Citizen Kane

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Citizen Kane
Description de cette image, également commentée ci-après

Titre du film Citizen Kane.

Titre original Citizen Kane
Réalisation Orson Welles
Scénario Herman J. Mankiewicz
Orson Welles
Acteurs principaux
Sociétés de production Mercury Productions
RKO Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Durée 119 minutes
Sortie 1941

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Bande-annonce du film.

Citizen Kane, ou Citoyen Kane au Canada, est un film dramatique américain réalisé par Orson Welles, sorti en 1941, considéré par l'American Film Institute comme le meilleur film de tous les temps et particulièrement vanté pour ses innovations cinématographiques, musicales et narratives[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Au début des années 1940, Charles Foster Kane meurt dans son manoir de Xanadu, en prononçant dans un dernier souffle « rosebud » (bouton de rose) et en laissant échapper de ses mains une boule à neige. Rosebud attise la curiosité de la presse. Est-ce un lieu caché, le surnom d'une femme ?... Le journaliste Thompson est chargé de percer le mystère et va rencontrer tous ceux qui ont connu Kane et qui tous sont devenus des vieillards. Ces interviews sont accompagnées à chaque fois de flashbacks qui lèvent toujours un peu plus le voile sur sa vie.

Tout jeune, il a dû quitter sa mère, qui se trouvait par hasard héritière d’une mine d’or, pour être élevé par un financier dans la perspective de sa fortune à venir. Devenu un grand magnat de la presse, il épouse la nièce du président des États-Unis et espère faire une carrière politique, carrière qui s'interrompt lorsque l'on apprend qu'il trompe sa femme avec Susan, une cantatrice sans talent dont il essaye en vain de faire une diva. Sa femme demande le divorce et Kane épouse alors Susan, qui se sépare de lui par la suite. Kane finit par mourir seul dans son immense manoir inachevé.

Chaque personne qui l'a côtoyé, comme Thatcher, M. Bernstein, Jedediah Leland, Susan Alexander Kane, et son majordome, a une perception bien particulière du personnage, souvent très différente de celle des autres : les récits, même entrecroisés, ne font qu'éclairer certains aspects du caractère difficile de Charles Foster Kane sans pour autant expliquer l’énigmatique « rosebud »[2].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

N.B : Le film n'a jamais été doublé en français.

Distribution[modifier | modifier le code]

Et, parmi les acteurs non crédités :

Analyse[modifier | modifier le code]

Le 30 octobre 1938, quelques « millions d’Américains se crurent en guerre avec les Martiens par la faute d’une émission de radio trop ingénieuse (La Guerre des mondes). Elle rendit célèbre son auteur, Orson Welles, qui avait, dès la nursery, attiré par sa précocité l’attention des psychologues… La RKO proposa un contrat à cet homme hors série… En arrivant à Hollywood à l’heure où la guerre se déchaînait en Europe, le jeune prodige s’écriait devant le studio mis à sa disposition : “ Voilà le plus beau jouet mécanique qu’on peut offrir à un enfant.” »[6].

À vingt-cinq ans, Orson Welles ne voulait pas suivre le chemin de ses aînés. « Influencé par la technique littéraire et ses propres réalisations radiophoniques (il) désarticula la chronologie de l’histoire, qui fut contée par plusieurs témoins. »[7]


Une chronologie désarticulée[modifier | modifier le code]

Le flashback, technique importée de la littérature, et employée pour la première fois au cinéma par le Français Ferdinand Zecca pour son film Histoire d'un crime, réalisé en 1901, a été par la suite très couramment utilisé dans les films muets, « à tel point que les producteurs s’inquiètent… On leur reproche d’interrompre le "flot narratif", "le spectateur passe tout son temps à tenter de mettre de l’ordre dans les faits rapportés". »[8]

