La Vie aquatique

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La Vie aquatique
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Peinture représentant Steve Zissou.

Titre original The Life Aquatic with Steve Zissou
Réalisation Wes Anderson
Scénario Wes Anderson
Noah Baumbach
Acteurs principaux
Sociétés de production Touchstone Pictures, American Empirical Pictures, Scott Rudin Productions, Life Aquatic Productions Inc.
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie dramatique
Aventure
Durée 118 minutes
Sortie 2004

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Vie aquatique (The Life Aquatic with Steve Zissou), film américain sorti en 2004, est le quatrième long-métrage réalisé par Wes Anderson. Il est dédié à l'océanographe français Jacques-Yves Cousteau et s'inspire librement de sa vie sur un ton parodique. Le film est une comédie dramatique qui, sous un aspect fantaisiste, aborde des thèmes forts comme la famille, le deuil, la vengeance, l'angoisse de vieillir ou l'échec.

Le film raconte l'histoire de Steve Zissou (incarné par Bill Murray), un océanographe excentrique sur le déclin qui veut détruire le requin-jaguar qui a mangé son partenaire Esteban du Plantier. À bord du navire d'exploration Belafonte, Zissou et son équipe farfelue partent à la recherche du requin mais la quête ne va pas se dérouler du tout comme prévu.

Le film reçoit des critiques mitigées de la part de la presse américaine et est globalement bien accueilli par la presse française. Malgré des critiques favorables dans l'ensemble, le film est un échec commercial à sa sortie dans les salles et ne parvient pas à rembourser son budget de production.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Fans du film portant l'uniforme bleu clair du Team Zissou.

Alors que l'océanographe Steve Zissou tourne une scène d'un de ses documentaires, son meilleur ami Esteban du Plantier est mangé par un requin-jaguar. Zissou est déterminé à monter une expédition pour détruire le requin mais sa femme Eleanor, considérée comme le cerveau de l'équipe, refuse de participer à l'aventure.

L'équipage à bord du navire de recherche de Zissou, le Belafonte, comprend le Brésilien Pelé dos Santos, expert en sécurité et musicien qui chante des chansons de David Bowie en portugais, et l'Allemand Klaus Daimler, ingénieur qui considère Zissou et Esteban comme des figures paternelles. Les autres membres de l'équipage sont l'Indien Vikram Ray, caméraman ; Bobby Ogata, homme-grenouille ; Vladimir Wolodarsky, physicien et compositeur de musique de film ; Renzo Pietro, monteur et ingénieur du son ; et Anne-Marie Sakowitz, script. L'équipe comprend également sept étudiants stagiaires de la fictive Université de l'Alaska du Nord.

Ned Plimpton est un pilote de ligne du Kentucky dont la mère est morte récemment. Il croit que Zissou est son père. Après qu'il a rencontré Zissou à la première du documentaire, il prend une pause dans son travail pour rejoindre l'équipage de Zissou. Comme personne d'autre ne veut financer la nouvelle expédition, Ned accepte de la soutenir avec l'argent de son héritage. L'autre partie des fonds est amenée par une banque qui oblige la présence de Bill Ubell qui va contrôler l’utilisation des fonds. Une journaliste enceinte, Jane Winslett-Richardson, vient faire la chronique du voyage. Une rivalité va se développer entre Ned et Zissou, tous deux épris de Jane. Klaus est aussi jaloux de l'attention que Zissou porte à Ned.

Au début de la mission pour trouver le requin-jaguar, l'équipe Zissou vole du matériel situé en mer à l'ennemi juré de Zissou, le scientifique Alistair Hennessey. Le bateau navigue ensuite dans une zone non protégée où il se fait attaquer par des pirates philippins. Les pirates emportent l'argent et prennent Bill Ubell « le larbin de la banque » comme otage. Eleanor fait son retour avec de l'argent pour financer le reste de l'expédition, elle révèle à Jane que Zissou est stérile et que donc Ned ne peut pas être son fils. Plus tard, l'équipage du Belafonte lance une attaque surprise sur l'île des pirates, une des Ping Islands, pour récupérer leur argent et sauver Bill Ubell. Ils y découvrent Alistair Hennessey qui a aussi été capturé. Le groupe libère les deux prisonniers et, poursuivi par les pirates, il s'échappe sur un bateau de pêche et rejoint le Belafonte.

Le sous-marin Deep Search du Team Zissou.

