Scream (film)

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Scream
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Titre québécois Frissons
Réalisation Wes Craven
Scénario Kevin Williamson
Acteurs principaux
Sociétés de production Dimension Films
Woods Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Horreur
Slasher
Durée 111 minutes
Sortie 1996

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Scream (en français : « hurlement ») ou Frissons au Québec, est un film d'horreur américain réalisé par Wes Craven, sorti en 1996.

Il est le premier film de la tétralogie qui est également constituée de Scream 2, Scream 3 et Scream 4. La franchise connait ensuite une série télévisée, dont la saison 1 est diffusée dès juin 2015 sur MTV. Il est le 14e film réalisé par Wes Craven et le premier écrit par Kevin Williamson.

Basé en partie sur l'affaire du tueur de Gainesville[1] et fortement inspiré du film Halloween, Scream mélange les genres de l'horreur, la comédie et le whodunit. Il révolutionne également le sous-genre du slasher en se jouant des « règles » et stéréotypes de ce genre la déjà établis par les films d'horreur apparus dans les années 70, 80 et 90, tout en les incluant dans le film de Craven dans le but d'en faire la satire[2].

Il met en scène une bande d'adolescents américains traqués par un mystérieux tueur en série dans la petite ville de Woodsboro. À sa sortie, le film est un véritable carton au box-office, obtenant plus de 173 millions de dollars à travers le monde dont 2,2 millions d'entrées en France, avec des critiques positives et pratiquement unanimes par la presse spécialisé et les spectateurs. Récompensé du Saturn Award du meilleur film d'horreur et du Grand Prix au Festival de Gérardmer en 1997, le film ainsi que la bande originale, composée par Marco Beltrami, atteignent au fil des années le statut de « culte »[3]'[4]. La plupart des prestations des acteurs, dont celles de Neve Campbell et Drew Barrymore, sont également reconnues tandis que le film révèle certains acteurs au grand public.

Pour surfer sur la vague de succès du film, une multitude de slasher feront leur apparition comme Souviens-toi... l'été dernier et Urban Legend, surnommés de « post-Scream » et désormais eux aussi qualifiés de culte sans pour autant être aussi populaires que Scream. Bon nombre de parodies verront également le jour dans les années qui suivront la sortie du film dont notamment la plus connue : Scary Movie[4]. Ghostface, le tueur en série du film, devient quant à lui l'un des tueurs en série les plus connus et une icône du cinéma d'horreur[5]. Des produits dérivés verront également le jour dont le plus connu : le déguisement du tueur devenu un incontournable des fêtes d'Halloween.

Scream marque un tournant dans l'univers cinématographique et surtout de l'horreur : la popularité du film en fait rapidement un phénomène de société[6] et relance la mode du slasher[4], ce genre étant en sérieuse perte de vitesse les années précédentes.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Accroche[modifier | modifier le code]

La petite ville californienne de Woodsboro (lieu fictif), d'ordinaire très tranquille, est secouée par les meurtres de deux étudiants. La police enquête tandis que le tueur frappe à nouveau, s'inspirant des films d'horreur des années 1970 et 1980. Qui sera la prochaine victime ? Qui se cache derrière le masque de l'assassin ? L'enquête commence tandis que le tueur vise plus particulièrement Sidney Prescott.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Modèle de couteau utilisé par le tueur du film.

Un soir, Casey Becker est seule chez elle lorsqu'elle s'apprête à regarder un film d'horreur avec du pop-corn. Un malade mental se met à la harceler d'appels terrifiants au téléphone jusqu'à ce qu'il lui présente son petit ami, Steven Orth, attaché dehors sur l'une des chaises du jardin. L'individu soumet Casey à un jeu : un quiz sur les films d'horreur qui permettront à Steve de vivre, ou non. Son sort repose sur les épaules de Casey qui se trompe à l'une des questions et condamne malgré elle le jeune homme à une mort effroyable. Le tueur finit par s'en prendre à Casey qu'il poignarde à plusieurs reprises alors même que les parents de la jeune fille rentrent de leur soirée. Ils découvriront le corps de la jeune femme, éventré et pendu à un arbre.

Le lendemain, la ville est sans dessus dessous. Le lycée où étudiaient les deux étudiants est bondé de policiers ainsi que de journalistes, ce qui n'est pas sans rappeler à Sidney Prescott son douloureux passé : sa mère fût assassinée un an auparavant. Ses amis, le reste des étudiants du Woodsboro High ainsi qu'elle-même, sont appelés un à un dans le bureau du proviseur pour une série de questions à propos de Casey : chaque personne est considérée comme potentiellement suspecte.

