Anna Karina

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Anna Karina
Anna Karina July 1977.jpg
Anna Karina en 1977.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 79 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Période d'activité
Nom de naissance
Hanne Karin Bayer
Pseudonyme
Anna KarinaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Conjoints
Autres informations
Taille
1,7 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Films notables

Hanne Karin Bayer[1], dite Anna Karina, née le [2] à Solbjerg[2],[3] au Danemark et morte le à Paris[4], est une actrice, chanteuse et écrivaine française d'origine danoise.

Elle est principalement connue pour ses rôles dans les films de Jean-Luc Godard entre 1960 et 1967 et pour sa carrière de chanteuse, notamment aux côtés de Serge Gainsbourg (Sous le soleil exactement) et de Philippe Katerine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts[modifier | modifier le code]

Hanne Karin Bayer commence sa carrière au Danemark, où, après divers petits emplois, elle chante dans des cabarets, travaille comme mannequin chez Catherine Harlé,et joue dans des publicités et des courts métrages. Elle fuit une mère absente et un beau-père violent[5] et vient à Paris à l'âge de dix-sept ans. Repérée par Catherine Harlé, elle pose pour des photos pour le magazine Elle dirigée par Hélène Lazareff et y rencontre Coco Chanel qui lui invente son nom Anna Karina[6]. C'est à cette époque qu'elle est repérée par Jean-Luc Godard, alors journaliste aux Cahiers du cinéma, avec lequel elle se marie en 1961.

Carrière cinématographique[modifier | modifier le code]

En 1959, elle refuse un petit rôle dans À bout de souffle parce qu'il comprenait une scène dénudée. Son personnage disparaîtra finalement du film. Malgré ce refus, Anna Karina jouera dans nombre de films de Jean-Luc Godard. Ils se marient peu de temps après le tournage du Petit Soldat (1960), film dont la sortie est empêchée par la censure[7]. Le public la découvre dans Ce soir ou jamais de Michel Deville, remplaçant au pied-levé Marie-José Nat (1940-2019) contre l'avis de Jean-Luc Godard. À la sortie du film, il la trouve fabuleuse et lui propose le premier rôle dans Une femme est une femme[5] où elle partage l'affiche avec Jean-Paul Belmondo et Jean-Claude Brialy. Pour son interprétation du personnage d'Angela, elle obtient en 1961 le prix de la meilleure actrice au festival de Berlin. Elle enregistre sa première chanson tirée de ce même film, La chanson d'Angela, dont les paroles sont signées par Jean-Luc Godard et la musique par Michel Legrand. Anna Karina s'impose comme l'égérie de Jean-Luc Godard pour lequel elle joue dans 7 de ses films dont Pierrot le Fou, Bande à part, Vivre sa vie ou encore Alphaville, et devient par-là même une icône de La Nouvelle Vague. Anna Karina chante dans de nombreux films, particulièrement des chansons de Serge Rezvani dit Cyrus Bassiak.

Anna Karina en 1968 à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol.

La carrière d’Anna Karina ne se limite pas aux films de Jean-Luc Godard, et elle obtient nombre de succès dans ceux d’autres réalisateurs. Dans les années 1960, elle tourne pour Agnès Varda, Chris Marker, Roger Vadim ou Jean Aurel. Sa prestation dans Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot (1967) de Jacques Rivette est même tenue par certains[Qui ?] comme la meilleure de sa carrière bien que le film, tourné en 1964, soit interdit par la Censure. Anna Karina sera dirigée par Luchino Visconti dans L'Étranger (aux côtés de Marcello Mastroianni), mais aussi par George Cukor, Volker Schlöndorff, Rainer Werner Fassbinder, Tony Richardson, Raoul Ruiz ou encore Jonathan Demme. En 1967, Anna Karina est l'héroïne de la seule comédie musicale signée par Serge Gainsbourg, Anna, téléfilm réalisé par Pierre Koralnik dans lequel elle joue aux côtés de Jean-Claude Brialy et Serge Gainsbourg. Parmi les nombreuses chansons écrites pour elle par Gainsbourg, Sous le soleil exactement devient sa chanson la plus populaire et elle l'interprète alors sur les plateaux télévisés[8]. Elle apparaît dans le documentaire Des écrivains à New York, dans Italiques en 1972[9].

