Anna Karina

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Anna Karina
Description de cette image, également commentée ci-après
Anna Karina, en juillet 1977.
Nom de naissance Hanne Karin Bayer
Naissance (79 ans)
Solbjerg, Danemark
Nationalité Drapeau du Danemark Danoise
Drapeau de France Française
Profession actrice
chanteuse
écrivain
Films notables Vivre sa vie
Bande à part
Pierrot le Fou
Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot
Anna

Hanne Karin Bayer, dite Anna Karina, née le [1] à Solbjerg, Danemark, est une actrice, chanteuse et écrivain française, d'origine danoise. Elle est principalement connue pour ses rôles dans les films de Jean-Luc Godard entre 1960 et 1967.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anna Karina, invitée d'honneur du festival Sous les projecteurs à Villandraut (Gironde) en 1994.

Hanne Karin Bayer commence sa carrière au Danemark, où, après divers petits boulots, elle chante dans des cabarets, travaille comme mannequin et joue dans des publicités et des courts métrages. Elle fuit une mère absente et un beau-père violent [2] et vient à Paris à l'âge de dix-sept ans. Repérée par Catherine Harlé, elle pose pour des photos pour le magazine Elle dirigée par Hélène Lazareff et y rencontre Coco Chanel qui lui invente son nom Anna Karina[3]. C'est à cette époque qu'elle est repérée par Jean-Luc Godard, alors journaliste aux Cahiers du cinéma, avec lequel elle se marie en 1961.

Carrière cinématographique[modifier | modifier le code]

Anna Karina au festival de Cannes 2018.

En 1959, elle refuse un petit rôle dans À bout de souffle parce qu'il comprenait une scène dénudée. Son personnage disparaîtra finalement du film. Malgré ce refus, Anna Karina jouera dans nombre de films de Jean-Luc Godard. Ils se marient peu de temps après le tournage du Petit Soldat (1960), film dont la sortie est empêchée par la Censure[4]. Le public la découvre dans Ce soir ou jamais de Michel Deville, remplaçant au pied-levé Marie-José Nat contre l'avis de Jean-Luc Godard. A la sortie du film, il la trouve fabuleuse et lui propose le premier rôle dans Une femme est une femme[5] où elle partage l'affiche avec Jean-Paul Belmondo et Jean-Claude Brialy. Pour son interprétation du personnage d'Angela, elle obtient en 1961 le prix de la meilleure actrice au festival de Berlin. Elle enregistre sa première chanson tirée de ce même film, La chanson d'Angela, dont les paroles sont signées par Jean-Luc Godard et la musique par Michel Legrand. Anna Karina s'impose comme l'égérie de Jean-Luc Godard pour lequel elle joue dans 7 de ses films dont Pierrot le fou, Bande à part, Vivre sa vie ou encore Alphaville, et devient par-là même une icône de La Nouvelle Vague. Anna Karina chante dans de nombreux films, particulièrement des chansons de Serge Rezvani dit Cyrus Bassiak.

La carrière d’Anna Karina ne se limite pas aux films de Jean-Luc Godard, et elle obtient nombre de succès dans ceux d’autres réalisateurs. Dans les années 60, elle tourne pour Agnès Varda, Chris Marker, Roger Vadim ou Jean Aurel. Sa prestation dans Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot (1967) de Jacques Rivette est même tenue par certains[Qui ?] comme la meilleure de sa carrière bien que le film, tourné en 1964, soit interdit par la Censure. Anna Karina sera dirigée par Luchino Visconti dans L'Étranger (aux côtés de Marcello Mastroianni), mais aussi par George Cukor, Volker Schlöndorff, Rainer Werner Fassbinder, Tony Richardson, Raoul Ruiz ou encore Jonathan Demme. En 1967, Anna Karina est l'héroïne de la seule comédie musicale signée par Serge Gainsbourg, Anna, téléfilm réalisé par Pierre Koralnik dans lequel elle joue aux côtés de Jean-Claude Brialy et Serge Gainsbourg. Parmi les nombreuses chansons écrites pour elle par Gainsbourg, Sous le soleil exactement devient sa chanson la plus populaire et elle l'interprète alors sur les plateaux télévisés[6].. Elle apparaît dans le documentaire Des écrivains à New York, dans Italiques en 1972[7].

