John Huston

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John Huston est un réalisateur et acteur américain, né le à Nevada, dans le Missouri, et mort le à Middletown, dans le Rhode Island aux États-Unis.

Après avoir été boxeur et acteur, John Huston s'imposa à Hollywood comme scénariste et dialoguiste (il collabora notamment à l'écriture de Sergent York en 1941) puis comme réalisateur. Il fut l'auteur d'une quarantaine de films, dont certains — comme Le Faucon maltais, Le Trésor de la Sierra Madre, Key Largo, Quand la ville dort, L'Odyssée de l'African Queen, Moby Dick, La Nuit de l'iguane ou L'Homme qui voulut être roi — sont devenus des classiques.

Il a surtout réalisé des films à partir de pièces et de livres à succès. Outre ses activités de dialoguiste, de scénariste puis de metteur en scène, il a également joué dans de nombreux films, à partir des années 1960, notamment dans The Cardinal, d'Otto Preminger et dans Chinatown, de Roman Polanski


Biographie[modifier | modifier le code]

John Huston et sa fille Anjelica en 1960.

Fils d'un comédien (Walter Huston) et d'une journaliste (Rhea Gore), le jeune John Huston tombe gravement malade vers l'âge de 3 ans, atteint de la maladie de Bright. Envoyé dans un sanatorium (dans lequel il reçoit la visite de Charlie Chaplin), il parvient à vaincre miraculeusement sa maladie après avoir plongé dans un fleuve glacé. Guéri, il finit par rejoindre quelques années plus tard un lycée militaire avec pour but de s'endurcir[1].

En 1933, ivre au volant de sa voiture, il renverse et tue la femme d'un acteur mexicain. Grâce à son père il parvient à éviter la justice, mais doit s'exiler pendant un temps en Europe[1].

Boxeur amateur dans les années 1920 (il remporte notamment le titre de champion amateur poids léger de Californie), il a commencé sa carrière en 1930 en tant que scénariste pour Samuel Goldwyn avec le film Law and Order que réalise Edward L. Cahn. Par la suite, il participe à l'écriture d'une dizaine de films dont L'Insoumise de William Wyler, Sergent York de Howard Hawks, Juarez et La Balle magique du Docteur Ehrlich de William Dieterle, ainsi que La Grande évasion de Raoul Walsh.

En 1942, il signe son premier film en tant que metteur-en-scène, Le Faucon maltais, adaptation d'un roman noir de Dashiell Hammett et dont Humphrey Bogart est la vedette. Le film, qui est en fait la troisième version filmée du livre de Hammett, connaît un succès considérable et est aujourd'hui considéré comme un archétype du film noir.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Huston est mobilisé dans l'équipe des cinéastes militaires de l'U.S. Army, sous la direction de Frank Capra. Là, il réalise coup sur coup trois documentaires dont on a pu dire qu'ils étaient le plus beau témoignage sur la deuxième guerre mondiale. Il faut surtout retenir Que la lumière soit (Let there be light) (1946), document capital sur le traitement psychiatrique des blessés de guerre. Ces images insoutenables sont rapidement interdites et l'on ne reverra le film que lors du Festival de Cannes 1981 dans la section Un certain regard. Durant cette expérience, le réalisateur américain s'initiera aux techniques de l'hypnose et, de fait, se familiarisera avec l'œuvre de Freud.

Après la guerre, Huston présente un de ses films les plus célèbres, Le Trésor de la Sierra Madre, un drame d'aventure tourné au Mexique et mettant en vedette une fois encore Humphrey Bogart, mais aussi son propre père, Walter Huston. Le film est l’adaptation d’un roman de l’énigmatique B. Traven.  Il permet à John Huston d’obtenir les Oscars du meilleur réalisateur et du meilleur scénario adapté.  Walter, de son côté,  se voit décerné l’Oscar du meilleur second rôle masculin.

Parmi les autres films notables que Huston tourne pendant cette période, on compte Key Largo, un drame policier avec Humphrey Bogart, Lauren Bacall et Edward G. Robinson; Quand la ville dort, œuvre décrivant la préparation minutieuse d'un vol de bijoux qui tournera mal et dans laquelle Marilyn Monroe fait une de ses premières apparitions à l'écran; ainsi que La Charge victorieuse, un film de guerre adapté d'un roman de Stephen Crane qui fut remonté par le studio et que Huston désavouera.

Puis Huston se rend en Afrique pour tourner L'Odyssée de l'African Queen, un film d'aventures dans lequel s'affrontent Humphrey Bogart et Katherine Hepburn. Le comportement de John Huston durant le tournage de L'Odyssée de l'African Queen inspira Peter Viertel, le coscénariste du film, pour l'écriture de son roman Chasseur blanc, cœur noir (White Hunter Black Heart), roman qu'adaptera au cinéma, sous le même titre, Clint Eastwood en 1990.

