Agnès Jaoui

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Agnès Jaoui
Description de cette image, également commentée ci-après
Agnès Jaoui au festival de Cannes 2015.
Naissance (55 ans)
Antony, Seine, France
Nationalité Drapeau de France Française
Profession Actrice
Scénariste
Réalisatrice
Chanteuse
Films notables Un air de famille
Le Goût des autres
On connaît la chanson

Agnès Jaoui, née le à Antony, est une actrice, scénariste, réalisatrice et chanteuse française.

En 1998, elle reçoit le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour le film On connaît la chanson, et a reçu quatre fois le César du meilleur scénario original ou adaptation. Son film Le Goût des autres a par ailleurs reçu le César du meilleur film en 2001. Ces six prix en font la femme la plus récompensée aux César.

Elle est surtout connue du grand public pour son association avec Jean-Pierre Bacri, avec lequel elle a joué et coécrit plusieurs pièces de théâtre et films.

Elle a aussi collaboré à plusieurs reprises avec les acteurs Bruno Podalydès et Karin Viard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Agnès Jaoui naît au sein d'une famille juive originaire de Tunisie[1]. Elle est la fille de Hubert Jaoui, auteur et formateur spécialisé dans la créativité marketing[1], et de Gyza Jaoui, psychothérapeute[1] spécialiste de l'analyse transactionnelle. « Communistes non marxistes, sionistes, modernes, très libres », ses parents fuient leur pays accédant à l'indépendance en 1962 pour s’enrôler dans un kibboutz du mouvement de jeunesse juif Hachomer Hatzaïr[2]. Ses parents n'ont aucun rapport avec le cinéma, mais ils écrivent tous les deux[1]. L'acteur Dominique Zardi est le cousin de son père.

Après une année passée dans le kibboutz, sa famille arrive à Paris. Agnès Jaoui fréquente le mouvement Hachomer Hatzaïr, après être passée par Sarcelles[1]. Elle lit énormément et commence à écrire à 11 ans[1]. Elle fait partie des premières jeunes filles à intégrer le lycée Henri-IV de Paris qui vient d'accéder à la mixité en 1978, et commence à jouer dans le club de théâtre de l'école, en interprétant Loulou dans la pièce Mon père avait raison[1]. Jusqu'à ses 15 ans, elle revient passer chaque été chez sa famille maternelle restée au kibboutz[2].

Elle entre au Cours Florent à 15 ans[1] et fait une première année de classe préparatoire littéraire (hypokhâgne) au lycée Henri-IV. Elle suit dès 1984 les cours d'art dramatique du théâtre des Amandiers de Nanterre dirigé par Patrice Chéreau. Dans le cadre des études de cette école, elle part aux États-Unis où elle complète sa formation, notamment en comédie musicale[3].

Débuts d'actrice et consécration comme scénariste (années 1990)[modifier | modifier le code]

La scénariste récompensée pour Smoking / No Smoking aux côtés d'Alain Resnais et de Juliette Binoche, aux Césars 1994.

Chéreau lui donne un rôle dans le drame Hôtel de France, qui sort en 1987. Elle joue la même année dans la pièce L'Anniversaire de Harold Pinter, dans la mise en scène de Jean-Michel Ribes, auprès de son futur compagnon[4] Jean-Pierre Bacri.

Ensemble, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri écrivent la pièce Cuisine et dépendances qui fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1992 par Philippe Muyl, dans laquelle elle joue, aux côtés de Bacri.

En 1993, Alain Resnais fait appel à eux pour adapter au cinéma la série des huit pièces d'Alan Ayckbourn, Intimate Exchanges, concentrée en deux films sous le titre Smoking / No Smoking. Ce diptyque ironique, ludique et théorique qui étudie les rapports entre hasard, libre-arbitre et destin leur vaut le César du meilleur scénario en 1994.

Le grand public ne découvre véritablement ce duo d'acteurs-scénaristes qu'en 1996 avec le succès du film de Cédric Klapisch, adapté de leur pièce Un air de famille, qui révèle leur talent d'observateurs du quotidien, leur critique des carcans sociaux puis leur humour corrosif et désenchanté. Ce style percutant leur permet de remporter un second César en 1997. La même année, ils collaborent à nouveau avec Resnais sur On connaît la chanson dont ils sont désormais scénaristes et interprètes. Grâce au film, chacun d'eux gagne son troisième trophée pour le meilleur scénario aux Césars 1998 ainsi que sa toute première statuette en tant que meilleur second rôle.