Steve est démoralisé et finit par douter de l'existence du requin-jaguar mais Ned l'encourage à continuer de chercher. Ils partent tous les deux en exploration avec l'hélicoptère du navire, celui-ci tombe en panne et s'écrase en mer, Ned est mortellement blessé. Après l'enterrement de Ned, le requin-jaguar est enfin détecté. Toute l'équipe plonge à sa poursuite à bord du sous-marin Deep Search et découvre le requin près du fond. Zissou décide de ne pas le tuer en raison de sa beauté mais aussi parce qu'il ne lui reste plus de dynamite. Il termine le documentaire de cette quête qui reçoit une ovation du public lors de la première au festival du film de Loquasto.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section proviennent de la base de données IMDb.

Distribution[modifier | modifier le code]

  • Bill Murray (VF : Patrick Floersheim) : Steve Zissou, océanographe excentrique à l'ego surdimensionné. Depuis quelques temps, ses documentaires n'ont plus de succès auprès du public[2] et la mort de son ami Esteban du Plantier le touche profondément.
  • Owen Wilson (VF : Eric Legrand) : Ned Plimpton (plus tard appelé Kingsley Zissou), co-pilote d'avion du Kentucky, fils présumé de Steve Zissou. Il vient de perdre sa mère que Zissou avait abandonné des années plus tôt et tient à rencontrer son père putatif.
  • Cate Blanchett (VF : Martine Irzenski) : Jane Winslett-Richardson, séduisante journaliste enceinte dépêchée par le magazine Oceanographic Explorer.
  • Anjelica Huston (VF : Monique Thierry) : Eleanor Zissou, femme de Steve Zissou et vice-présidente de la fondation Zissou. Elle est le véritable cerveau de l'équipe Zissou. Elle reste amoureuse de Steve même s'ils ne s'entendent pas très bien.
  • Willem Dafoe (VF : Dominique Collignon-Maurin) : Klaus Daimler, ingénieur allemand. Il veut absolument plaire à Steve Zissou qu'il considère comme un père et développe une jalousie contre Ned qui a gagné l'affection de Steve.
  • Jeff Goldblum (VF : Richard Darbois) : Alistair Hennessey, océanographe ennemi de Zissou et ancien mari de la femme de Zissou. Il a plus d'argent que Zissou, un plus gros bateau et il éclipse rapidement la notoriété de Zissou.
  • Michael Gambon (VF : Marc Cassot) : Oseary Drakoulias, producteur septuagénaire de Zissou.
  • Noah Taylor (VF : Daniel Lafourcade) : Vladimir Wolodarsky, physicien et compositeur de musique de film
  • Bud Cort (VF : Patrice Dozier) : Bill Ubell, « le larbin de la banque », dont la mission est de surveiller que Zissou ne dépasse pas le budget.
  • Seu Jorge : Pelé dos Santos, expert en sécurité et musicien qui passe son temps à reprendre des chansons de David Bowie en portugais en s'accompagnant à la guitare.
  • Robyn Cohen (en) : Anne-Marie Sakowitz, scripte qui a la particularité d'être souvent seins nus.
  • Waris Ahluwalia (en) : Vikram Ray, caméraman indien
  • Niels Koizumi : Bobby Ogata, homme-grenouille
  • Matthew Gray Gubler : Stagiaire n°1
  • Seymour Cassel : Esteban du Plantier, ami de Zissou dévoré par le requin-jaguar[1]

Production[modifier | modifier le code]

Influences et écriture du scénario[modifier | modifier le code]

La Calypso, le bateau du Commandant Cousteau.

Fasciné depuis toujours par les films aquatiques et la vie sous-marine en général, Anderson a toujours voulu faire un film se passant sur un bateau dans le monde de la fabrication de films d'aventure. Anderson commente : « J'ai pensé à ce film il y a quatorze ans. J'ai toujours été fasciné par ce personnage étrange et étonnant qui crée une sorte de famille excentrique en mer. » Dès ses années de lycée, Anderson a écrit une courte histoire sur un océanographe où il introduit Steve Zissou, son bateau le Belafonte et sa femme qui se révèle être le véritable cerveau de l'opération. De là, le personnage a continué à évoluer au fil des ans, Anderson a continué à réfléchir à la personnalité et à la situation de Steve Zissou[1].