En 1973, Anna Karina fait ses débuts de réalisatrice avec Vivre ensemble, qu'elle écrit, produit, et dans lequel elle joue également, donnant son premier rôle à l'animateur radio Michel Lancelot. Le film est présenté au Festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la critique[10].

Après avoir joué sous la direction de Franco Brusati, Benoît Jacquot ou encore Rainer Werner Fassbinder, Anna Karina revient au théâtre en 1978 dans une pièce écrite et mise en scène par Françoise Sagan, Il fait beau jour et nuit. En 1982, Anna Karina donne la réplique à Ava Gardner et Anthony Quinn dans Regina Roma de Jean-Yves Prat. Elle écrit, chante et joue également dans La Dernière Chanson (Last Song) en 1987 réalisé par Dennis Berry son quatrième époux. La même année, le film d'Alain Maline lui vaut son unique nomination à la Cérémonie des César, puis elle est l'invitée de Thierry Ardisson dans l'émission Bains de minuit aux Bains Douches, où Jean-Luc Godard lui fait la surprise de sa participation. Ils ne s'étaient pas revus et parlé depuis vingt ans, et les propos échangés sur leur relation amoureuse et professionnelle, ainsi que de leur séparation, les rendent particulièrement émus, chacun à leur façon[11].

Anna Karina, invitée d'honneur du festival Sous les projecteurs à Villandraut (Gironde) en 1994.

Sa carrière se partage désormais entre cinéma, théâtre, écriture de romans et de chansons. On la retrouve sporadiquement au cinéma notamment dans Haut bas fragile (1994) qui lui permet de retrouver Jacques Rivette, vingt ans après La Religieuse, puis partage l'affiche avec la jeune Marion Cotillard dans Chloé de Dennis Berry en 1996. Anna Karina est à l'affiche Théâtre de la Renaissance en 1997 pour jouer l'adaptation du film d'Ingmar Bergman, Après la répétition, aux côtés de Bruno Cremer et Garance Clavel. Lors de la tournée qui suit, le directeur du Théâtre de Mâcon lui propose de débuter sur scène comme chanteuse et organise une rencontre avec Philippe Katerine[12]. Ensemble, ils créent un spectacle joué pour la première fois le 30 septembre 1999 dans le cadre du Festival Les voix si Les voix la[13]. Dans la foulée, Anna Karina publie en l'an 2000 l'album Une histoire d'amour (Barclay/Universal) sous l'égide de Philippe Katerine puis entame avec lui une tournée en France et à l'étranger délaissant peu à peu le grand écran. Elle apparaît toutefois dans Moi César de Richard Berry en 2002 puis elle chante dans La Vérité sur Charlie (The Truth About Charlie) de Jonathan Demme toujours en 2002 où elle impose Katerine et Philippe Eveno parmi les figurants.

En 2007, elle écrit et réalise un road-movie nommé Victoria à Montréal, à Québec et au Saguenay–Lac-Saint-Jean dans lequel elle interprète le rôle principal aux côtés du jeune comédien Woodson Louis, du chanteur Jean-François Moran et d'Emmanuel Reichenbach. Ce long-métrage a été produit par la cinéaste canadienne Hejer Charf (Nadja Productions Inc). C'est Philippe Katerine qui compose la musique du film.

Anna Karina présente en 2009 la version restaurée de Pierrot le fou[14] au Festival de Cannes et accompagne la ressortie du film dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis en 2016[15]. Pour les 50 ans de La Nouvelle Vague, elle est l'invitée d'honneur de la Cinémathèque de Copenhague en mai 2009[16].

Au début des années 2010, elle entreprend l'adaptation des contes d'Andersen en comédies musicales pour jeune public avec ses complices Katerine et Philippe Eveno et les participations de Jeanne Cherhal, Arielle Dombasle ou encore Barbara Carlotti[17].

En 2012, elle est l'invitée d'honneur du 5e Festival international du film de Dieppe[18] puis en 2013, elle assiste aux représentations de la comédie musicale Anna de Serge Gainsbourg et Pierre Koralnik, adaptée sur la scène du théâtre du Rond-Point à Paris. Cécile de France y reprend son rôle sous la direction d'Emmanuel Daumas[19].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Parallèlement, Anna Karina a mené une carrière de chanteuse tout en chantant dans de très nombreux films.