À la fin de la journée, Sidney, encore abasourdie par le drame, rentre chez elle et passe le début de soirée seule en attendant que Tatum Riley, sa meilleure amie, vienne la chercher pour passer le weekend avec elle, son père Neil Prescott étant parti pour un voyage d'affaires. Mais très vite, le téléphone sonne : au bout du fil, la voix de l'homme qui avait harcelé Casey la veille. Après une discussion houleuse, il attaque très vite Sidney mais cette dernière réussit à se barricader dans sa chambre et appelle la police. Au même moment, son petit ami, Billy Loomis, fait irruption dans la chambre par la fenêtre pour la rassurer. Mais lorsqu'il fait tomber son téléphone, Sidney, prise de panique, le prend pour le tueur et s'enfuit avant de tomber sur Dewey Riley, le frère de Tatum, qui est adjoint du shérif. Au poste, Billy est placé en garde à vue en attendant les relevés de communications de son portable. Dewey quant à lui n'obtient pas la moindre information sur Neil : ce dernier n'apparaît sur aucune liste de passagers sur un vol récent. En fin de soirée, le tueur contacte Sidney chez Tatum, lui narguant que Billy est innocent et qu'il est donc toujours en liberté.

Le lendemain matin, le journal télévisé présente Cotton Weary, l'homme que Sidney a fait accuser du meurtre de sa mère un an auparavant. Ces accusations sont jugées fausses par Gale Weathers, journaliste à scandales ayant travaillé sur ce fait divers. Sidney croise soudainement Billy dans les couloirs du lycée après que ce dernier ait été relâché, faute de preuve. Au vu des récents événements et d'une nouvelle attaque sur Sidney au sein même du lycée, un couvre feu est mis en place par les autorités de la ville dans le but de protéger les habitants, ce qui n'empêche pas la mort d'une troisième personne : le proviseur du lycée, Arthur Himbry, poignardé à plusieurs reprises dans son bureau. Tatum fait, quant à elle, part de son ressenti sur les rumeurs entourant Maureen Prescott, la mère de Sidney. Elle commence à croire qu'il se pourrait que Maureen ait eu une aventure avec Cotton Weary, son présumé assassin.

Le soir même, et malgré le couvre feu, une fête est organisée au domicile de Stuart Macher, le petit-ami de Tatum. Une aubaine pour le tueur. Gale accompagne Dewey à la soirée pour y poser en secret une caméra tandis que Tatum est assassinée dans le garage. Sidney retrouve Billy et décide de lui redonner sa confiance en couchant pour la première fois avec lui, ce qui n'est pas sans agacer Randy Meeks, un ami de Sidney secrètement amoureux. Ce dernier apporte avec lui plusieurs cassettes vidéos de film d'horreurs et annonce les fameuses règles à respecter pour survivre dans un film d'horreur, notamment de ne pas faire l'amour, ne pas consommer d'alcool ni de drogues et ne jamais dire « Je reviens tout de suite  ». Devant Halloween de John Carpenter, les derniers invités de la soirée filent à toute vitesse pour aller découvrir le cadavre du proviseur, retrouvé quelques minutes avant éventré et pendu, laissant Randy seul dans le salon. Parallèlement, Dewey se rend au signalement d'une voiture laissée à l'abandon dans un fossé non loin de chez Stuart. Sur la route, il se rapproche de Gale, qui l'accompagne, mais ils retrouvent la voiture en question : il s'agit de celle de Neil Prescott.

Healdsburg, lieu ou plusieurs scènes représentant le centre ville de Woodsboro furent tournées.