Ensuite, Anderson et son ami Noah Baumbach ont écrit le scénario ensemble dans un restaurant new-yorkais. Ils s'y réunissaient tous les jours, inventant les dialogues et les situations du film. Anderson les notait dans un carnet et les tapait ensuite au propre pour retravailler dessus le lendemain. Une des sources d'inspiration du film est le roman Moby Dick dans lequel le capitaine Achab recherche Moby Dick, un cachalot blanc particulièrement féroce et d'une taille impressionnante, qui lui a arraché une jambe par le passé[3].

Le film est une parodie et un hommage à Jacques-Yves Cousteau, le célèbre océanographe. Wes Anderson avait déjà fait des allusions à Jacques-Yves Cousteau dans ses films précédents. Dans Bottle Rocket, lors de la fête chez M. Henry, on aperçoit accrochée au mur une photo de Cousteau prise par Richard Avedon en 1956. Dans Rushmore, le héros Max Fischer emprunte un livre de Cousteau à la bibliothèque. Le personnage Steve Zissou est essentiellement inspiré de Cousteau mais aussi un peu de Thor Heyerdahl l'explorateur norvégien et d'autres personnes de la vie réelle[4]. Le bateau de Steve Zissou est le Belafonte, clin d'œil à Harry Belafonte, le chanteur qui a fait connaître la musique calypso, la Calypso étant aussi le nom du navire de Cousteau[5].

Zissou était le surnom de Maurice Lartigue, le grand frère du photographe Jacques Henri Lartigue à qui Wes Anderson a fait un clin d'œil visuel dans son précédent film Rushmore où l'on voit quatre de ses photos accrochées sur le mur de la classe[3],[6]. Dans La Vie aquatique, Steve Zissou a une photo de son mentor Lord Mandrake, qui est en réalité Jacques-Henri Lartigue[6].

L'esthétique du film s'inspire des années 1960. Wes Anderson s'est inspiré des films en noir et blanc de Michelangelo Antonioni, notamment L'Avventura, de photos en noir et blanc des années 1960 comme celles de Richard Avedon et d'un livre sur l'histoire de la photographie de mode dans les années 1960. Il a essayé de trouver une approche glamour de l'océanographie, Steve Zissou étant un mélange entre un scientifique et Marcello Mastroianni[7].

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Wes Anderson s'est entouré d'acteurs qui avaient déjà tourné avec lui : Owen Wilson qui a accompagné le cinéaste dans tous ses films précédents (Bottle rocket, Rushmore et La Famille Tenenbaum), Bill Murray et Seymour Cassel qui ont joué dans Rushmore et La Famille Tenenbaum, et Anjelica Huston dans La Famille Tenenbaum. Gwyneth Paltrow, déjà actrice dans La Famille Tenenbaum, devait jouer le rôle de la journaliste Jane Winslett-Richardson, mais un emploi du temps incompatible la contraignit à renoncer. Wes Anderson sollicita alors Nicole Kidman, très intéressée par le rôle, mais elle dut aussi se désister en raison d'autres engagements. C'est finalement Cate Blanchett qui fut engagée[5].

C'est le troisième film d'Anderson avec Bill Murray. Dès Rushmore, son deuxième film, Anderson a songé à Murray pour le rôle, il dit de lui : « Je n'ai jamais rencontré personne qui lui ressemble. Il est, d'ailleurs, l'une des sources d'inspiration pour son personnage. Face à un groupe de gens, il va toujours trouver quelque chose à dire de drôle et de surprenant. Mais il y a aussi quelque chose de douloureux ou de triste dans ses yeux qu'on voit bien au cinéma dans les gros plans. C'est ce mélange qui le rend si singulier. »[8]

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film a été tourné en Italie aux studios Cinecittà de Rome pour les intérieurs et à Rome, l'île Ponza, Naples et Florence pour les extérieurs. Des scènes aquatiques avec une orque ont été tournées en France au Marineland d'Antibes[9]. Il avait été envisagé de tourner le film en France et au Mexique mais cette solution a été abandonnée car le tournage aurait été trop cher[3]. Le film débute au festival du film de Loquasto, les scènes ont été tournées à Naples au Teatro San Carlo[10]. Loquasto est une ville fictive, Wes Anderson adresse ici un clin d’œil au chef décorateur Santo Loquasto (en) qui a réalisé entre autres les décors pour plusieurs films de Woody Allen[11].

