Marcello Mastroianni

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Marcello Mastroianni
Image dans Infobox.
Marcello Mastroianni à la Mostra de Venise 1990.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
Père
Otteno Mastroianni (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Enfants
Chiara Mastroianni
Barbara Mastroianni (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Autres informations
Distinctions

Marcello Mastroianni [/marˈt͡ʃɛlːo mastroˈjanːi/][1] est un acteur italien né le à Fontana Liri et mort le à Paris.

Avec Nino Manfredi, Vittorio Gassman, Alberto Sordi et Ugo Tognazzi, il est l'un des piliers des comédies italiennes des années 1960 à 1970.

Avec Jack Lemmon et Dean Stockwell, il est l'un des trois acteurs à avoir remporté à deux reprises le Prix d'interprétation masculine au festival de Cannes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse, formation et débuts[modifier | modifier le code]

Marcello Mastroianni naît à Fontana Liri, un village de montagne de la province de Frosinone à mi-chemin entre Rome et Naples, dans la région du Latium.

De 1938 à 1943, il obtient des rôles de figurant ou « d'utilité » dans quelques films puis, en raison de l'opposition familiale au fascisme, il est obligé de se cacher jusqu'à la fin des hostilités de la Seconde Guerre mondiale. Il obtient en 1943 le diplôme de perito edile[Quoi ?] et travaille comme technicien à l’institut géographique militaire[2].

Dès 1945, il s'inscrit au centre universitaire de théâtre (Centro Universitario Teatrale) où il fait la connaissance de Luchino Visconti, ce dernier lui donnant un rôle dans une pièce de théâtre qu'il dirige, l'adapatation de Un tramway nommé Désir. Lors de ses prestations théâtrales, Mastroiani a l'occasion de jouer avec Giulietta Masina et, ainsi, de lier connaissance avec son mari, Federico Fellini. Cette rencontre aura une influence considérable sur sa carrière.

Carrière cinématographique[modifier | modifier le code]

Marcello Mastroiani dans le film Dans les coulisses (1950).

Au cinéma, Marcello Mastroiani va de rôles mineurs en rôles très secondaires jusqu'à Jours d'amour (Giorni d'amore), réalisé en 1954 par Giuseppe De Santis et Leopoldo Savona, pour lequel il obtient sa première récompense en 1955, un Ruban d'argent, pour son rôle de Pasquale.

Ses capacités d'adaptation aux rôles qu'on lui propose lui permettent de jouer aussi bien avec des réalisateurs de la période des Téléphones blancs tels Mario Camerini (1953 et 1955) ou Alessandro Blasetti (de 1954 à 1956, et en 1965), qu'avec des réalisateurs du néoréalisme tels Giuseppe De Santis (1954), Luchino Visconti (1957 et 1967) ou Vittorio De Sica (1963, 1964, 1968 et 1970).

Après ce premier Ruban d'argent (il en obtiendra sept durant sa carrière et un posthume), c'est encore Luchino Visconti, son mentor de théâtre, qui lui ouvre les portes de la renommée, avec le rôle principal de Mario dans Nuits blanches (Le Notti bianche), d'après le roman homonyme de Fiodor Dostoïevski.

Avec Anouk Aimée dans La dolce vita (1960).

En 1960, Federico Fellini lui propose le rôle de Marcello Rubini dans La dolce vita qui, avant de devenir un film culte crée un scandale par son audace ; le film remporte nombre de récompenses dont la Palme d'or au festival de Cannes la même année. C'est le début de la réputation de « latin lover » de Mastroianni, dont il se défendra toute sa vie.

Dès lors, il alterne les rôles : il joue dans des comédies à l'italienne (commedia all'italiana) comme Les Joyeux Fantômes d'Antonio Pietrangeli et Divorce à l'italienne (1961) de Pietro Germi, ou Mariage à l'italienne (1964) de De Sica, pour lesquels il obtient des récompenses aussi bien italiennes qu'internationales.

Il joue également dans des films du courant dit « de la politique des auteurs » (politica degli autori) tels que La Nuit (1961) de Michelangelo Antonioni, Huit et demi (1963) de Federico Fellini ou L'Étranger (1967) de Visconti.

Marcello Mastroianni en 1980.

Son parcours d'acteur l'amène à jouer avec les plus grands réalisateurs italiens : Mauro Bolognini, Ettore Scola, Elio Petri ou Dino Risi, y compris ceux du courant cinématographique italien de l'engagement (impegno) : Marco Bellocchio et Marco Ferreri.

Des réalisateurs étrangers, aux styles aussi divers que Jules Dassin, Louis Malle, Terence Young, John Boorman, Nadine Trintignant, Roman Polanski, Jacques Demy, Yves Robert le font jouer.

Sans rompre avec le cinéma italien, sa carrière s'oriente toujours davantage vers des productions d'autres pays. On le voit devant la caméra grecque de Theo Angelopoulos, russo-italienne de Nikita Mikhalkov pour Les Yeux noirs (1987) (qui lui vaut un second Prix d'interprétation à Cannes, 17 ans après Drame de la jalousie), française de Bertrand Blier ou Agnès Varda, américaine de Robert Altman, franco-chilienne de Raoul Ruiz, portugaise de Manoel de Oliveira.

En 1974, il apparaît dans l'émission Italiques pendant une reconstitution de la scène de la dolce vita devant la fontaine de Trevi, dans le documentaire Cinéma italien et littérature : le voyage de Fellini[3].

