Raoul Sangla

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Raoul Sangla (né le à Anglet) est un journaliste, scénariste et réalisateur indépendant français. Il a réalisé Discorama, Bienvenue chez Guy Béart et de nombreuses dramatiques.

Il fut de 1994 à 2007, le premier président de l'IECA, fondée par Roger Viry-Babel.

René Gardies dit de lui : « prodigieux inventeur d'écriture filmique […] par l'audace de son écriture, par la qualité de ses inventions, tant au niveau de ce que l'on appelle le dispositif qu'au niveau du filmage lui-même »[1].

Les débuts[modifier | modifier le code]

Au départ, rien ne destinait Raoul Sangla à la télévision. Il aurait dû rester au Pays basque et devenir plâtrier, comme son père, métier qu'il exerce effectivement de 1948 à 1955, après des études aux collèges de Bétharram et d’Ustaritz, puis au lycée de Biarritz.

En 1956, Raoul Sangla se tourne vers le cinéma et devient assistant-réalisateur auprès de Marcel Carné (Le Pays d'où je viens), Sacha Guitry (Assassins et Voleurs), Maurice Cam (L'amour descend du ciel), Guillaume Radot (Fric-frac en dentelles), Claude Bernard-Aubert (Les Tripes au soleil, Match contre la mort) ou encore Paul Paviot (Portrait-robot).

Raoul Sangla fait ses débuts à la télévision en 1959, aux studios des Buttes Chaumont, sur le tournage de Marie Stuart de Stellio Lorenzi, dont il est l'assistant à la télévision jusqu’en 1964, ainsi que celui de Pierre Badel, Lazare Iglesis ou encore Philippe Ducrest.

Dès cette époque, il affirme sa position vis-à-vis de ce que représente la télévision, déclarant que « la télévision est au cinéma ce que le journalisme est au roman »[2].

Débuts de réalisateur et Discorama[modifier | modifier le code]

C'est en 1964 qu'il passe naturellement à la réalisation à la télévision avec Discorama, présenté par Denise Glaser, émission musicale et culturelle hebdomadaire, à laquelle Raoul Sangla apporte quelques nouveautés, notamment en montrant les équipes techniques à l'image[réf. nécessaire].

À la même époque, il dirige les six premiers numéros de Bienvenue à… qu'anime Guy Béart et qui permet au public de rencontrer une personnalité du monde culturel.

Par ailleurs, de 1968 à 1970, il réalise L'invité du dimanche ou encore En passant par Paris (1964-1967), Allegro (1966-1968), Le Nouveau Dimanche (1967-1968), Pique-nique (1968), La ville idéale (1969).

En 1970-1971, il signe Du bonheur et rien d’autre et Un pas ou deux sur la neige, deux comédies musicales écrites par Jean-Claude Grumberg

En 1972, il dirige La Fête, une chronique des rapports entre armateurs et dockers lors du carnaval de Dunkerque.

La même année, Raoul Sangla réalise, aux côtés de Dominique Reznikoff, Soudain un écureuil, illustration sans paroles du Requiem de Verdi.

Entre 1974 et 1977 il réalise à la télévision de nombreux feuilletons, documentaires ou fictions télévisées comme La Croisée avec Brigitte Fossey.

On lui doit plusieurs documentaires tournés en un seul plan dans le quartier de la Défense : ceux-ci, qui durent chacun une cinquantaine de minutes, ne font effectivement qu'un seul plan.

Expérimentations[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Elkabbach lui confie la réalisation du JT de 20 heures en 1977 où il développe ses expériences de mise en scène en persistant à rendre apparente la technique à l'image[réf. nécessaire].

Raoul Sangla tourne La Passion en 1978 en deux jours, un plan fixe de 58 minutes, avec 150 figurants et une vingtaine de comédiens. La même année, il poursuit la réalisation de séries télévisées (Aragon, dits et non dits et Les Petits Soirs).