Pour les films documentaires de Steve Zissou, l'équipe du film a utilisé des vieux stocks de pellicule Ektakrome inversible qui donne une image à gros grain et fort contraste. Anderson a tellement aimé les images obtenues qu'il a décidé d'appliquer ce chromatisme appuyé à l'intégralité du film. Il a donc eu recours à l'étalonnage numérique pour rehausser les couleurs originales[3].

Anderson ne voulait pas d'animaux aquatiques trop réalistes car le but n'était pas « de rivaliser avec Discovery Channel ». Les animaux ont donc été inventés et animés image par image par la technique du stop-motion qu'Anderson apprécie car « elle donne le sentiment d'être fait à la main, avec une personne derrière ». Les animations ont été réalisées par Henry Selick qui avait travaillé avec Tim Burton sur L'Étrange Noël de monsieur Jack[8].

Musique[modifier | modifier le code]

The Life Aquatic
with Steve Zissou
Bande originale de Divers artistes
Film La Vie aquatique
Sortie 14 décembre 2004
Durée 59:58
Langue Anglais, portugais
Genre Rock, jazz, electro
Format CD
Compositeur Mark Mothersbaugh
Producteur Mark Mothersbaugh
Bob Casale
Label Hollywood Records
Critique

La musique intervient à tous les stades du processus de fabrication du film. Certains morceaux viennent durant l'écriture du scénario. Anderson met aussi souvent de la musique sur le plateau pour aider les acteurs, en particulier lorsqu'ils n'ont pas de partenaires, et quand il regarde les rushes, il décide si la musique pourrait fonctionner dans la séquence. Mais beaucoup de titres lui viennent pendant le montage[8].

Mark Mothersbaugh, un membre de Devo, a composé la musique pour cette bande originale. Le film comporte également de nombreuses chansons rock des années 1960 à 1980 et plusieurs morceaux instrumentaux composées par Sven Libaek (en) pour la série télévisée documentaire Inner Space. En outre, le film comprend plusieurs chansons de Seu Jorge qui interprète des chansons de David Bowie en portugais à la guitare acoustique. Seu Jorge, qui joue également le personnage de Pelé dos Santos, joue à l'image certaines de ces reprises.

The Life Aquatic with Steve Zissou
No Titre Interprète(s) Durée
1. Shark attack theme Sven Libaek (en) 0:57
2. Loquasto International Film Festival 4:40
3. Life on Mars? David Bowie 3:43
4. Starman Seu Jorge 3:21
5. Let me tell you about my boat 1:38
6. Rebel Rebel Seu Jorge 2:24
7. Zissou Society Blue Star Cadets / Ned's theme (Take 1) 2:52
8. Gut Feeling Devo 4:07
9. Open Sea theme Sven Libaek 2:01
10. Rock N' Roll Suicide Seu Jorge 3:12
11. Here's to You Joan Baez 3:07
12. We call them pirates out here 3:56
13. Search and Destroy Iggy And The Stooges 3:27
14. La Niña de Puerta Oscura Paco de Lucía 2:58
15. Life on Mars? Seu Jorge 3:24
16. Ping Island / Lightning Strike Rescue Op 4:15
17. Five Years Seu Jorge 3:41
18. 30 Century Man Scott Walker 1:27
19. The Way I Feel Inside The Zombies 1:33
20. Queen Bitch David Bowie 3:15
The Life Aquatic
Studio Sessions
Bande originale de Seu Jorge
Film La Vie aquatique
Sortie 22 novembre 2005
Durée 53:40
Langue Portugais
Genre Pop rock
Format CD
Auteur David Bowie
Compositeur David Bowie
Producteur Wes Anderson
Randall Poster
Label Hollywood Records
Critique

Les chansons de David Bowie reprises par Seu Jorge en portugais, qui ont une grande influence sur le rythme et l'ambiance du film, ont paru dans un album en 2005 : The Life Aquatic Studio Sessions. Cinq des reprises ont été présentées sur la bande originale du film mais ont été réenregistrées pour cet album, tandis que les autres sont publiées sur cet album pour la première fois. La traduction en portugais n'est pas exacte, Seu Jorge maintient les mélodies et les styles, mais change souvent les paroles.

Bowie lui-même a dit : « Si Seu Jorge n'avait pas enregistré mes chansons en acoustique et en portugais, je n'aurais jamais entendu ce nouveau niveau de beauté dont il les a imprégnées. »[14]

Toutes les chansons sont écrites et composées par David Bowie sauf mention contraire. 