En 1973 elle fait ses débuts de réalisatrice avec Vivre ensemble dans lequel elle joue également et donne son premier rôle à l'animateur radio Michel Lancelot. Elle fait son retour au théâtre en 1978 dans une pièce écrite et mise en scène par Françoise Sagan, Il fait beau jour et nuit. En 1982, Anna Karina donne la réplique à Ava Gardner et Anthony Quinn dans Regina Roma de Jean-Yves Prat. Elle écrit, chante et joue également dans La Dernière Chanson (Last Song) en 1987 réalisé par Dennis Berry son quatrième époux. La même année, le film d'Alain Maline lui vaut son unique nomination à la Cérémonie des César, puis elle est l'invitée de Thierry Ardisson dans l'émission Bains de Minuit aux Bains Douches, où Jean-Luc Godard lui fait la surprise de sa participation. Ils ne s'étaient pas revus et parlé depuis vingt ans, et les propos échangés sur leur relation amoureuse et professionnelle, ainsi que de leur séparation, les rendent particulièrement émus, chacun à leur façon[8].

Sa carrière se partage désormais entre cinéma, théâtre, écriture de romans et de chansons. Elle publie en l'an 2000 l'album Une histoire d'amour sous l'égide de Philippe Katerine puis entame avec lui une tournée en France et à l'étranger délaissant peu à peu le grand écran. On la retrouve sporadiquement au cinéma notamment dans Haut bas fragile (1994) qui lui permet de retrouver Jacques Rivette en 1994, vingt ans après La Religieuse, puis partage l'affiche avec la jeune Marion Cotillard dans Chloé de Dennis Berry en 1996. Elle apparaît dans Moi César de Richard Berry en 2002 puis elle chante dans La Vérité sur Charlie (The Truth About Charlie) de Jonathan Demme toujours en 2002 où elle impose Katerine et Philippe Eveno parmi les figurants.

En 2007, elle écrit et réalise un road-movie nommé Victoria à Montréal, à Québec et au Saguenay–Lac-Saint-Jean dans lequel elle interprète le rôle principal aux côtés du jeune comédien Woodson Louis, du chanteur Jean-François Moran et d'Emmanuel Reichenbach. Ce long-métrage a été produit par la cinéaste canadienne Hejer Charf (Nadja Productions Inc). C'est Philippe Katerine qui compose la musique du film.

Anna Karina présente en 2009 la version restaurée de Pierrot le fou[9] au Festival de Cannes et accompagne la ressortie du film dans plusieurs pays, notamment aux Etats-Unis en 2016[10].

Au début des années 2010, elle entreprend l'adaptation des contes d'Andersen en comédies musicales pour jeune public avec ses complices Katerine et Philippe Eveno et les participations de Jeanne Cherhal, Arielle Dombasle ou encore Barbara Carlotti[11].

En 2012 elle est l'invitée d'honneur du 5ème Festival International du Film de Dieppe[12] puis en 2013, elle assiste aux représentations de la comédie musicale Anna de Serge Gainsbourg et Pierre Koralnik, adaptée sur la scène du Théâtre du Rond-Point à Paris. Cécile de France y reprend son rôle sous la direction d'Emmanuel Daumas[13].

En 2017, son mari Dennis Berry lui consacre un documentaire Anna Karina, souviens-toi[14] présenté au Festival Lumière de Lyon dont elle est l'invitée d'honneur[15].

En 2018 elle figure sur l'affiche du 71ème Festival de Cannes aux côtés de Jean-Paul Belmondo dans un scène extraite du film Pierrot le fou de Jean-Luc Godard[16]. C'est une année faste pour Anna Karina dont le premier film qu'elle a réalisé, Vivre ensemble, ressort en salles dans une version restaurée, tout comme Suzanne Simonin, La Religieuse de Diderot de Jacques Rivette, présenté à Cannes Classic, ainsi qu'un album de chansons initulé Je suis une aventurière[17]. Invitée du Festival de Cannes, elle se rend ensuite dans plusieurs villes de France pour accompagner la ressortie de ces deux films ainsi qu'à Tokyo en septembre 2018 pour la sortie japonaise de son album. A cette occasion, elle chante sur scène lors du festival Tandem accompagnée par David Aron-Brunetière[18].

En septembre 2019, Anna Karina se rend à Châteauvallon où Charles Berling présente l'adaptation théâtrale du film Vivre sa vie de Jean-Luc Godard. Le 4 octobre 2019, la Cinémathèque de Grenoble lui rend hommage en sa présence [19].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Parallèlement, Anna Karina a mené une carrière de chanteuse. En 1967, elle rencontre un grand succès avec Sous le soleil exactement et Roller Girl. Ces titres de Serge Gainsbourg sont extraits de la comédie musicale Anna de Pierre Koralnik. Elle y chante sept morceaux aux côtés de Serge Gainsbourg et de Jean-Claude Brialy. Elle se produit au Palace dans les années 1980. En 1999, elle a enregistré avec Philippe Katerine un album intitulé Une histoire d'amour. Le disque sort en 2000 et sera suivi d’une tournée dans les principaux festivals en France et à l'étranger. Anna Karina s'est produite également sur la scène du Printemps de Bourges 2006 pour un hommage à Serge Gainsbourg.