Quand Welles et son scénariste Herman J. Mankiewicz décident de raconter la vie de Charles Foster Kane sous la forme de plusieurs flashbacks, ce procédé de narration est devenu rare car le public ne s’y est pas encore aguerri. Cependant, afin de ne pas égarer le spectateur, le réalisateur dispose au début du film une sorte de « sommaire » qui résume la vie de Kane sous la forme d’actualités, News on the march, retraçant « avec des plans d’archives toute la vie du magnat de la presse, mêlée à l’histoire des USA. Elles nous donnent à voir de nombreux épisodes de la vie d’un homme aux multiples facettes, que certains de ses ennemis accusent d’être fasciste tandis que d’autres le déclarent communiste, alors que lui-même se définit comme un Américain. Mais qu’est-ce qu’un Américain? Le commentaire de cette nécrologie filmée est volontairement écrit dans un style emphatique et mondain qui, en fin de compte, ne dévoile rien sur le personnage, sinon des évidences et des ragots. »[9]

Les deux scénaristes, poussés par leur désir de renouvellement du récit filmique, se permettent aussi une invraisemblance dès le début du film, avec justement le célèbre rosebud » (bouton de rose), murmuré par Kane sur son lit de mort et rapporté aux oreilles de la presse. Mais qui a pu entendre ce dernier mot ? L’infirmière de garde n’intervient qu’après sa mort, quand la boule à neige qu’il tenait à la main s’est brisée en tombant : sur les débris de verre apparaît le reflet de cette femme entrant dans la chambre. Elle n’a donc pas pu entendre le dernier mot de Kane et le communiquer aux journalistes. Le seul qui a entendu, c’est le public, et c’est suffisant pour camoufler cette manipulation qui aurait pu s’avérer hasardeuse et choquante. « C’est d’ailleurs pourquoi nous ne souffrons pas de l’illogisme apparent du point de départ du film, le fameux dernier mot de Kane, rosebud, que personne n’a pu entendre puisque l’infirmière n’était pas encore entrée dans la chambre lorsqu’il a été prononcé. Ce mot lâché in extremis mais répété par qui? justifie l’enquête de la presse. Personne n’a pu l’entendre et le reprendre, si ce ne sont les spectateurs, car en mourant, Kane leur a confié son secret par un gros plan de sa bouche, leur donnant ce rôle exceptionnel de témoin privilégié. » [10]

Cette invitation à croire tout ce que raconte un film, c’est le miracle qui a fait écrire par le critique André Bazin, que « le cinéma se déroule dans un espace imaginaire qui appelle la participation et l’identification. »[11] Appliquée au film de Welles, cette vérité rappelle que le spectateur est entraîné par la force du récit cinématographique, il veut lui aussi savoir ce que signifie rosebud, il est prêt à suivre l’enquête sur les pas du journaliste et il ne lui viendrait pas à l’esprit de se demander comment rosebud a pu arriver aux oreilles de la presse.

Les spectateurs sont ainsi installés dès le début dans une relation confidentielle avec les auteurs, qui se bouclera à la fin du film quand ils seront à nouveau les seuls témoins de la destruction par les flammes de la luge du jeune Kane, qu’il avait baptisée rosebud. Throw that junk ! (« Jette cette saloperie ! »), ordonne à l’ouvrier le contremaître qui supervise le passage au crématoire des objets sans valeur que contient Xanadu, après avoir emballé et mis en caisse soigneusement les objets de collection qu’y avait entassés le milliardaire. Le secret sentimental de Kane part en fumée, mais le spectateur est récompensé par le fait qu’il a compris la signification de rosebud juste à temps.

« Citizen Kane, avec sa construction éclatée, reste d’une parfaite unité parce qu’il est entièrement centré sur le personnage principal. À la fin du film, si le journaliste est mis en échec, le spectateur, lui, a compris que rosebud symbolise l’enfance et l’innocence qui ont été volées à Kane quand sa mère l’a confié à la banque. L’explication de la mort sinistre et solitaire du milliardaire, le mystère de ce parcours de la cime à l’abîme, la raison de cette toute puissance et de cette tendance à l’autodestruction se trouvent dans son enfance symbolisée par le traîneau enseveli sous la neige devant l’auberge de sa mère tandis que siffle le train qui emmène le jeune Charles à New York. »[12]

Renouvellement de vieux procédés[modifier | modifier le code]

Orson Welles ne s’en tient pas aux flashbacks systématiques, il remet en valeur d’autres procédés déjà connus mais peu utilisés. « Le metteur en scène accumulait les innovations techniques : photographies en clair-obscur, décors plafonnés, emploi systématique de la profondeur de champ, travellings démesurés, recherches sonores, etc. Ces effets reprenaient pour la plupart des modes ou des procédés anciens, tirés des classiques et intelligemment assimilés. »[7]