The Life Aquatic Studio Sessions
No Titre Durée
1. Rebel Rebel 2:46
2. Life on Mars? 3:29
3. Starman 3:16
4. Ziggy Stardust 3:41
5. Lady Stardust 3:31
6. Changes 3:40
7. Oh! You Pretty Things 3:32
8. Rock 'n' Roll Suicide 3:10
9. Suffragette City 3:10
10. Five Years 3:59
11. Queen Bitch 3:42
12. When I Live My Dream 2:55
13. Quicksand 4:35
14. Team Zissou (auteur : Seu Jorge) 2:32
15. Space Oddity (iTunes Bonus Track) 5:40

Accueil[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

La Vie aquatique

Score cumulé
Site Note
Metacritic 62/100[15]
Rotten Tomatoes 56/100[17]
Allociné 4 étoiles sur 5[16]
Compilation des critiques
Périodique Note
Les Inrockuptibles 5 étoiles sur 5[18]
Libération 5 étoiles sur 5[2]
À voir à lire 4 étoiles sur 5[19]
Télérama 4 étoiles sur 5[20]
L'Express 3.5 étoiles sur 5[21]
Paris Match 1 étoiles sur 5[22]
New York Daily News 1 étoiles sur 5[23]

Sur IMDb, le film obtient une note moyenne de 7,3/10 basée sur les notes de plus de 100 000 utilisateurs[24]. Sur AlloCiné, le film obtient une note moyenne de 3,2/5 basée sur les notes de plus de 3 500 utilisateurs[16]. Les critiques sont mitigées sur Rotten Tomatoes avec un score de 56/100 pour 198 utilisateurs. Le film est dénigré par certains utilisateurs qui le qualifient de « béat, ironique et artificiel » tandis que d'autres en font l'éloge pour « sa pure originalité, son excentricité et sa fantaisie »[17]. Le film a une moyenne de 62/100 sur Metacritic pour 38 titres de la presse américaine, ce qui se traduit par « avis général favorable »[15]. Le film est globalement bien accueilli par la presse française avec une note moyenne de 3,9/5 (soit 76/100) sur recensement de 24 titres de presse sur le site AlloCiné[16].

Jean-Marc Lalanne des Inrockuptibles est enthousiasmé par le film : « Avec son faux rythme, sa loufoquerie à plat, ses pastiches de scènes d'action à la Godard années 60 (Bande à part, Pierrot le fou) et son cafard de ballade pop-folk parfaitement ciselée, La Vie aquatique est vraiment un beau film, profondément émouvant qui fait de Wes Anderson notre nouveau meilleur ami américain du moment. »[18] Didier Péron de Libération apprécie l'originalité du film qui échappe à la standardisation hollywoodienne, cette exception est « d'autant plus notable qu'elle s'affronte directement au système, puisque le surdoué Anderson depuis Rushmore, son second film, est lié peu ou prou à Disney. » Il apprécie aussi la diversité du film qui « ne cesse de se transformer à vue, au gré d'un coq-à-l'âne un peu ahurissant. Sans boussole. À la fois traversée des registres (héroïco-comique, didactique, merveilleux...) et périple sans boussole dans une aire difficilement mesurable (de Port-au-Patois aux îles Ping), le film s'affole, ne sait plus s'il va vite ou lentement mais ne s'épuise pas. »[2] Le site À voir à lire salue l'originalité (« Wes Anderson réalise un film d’origine non-identifiée, si ce n’est celle de sa propre marque de fabrique. »), l'esthétique kitsch, la drôlerie et la justesse des sentiments des personnages, et remarque que certains spectateurs pourront trouver de la répétition par rapport à son film précédent La Famille Tenenbaum[19].

Alain Spira de Paris Match juge le film ennuyeux : « Cette Vie aquatique stagne, ne trouve pas son rythme et finit par s'essouffler comme un plongeur demeuré en apnée trop longtemps. [...] Amputée d'une demi-heure (le film dure deux heures) et armée d'un scénario mieux palmé, cette comédie originale aurait pu éviter de s'échouer dans le champ des navets... »[22]. De même, Jack Mathews du New York Daily News apprécie peu le film : « Il faut être un fan obsessionnel de Murray [...] ou un vrai croyant dans le jeune génie d'Anderson (une secte en expansion) pour trouver tolérable cette plate caricature d'aventure en mer. [...] Je n'avais pas autant voulu rejoindre la terre ferme depuis McHale's Navy »[23].

