d’été de l'Académie américaine d'art dramatique à Traverse City (Michigan), où enseigne notamment l'actrice Eleanor Gould. Jusqu'à 18 ans, il est ensuite formé par Stella Adler. En 1959, il monte sa première pièce de théâtre, Le Grand Couteau de Clifford Odets[3].

Comme acteur, Peter Bogdanovich débute dans le mythique Les Anges sauvages de Roger Corman[4], emblème de la contre-culture dans lequel figurent Peter Fonda et Nancy Sinatra. Cinéphile averti et critique renommé, il se tourne vers la réalisation l'année suivante avec un documentaire sur Howard Hawks, et un an plus tard aborde le long métrage de cinéma. Il rend d'abord hommage aux anciennes gloires : Mamie Van Doren, avatar tardif de Mae West dans la science-fiction kitsch, et surtout Boris Karloff, à qui il offre son dernier bon rôle dans le suspense La Cible.

Bogdanovich apparaît dans ces premiers films et dans d'autres films qu'il réalise ensuite. Comme acteur (rare) de cinéma, il privilégie le cinéma d'auteur : Orson Welles, pour plusieurs collaborations, Agnès Varda, John Cassavetes, plus tard Sofia Coppola et Henry Jaglom. Pour l'heure La Dernière Séance[5], radiographie d'une ville perdue du Texas à travers sa jeunesse, fait un triomphe : le film révèle aussi Cybill Shepherd, sa compagne, jusque-là mannequin réputé, et Jeff Bridges. Tandis que Sheperd tourne la comédie Le Brise-cœur sous la direction de la scénariste Elaine May (plus inspirée que pour Ishtar), Peter remporte de grands succès avec les comédies On s'fait la valise, docteur ?, où il forme le couple Barbra Streisand-Ryan O'Neal, et La Barbe à papa (1973), avec Tatum O'Neal qui gagne à dix ans l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Le cinéaste s'impose comme un héritier raffiné du burlesque hollywoodien.

Malheureusement les deux films qu'il offre à Cybill sont des échecs publics : le drame Daisy Miller d'après Henry James et la comédie musicale Enfin l'amour (avec Burt Reynolds) condamnent pratiquement la carrière de l'actrice. Bogdanovich convoque ensuite son équipe gagnante, Ryan et Tatum O'Neal, dans Nickelodeon, évocation nostalgique d'un cinéma enfui. Les deux films suivants, Jack le Magnifique avec Ben Gazzara et Et tout le monde riait avec Audrey Hepburn, sont diversement accueillis. Il lui faut attendre l'original Mask pour retrouver la faveur du public. Pour son rôle de mère, Cher reçoit un prix d'interprétation à Cannes en 1985 (mais n'est pas nommée aux Oscars). Depuis le metteur en scène a dirigé cinq films (avec les participations de Rob Lowe, Michael Caine, River Phoenix, Sandra Bullock et Kirsten Dunst) mais seul Texasville (1990), suite de La Dernière Séance dix-neuf ans après, a suscité l'intérêt de la critique.

En 1998, l'acteur participe au tournage de Studio 54 de Mark Christopher.

Télévision[modifier | modifier le code]

Depuis 1995, Bogdanovich a dirigé une dizaine de fois pour le petit écran, téléfilms (dont des biographies de Natalie Wood et Pete Rose) et trois épisodes de séries dont Les Soprano. Il interprète d'ailleurs entre 2000 et 2007 un personnage récurrent dans cette dernière. Il apparaît aussi en 2010 dans un épisode de la sitcom How I Met Your Mother et en 2014 dans un épisode de The Good Wife.

Vie privée[modifier | modifier le code]

À 23 ans, Peter Bogdanovich épouse Polly Platt (en), une directrice artistique et costumière, avec qui il a deux filles. Il la quitte en 1971 pour le mannequin Cybill Sheperd, que Polly Platt avait repéré dans un magazine pour jouer dans le film La Dernière Séance, réalisé par son mari. Polly Platt continue cependant à collaborer professionnellement avec lui. Huit ans plus tard, il quitte Cybill Sheperd pour la playmate Dorothy Stratten. Leur liaison ne dure cependant pas longtemps car elle est assassinée en 1980 par le mari qu'elle venait de quitter. Peter Bogdanovich se remarie ensuite avec Louise Stratten, sa petite sœur, dont il divorce en 2001 mais avec qui il continuerait cependant de vivre dans la vallée de San Fernando[3].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Vidéo[modifier | modifier le code]