Profondeur de champ[modifier | modifier le code]

Les premiers films du cinéma, ceux qu’a tournés en 1891 William Kennedy Laurie Dickson, sous la direction de Thomas Edison, sont tous cadrés selon le point de vue du spectateur de théâtre ou de music-hall, c’est-à-dire de face, perpendiculairement à leur déplacement sur la scène qui était située dans le premier studio de cinéma, le Black Maria. Mais en 1895, Louis Lumière, fort de l’expérience de photographe à succès que lui a léguée son père, Antoine Lumière, et poussé par son talent personnel, tourna en adoptant un point de vue plus subtil : la diagonale du champ, qui utilisait une caractéristique des objectifs de l’époque : une grande profondeur de champ, c’est-à-dire une netteté de l’image des objets situés entre la caméra et le sujet filmé, autant que de ceux qui se trouvaient derrière le sujet. Mieux que quiconque, Louis Lumière « savait que la manière la plus logique et la plus élégante de filmer un véhicule en mouvement, ou un cheval au galop, ou un régiment de fiers soldats qui défilent au pas, ou une équipe de faneurs maniant le râteau, était de se mettre prudemment sur le côté et de cadrer le sujet de trois-quarts, en inscrivant son déplacement dans une ligne de fuite. C’est ce qu’il a appliqué avec L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat, où le spectateur peut admirer le convoi qui s’avance puis s’arrête, et détailler dans l’enfilade du quai le mouvement des voyageurs et des accompagnateurs. » [13]

Avec certaines séquences tournées en un seul plan fixe, Welles supprime la possibilité de montage offerte par le découpage d’une séquence en plusieurs plans, mais, à l’image du film de Louis Lumière dont les spectateurs étaient admiratifs de découvrir les détails (le jeune et son baluchon, les dames et leurs capelines, le chef de gare et les employés au travail…), il augmente considérablement la réalité de la séquence, ou du moins son réalisme de représentation. « La notoriété de Citizen Kane ne saurait être surfaite. Grâce à la profondeur de champ, des scènes entières sont traitées en une seule prise de vue, la caméra restant même immobile. Les effets dramatiques, demandés antérieurement au montage, naissent tous ici du déplacement des acteurs dans le cadrage choisi une fois pour toutes. » [14]

Plongées et contreplongées[modifier | modifier le code]

On peut lire dans certains traités théoriques sur le langage filmique, des définitions et des utilisations étroites et quelque peu scolaires de la plongée, par exemple que « à la moitié de Citizen Kane, devant un portrait gigantesque de lui-même, Charles Foster Kane fait un discours dans un théâtre en vue des élections. L’homme, debout derrière un pupitre, est étonnamment et majoritairement filmé en plongée. Il semble ainsi comme écrasé par son image… »[15] et aussi de la contreplongée : « La séquence de Citizen Kane où Charles Foster Kane rédige sa profession de foi » est filmée en « contreplongée qui, à l’évidence, a été utilisée pour magnifier ce personnage… »[16]

La plongée qui écrase un personnage et dénote son abattement ou même son désespoir, et la contreplongée qui au contraire le magnifie et souligne son enthousiasme et son esprit conquérant, sont deux approximations d’analyse contredites par bon nombre d’utilisations. « Lorsque les Jets de West Side Story, réalisé par Robert Wise... sautent en l’air en direction du regard des spectateurs, la caméra est placée en plongée totale à 90°... cette plongée magnifie le groupe de danseurs. Ce plan, qui est l’un des plus beaux du film, et le plus étonnant, plaide contre la définition traditionnelle de la plongée qui est censée écraser les personnages. »[17]

