Le Troisième Homme (film)

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Le Troisième Homme
Description de l'image The 3rd Man trailer screenshot 1.png.

Titre original The Third Man
Réalisation Carol Reed
Scénario Graham Greene
Carol Reed
Alexander Korda
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Film noir
Thriller
Durée 104 minutes (USA : 93 min)
Sortie 1949

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Troisième Homme (The Third Man) est un film britannique réalisé par Carol Reed sur un scénario de Graham Greene, tourné en 1948 dans la ville de Vienne, sorti en 1949. Le Troisième Homme a reçu le Grand prix du festival de Cannes 1949, et est souvent considéré comme l'un des meilleurs films noirs.

La bande son du film comprend une musique originale composée par Anton Karas ; celui-ci interprète à la cithare le Thème de Harry Lime qui eut un succès planétaire et fut fréquemment réutilisé par la suite. Karas avait été repéré par Carol Reed dans un restaurant viennois proche de la Grande Roue du Prater[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

La Grande Roue au Prater à Vienne, où se déroule l'entrevue entre Lime et Martins.
L'hôtel Sacher (vers 1890), à l'époque hôtel militaire, où se déroulent plusieurs séquences
Musique : Anton Karas (en 1951)
Orson Welles (en 1941)

L'Américain Holly Martins, petit écrivain besogneux, se rend à Vienne sur l'invitation de son ancien compagnon d'études Harry Lime, qui lui a fait miroiter l'occasion de gagner de l'argent. Mais il y arrive pour assister aux obsèques de son ami, qui a été écrasé par une voiture. Désireux d'en savoir plus, Martins rencontre d'anciens amis de Lime, tous quelque peu louches. Officiellement, deux d'entre eux auraient recueilli le corps de Lime juste après l'accident. Mais le concierge de l'immeuble où habitait Lime assure qu'un troisième homme se trouvait là.

Le concierge est retrouvé assassiné peu après. Un officier de la police militaire britannique, le major Calloway, déclare à Holly que ce qu'il a de mieux à faire est de quitter Vienne, et lui révèle que Harry Lime était impliqué dans un réseau qui trafiquait de la pénicilline frelatée sur le marché noir. Martins choisit de rester, résolu à tirer au clair cette affaire et à identifier le troisième homme. Il rencontre par ailleurs Anna, l'amie de Harry, et en tombe amoureux.

Martins va de surprise en surprise dans les décombres de cette Vienne misérable et cynique de l'immédiat après-guerre, divisée en quatre secteurs d'occupation alliés. La ville est dépeinte par Carol Reed avec un véritable souci documentaire, et en même temps avec la force d'un style cinématographique qui se ressent de l'influence de l'expressionnisme allemand.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]


Non crédités[modifier | modifier le code]

  • Nelly Arno : la mère de Kurtz
  • Jack Arrow : un membre de la patrouille internationale A
  • Harold Ayer : un soldat
  • Harry Belcher : un homme poursuivant Holly
  • Leo Bieber : le barman du Casanova
  • Paul Birch : un policier militaire
  • Martin Boddey : un policier militaire russe
  • Madge Brindley : une cliente au Casanova Bar
  • Robert Brown : un policier militaire britannique lors de la poursuite dans les égouts
  • Ray Browne : un membre de la patrouille internationale B
  • Paul Carpenter (en) : un membre de la patrouille internationale D
  • Marie-Louise Charlier : la strip-teaseuse au club
  • Alexis Chesnakov : le colonel Brodsky, l'officier de liaison russe
  • Guy De Monceau : un membre de la patrouille internationale C
  • Reed De Rouen (en) : un policier militaire américain à la gare
  • Jack Faint : un client au Casanova Bar
  • Thomas Gallagher : le chauffeur de taxi
  • Michael Godfrey : un membre de la patrouille internationale C
  • Vernon Greeves : un membre de la patrouille internationale D
  • Herbert Halbik : le petit Hansel, le garçon au ballon
  • Paul Hardtmuth (en) : Hartman, le portier du hall de l'hôtel Sacher
  • Walter Hertner : le barman du Sacher
  • Lily Kann (en) : une infirmière
  • Geoffrey Keen : un policier militaire britannique
  • Brookes Kyle : un membre de la patrouille internationale B
  • Martin Miller (en) : le maître d'hôtel
  • Hannah Norbert : une actrice au Josefstadt Theater
  • Eric Pohlmann : un serveur au Smolka
  • Carol Reed : la voix du narrateur (version anglaise)
  • Annie Rosar : la femme du concierge
  • Frederick Schrecker : le père du petit Hansel
  • Hugo Schuster : un serveur
  • Gordon Tanner (en) : un membre de la patrouille internationale C
  • Karel Stepanek : un acteur au Josefstadt Theater
  • Brother Theodore : un homme dans la rue
  • Ernst Ulman : un invité au club littéraire
  • Helga Wahlrow : une actrice au Josefstadt Theater
  • Jenny Werner : Hilde, la domestique de Winkel