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film a été une déception au box-office avec un total de 24 020 403 $ après douze semaines d'exploitation aux États-Unis et au Canada, moins de la moitié de son budget de production de 50 000 000 $. Il a récolté 10 788 000 $ à l'international, portant le total des recettes à 34 808 403 $[25]. En France, le film cumule 251 396 entrées en 8 semaines d'exploitation[16],[26].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Analyse du film[modifier | modifier le code]

Steve Zissou, le héros de La Vie aquatique entraîne l'équipage de son navire de recherche le Belafonte dans une mission pour tuer le redoutable requin-jaguar. Cela ressemble à l'intrigue d'un thriller de science-fiction, ou peut-être à une nouvelle version de Moby Dick ou Les Dents de la mer ou une autre épopée nautique. Bien que le quatrième film de Wes Anderson s'appuie sur ces références et d'autres, il garde un style unique. Comme son prédécesseur La Famille Tenenbaum, mais plus encore, le film s'ancre sur des thèmes fondamentaux forts : le deuil, la futilité de la vengeance, l'angoisse de vieillir et de se demander s'il va rester une trace de ce que vous avez entrepris. La comédie pure enchaîne avec la romance, la farce, la violence et une profonde tristesse. Il y a des passages lyriques, des scènes d'action et des créatures de la mer inventées (dauphins albinos, crabes-berlingots, raies roses...)[2]. Co-écrite avec Noah Baumbach, La Vie aquatique est une mosaïque d'expression personnelle à grande échelle. Le film a l'air vieux et moderne à la fois comme le bateau de Zissou, une frégate de la Seconde Guerre mondiale rénovée contenant un laboratoire de recherche, un studio de cinéma et un spa avec un sauna conçu par un ingénieur du programme spatial chinois. Ce mélange des genres a désorienté le grand public et a conduit à l'échec commercial du film[28].

Anderson s'intéresse beaucoup aux répercussions psychiques chez les individus après la mort d'un proche. On retrouve des personnages en deuil dans plusieurs de ses films comme dans À bord du Darjeeling Limited, La Famille Tenenbaum et Rushmore. Cependant, ces films ne sont pas morbides ; ils s'attachent aux réalités banales qui composent la vie quotidienne à la suite d'une catastrophe, mais sans pour autant minimiser le poids de la souffrance[28].

De tous les pères charismatiques et figures paternelles d'Anderson, Steve est le plus complexe et contradictoire. Il est à la fois Jacques-Yves Cousteau, le capitaine Achab de Moby Dick et le personnage de comédies sentimentales Andy Hardy (en). Sa sincérité atténue son arrogance et le fait paraître presque aimable ou du moins tolérable, et parfois attendrissant. Comme Zissou, Bill Murray est à la fois exubérant et déprimé, amer et sincère. Murray interprète un personnage assez proche en 2005 dans Broken Flowers de Jim Jarmusch où il joue un autre homme d'âge moyen qui souffre d'une crise existentielle quand il apprend qu'il pourrait avoir un fils dont il ne connaissait pas l'existence. Comme Max Fischer et Herman Blume dans Rushmore, Steve et Ned, son fils présumé, semblent à la fois frères et père-fils, et leur concurrence pour séduire Jane ressemble à de la rivalité entre frères[28].

Contrairement à la plupart des films fantaisistes, La Vie aquatique traite tous ses personnages - y compris l'inquiet et jaloux Klaus (Willem Dafoe) et « le larbin de la banque » devenu otage (Bud Cort) - comme si elles étaient de vraies personnes dont les rêves et les craintes sont importants. Le film est comme une bande dessinée avec des personnages qui pleurent de vraies larmes et saignent du vrai sang, passant du burlesque à la tragédie[28]. La loufoquerie n'est jamais loin de la tristesse. Rien n'est dramatisé mais tout va plus ou moins de travers, de mal en pis[20].

Comme le deuxième et le troisième film d'Anderson, La Vie aquatique a été tourné en Cinémascope, format rectangulaire extra-large créé pour envelopper le spectateur. À l'ère de la vidéo domestique, ce format est le plus souvent utilisé pour des films d'action, des films de science-fiction et des épopées historiques, et non pas des comédies. Mais ici, Anderson et le directeur de la photographie Robert Yeoman (en) (qui a tourné les films précédents du réalisateur) parviennent à avoir l'aspect action et comédie en même temps : le cadrage est à la fois spectaculaire et intime, il élève les personnages à l'échelle héroïque dans les gros plans et les abaisse au rang d'insectes insignifiants dans les plans larges[28]. Le cinéaste laisse croire avec brio à la possibilité d'une ample forme aventurière (hélicoptères, sous-marins, attaque de pirates, abordage d'îles exotiques...) avant de la tourner en dérision[2].