Dans Citizen Kane, l’utilisation de la plongée et de la contreplongée est plus subtile qu’à ce qu’elle paraît. « Les contreplongées de Citizen Kane renforcent… l’impression de puissance du magnat de la presse, mais en même temps elles l’enferment sous les plafonds de son empire et montrent comment une contreplongée peut restreindre la liberté d’un personnage. Avant Citizen Kane, les cinéastes utilisaient les plafonds pour des raisons esthétiques, avec des maquettes qu’on plaçait devant la caméra, à courte distance de l’objectif, on réglait sa position pour qu’elle raccorde avec les quelques éléments construits sur le plateau et devant lesquels les comédiens pouvaient évoluer… Le comédien n’avait au-dessus de sa tête que les passerelles et les projecteurs du studio. En revanche, dans Citizen Kane, les comédiens jouaient certaines séquences avec un vrai plafond qui les dominait et ils en ressentaient une impression d’enfermement psychologique, ou d’isolement. » [18]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

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  • Il s'agit du premier film du réalisateur, et les acteurs proviennent pour la plupart de son groupe de théâtre : le Mercury Theatre[réf. nécessaire].
  • Le titre initial devait être American[réf. nécessaire].
  • Pour Kane, Orson Welles s'est inspiré d'un personnage réel : William Randolph Hearst (1863-1951), qui s'était réfugié dans un château, le Hearst Castle, à la fin de sa vie, comme Kane à Xanadu dans le film. Toutefois, d'autres sources, et certains auteurs comme Peter Harry Brown et Pat H. Broeske, ont fait valoir que le film devait être, à l'origine, une biographie plus ou moins fidèle du millionnaire Howard Hughes, alors autant connu pour ses entreprises cinématographiques (Les Anges de l'enfer, Scarface), pour ses records et ses activités dans l'aviation, que pour certaines de ses excentricités : il était victime de troubles obsessionnels compulsifs, lui faisant par exemple répéter plusieurs fois de suite la même phrase, et souffrait d'une phobie des microbes. L'ironie veut que Howard Hughes soit devenu quelques années plus tard le patron de la RKO qui a produit le film.
  • Les tentatives d'interdire le film par Hearst ont donné lieu à un documentaire télévisé intitulé The Battle Over Citizen Kane[19].
  • Rosebud, le fameux mot-clé prononcé par Kane, veut dire littéralement « bouton de rose ». Il est dit que ce mot était utilisé par William Randolph Hearst pour désigner le clitoris de sa maîtresse, Marion Davies (ce mot est également employé par La Mettrie pour désigner le clitoris, notamment dans L'Art de jouir). Certains[Qui ?] estiment que c'est une des raisons pour lesquelles William Randolph Hearst a essayé d'interdire le film à sa sortie.[travail inédit ?][réf. nécessaire]
  • Orson Welles a dit à propos de son film : "Le public est seul juge. Kane est à la fois un idéaliste et un escroc, un très grand homme et un individu médiocre. Tout dépend de celui qui en parle. Il n'est jamais vu à travers l'œil objectif d'un auteur. Le but du film réside d'ailleurs plus dans la présentation du problème que dans sa solution."

Références au film dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

  • Otto Preminger rendra hommage à ce film avec son propre film Rosebud (1974).
  • Le grand détournement La Classe américaine :
    • Georges Abitbol, l'homme le plus classe du monde, meurt en prononçant ces mots : « Monde de merde »
    • Des journalistes, Peter & Steven, enquêtent sur son passé, ce qui donne lieu à des flashbacks. Orson Welles fait même une apparition détournée au début du film, et meurt tué par balle en s'écriant « Ohhhhhhh, Rosebud ! ».
    • Peter, un des journalistes enquêtant sur la mort de Georges Abitbol, répond à son patron qui les interroge sur leurs pistes, qu'ils avaient « plutôt pensé à un traîneau ».
    • Le patron du journal reprend une réplique de Citizen Kane : « Si c'est une femme, je veux savoir son nom. Si c'est un cheval, je veux savoir dans quelle course. »
  • Le film Velvet Goldmine de Todd Haynes est une transposition de "Citizen Kane" à la période glam'rock. On retrouve une construction semblable ainsi que de nombreuses références telles la mort dans la neige, les coupures de journaux, les personnages secondaires. Certaines images et certaines positions du héros sont les mêmes que dans le film.
  • Dans Kill Bill : Volume 1 de Quentin Tarantino, l'une des premières scènes où l'on voit dans l'ombre la mariée agonisante sur le sol est une référence au début de Citizen Kane où l'on voit dans l'ombre Charles Foster Kane mourant sur son lit.
  • En 1995, Marc Dorcel a réalisé Citizen Shane, parodie pornographique de ce film.
  • Dans Rhum Express sorti en 2011, Paul Kemp (Johnny Depp) loge dans un hôtel nommé le Xanadu.
  • Dans Hellzapoppin (1941), un personnage trouve dans un décor polaire un traineau portant l'inscription « Rosebud » et dit « I thought they'd burnt that! ».