Jean-Luc Godard lui écrit La Chanson d'Angela pour le film Une femme est une femme sur une musique de Michel Legrand et lui fait interpréter J'entends, j'entends de Louis Aragon et Jean Ferrat dans le film Bande à part. Dans Pierrot le Fou, Anna Karina crée deux chansons de Bassiak dont Ma ligne de chance en duo avec Jean-Paul Belmondo. Elle chante en duo avec Claude Brasseur dans le film de Jacques Baratier Dragées au poivre en 1963 puis la chanson du film Le voleur de Tibidabo en 1964 et la chanson Plaisir d'amour dans le film de Rivette La Religieuse en 1965. En 1967, elle rencontre un grand succès avec Sous le soleil exactement et Roller Girl. Ces titres de Serge Gainsbourg sont extraits de la comédie musicale Anna de Pierre Koralnik. Elle y chante sept morceaux aux côtés de Serge Gainsbourg et de Jean-Claude Brialy.

Anna Karina reprend des standards du jazz dans le film Dernier Été à Tanger d'Alexandre Arcady en 1986. Elle se produit au Palace la même année avec les acteurs du film Last song pour y chanter des titres de Dennis Berry et Stéphane Vilar. Ces derniers écrivent également les chansons qu'elle interprète dans le film de Jacques Rivette Haut bas fragile en 1994. Elle est l'auteur de la chanson qu'elle chante dans La Vérité sur Charlie (The truth about Charlie) de Jonathan Demme ainsi que de la chanson de son film Vivre ensemble pour lequel elle a également enregistré deux chansons de Serge Gainsbourg restées longtemps inédites : Hier ou demain et La Noyée.

La plupart de ces titres ont été réunis sur les compilations Chansons de films parue en 2004 et Je suis une aventurière parue en 2018.

En 1999, elle a enregistré avec Philippe Katerine un album intitulé Une histoire d'amour. Le disque sort en 2000 et sera suivi d’une tournée dans les principaux festivals en France et à l'étranger. Anna Karina s'est produite également sur la scène du Printemps de Bourges 2006 pour un hommage à Serge Gainsbourg.

Elle adapte, écrit les paroles et chante dans deux comédies musicales mises en musique par Philippe Eveno : Le vilain petit canard et La petite sirène, tirés des contes d'Andersen où elle donne la vedette à Philippe Katerine.

Elle a écrit quatre romans, trois films, joué au théâtre et fait quelques apparitions dans des téléfilms.

Dernières années[modifier | modifier le code]

Anna Karina au festival de Cannes 2018.

En 2017, son mari Dennis Berry lui consacre un documentaire Anna Karina, souviens-toi[20] présenté au Festival Lumière de Lyon dont elle est l'invitée d'honneur[21].

En 2018, elle figure sur l'affiche du 71e Festival de Cannes aux côtés de Jean-Paul Belmondo dans une scène extraite du film Pierrot le fou de Jean-Luc Godard[22]. C'est une année faste pour Anna Karina dont le premier film qu'elle a réalisé, Vivre ensemble, ressort en salles dans une version restaurée, tout comme Suzanne Simonin, La Religieuse de Diderot de Jacques Rivette, présenté à Cannes Classic, ainsi qu'un album de chansons intitulé Je suis une aventurière[23]. Invitée du Festival de Cannes, elle se rend ensuite dans plusieurs villes de France pour accompagner la ressortie de ces deux films ainsi qu'à Tokyo en septembre 2018 pour la sortie japonaise de son album. À cette occasion, elle chante sur scène lors du festival Tandem accompagnée par David Aron-Brunetière[24].

En septembre 2019, Anna Karina se rend à ChâteauvallonCharles Berling présente l'adaptation théâtrale du film Vivre sa vie de Jean-Luc Godard. Le 4 octobre 2019, la cinémathèque de Grenoble lui rend hommage en sa présence[25].

Elle meurt à Paris le 14 décembre 2019 des suites d'une complication post-opératoire[26]. Sa famille dément[26] que sa mort soit due à un cancer. Ses obsèques sont célébrées le 21 décembre au cimetière du Père-Lachaise à Paris en présence de nombreuses personnalité de la chanson et du cinéma[27]. Elle est inhumée dans la 49e division.

En janvier 2020, l'affiche de la 45e cérémonie des César est dévoilée. Elle représente une photographie d'Anna Karina, prise par Georges Dambier en 1959, alors qu'il travaillait pour le magazine Elle[28]. Son visage apparait également sur les affiches de la rétrospective "Tout Godard", notamment dans les stations du métro parisien en février 2020.