Alors que Sidney et Billy viennent de terminer leurs ébats, le tueur fait irruption dans la chambre et poignarde plusieurs fois Billy. Sidney arrive à s'enfuir hors de la maison, après avoir découvert le corps de Tatum, pour demander de l'aide à Kenny, le cameraman de Gale resté dans leur camionnette pour visualiser les images de la mini caméra déposée par la journaliste. À ce moment, Kenny et Sid aperçoivent le tueur sur la caméra prêt à achever Randy. Kenny sort directement pour tenter d'aller aider le jeune homme mais trop tard : un différé de 30 secondes sur la vidéo laisse le temps au tueur de sortir de la maison et de tuer Kenny sous les yeux de Sidney qui parvient à s'enfuir. Dewey revient à la maison et y pénètre, persuadé que le tueur y est présent. Gale, quant à elle, découvre le corps de Kenny et, prise de panique, s'enfuit avec la camionnette avant de finir sa course contre un arbre en évitant Sidney. Le sort de Gale est inconnu. Arrivé à la maison, Sidney découvre Dewey, un couteau planté dans le dos. Alors qu'elle échappe une nouvelle fois au tueur, elle parvient à passer un appel de détresse à la police avant de tomber sur Randy et Stuart qui s'accusent mutuellement d'être l'assassin. Prise de doute, elle leur ferme la porte au nez.

À l'intérieur, Billy fait son apparition mais chute dans les escaliers à cause de ses blessures. Sidney lui confie le pistolet qu'elle à prit à Dewey alors que Billy fait entrer Randy dans la maison qui clame que Stuart est devenu fou. Soudain, Billy tire sur Randy et dévoile contre toute attente être le tueur. Mais il n'a pas agît seul : Stuart révèle être son complice. Ils dévoilent à Sidney avoir tué sa mère un an auparavant : Maureen était la maîtresse de Hank Loomis, le père de Billy, ce qui à provoqué le départ de sa mère. Il a alors assassiné Maureen pour ce venger et fait porter le chapeau à Cotton Weary en volant son blouson, le tachant de sang, avant de le déposer dans sa voiture pour le faire accuser. S'ensuit une explication de leur plan à venir : faire accuser Neil Prescott, qu'ils avaient enlevé, des récents homicides dû à une folie meurtrière après la mort de femme et lui tirer une balle dans la tête pour faire croire à un suicide. Ils se poignardent l'un et l'autre pour se faire passer pour des victimes. Gale refait alors son apparition et pointe l'arme de Dewey sur Billy ce qui laisse le temps à Sidney de s'enfuir avec son père. Gale assommée par Billy, les deux meurtriers se mettent à la recherchent de Sidney dans la maison. Sidney tue d'abord Stuart avant d'achever Billy grâce à l'aide de Gale.

Au levé du jour, Sidney, Neil, Randy et Dewey qui à survécu, sont pris en charge par les secours tandis que Gale réalise son reportage au terme de cette effroyable massacre.

Personnages[modifier | modifier le code]

Une petite partie du casting du film. De gauche à droite : Neve Campbell, Courteney Cox suivis de David Arquette et Jamie Kennedy.
  • Sidney Prescott : elle vît dans les collines de Woodsboro avec son père Neil Prescott. Elle tente de se remettre de la mort de Maureen Prescott mais les événements qui se produiront vont la plonger dans un cauchemar dont elle ressortira plus forte que jamais.
  • Billy Loomis : il est le petit-ami de Sidney et a très mal vécu le départ de sa mère suite aux infidélités de son père Hank Loomis. Très vite, il se retrouvera impliqué dans l'affaire de meurtres comme principal suspect.
  • Tatum Riley : elle est la meilleure amie de Sidney, la petite sœur de Dewey et la petite-amie de Stuart Macher. Très protectrice envers Sidney, elle est très caractérielle et ne supporte pas Gale Weathers. Après l'arrestation de Billy, elle essaiera de le tenir éloigné de Sidney et perdra tout respect à son égard. Elle n'a que très peu de respect envers son frère qu'elle considère comme un « bouffon ».
  • Dewey Riley : shérif adjoint dans la petite ville de Woodsboro, il est le frère de Tatum et est chargé de veiller sur Sidney. Il a également un faible pour Gale Weathers.
  • Gale Weathers : journaliste à scandale très populaire à Woodsboro grâce à son émission Top Mag, elle s'implique dans l'affaire pour essayer de décrocher le fameux prix Pulitzer, n'hésitant pas à charmer Dewey pour obtenir des informations. Elle est en désaccord permanent avec Sidney, la journaliste étant persuadé que Cotton Weary est innocent et ayant traité Sidney de menteuse durant le procès.
  • Stuart Macher : il est le petit-ami de Tatum et l'ex petit-ami de Casey Becker. Étudiant au lycée de Woodsboro High, ses blagues parfois agaçantes et son attitude assez immature laisse penser qu'il s'agit du rigolo de la bande. Il est l'un des seuls à ne pas croire à l'implication de Billy dans l'affaire qui secoue la ville.
  • Randy Meeks : étudiant fanatique de films d'horreur, il travaille également dans le vidéo-club de Woodsboro. Il est secrètement amoureux de Sidney et sera l'un des premiers à suspecter Billy.
  • Casey Becker : cette douce étudiante vît dans une somptueuse maison dans les collines reculées de Woosboro avec ses parents. Ex petite-amie de Stuart, elle est la copine de Steven Orth, joueur dans l'équipe de foot du lycée. Elle est également fan de film d'horreur. Casey est la seconde victime de la scène d'ouverture désormais culte.
  • Kenny : le cameraman de Gale la suit partout, prêt à couvrir un évènement s'il se présente.
  • Shérif Burke : chef de Dewey, il mène l'enquête à Woodsboro et s'intéresse de près à Neil Prescott.
  • Neil Prescott : père de Sidney, il tente de se remettre de la mort de Maureen Prescott. Parti pour un voyage d'affaire, sa disparition le mettra en tête des principaux suspects.
  • Hank Loomis : il est le père de Billy. Ses tromperies avec Maureen Prescott ont fait fuir sa femme ce qui traumatisera Billy.
  • Steven Orth : petit-ami de Casey, il est joueur de football dans l'équipe du lycée.
  • Cotton Weary : amant de Maureen, il sera jugé coupable de son meurtre après que Sidney ait affirmé l'avoir vu partir avec son blouson tâché de sang le jour du meurtre.
  • Maureen Prescott : la mère de Sidney et femme de Neil a un lourd passé : on lui prête plusieurs infidélités à son mari avec Hank Loomis et Cotton Weary. Elle sera assassinée un an avant les événements du film.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau : France Interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie en salles[6], réévalué en interdit aux moins de 12 ans (art et essai; visa d'exploitation CNC no 91977 délivré le 29 décembre 1998[7])[N 1]