À la télévision[modifier | modifier le code]

  • L'épisode 43 de l'émission Les Tiny Toons, intitulé "Citizen Max", consiste en une parodie mettant en vedette Montana Max. L'enfant gâté du pays ACME voulait devenir président des élèves de Loonyversité afin de se débarrasser de Buster. La scène d'ouverture le montre dans un manoir qui ressemble à Xanadu. Il détruit ses jouets, puis s'écrie : "ACME!" Hamton, jouant un rôle de journaliste, cherche à savoir pourquoi, du haut de son manoir, Montana Max a crié ACME. Il interroge Buster, Plucky et Elmyra.
  • Dans la série Twin Peaks, de David Lynch et Mark Frost, le père de Laura Palmer, la jeune fille assassinée dès l'épisode pilote, s'appelle Leland.
  • La série télévisée Kaamelott, réalisée par Alexandre Astier et produite par CALT, a pour logo un « K » entouré d'un cercle (représenté dans le Livre IV par un sceau de cire), similaire au symbole ornant le haut du portail d'entrée de Xanadu, la résidence de Charles Foster Kane
  • La série télévisée des Simpsons a, à plusieurs reprises, parodié le film, notamment dans les épisodes suivants :
    • Dans le bureau de Monsieur Burns, un portrait le représentant ressemble exactement à un placé dans la bibliothèque que visite Thompson.
    • Monsieur Chasse-Neige : à la fin du spot publicitaire pour Monsieur Chasse-Neige, une boule à neige tombe à terre et se brise.
    • Rosebud :
      • Le portail de la propriété de Burns est surmonté d'un « B » qui fait penser au « K » sur le portail de Xanadu. Sur le grillage se trouvent également des pancartes d'avertissement semblables à celles du film.
      • On aperçoit la silhouette de Burns, « mort », à travers des fenêtres ouvragées et grillagées, comme on aperçoit le corps de Kane dans le film.
      • Burns a été confié, dans son enfance, à un précepteur aisé, tout comme Kane. Les deux personnages ont eu une enfance modeste mais sont tout de même parvenus au pouvoir.
      • L'ours en peluche Bobo remplit exactement le même rôle que le traîneau Rosebud, il est comme ce dernier enseveli sous la neige et son nom est prononcé, dans un râle, à la « mort » de Burns.
    • Le sang, c'est de l'argent : Burns est allongé sur son lit, souffrant, et au second plan, le docteur s'entretient avec Smithers. Dans le film, Kane parle avec le docteur au chevet de sa femme.
    • Marge a trouvé un boulot : le spectacle de chant et de danse organisé par Smithers est très semblable à celui organisé pour Kane, surtout au niveau des costumes (vestes rayées, chapeau et canne). Dans cette scène, la chanson est également une parodie de celle du film.
    • Un tramway nommé Marge : Homer assiste à la comédie musicale dans laquelle joue sa femme et s'ennuie. Il souffle sur un programme déchiré en bandelettes. Jebediah Leland agit de la même façon lorsqu'il assiste à l'opéra chanté par la femme de Kane.
    • Le maire est amer et Sous le signe du poisson : la tribune depuis laquelle Tahiti Bob pour le premier épisode et Burns pour le deuxième s'adressent au public est un clin d'œil à celle utilisée par Kane. De plus, derrière eux se trouve une affiche représentant leur photo et leur nom. Bart, qui regarde à la télé le discours de campagne de Burns, demande à Homer : « Est-ce que ton patron est déjà gouverneur ? ». Dans le film, le fils de Kane demande à sa mère : « Est-ce que Papa est déjà gouverneur ? »
    • Sous le signe du poisson : Burns, fou de rage en apprenant que sa campagne tombe à l'eau, tente de s'en prendre à son mobilier, ce que fait Kane dans le film en apprenant que sa seconde femme le quitte.
    • Sous le signe du poisson : Burns déclare : « Vous ne pouvez pas me faire ça, je suis Charles Mongomery Burns ! ». Dans le film, apparaît la phrase : « Vous ne pouvez pas me faire ça, je suis Charles Foster Kane ! ».
    • Le député Krusty : le maire a déplacé les couloirs aériens pour pouvoir entendre la voix de sa maîtresse, et quand il l'entend parler il dit "C'est ça ta voix ?! Je regrette de t'avoir fait construire un opéra". Dans le film, Kane construit un opéra pour sa femme alors qu'elle n'est pas très bonne chanteuse.
    • Homer de Séville : durant le spectacle de Homer, la caméra monte et s'arrête finalement sur Carl et Lenny sur une passerelle. Dans le film, la même scène est présente durant l'opéra de Susan Alexander Kane.
  • Dans un épisode de Columbo (Jeu de mots), le criminel se sert du mot « Rosebud » pour dresser ses chiens à tuer. Le criminel est également collectionneur d'art et fan de Citizen Kane. Il possède d'ailleurs la grille d'entrée du domaine de Kane ainsi que sa luge.
  • Dans la série Veronica Mars, la jeune détective fait allusion au film dans la saison 2, en disant « Et Rosebud n'était qu'une luge ! Je ne vous ai pas gâché la fin de Citizen Kane au moins ? ».
  • Dans la série Weeds (saison 4, épisode 3 The Blah Thing), au bout de 3 minutes, Andy Botwin se moque de son père qui refuse d'admettre que sa mère veut mourir : « Kill me... Kill me... What do you think she meant by that? Maybe it was her sled! » (Tue-moi...Tue-moi... Qu'est-ce qu'elle veut dire ? Peut-être que c'était de sa luge !)
  • Dans la série Friends (saison 8, épisode 12), Joey demande à Rachel si elle a déjà réussi à regarder Citizen Kane en entier, elle lui répond que certes, c'est ennuyeux, mais qu'apparemment c'est un classique (« Have you ever tried to sit through Citizen Kane? », « Yeah, I know it’s really boring, but it’s like a big deal. »).
  • Dans l'épisode 2 de la saison 3 de Fringe, Walter parle de « Rosebud » pour trouver le petit détail qui les mènera à découvrir l'énigme de l'épisode.
  • Dans la web-série Flander's Company le mot « Rosebud » est plusieurs fois utilisé lorsque les personnages sont à l'agonie et « Rosebud » est aussi le mot de passe d'un serveur secret de la Flander's Company.

Dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Le jeu TimeSplitters: Future Perfect rend également hommage à ce film avec la dernière remarque de Crow : « Rosebud… »
  • Dans le jeu Les Sims, « Rosebud » est un code triche qui débloque des fonds illimités.
  • Dans le jeu Zoo Tycoon, si on renomme une exposition « Xanadu », on accède aux licornes.
  • Dans le jeu vidéo Uplink, le mot de passe du serveur de test est « rosebud ».
  • Dans plusieurs jeux vidéo de guerre, comme Call of Duty certains soldats meurent en prononçant « rosebud ».

Dans la bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Un comic strip des Peanuts montre toute l'importance du mystère de « Rosebud » pour le spectateur. Alors que Linus annonce à sa sœur Lucy qu'il regarde Citizen Kane pour la première fois, elle lui révèle la solution de l'énigme.
  • Le dessinateur Don Rosa a imité plusieurs fois des scènes du film dans ses aventures de Picsou :
  • Le dessin animé SOS Fantômes y fait explicitement référence. Dans un épisode, les héros se rendent dans un manoir pour chasser un fantôme qui ne cesse d'appeler BOUTON DE ROSE. Après avoir tenté de le capturer en vain, les chasseurs vont être poursuivis par ce fantôme et tenteront de fuir avec le premier moyen qu'ils trouveront dans un débarras : une luge sur laquelle on peut lire bouton de rose, comme dans le film. Ils rendront la luge à son propriétaire (le fantôme) qui disparaîtra avec.
  • Dans la BD La Tour de Kyla, Eapon prononce « Rosebud » avant de mourir.
  • Batman fut créée par Bob Kane né Kahn et la première apparition du vengeur masqué au cinéma est en 1943 quelques mois après la sortie du film Citizen Kane. Orson Welles prête sa voix pour la bande annonce du film[20] et pour celle de The Shadow à la radio[21]. Le nom Bruce Wayne, choisi par Bill Finger, s'inspire de celui de son créateur. Dans son projet d'adaptation, il voyait Humphrey Bogart en Double-Face, James Cagney en Sphinx, Basil Rathbone en Joker, Marlene Dietrich en Catwoman et lui-même en Batman.
  • Dans la BD Pin-Up, de Berthet et Yann, Dorothy Partington répond ironiquement à des soldats qui l'interrogent sur son mystérieux tatouage R. P. H. : « Vous ne le croirez jamais... C'était le nom inscrit sur ma luge préférée quand j'étais enfant. »[22].