Anna Karina sur les affiches de la rétrospective "Tout Godard" dans le métro parisien en février 2020.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Anna Karina épouse Jean-Luc Godard en 1961. Ils divorcent en 1965 et, en 1968, elle se marie avec Pierre Fabre. En 1974, elle divorce de ce dernier, pour épouser quatre ans plus tard Daniel Duval. Ils divorcent en 1981 et, l'année suivante, elle se remarie avec Dennis Berry. Elle est, par alliance, la belle-fille de l'actrice Myriam Boyer.

Décorations[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Romans
  • Vivre ensemble, Presses de la Cité, 1973
  • Golden City, Paris, Olivier Orban, 1983
  • On n'achète pas le soleil, Paris, Ramsay, 1988
  • Jusqu'au bout du hasard, Paris, Grasset, 1998

Discographie[modifier | modifier le code]

33 tours[modifier | modifier le code]

45 tours[modifier | modifier le code]

CD[modifier | modifier le code]

  • 2000 : Une histoire d'amour, écrit par Philippe Katerine (Barclay)
  • 2004 : Chansons de films (Mercury)
  • 2009 : Anna, bande originale du film, réédition en CD + DVD (Mercury)
  • 2010 : Le Vilain Petit Canard, conte musical d'Anna Karina, d'après Hans Christian Andersen
  • 2013 : La Petite Sirène, conte musical d'Anna Karina d'après Andersen avec Jeanne Cherhal, Philippe Katerine, John Ferrère, Delphine Volange, Barbara Carlotti (Balandras éditions/ Naïve)
  • 2018 : Je suis une aventurière, compilation de titres extraits des films Une femme est une femme, Pierrot le Fou, Anna, Last song, de l'album Une histoire d'amour et plusieurs chansons inédites écrites et/ou composées par Dennis Berry, Stéphane Vilar, Anna Karina, Philippe Eveno et Howe Gelb (Balandras éditions/ EPM/ Universal)

Participations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En sol majeur, RFI, Je ne m'appelle absolument pas Blarke (...) Je portais ce nom là à l'école parce que ma mère ne voulait pas dire qu'elle avait divorcé
  2. a et b Anna Karina sur www.lesgensducinema.com.
  3. (en) « Anna Karina, luminous star of French New Wave films, dies at 79 », sur The Washington Post, (consulté le 3 janvier 2020)
  4. « Décès à 79 ans d’Anna Karina, actrice fétiche de Jean-Luc Godard », sur www.leparisien.fr, (consulté le 15 décembre 2019).
  5. a et b France Info, Le Monde d'Élodie, 29 août 2018.
  6. Lépine 2006.
  7. [1] Le Monde, 28 avril 2012.
  8. [2] Archive INA.
  9. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 27 juillet 1972.
  10. Le Monde, 18 décembre 2019 : "Vivre ensemble" ressort en salles
  11. Bains de Minuit, Jean-Luc Godard et Anna Karina, vingt ans après, Institut national de l'audiovisuel, 25 décembre 1987.
  12. Les Inrockuptibles, 16 décembre 2019
  13. Les Inrockuptibles, 30 septembre 1999
  14. [3] Challenges
  15. [4] The New Yorker.
  16. Site de l'Ambassade de France à Copenhague.
  17. [5].
  18. Site Actu.fr..
  19. Le Figaro, 30 juin 2013.
  20. France Inter, 24 décembre 2013.
  21. Rue 89 Lyon..
  22. France Info, mai 2018.
  23. AFP, mai 2018.
  24. Je suis musique, 1er septembre 2018.
  25. Site de la cinémathèque de Grenoble..
  26. a et b Marc Arlin, « Mort d'Anna Karina : son mari Dennis Berry dévoile les vraies causes de son décès », sur programme-tv.net, Télé Loisirs, (consulté le 17 décembre 2019).
  27. [6] Site Pure People
  28. Julia Mothu, « César 2020 : L'Académie rend hommage à Anna Karina sur son affiche », sur Première,
  29. Décret du 14 avril 2017 portant promotion et nomination
  30. Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres..
  31. Anna - Ina, h 26 min 23 s, 13 janvier 1967 [vidéo]
  32. Monsieur Bais : Madame le juge - Ina, h 35 min 5 s, 18 mars 1978 [vidéo].
  33. L'Affaire Martine Desclos : Dossiers danger immédiat - Ina, 53 min 29 s, 28 janvier 1977 [vidéo].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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