Distribution[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Personnages de Scream.

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et scénario[modifier | modifier le code]

Kevin Williamson, scénariste de Scream.

Le film fut d'abord développé sous le titre Scary Movie (« film d'horreur ») par Kevin Williamson, à l'époque jeune scénariste[4]'[8]. Williamson découvrit un jour l'une des fenêtres de sa maison ouverte peu de temps après le massacre de la ville de Gainsville, ville universitaire dans laquelle Danny Rolling assassina plusieurs étudiants[1],[9]. Il sera influencé par cette affaire[4]'[10],[11]. Il eut alors l'idée de rédiger une histoire sur une jeune fille, seule dans sa maison, traquée au téléphone puis attaquée par un tueur portant un masque[12]. Cette histoire restera ensuite comme telle puisque Williamson travailla alors sur un autre scénario, celui de Mrs. Tingle[4], qui finira par être vendu après être resté très longtemps en développement[13]. Ayant alors des problèmes pour payer ses factures, Kevin Williamson se retire et reste seul à Palm Springs dans le but de se focaliser sur le développement de Scary Movie, en espérant pouvoir vite vendre le script pour répondre à ses problèmes financiers[4]'[13]. Pendant trois jours, Williamson développa un long script de plusieurs pages puis deux autres séparés en bloc de 5 pages chacun, dans le but de créer deux autres suites possibles : Scary Movie 2 et Scary Movie 3. Il espérait alors attirer des acheteurs en vendant les mérites de non pas un film mais d'une trilogie.

Dans une interview, Williamson déclara que l'une des raisons qui le poussa à travailler sur le scénario est qu'il voulait voir ce film, né de son amour pour les films d'horreurs de son enfance tels que Halloween, prendre forme[9]. D'ailleurs, en hommage à l'œuvre de John Carpenter, le film que regarde le personnage de Randy chez Stuart en compagnie d'autres personnages secondaires n'est autre que ce film. Ses goûts pour les films d'horreur est très marqué dans le scénario qui dispose d'éléments faisant références à des films comme Halloween mais aussi : Vendredi 13, Les Griffes de la nuit, Le Bal de l'horreur et Terreur sur la ligne. Pour l'anecdote, Williamson écoutait la bande son d'Halloween pour avoir de l'inspiration pendant l'écriture de Scary Movie[14]. D'ailleurs, des extraits de la bande son d'Halloween apparaîtront dans Scream.