  • 1995 : Never Say Goodbye Aids Benefit by Yoko Ono (court métrage)

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Oscars 1972 : nomination pour le meilleur réalisateur et pour le meilleur scénario original pour La Dernière Séance

Publications[modifier | modifier le code]

Originales en anglais[modifier | modifier le code]

  • The Cinema of Orson Welles, Museum of Modern Art Film Library, 1961 (OCLC 982198898).
  • The Cinema of Howard Hawks, Museum of Modern Art Film Library, 1962 (OCLC 868410545).
  • The Cinema of Alfred Hitchcock, Museum of Modern Art Film Library, 1963 (OCLC 937577000).
  • John Ford, Studio Vista, 1967 (OCLC 868409009). édition augmentée : Berkeley: University of California, 1978. (ISBN 9780520034983).
  • Fritz Lang in America. London: Studio Vista, 1967 (OCLC 469498600); New York: Praeger. (OCLC 841184600).
  • Allan Dwan: The Last Pioneer, Studio Vista, 1970 (OCLC 777766501).
  • Pieces of Time. New York: Arbor House, 1973 (OCLC 982199356). édition augmentée : Pieces of Time: Peter Bogdanovich on the Movies, 1961-1985, 1985 (ISBN 9780877956969).
  • The Killing Of The Unicorn - Dorothy Stratten 1960-1980. William Morrow and Company, 1984 (ISBN 0-688-01611-1).
  • This is Orson Welles, HarperPerennial, 1992 (ISBN 0-06-092439-X).
  • A Moment with Miss Gish, Santa Teresa Press, 1995 (OCLC 34316185).
  • Who The Devil Made It: Conversations with Legendary Film Directors, Alfred A. Knopf, 1997 (ISBN 0-679-44706-7).
  • Peter Bogdanovich's Movie of the Week. New York: Ballantine Books, 1999 (ISBN 9780345432056).
  • Who the Hell's in It: Conversations with Hollywood's Legendary Actors, Alfred A. Knopf, 2004 (ISBN 0-375-40010-9).

Traductions en français[modifier | modifier le code]

  • Fritz Lang en Amérique [« Fritz Lang in America »], Cahiers du cinéma, , 160 p. (ISBN 978-2866420949)
  • Moi Orson Welles [« This is Orson Welles »], Belfond, (ISBN 978-2714429858)
  • Les maîtres d'Hollywood : Entretiens avec Peter Bogdanovich tome 1, Capricci, , 512 p. (ISBN 979-1023901023)
  • Les maîtres d'Hollywood : Entretiens avec Peter Bogdanovich tome 2, Capricci, , 380 p. (ISBN 979-1023902976)
  • La Mise à Mort de la Licorne : Dorothy Stratten 1960-1980 [« The Killing Of The Unicorn:Dorothy Stratten 1960-1980 »], Carlotta/GM Editions, , 262 p. (ISBN 978-2377970490)

Livre d'entretiens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Peter Bogdanovich | American film director », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 18 mars 2019)
  2. (en) « In Conversation: Peter Bogdanovich The director on his films, marriage and infidelity, and the deaths he didn’t mourn », sur www.vulture.com, Vulture (consulté le 18 mars 2019)
  3. a b et c Éric Dahan, « Le perdant magnifique », Vanity Fair n°60, août 2018, p. 68-75 et 112-114.
  4. (en) « TSPDT - Peter Bogdanovich », sur TSPDT (consulté le 18 mars 2019)
  5. « Pourquoi "La Dernière Séance" de Peter Bogdanovich est-il le plus bel épilogue (ouvert) du rêve américain ? », sur Les Inrocks (consulté le 18 mars 2019)
  6. (en-US) A. O. Scott, « Review: ‘The Great Buster’ Brings a Deadpan Genius Back to Life », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 18 mars 2019)
  7. (en-US) Stephen Holden, « Peter Bogdanovich in Darren Grodsky and Danny Jacobs’s Film About Stoners on California’s Lost Coast », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 18 mars 2019)
  8. (en-US) Neil Genzlinger, « ‘Cold Turkey,’ With Peter Bogdanovich », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 18 mars 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]