Elle a écrit quatre romans, trois films, deux albums pour enfants, joué au théâtre et fait quelques apparitions dans des téléfilms.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Anna Karina le à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Romans

  • Vivre ensemble, Presses de la Cité, 1973
  • Golden City, Paris, Olivier Orban, 1983
  • On n'achète pas le soleil, Paris, Ramsay, 1988
  • Jusqu'au bout du hasard, Paris, Grasset, 1998

Discographie[modifier | modifier le code]

33 tours[modifier | modifier le code]

45 tours[modifier | modifier le code]

  • 1962 : La chanson d'Angela (paroles de Jean-Luc Godard), B.O.F. de Une femme est une femme (E.P. Philips)
  • 1963 : La vie s'envole (de Serge Rezvani, sous le pseudonyme de Cyrus Bassiak) en duo avec Claude Brasseur, B.O.F. de Dragées au poivre (E.P., Philips)
  • 1963 : Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours, ô mon amour et Ma ligne de chance (de Serge Rezvani, alias Cyrus Bassiak), B.O.F. de Pierrot le Fou (Single, Philips)
  • 1967 : Sous le soleil exactement de Serge Gainsbourg (E.P., Philips)
  • 1973 : Vivre ensemble (Au jour le jour) (musique de Claude Engel), B.O.F. de Vivre ensemble (Single, EMI/ Pathé Marconi)
  • 2000 : Qu'est-ce que je peux faire en duo avec Katerine (CD single, Barclay)

CD[modifier | modifier le code]

  • 2000 : Une histoire d'amour, écrit par Philippe Katerine (Barclay)
  • 2004 : Chansons de films (Mercury)
  • 2009 : Anna, Bande originale du film, réédition en CD + DVD (Mercury)
  • 2010 : Le Vilain Petit Canard, conte musical d'Anna Karina, d'après Andersen
  • 2013 : La Petite Sirène, conte musical d'Anna Karina d'après Andersen avec Jeanne Cherhal, Katerine, John Ferrère, Delphine Volange, Barbara Carlotti (Balandras éditions/ Naïve)
  • 2018 : Je suis une aventurière, compilation de titres extraits des films Une femme est une femme, Pierrot le Fou, Anna, Last song, de l'album Une histoire d'amour et plusieurs chansons inédites écrites et/ou composées par Dennis Berry, Stéphane Vilar, Anna Karina, Philippe Eveno et Howe Gelb (Balandras éditions/ EPM/ Universal)

Participations[modifier | modifier le code]

Vie Privée[modifier | modifier le code]

Anna Karina épouse Jean-Luc Godard en 1961.Ils divorcent en 1964 et, en 1968, elle se marie avec Pierre Fabre. En 1974, elle divorce de ce dernier, pour épouser quatre ans plus tard Daniel Duval. Ils divorcent en 1981 et, l'année suivante, elle se remarie avec Dennis Berry.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anna Karina sur www.lesgensducinema.com
  2. [1], France Info, Le Monde d'Elodie, 29 août 2018
  3. Lépine 2006
  4. [2] Le Monde, 28 avril 2012
  5. [3], France Info, Le Monde d'Elodie, 29 août 2018
  6. [4] Archive INA
  7. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 27 juillet 1972
  8. Bains de Minuit, Jean-Luc Godard et Anna Karina, vingt ans après, Institut national de l'audiovisuel, 25 décembre 1987
  9. [5] Challenges
  10. [6] The New Yorker
  11. [7]
  12. [8] Site Actu.fr
  13. [9], Le Figaro, 30 juin 2013
  14. [10], France Inter, 24 décembre 2013
  15. [11], Rue 89 Lyon
  16. [12], France Info, Mai 2018
  17. [13], AFP, Mai 2018
  18. [14], Je suis musique, 1er septembre 2018
  19. [15], Site de la Cinémathèque de Grenoble
  20. Anna - Ina, h 26 min 23 s, 13 janvier 1967 [vidéo]
  21. Monsieur Bais : Madame le juge - Ina, h 35 min 5 s, 18 mars 1978 [vidéo]
  22. L'affaire Martine Desclos : Dossiers danger immédiat - Ina, 53 min 29 s, 28 janvier 1977 [vidéo]
  23. Décret du 14 avril 2017 portant promotion et nomination
  24. Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Lépine, « Anna Karina : Libre », 24 images, no 126,‎ , p. 44-47 (lire en ligne)

Documentaire[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]