Nanni Moretti

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Nanni Moretti

Description de l'image Nanni Moretti.jpg.
Nom de naissance Giovanni Moretti
Naissance (61 ans)
Brunico, Italie
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne
Profession Réalisateur, acteur
Films notables Palombella rossa,
Journal intime,
La Chambre du fils,
Le Caïman,
Habemus Papam

Giovanni Moretti, dit Nanni Moretti, né à Brunico dans le Trentin-Haut-Adige le , est un réalisateur, scénariste et acteur de cinéma italien. Il est également producteur, distributeur et directeur de salle via ses sociétés Sacher Film et Sacher Distribuzione et son cinéma le Nuovo Sacher.

Éminente personnalité du cinéma européen, Nanni Moretti est connu pour avoir constitué une œuvre cohérente qui développe une forme personnelle d'autofiction et alterne drame, satire et militantisme. Il joue dans tous ses films. Ses longs métrages cherchent généralement à concilier la tradition néoréaliste et les codes de la comédie à l'italienne et fondent une chronique vaste et subjective de l'Italie politisée de l'après-mai 68 et du début du XXIe siècle.

Le cinéaste est lauréat de la Palme d'or du Festival de Cannes 2001 (pour La Chambre du fils) et d'une trentaine d'autres prix internationaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nanni Moretti naît au sein d'une famille d'enseignants. À l’adolescence, il se découvre deux passions : le cinéma et le water-polo. Une fois ses études achevées, il se met en tête de devenir réalisateur et tourne en 1973 ses deux premiers courts métrages : Pâté de bourgeois et La Défaite (filmés en Super 8) qu'il tourne, interprète, monte et développe lui-même.

Il devient l'acteur principal de ses œuvres où il apparaît dans une série d'alter ego exubérants. D'emblée, ses premiers films dévoilent son style singulier, caractérisé par une ironie mordante et un sens aiguisé de l'observation psychologique et sociale. Ils affirment également sa force de caractère et mêlent éléments autobiographiques, questionnements intimes, considérations artistiques et préoccupations politiques. En 1976 sort Je suis un autarcique, son premier long métrage filmé en Super 8 et gonflé en 16 mm. Dans ce film, le réalisateur met en scène une troupe de théâtre avant-gardiste dont il se sert pour porter un regard ironique sur le gauchisme. En 1977, il tient un petit rôle dans Padre padrone des frères Taviani.

En 1978, il réalise Ecce Bombo qui raconte les rapports difficiles d’un étudiant avec son entourage. Ce film est présenté en sélection officielle au Festival de Cannes[1].

En 1981, Sogni d'oro, sa nouvelle réalisation, obtient le Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise. En 1983, il se met en scène Bianca dans lequel il interprète un professeur amoureux de Laura Morante, une de ses actrices fétiches. En 1986, on le retrouve sous les traits d’un curé dans la comédie La messe est finie (Ours d'argent à Berlin) et dans la peau d’un militant communiste devenu amnésique dans le film Palombella rossa, en 1989.

Le cinéma Nuovo Sacher à Trastevere à Rome.

Grâce à sa maison de production Sacher Film, qu’il fonde en 1986 au côté d'Angelo Barbagallo et qu'il nomme ainsi en hommage à sa pâtisserie préférée, la Sachertorte, il produit les œuvres de cinéastes débutants comme La Seconde fois de Mimmo Calopresti et Le Porteur de serviette de Daniele Luchetti, films dans lesquels il endosse le premier rôle. Il acquiert également, en 1991, le cinéma d'art et essai le Nuovo Sacher dans le quartier de Trastevere de Rome qui lui sert de base de diffusion à ses films et ses productions. Il y programme également les réalisations d'auteurs reconnus ou débutants. Moretti fonde ensuite, en 1998, la société Sacher Distribuzione, spécialisée dans la distribution de films d'auteur[2]. Celle-ci a notamment assuré, en Italie, la sortie d'Une séparation d'Asghar Farhadi, La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli, Angèle et Tony d'Alix Delaporte et César doit mourir des frères Taviani[3]. Moretti est également le créateur du Prix Sacher et du Sacher Festival, consacré aux courts métrages.

En 1994, il obtient le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes pour son film Journal intime, dans lequel il dévoile son combat contre la maladie de Hodgkin, une forme de cancer. En 1998, dans Aprile, présenté à Cannes, il nous fait part de sa joie d’être père et de son contentement d'assister à la victoire de la gauche aux élections tout en dévoilant ses doutes sur l'avenir.

En 2001, à nouveau présent à Cannes, il obtient la Palme d’or pour La Chambre du fils, drame intimiste racontant la manière dont une famille de la classe moyenne anconitaise réagit après la perte de son fils adolescent[4].

Nanni Moretti a présidé le jury de la 58e Mostra de Venise, en 2001. Son jury a décerné le Lion d'or au Mariage des moussons de Mira Nair. En 2007 et 2008, il a par ailleurs assuré la présidence du Festival du film de Turin.