Vie privée et mort[modifier | modifier le code]

En 1950, Marcello Mastroianni épouse l'actrice de théâtre Flora Carabella dont il ne divorcera jamais, malgré leur séparation en 1970. Leur fille Barbara, née en 1952, est devenue une costumière de cinéma réputée.[réf. souhaitée]

Tombe de Marcello Mastroianni au cimetière de Campo Verano à Rome.

De 1968 à 1970, il partage la vie de l'actrice Faye Dunaway, sa partenaire dans le film Le Temps des amants (1968). Elle souhaite l'épouser et avoir des enfants, mais Mastroianni, en bon catholique, refuse de divorcer de Carabella. Elle l'attend deux années puis le quitte[4].

Il entretient également une relation de quelques mois avec l'actrice Silvana Mangano[5] dans la jeunesse de l'actrice.

En 1971, sur le tournage du film Liza de Marco Ferreri, il rencontre l'actrice Catherine Deneuve. Leur fille Chiara, née en 1972, deviendra elle-aussi actrice et jouera aux côtés de son père dans Les Yeux noirs (1987) et Trois vies et une seule mort (1996).[réf. souhaitée]

À la fin de sa vie, il a vécu au 91, rue de Seine à Paris. Il y meurt le , des suites d'un cancer du pancréas. Il est inhumé en Italie au cimetière communal monumental de Campo Verano de Rome.[réf. souhaitée]

On retrouve très souvent le nom de Ruggero Mastroianni, le frère de Marcello Mastroianni de cinq ans son cadet et mort trois mois avant lui, dans les mêmes génériques de films que lui. Son frère était chef monteur et a beaucoup travaillé avec Federico Fellini.[réf. souhaitée]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Premiers travaux[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Marcello Mastroianni dans Drame de la jalousie (1970).

Années 1980[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompense Catégorie Année Film Statut
Europe
Festival de Cannes Prix d'interprétation masculine 1970 Drame de la jalousie Lauréat
1987 Les Yeux noirs Lauréat
Mostra de Venise Meilleure interprétation masculine 1989 Quelle heure est-il Lauréat
Lion d'or pour la carrière 1990 Lauréat
Meilleure interprétation masculine dans un second rôle 1993 Un, deux, trois, soleil Lauréat
Festival international du film de Saint-Sébastien Coquille d'argent du meilleur acteur 1970 Casanova 70 Lauréat
Drapeau des États-Unis États-Unis
Oscars Meilleur acteur 1963 Divorce à l'italienne Nomination
1978 Une journée particulière Nomination
1988 Les Yeux noirs Nomination
Golden Globes Meilleur acteur - Film musical ou comédie 1963 Divorce à l'italienne Lauréat
1965 Mariage à l'italienne Nomination
Meilleur acteur - Film dramatique 1978 Une journée particulière Nomination
Meilleur acteur - Film musical ou comédie 1993 4 New-yorkaises Nomination
Drapeau de l'Italie Italie
David di Donatello Meilleur acteur 1964 Hier, aujourd'hui et demain Lauréat
1965 Mariage à l'italienne Lauréat
1983 La Nuit de Varennes Nomination
David spécial 1983 pour sa carrière Lauréat
Meilleur acteur 1986 Ginger et Fred Lauréat
1988 Les Yeux noirs Lauréat
1995 Pereira prétend Lauréat
David spécial 1997 en mémoire Lauréat
Ruban d'argent Meilleur acteur 1955 Jours d'amour Lauréat
1957 La Chance d'être femme Nomination
1958 Nuits blanches Lauréat
Meilleur acteur dans un second rôle 1959 Femmes d'un été Nomination
Meilleur acteur 1961 La dolce vita Lauréat
Le Bel Antonio Nomination
1962 Divorce à l'italienne Lauréat
1963 Journal intime Nomination
1964 Huit et demi Nomination
1965 Mariage à l'italienne Nomination
1966 La Dixième Victime Nomination
1971 Drame de la jalousie Nomination
1983 La Nuit de Varennes Nomination
1986 Ginger et Fred Lauréat
Macaroni Nomination
1988 Les Yeux noirs Lauréat
1990 Quelle heure est-il Nomination
1991 Dans la soirée Lauréat
1996 Pereira prétend Nomination
Drapeau de l'Espagne Espagne
Prix Sant Jordi Meilleur acteur étranger 1985 La Nuit de Varennes Lauréat
L'Histoire de Piera Lauréat
1987 Ginger et Fred Lauréat
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
BAFTA Meilleur acteur étranger 1964 Divorce à l'italienne Lauréat
1965 Hier, aujourd'hui et demain Lauréat

Postérité[modifier | modifier le code]

Image de Marcello Mastroianni dans Huit et demi (1963), reprise pour illustrer l’affiche du festival de Cannes 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en italien standard retranscrite selon la norme API.
  2. https://www.archivioriccardi.it/marcello-mastroianni/
  3. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 16 août 1974.
  4. (en) Peter Castro, « Lover and Legend », People, .
  5. Jean-Baptiste Roques, « Les soleils noirs de la Mangano », Vanity Fair no 24, juin 2015, pages 150-159.
  6. « L'affiche officielle du Festival 2014 », bdfci.info, 16 avril 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean A. Gili, Marcello Mastroianni, La Martinière, 2016, 192 pages.
  • Matilde Hochkofler, Marcello Mastroianni. Le jeu plaisant du cinéma, Gremese, 2001, (ISBN 8873014887).

Liens externes[modifier | modifier le code]