Huston change de registre avec son film suivant, Moulin Rouge, somptueuse biographie du peintre Toulouse-Lautrec, dont le rôle est tenu par Jose Ferrer. Puis, il réalise une adaptation du célèbre roman Moby Dick de Herman Melville. Pour adapter ce classique de la littérature américaine, Huston s'adjoint les services de l'écrivain de science-fiction Ray Bradbury. Le tournage de Moby Dick s'avèrera particulièrement complexe. À l'instar de Peter Viertel, Ray Bradbury aussi écrira un roman inspiré de sa collaboration avec Huston, La Baleine de Dublin.

Toujours pendant les années 1950, pour faire face au Comité des activités-américaines du sénateur Joseph McCarthy, il co-fonde le Comité pour le premier amendement (donc en faveur de la liberté d'expression), avec Myrna Loy, Philip Dunne et William Wyler[2].

Au début des années 1960, Huston réalise Les Désaxés, film crépusculaire dont le scénario est écrit par le dramaturge Arthur Miller. Marilyn Monroe, qui est alors l'épouse de Miller, y tient le rôle principal aux côtés de Montgomery Clift et de Clark Gable. Ce sera le dernier film tant de Gable que de Monroe. Huston tourne ensuite Freud, passions secrètes, non pas tant une biographie du père de la psychanalyse, mais surtout une introduction et un plaidoyer en faveur d'une aventure autant idéologique que scientifique.

En 1963, Huston fait un retour devant la caméra et tient un rôle relativement important dans le film Le Cardinal, produit et réalisé par Otto Preminger. Son interprétation lui permet d'obtenir le Golden Globe du meilleur acteur de soutien et une nomination à l'Oscar dans la même catégorie. Par la suite, Huston réalise La Nuit de l'iguane, une adaptation plus ou moins fidèle d'une pièce de Tennessee Williams qu'il tourne au Mexique, et La Bible, un ambitieux projet produit par Dino de Laurentiis et illustrant les premiers chapitres de la Genèse. En plus d'en assurer la mise-en-scène, Huston s'y attribue le rôle de Noé.

Les films suivants que réalise Huston (le film d'aventures Davey des grands chemins, le drame d'espionnage La Lettre du Kremlin) sont plus ou moins bien reçus. Par contre, il obtient des critiques très louangeuses avec Fat City, un autre film crépusculaire dans lequel Huston évoque un univers qu'il a bien connu dans sa jeunesse, celui de la boxe. Il y décrit la rencontre entre un boxeur déchu et un jeune aspirant.

En 1974, Huston tient ce qui est sans doute son rôle le plus célèbre, celui du patriarche Noah Cross, dans Chinatown, un pastiche de film noir que réalise Roman Polanski d'après un scénario de Robert Towne et qui, au même titre que Le Faucon maltais, est aujourd'hui considéré comme un incontournable du genre. Huston se rend ensuite en Afghanistan pour y tourner L'Homme qui voulut être roi, une adaptation d'une nouvelle de Rudyard Kipling qui lui permet de renouer avec l'esprit du Trésor de la Sierra Madre.

John Huston eut trois pays : les États-Unis, le Mexique et l'Irlande, où il s'expatria au cours des années cinquante et à qui il rendit, mourant, un dernier hommage dans Gens de Dublin (The Dead), d'après James Joyce.

Un trait commun à nombre de ses films réside dans l'échec final du personnage principal, à tel point qu'on a pu parler d'une thématique « hustonienne » de l'échec (cependant, l'échec n'est pas l'important pour Huston ; ce qui importe, c'est l'aventure en elle-même, plus que le but qu'elle poursuit).

Il est le fils de la journaliste Rhea Gore (1882-1938) et de l'acteur Walter Huston, qu'il dirigea dans Le Trésor de la Sierra Madre pour lequel, fait exceptionnel, John Huston remporta l'Oscar du meilleur réalisateur (ainsi que celui du scénario) et son père celui du meilleur acteur dans un second rôle.

Il est le père d'Anjelica Huston (qu'il dirigea à plusieurs reprises) et de Danny Huston, tous deux également acteurs et réalisateurs.

Il repose au Hollywood Forever Cemetery.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

La tombe de John Huston

Acteur[modifier | modifier le code]

(sélection)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Olivier Rajchman, « John Huston - Rêveur éveillé », Studio Ciné Live n°80,‎ , p. 118 à 121
  2. « Connaissez-vous le cinéma ? », Le Monde hors-série jeux, 2011, page 27.

Liens externes[modifier | modifier le code]