Moretti décide de sortir son film suivant, Le Caïman, au moment des campagnes législatives de 2006, car il est autant une satire de Silvio Berlusconi et de sa gouvernance qu'un portrait kaléidoscopique de l'Italie des années 2000. Le Caïman est par ailleurs présenté à Cannes[5]. En 2008, on le retrouve devant la caméra d'Antonello Grimaldi dans Caos calmo.

En 2011, sa comédie Habemus Papam, qui narre les déboires d'un pape français dépressif, incarné par Michel Piccoli, est présentée en compétition au 64e Festival de Cannes. Lors de sa sortie, elle remporte un large succès critique et public. Le film est classé comme le meilleur de l'année par Les Cahiers du cinéma.

Quinze ans après avoir été juré au 50e Festival de Cannes, sous la présidence d'Isabelle Adjani, il est nommé président du jury de la 65e édition cannoise par Thierry Frémaux, le [6]. Cette nomination concrétise une longue relation avec le festival : huit de ses réalisations furent sélectionnées, dont six en compétition. Son jury, composé des comédiens Diane Krüger, Ewan McGregor, Hiam Abbas et Emmanuelle Devos, des réalisateurs Alexander Payne, Andrea Arnold et Raoul Peck ainsi que du styliste Jean-Paul Gaultier, attribue la Palme d'or à Amour de Michael Haneke. Sa présidence est critiquée par les festivaliers, jugeant son palmarès décevant (avec l'absence de Holy Motors, Mud et De rouille et d'os) et formulant un soupçon de copinage et de conflit d'intérêts[7],[8]. En effet, quatre films primés sur six ont le même distributeur français que Moretti (Le Pacte) et Ken Loach et Matteo Garrone, que le cinéaste compte parmi ses amis et dont il a distribué les précédents films en Italie, ont été récompensés pour des films jugés médiocres par plusieurs critiques[9],[10],[11],[12],[13]. Jean Labadie, distributeur de Moretti et Thierry Frémaux démentent cependant cette accusation de favoritisme[14].

En 2015, Moretti présente son nouveau film, Mia Madre avec Margherita Buy, portrait d'une réalisatrice en proie à des doutes créatifs et personnels. Le film, qui interroge le rapport entre fiction et réalité, est sélectionné en compétition au 68e Festival de Cannes où il reçoit le Prix du jury œcuménique pour « sa maîtrise et son exploration fine et élégante, imprégnée d’humour, de thèmes essentiels dont les différents deuils auxquels la vie nous confronte. »[15].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Nanni Moretti au Festival de Cannes 2001.

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Longs métrages
Courts métrages

Acteur[modifier | modifier le code]

Nani Moretti joue dans tous ses longs métrages

Producteur[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

« Vous connaissez l'estime et l'affection dans lesquelles le public français vous tient, vous et votre œuvre. Nous vous regardons avec cette même attention et ce même respect devant votre engagement et votre amour du cinéma. Vous êtes pour toujours une page vibrante de notre journal intime. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas Sotinel, « « Habemus praesidentem » : Nanni Moretti préside le jury de Cannes », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. Nanni Moretti sur le site du Festival de Cannes, consulté le 24 janvier 2013.
  3. Catalogue de la Sacher Distribuzione, consulté le 25 janvier 2013.
  4. Nanni Moretti reçoit la Palme d'or à Cannes pour La Chambre du fils sur ina.fr
  5. "Le Caïman" de Nanni Moretti présenté à Cannes sur ina.fr
  6. Nanni Moretti présidera le jury du 65e Festival de Cannes dans Le Figaro du 20 janvier 2012.
  7. Soupçon de "conflit d'intérêt" sur le palmarès du 65e Festival de Cannes sur le site www.ozap.com le 29 mai 2012.
  8. « Les internautes soulignent un conflit d'intérêts pour Nanni Moretti » dans Le Monde du 29 mai 2012.
  9. « Les goûts de Nanni Moretti », dans Paris Match du 14 mai 2012
  10. « Cannes 2012 : quel président peut être Nanni Moretti ? » sur evene.fr 30 avril 2012
  11. « Bonne compète, mauvais palmarès » dans Les Inrocks du 28 mai 2012
  12. « Festival de Cannes 2012 : un terne palmarès pour une édition sinistre » par Vincent Malausa dans Le Nouvel Observateur du 28 mai 2012
  13. « RFI - Festival de Cannes 2012 : la presse partagée sur le palmarès »
  14. « Palmarès cannois : Frémaux dément tout favoritisme » dans Le Figaro du 6 juin 2012.
  15. « Festival de Cannes 2015 : Nanni Moretti prix du Jury œcuménique pour Mia Madre », RTL,‎ (consulté le 26 mai 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carlo Chatrian et Eugenio Renzi, Conversations avec Nanni Moretti, Paris, Cahiers du cinéma,‎
  • Jean Gili, Nanni Moretti, Gremese International,‎ , 128 p.

Lien externe[modifier | modifier le code]