Alors qu'il est directeur de la Maison de la Culture à Nanterre (il le sera de 1978 à 1981), Raoul Sangla y organise des rencontres avec Anna Prucnal, ce qui donnera l'émission Anna et Raoul.

En 1981-1982, il est à l'origine du Journal d'en France sur Antenne 2, « une télévision qui se mêle de ceux qui la regardent » (leitmotiv de l'émission). Après onze numéros, Antenne 2 met un terme à sa collaboration avec lui.

Le tournant des années 80[modifier | modifier le code]

Il met en scène, aux côtés de Michèle O'Glor, Il pleut, il pleut rosière, comédie musicale traitant du racisme et adapte avec Denis Génoun également l'Énéide de Virgile.

Durant la période s'étendant de 1984 à 1990, Raoul Sangla travaille à la mise en place de nombreuses télévisions locales : Télécité-1er à Gennevilliers, Canal 101 (dans les environs de Marseille), Télé-Caraïbes en Guadeloupe, Télé Toulouse, Aqui TV à Sarlat et, depuis 2000, Télé Bocal et Zaléa TV à Paris.

En 1993, il réalise Rage et outrage avec Georges White, puis Apparition mortelle avec Pierre Baudry en 1998, long-métrage de fiction que diffusera Zaléa TV en 2001. Suivront Métazone et De quelques Cognacqjaypithèques en 2004.

Il publie également en 2007 une chronique, intitulée Heures ouvrables et carnet de doute[3], dans lequel il revient et porte une critique distanciée sur l'univers télévisuel qu'il a traversé en près de cinquante ans.

En 2013 il réalise, caméra à l'épaule, le long métrage : La passion de Gilles Cormery, sur la vie et l’œuvre peint de l'artiste peintre et poète Gilles Cormery (1950-1999). Ce film sera ponctué de poésies de l'artiste, lues par Raoul Sangla lui-même. (Production label video). Raoul Sangla saura transmettre la force de l’œuvre et le tragique destin de l'artiste par l'image et le verbe de sa fidèle complice cinématographique Macha Mieg, lors d'entretiens fluides et émouvants[non neutre]. Raoul Sangla livre un travail physique et technique en quelques plans, dans deux galeries parisiennes, Galerie Philippe Lawson, Galerie Lise Cormery ; suivies de trois autres à la Gare de Tours, puis au pied du Château de Tours et dans ses cinq salles d'exposition.[interprétation personnelle][réf. nécessaire]

Approches et convictions[modifier | modifier le code]

Ayant vécu toutes les évolutions de la télévision française, dès les années 50, il n'hésite pas par ailleurs à afficher son regret quant à ce que la télévision moderne est devenue, fustigeant ce « grand alambique du consensus […] un instrument d'aliénation qui avait pourtant une autre destinée », notamment en raison d'une volonté de créer sans cesse une fiction, une illusion jusque dans les studios d'une télévision qui s'entête à se croire au cinéma.

Il s'érigera toujours en défenseur de la réalité en télévision et surtout de l'utilisation de cet outil pour ses spécificités et devant trouver une fonction qui lui est propre, n'étant « ni du cinématographe, ni du théâtre, ni du music-hall ». Pour lui, le « véritable héros de la télévision, c'est le hasard. La vie en train de se faire et dont on ne sait pas l'instant d'après de quoi elle va être faite »[2].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Assistant réalisateur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Gardies et Marie-Claude Taranger, Télévision, questions de formes, Laboratoire en sémiologie de l'image, Institut national de l'audiovisuel, 2001.
  2. a et b Microfilms, Radio France, 06/12/1987, entretien avec Serge Daney.
  3. Heures ouvrables et carnet de doute : Chronique, L'Harmattan, 2007, Collection "Mémoires de Télévision".

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Microfilms, Radio France, 06/12/1987, entretien avec Serge Daney.
  • Christian-Marc Bosséno, 200 téléastes français, Courbevoie, CinémAction, 1989.
  • Raoul Sangla, Heures ouvrables et carnet de doute : Chronique, L'Harmattan, 2007, Collection : Mémoires de Télévision.