Autour du film[modifier | modifier le code]

Réseau social des principaux rôles avec les tailles et les genres indiquant l'intensité de leurs contacts dans l'intrigue
  • Le scénariste Graham Greene a été espion durant la Seconde Guerre mondiale et connaissait plusieurs affaires de trafic de pénicilline frelatée ce qui a inspiré son texte[2].
  • Tourné entre fin 1948 et début 1949 à Vienne même, le film témoigne de l'état de la ville plus de trois ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il montre plusieurs endroits célèbres de Vienne : le Prater et sa grande roue, le palais Pallavicini, l'hôtel Sacher, le café Mozart ou encore le cimetière central[3].
  • Le film est généralement connu pour avoir innové avec des plans cassés, pour le visage d'Orson Welles subitement éclairé dans l'embrasure d'une porte et surtout pour la scène finale de poursuite dans les égouts de Vienne.
  • Au total, trois équipes de tournage ont été utilisés en parallèle : une de nuit, une de jour et une pour les égouts. Reed insista pour diriger chaque unité, ce qui lui valut de travailler 20 heures par jour.
  • Pour rendre les trottoirs et les rues visibles dans les prises de vue nocturnes, ils étaient maintenus constamment arrosés par des pompiers viennois.
  • Dans la scène de la grille d'égout, ce sont les mains du réalisateur Carol Reed qui sont utilisées.
  • Carol Reed voulait à l'origine James Stewart pour le rôle de Holly Martins. C'est le producteur David O. Selznick qui imposa Joseph Cotten, qui était sous contrat avec sa société à ce moment-là. Mais il eut gain de cause pour le rôle de Harry Lime, Noël Coward étant le premier choix de Selznick qui n'appréciait guère Orson Welles qui l'avait traité de "poison du box-office".
  • La musique du film, composée et jouée à la cithare par Anton Karas, demeure très célèbre. Elle se classa durant onze semaines en tête des meilleures ventes américaines de disques entre avril et juillet 1950.
  • Dans la version américaine du film, c'est Joseph Cotten qui prête sa voix au narrateur.
  • Graham Greene écrivit un roman homonyme d'après son scénario[3].
  • Bernard Lee et Robert Brown furent plus tard deux des interprètes de "M" dans des films de la saga James Bond. L'assistant réalisateur était Guy Hamilton, futur metteur en scène de plusieurs opus de la même série. Geoffrey Keen sera lui le ministre de la Défense pendant la période Roger Moore.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Troisième Homme sur dvdclassik.com
  2. Newton PN, Timmermann B, Fake penicillin, The Third Man, and Operation Claptrap, BMJ, 2016;355:i6494
  3. a et b Nathalie Simon, « La roue du Prater. L'ombre d'Orson Welles », Le Figaro, samedi 23 / dimanche 24 août 2014, p. 22.
  4. « Awards Database 1949 », sur British Academy of Film and Television Arts (consulté le 7 juin 2011).
  5. Le Troisième Homme sur Bfi.org.uk.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études et essais sur le film[modifier | modifier le code]

  • (en) Charles Drazin, In Search of the Third Man, New York, Limelight, , XIV-209 p. (ISBN 0-87910-294-2).
  • (en) Gene Daniel Phillips, Graham Greene : The Films of his Fiction, New York / Londres, Limelight, coll. « Studies in Culture and Communication », , XXIII-203 p.
  • (en) Rob White, The Third Man, BFI Publishing, coll. « BFI Film Classics », , 88 p. (ISBN 978-0-8517-0963-5).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]