Entre autres choses, le film parle de prendre la vie comme elle vient, en appréciant les moments présents plutôt que d'être constamment obsédé par le passé et l'avenir. Comme dit Steve à Eleanor, sans reconnaître la sagesse contenue dans ses propres paroles, « Personne ne sait ce qui va se passer. Et puis nous filmons. Voilà tout le concept. » Steve cherche constamment à faire de sa vie un récit avec une orientation claire et un résultat satisfaisant, mais ses efforts sont aussi forcés que les commentaires fades de ses « documentaires » trafiqués. Steve est un homme qui aime tout contrôler mais il ne contrôle pas grand chose. Sa mission de tuer le requin-jaguar est un ultime acte d'orgueil : il ne veut rien de moins que traquer et tuer la Mort et réaffirmer ainsi le contrôle sur sa vie. Il va apprendre que cela est impossible[28].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « Dossier de presse de La Vie aquatique » [PDF], sur rushmoreacademy.com,‎ (consulté le 30 janvier 2016)
  2. a, b, c, d et e Didier Péron, « C'est rigoleau! », liberation.fr,‎ (consulté le 3 juillet 2014)
  3. a, b, c et d Didier Péron, « Il y a une pureté de l'échec », sur liberation.fr,‎ (consulté le 7 juillet 2014)
  4. Matt Zoller Seitz, p. 163-166
  5. a et b « Anecdotes sur le film », sur allocine.fr (consulté le 1er février 2016)
  6. a et b « Wes Anderson, la French touch », sur senscritique.com,‎ (consulté le 6 février 2016)
  7. Matt Zoller Seitz, p. 182
  8. a, b et c Les Inrockuptibles, p. 24-25
  9. (en) « Filming Locations », sur imdb.com
  10. Matt Zoller Seitz, p. 171
  11. (en) Ty Burr, « The Life Aquatic is a shallow adventure », sur boston.com,‎ (consulté le 29 novembre 2014)
  12. (en) « Original Soundtrack - The Life Aquatic with Steve Zissou », sur Allmusic.com
  13. (en) « Seu Jorge - The Life Aquatic Studio Sessions », sur Allmusic.com
  14. (en) « Seu Jorge Biography », sur musicianguide.com (consulté le 5 février 2016)
  15. a et b (en) « The Life Aquatic with Steve Zissou », metacritic.com (consulté le 23 juin 2014)
  16. a, b, c et d « La Vie aquatique », sur Allociné (consulté le 30 juin 2014)
  17. a et b (en) « Life Aquatic at Rotten Tomatoes », Rottentomatoes.com (consulté le 23 juin 2014)
  18. a et b Les Inrockuptibles, p. 23-24
  19. a et b Edgar Hourrière, Pierre Langlais, « La vie aquatique, loufoque des mers », avoir-alire.com,‎ (consulté le 3 juillet 2014)
  20. a et b Louis Guichard, « La vie aquatique », telerama.fr,‎ (consulté le 4 juillet 2014)
  21. Thomas Baurez (Studio Magazine), « La vie aquatique », lexpress.fr,‎ (consulté le 4 juillet 2014)
  22. a et b Alain Spira, « La vie aquatique, de Wes Anderson. », parismatch.com,‎ (consulté le 4 juillet 2014)
  23. a et b (en) Jack Mathews, « "Life aquatic" deep letdown » [« La profonde déception de La Vie aquatique »], nydailynews.com,‎ (consulté le 11 juillet 2014)
  24. (en) « La vie aquatique (2004) », imdb.com (consulté le 5 juillet 2014)
  25. (en) « The Life Aquatic with Steve Zissou », sur Box Office Mojo
  26. « La Vie aquatique - Box office », sur cbo-boxoffice.com (consulté le 6 juillet 2014)
  27. (en) « Liste des récompenses », sur IMDb
  28. a, b, c, d, e et f (en) Matt Zoller Seitz, « The Wes Anderson Collection, Chapter 4: "The Life Aquatic with Steve Zissou" », sur rogerebert.com,‎ (consulté le 3 février 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]