The Room

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour le film sorti en 2006, voir The Room (film, 2006). Pour le film sorti en 2015, voir Room (film, 2015).

The Room (La pièce) est film dramatique indépendant américain sorti en 2003. Il est écrit, réalisé, et produit par Tommy Wiseau, qui joue aussi le rôle principal. Le scénario est centré sur un triangle amoureux entre Johnny (Wiseau), sa fiancée (Juliette Danielle), et le meilleur ami de Johnny (Greg Sestero). Une grande partie du film est toutefois consacrée à des intrigues secondaires sans aucun rapport et qui mobilisent d'autres personnages.

The Room est célèbre pour sa mauvaise réception critique et son caractère de « nanar ». Il est souvent cité comme l'un des plus mauvais films jamais réalisés, et a été décrit comme le "Citizen Kane des mauvais films". Le film combine des erreurs techniques et scénaristiques, de mauvais jeux d'acteurs, et une narration inhabituelle voire étrange. Ces caractéristiques en ont rapidement fait un film culte, malgré une diffusion initiale limitée dans quelques cinémas californiens.

La critique et le public considèrent généralement que The Room ambitionne d'être un drame. Une opinion partagée par certains membres de l'équipe de tournage, pour qui le film avait vocation à être pris au sérieux. Greg Sestero a affirmé que The Room était une œuvre semi-autobiographique, dans laquelle Wiseau tentait de mettre en garde contre "le danger d'avoir des amis". En dépit de tout cela, Tommy Wiseau présente rétrospectivement son film comme une « comédie noire ».

Les défauts artistiques de The Room en ont fait une œuvre culte. Le film est régulièrement projeté au cinéma dans des séances spéciales, parfois en présence de Tommy Wiseau et Greg Sestero. Un jeu vidéo amateur a été inspiré par le film, et les mémoires de Greg Sestero ont été adaptées au cinéma par James Franco sous le titre The Disaster Artist.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Johnny est très amoureux de sa fiancée Lisa, qu'il a l'intention d'épouser. Mais cette dernière ne l'aime plus vraiment et le trompe avec Mark, son meilleur ami.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

  • Tommy Wiseau : Johnny
  • Juliette Danielle : Lisa
  • Greg Sestero : Mark
  • Philip Haldiman : Denny
  • Carolyn Minnott : Claudette
  • Robyn Paris : Michelle
  • Scott Holmes : Mike
  • Kyle Vogt : Peter
  • Greg Ellery : Steven

Réception[modifier | modifier le code]

Entertainment Weekly a dit de The Room qu'il est « le Citizen Kane des mauvais films » et quelques autres publications ont décrit The Room comme le plus mauvais film de tous les temps[réf. nécessaire]. Il est notamment considéré comme un nanar par la rédaction du site Nanarland[1].

Le film n'est présenté, dans un premier temps, que dans quelques cinémas de Californie, où il connaît peu de succès au départ. Le succès surviendra après qu'un groupe d'étudiants en cinéma fans de cinéma bis décident d'aller le voir et, amusés par l'étrangeté du film, d'en parler à leurs amis, ce qui le fera largement connaître par la grâce du bouche à oreille[2]. Bien que Wiseau ait expliqué rétroactivement que ce film se voulait un film d'humour noir, la plupart des spectateurs le jugent seulement comme un mauvais drame.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Le film a coûté 6 millions de dollars, financé au moins en partie par Wiseau, les sources de financements étant inconnues.

Le tournage a connu de nombreuses difficultés, causée par le manque d'organisation de Wiseau et de son attitude excentrique sur le plateau, ce qui a conduit à la démission de plusieurs membres de l'équipe, dont plusieurs chefs opérateurs, bien que seul Todd Barron soit crédité à ce poste.

Le film a été tourné à la fois en HD et en 35 mm en même temps, les deux caméras étant posées ensemble sur un pied fabriqué spécialement pour l'occasion.

Wiseau avait d'énormes difficultés à retenir ses propres textes, bien qu'ils étaient courts et qu'il les ait écrits lui-même. Pour cette raison, ses passages devant la caméra ont nécessité un très grand nombre de prises.

Un témoignage sur la fiche IMDB révèle que le ratage du film serait en partie due à des membres d'une des équipes techniques. Ceux-ci, supportant mal les excentricités et l'agressivité de Wiseau à leur égard, se seraient vengés en sabotant le montage final par l'inclusion des pires prises.

Ce film est devenu un film culte, particulièrement à Los Angeles, où il est joué mensuellement en tant que midnight movie, pour l'humour involontaire perçu par de nombreux membres du public. Il demeure à ce jour le seul Midnight Movie sorti après Eraserhead. En réponse à la popularité du film, Tommy Wiseau annonce que l'humour du film était intentionnel, et avance son film en tant que comédie noire, bien que cette affirmation soit généralement mise en doute par le public.

Selon certaines analyses, le film mettrait en exergue le narcissisme de son auteur, qui semble confirmé par le fait qu'il cumule plusieurs fonctions dans le film (producteur, réalisateur, scénariste, acteur principal) et que l'affiche du film ne montre que son visage en gros plan, mais surtout parce que son personnage est couvert d'éloges pendant tout le film.

Le spectateur remarque également que de nombreux personnages peuvent apparaître normalement puis disparaître sans aucune raison, cela serait dû au fait que plusieurs acteurs ou membres de l'équipe technique auraient quitté le tournage, soit parce que Wiseau les congédiait à tour de bras, soit à cause des conditions de tournage, décrites comme catastrophiques.

Dix ans après la sortie du film, Greg Sestero, un des acteurs principaux, sort un livre intitulé The Disaster Artist décrivant les conditions de tournage du film ainsi que des éléments biographiques de Wiseau. James Franco en réalise l'adaptation pour le cinéma sous le titre The Disaster Artist.

Lors de la projection du film au Grand Rex (Paris) les 15 et 16 février 2018, organisée par "Panic! Cinéma" et Chroma, Tommy Wiseau qui était présent, a expliqué lors d'une FAQ, que les personnages ainsi que l'histoire de The Room sont inspirés de personnes réels et de son vécu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nikita, « The Room », sur Nanarland (consulté le 7 août 2017)
  2. « « The Room », le nanar qui devint culte », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]