Le tandem se reforme à la fin de la décennie pour écrire et interpréter son premier long métrage en tant que réalisatrice Le Goût des autres (2000) qui explore, avec humour et émotion, l'opposition d'identités socio-culturelles dans un petit groupe de personnes. Le film rassemble près de 4 millions de spectateurs en salles et remporte 4 Césars en 2001 dont celui du meilleur film, ainsi qu'une nomination pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Diversification (années 2000)[modifier | modifier le code]

Jaoui essaie aussi de s'imposer comme actrice, sans Bacri : elle tient ainsi des seconds rôles dans la comédie Le Déménagement, d’Olivier Doran, sorti en 1997, puis dans Le Cousin, d’Alain Corneau, porté par le tandem Alain Chabat / Patrick Timsit.

Mais c'est en 2000 qu'elle est pour la première fois l'unique tête d'affiche d'un long-métrage : le drame Une femme d'extérieur, de Christophe Blanc.

Deux ans plus tard, elle change complètement de registre en endossant le rôle principal d'un film à costumes adapté du roman de Stefan Zweig 24 heures de la vie d'une femme de Laurent Bouhnik. En 2004, elle partage l'affiche de la comédie dramatique Le Rôle de sa vie avec Karin Viard. Pour cette première réalisation de François Favrat, l'actrice y campe une vedette de cinéma égocentrique.

La même année, elle présente son deuxième film comme réalisatrice en compétition au Festival de Cannes, le drame Comme une image, toujours interprété et co-écrit avec Bacri. Le duo obtient le Prix du scénario.

En 2005, après avoir tenu le rôle principal du drame historique La Maison de Nina, dernier film de Richard Dembo, elle se consacre à la chanson et enregistre un album inspiré de rythmes et de sonorités latines. Canta sort l'année suivante.

En 2008, elle revient au cinéma pour la comédie dramatique Parlez-moi de la pluie, toujours sous la casquette de réalisatrice-interprète et co-scénariste, offrant à Jamel Debbouze un rôle à contre-emploi.

Retour aux planches (années 2010)[modifier | modifier le code]

Comme membre du jury du Festival de Cannes 2017.

Cette décennie la voit confirmer comme actrice et réalisatrice, mais c'est au théâtre qu'elle est de nouveau récompensée.

Jaoui partage d'abord l'affiche de la comédie dramatique Du vent dans mes mollets avec Denis Podalydès et Isabelle Carré, sous la direction de Carine Tardieu, qui lui permet de s'intéresser au monde de l'enfance. L'année suivante, elle poursuit sur cette thématique comme auteur en dévoilant sa quatrième réalisation, Au bout du conte. Cette fois, la critique est partagée, mais le film attire tout de même plus de 900 000 spectateurs.

Après vingt ans d'absence au théâtre, elle effectue son grand retour sur les planches en 2014, pour la pièce Les Uns sur les autres, mise en scène par Catherine Schaub. Sa performance lui vaut une nomination au Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé. La même année, elle fait partie du casting choral de la comédie dramatique L'Art de la fugue, de Brice Cauvin.

2015 est marquée par la sortie de deux longs-métrages : la comédie dramatique Comme un avion, réalisée et principalement interprétée par Bruno Podalydès. L'actrice y a aussi pour partenaires Sandrine Kiberlain et Vimala Pons. Elle retrouve cette dernière au sein du casting de la comédie semi-autobiographique Je suis à vous tout de suite, première réalisation de la scénariste césarisée Baya Kasmi.

En 2017, elle porte le drame Aurore, de Blandine Lenoir, où elle joue une cinquantenaire s'apprêtant à devenir grand-mère tout en affrontant sa ménopause. Durant le Festival de Cannes 2017, elle est membre du jury des longs métrages, présidé par le réalisateur espagnol Pedro Almodovar, au côté notamment du réalisateur l'italien Paolo Sorrentino, et des comédiens américains Jessica Chastain et Will Smith.

L'année 2018 marque son retour comme scénariste et réalisatrice avec la satire Place publique, qui lui permet aussi de retrouver Jean-Pierre Bacri, derrière et devant la caméra. Parallèlement, elle porte la comédie dramatique Les Bonnes Intentions, de Gilles Legrand.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Agnès Jaoui est la sœur de Laurent Jaoui, également scénariste et réalisateur. Elle a été la compagne de Jean-Pierre Bacri[4] de 1987 à 2012. Malgré leur séparation, les deux sont demeurés proches et continuent d'écrire et de jouer ensemble au cinéma[5],[6].