Dans la presse[modifier | modifier le code]

  • Le magazine de mode Citizen K rend hommage au film.

Dans la musique[modifier | modifier le code]

  • Le morceau intitulé The Union Forever du groupe américain The White Stripes a pour sujet le film. De plus, au milieu du morceau est chantée la chanson en hommage à Kane présente dans le film.
  • Jack Black, chanteur du groupe de rock américain Tenacious D fait une référence au film dans une de ses chansons. Dans The Pick of Destiny, chanson promotionnelle du film éponyme, il chante : « You know our movie's better than a Citizen Kane », pour montrer avec humour à quel point son film est bon.
  • "Citizen Kane" de Bernard Lavilliers en 1989, qui figure sur son l'album "If".

Autres[modifier | modifier le code]

La poste américaine a émis sur timbre postal une scène du film dans la série Celebrate the Century en 1999[23],[24].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « AFI's 100 YEARS...100 MOVIES. 10TH ANNIVERSARY EDITION », sur American Film Institute, (consulté le 7 juin 2011)
  2. « Rosebud ! » est le dernier mot prononcé par Orson Welles dans son apparition dans le film La Classe américaine de Michel Hazanavicius, en référence à Citizen Kane
  3. (en) Page « Business » sur IMDb.
  4. a et b (en) Spécification technique du film sur IMDb.
  5. (en) Dates de sortie sur IMDb.
  6. Georges Sadoul, Histoire du cinéma mondial, des origines à nos jours, Paris, Flammarion, , 719 p., p. 260
  7. a et b Sadoul 1968, p. 260
  8. (en) Maureen Cheryn Turim, Flashbacks in film : Memory and History, New York, Routledge, , 284 p. (ISBN 978-0415900065)
  9. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, Grammaire du cinéma, Paris, Nouveau Monde, , 588 p. (ISBN 978-2-84736-458-3), p. 454
  10. Briselance et Morin 2010, p. 422-423
  11. >André Bazin, Qu’est-ce que le cinéma ?, Paris, Les Éditions du Cerf, coll. « 7ème Art », , 372 p. (ISBN 2-204-02419-8), « En marge de… », p. 254
  12. Marie-France Briselance, Les 36 situations dramatiques, Paris, Nouveau Monde, coll. « Leçons de scénario », , 363 p. (ISBN 2-84736-180-4), p. 19-20
  13. Briselance et Morin 2010, p. 101
  14. Bazin 1994, p. 73
  15. Yannick Vallet, La Grammaire du cinéma : De l’écriture au montage : les techniques du langage filmé, Paris, Armand Colin, coll. « Focus Cinéma », , 192 p. (ISBN 9782200603816), chap. 3 (« Cadres, cadrage et caméra »), p. 75
  16. Vallet 2016, p. 79
  17. Briselance et Morin 2010, p. 474
  18. Briselance et Morin 2010, p. 474
  19. (en) The Battle Over Citizen Kane
  20.  (). Batman 1946 by Orson Welles - What if?. Consulté le .
  21. « : Issue #26 », sur Comic Book Resources (consulté le 14 mars 2016)
  22. Berthe et Yann, Poison Ivy (Pin-up t.2), planche 36.
  23. Celebrate the Century (en)
  24. « US Stamp Gallery >> Citizen Kane, Orson Wells », sur usstampgallery.com (consulté le 14 mars 2016)