Agnès Jaoui a adopté deux enfants brésiliens (qui avaient 5 et 7 ans au moment de l'adoption en 2012). En parlant de son adoption à l’étranger, elle note :

« Je trouve insupportable de voir que dans les biographies de femmes, on précise toujours “avec” ou “sans” enfants. Je n’ai pas toujours ressenti ce besoin viscéral, mais j’en ai envie depuis longtemps et je viens d’en adopter deux au Brésil, qui ont 5 et 7 ans[7]. »

Engagements[modifier | modifier le code]

Agnès Jaoui est politiquement très engagée sur plusieurs sujets de société (étrangers en situation irrégulière, intermittents du spectacle, etc.).

Elle se déclare en faveur de la candidature de Martine Aubry lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011 et en 2014 elle est membre du comité de soutien à la candidature d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris[8].

En , à la suite de la démission de Nicolas Hulot, elle signe avec Juliette Binoche la tribune contre le réchauffement climatique intitulée « Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité », qui parait en une du journal Le Monde, avec pour titre L'appel de 200 personnalités pour sauver la planète[9].

Le , plus de 70 célébrités se mobilisent à l'appel de l'association Urgence Homophobie. Jaoui est l'une d'elles et apparaît dans le clip de la chanson De l'amour[10],[11],[12].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Actrice[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Les données ci-dessous proviennent de l'European Audiovisual Observatory.

Année Film Réalisation Entrées en France Entrées en Europe
2000 Le Goût des autres Agnès Jaoui 3 859 151 5 299 954
1997 On connaît la chanson Alain Resnais 2 649 299 3 312 749
1996 Un air de famille Cédric Klapisch 2 442 289 2 665 680
2004 Comme une image Agnès Jaoui 1 629 469 2 483 627
2008 Parlez-moi de la pluie Agnès Jaoui 1 003 068 1 227 661
2013 Au bout du conte Agnès Jaoui 954 507 1 227 335

Théâtre[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Solo[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 2006, Agnès Jaoui entame une carrière de chanteuse. Elle n'est pas totalement novice dans le domaine musical puisqu'elle a fréquenté le conservatoire où elle est entrée à l’âge de 17 ans. Elle fait partie du label indépendant tôt ou tard. À chanté le rôle de La Périchole, opéra-bouffe de Jacques Offenbach.

  • 2006 : Canta, premier album, musiques latines (fado, flamenco, boléro, bossa nova…) chantées exclusivement en espagnol et portugais. Première tournée en France et Belgique, mars et . Victoires de la musique 2007 « album musique du monde ». Son direct fut perturbé par un défenseur des médecines naturelles pour guérir le cancer.
  • 2009 : Dans mon pays, produit par Vincent Ségal. Cet album aux sonorités latines comprend majoritairement des chansons interprétées en espagnol et portugais à l'exception de deux titres chantés en français.
  • 2015 : Nostalgias.

Participations[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Césars[modifier | modifier le code]

Oscars[modifier | modifier le code]

Festival de Cannes[modifier | modifier le code]

Prix Lumières[modifier | modifier le code]

David di Donatello[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h Thierry Klifa, « Agnès Jaoui : L'art de vivre », Studio magazine, no 153,‎ , p. 124-129 (ISSN 0982-8354)
  2. a et b Interview d'Agnès Jaoui dans l'émission Thé ou Café animée par Catherine Ceylac, 22 février 2014, 3 min 12 s.
  3. interview du 19 novembre 2015
  4. a et b lepoint.fr
  5. « Agnès Jaoui, la douceur de vivre », Paris-Match, 26 août 2012.
  6. « Le conte est bon à Six-Fours pour le duo Bacri-Jaoui », Nice-Matin, 31 janvier 2013.
  7. Voir sur parismatch.com, août 2012.
  8. Bertrand Gréco et Gaspard Dhellemmes, L'histoire secrète d'une élection capitale, éditions du Moment, 2014, page 154.
  9. « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 14 septembre 2018)
  10. « 70 personnalités françaises s'unissent dans un clip contre l'homophobie », RTBF, (consulté le 17 janvier 2019)
  11. Auriane Guerithault, « Muriel Robin, Elise Lucet, Vincent Dedienne… 70 personnalités se mobilisent pour lutter contre les violences homophobes », France Info, (consulté le 17 janvier 2019)
  12. « Pierre Lapointe chante contre l'homophobie dans un vidéoclip français », Société Radio-Canada, (consulté le 17 janvier 2019)
  13. Voir sur lessymphoniessubaquatiques.com.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]