En juin 1995, Kevin Williamson déposa le script à son agent, Rob Paris, pour le mettre en vente. Paris mettra alors en garde Williamson sur l'étendue du gore et de la violence présents dans le scénario qui rendraient le script difficile à vendre[4]. Après l'achat du script par Miramax, le script nécessita une réécriture afin de l'expurger d'une partie de la violence qu'il comportait, comme les représentations d'organes des victimes[13]. Cependant, lorsque Wes Craven fut choisi comme réalisateur, il fut en mesure d'apporter un peu plus au scénario.

Aussi, Williamson comptait retirer la scène des toilettes du lycée avec le personnage de Sidney, scène qu'il considérait ridicule et n'ayant rien à voir avec l'histoire. Craven décida lui-même qu'il fallait garder cette scène, sentant qu'elle servirait à approfondir le personnage de Sidney et sa relation avec sa mère décédée. Williamson avouera plus tard être heureux que Craven l'ait convaincu de garder la scène.

Puis, Bob Weinstein, à la tête de Dimension Films, se rendra compte en examinant le scénario qu'il y avait une trentaine de pages (environ 30 minutes à l'écran) sans aucune mort. Il demandera alors à Williamson de rajouter la mort d'un personnage[13]. C'est ainsi que la mort du proviseur Himbry intervient, ce qui l'aiderait ensuite dans le final du film. En effet, Williamson avait du mal à trouver une solution pour faire partir les personnages secondaires plus tôt lors de la soirée pour que le tueur puisse passer à l'attaque et s'en prendre aux personnages principaux restants. La découverte du cadavre de ce personnage sera donc utilisée pour faire partir les invités de la fête.

En ce qui concerne le mobile du tueur, Williamson jugea qu'il serait bien que les spectateurs découvrent pourquoi cet individu deviendrait un tueur, même s'il estima d'autre part que si le tueur n'avait pas de mobile, cela serait encore plus effrayant. L'opinion du studio fut alors partagée entre ceux qui voyaient un motif au tueur nécessaire pour comprendre les actes de l'antagoniste puis ceux qui voyaient une histoire encore plus effrayante sans mobile. L'histoire du film comportait deux tueurs en série, Williamson eut donc l'idée de donner à l'un un mobile et pas à l'autre pour mettre tout le monde d'accord : Billy Loomis, avec pour motif l'absence d'une figure maternelle causée par la mère de Sidney et Stu Macher qui ne supportait pas la pression de son entourage, sans toutefois que cela représente un réel mobile[13].

Dans son scénario, Williamson a l'idée de déplacer l'action du côté du public. En effet, certains personnages sont des caricatures du public du cinéma d'horreur. Ce qui explique en partie le succès de Scream à sa sortie[4]. Pour Wes Craven, Scream utilise des ficelles qui n'avaient jamais fonctionnées dans aucun autre film de ce dernier dont notamment l'humour[4].

Développement[modifier | modifier le code]

Réalisateur du film, surnommé "maître de l'horreur", Wes Craven.

Le script d'un potentiel film à venir connu jusqu'alors comme Scary Movie fut mis en vente un vendredi, en juin 1995, mais ne reçut pas d'offres[13]. Le lundi suivant, le script était devenu l'objet d'une guerre des enchères parmi de grands studios comme Paramount Pictures, Universal Pictures et Morgan Creek Productions[15]. La productrice Cathy Conrad lut le script et jugea que c'était exactement ce que les frères Weinstein de la Dimension Films et une partie de Miramax cherchaient. Dimension Films avait déjà sorti plusieurs films d'horreurs concentrés sur ce genre-là. Cathy Conrad apporta le script à l'assistant de Bob Weinstein, Richard Potter. Estimant que le scénario avait du potentiel, il l'apporta à Weinstein. Le prix du script baissa, celui-ci ayant été augmenté auparavant[12]. Les deux derniers potentiels acheteurs étaient alors Oliver Stone qui travaillait pour Cinergi Pictures, et les frères Weinstein de Dimension Films[11]. Williamson accepta une offre de 400 000 dollars de Miramax plus un contrat pour deux suites et un potentiel quatrième film. Williamson avouera qu'il a choisi Dimension Films parce qu'ils produiraient Scary Movie immédiatement et sans censure de la violence dans le script[11]. Craven lut le scénario avant d'être engagé dans la production. Il avait envisagé de faire acheter le script par le studio pour ensuite le diriger. Seulement, quand il lut le scénario, celui-ci avait déjà été vendu[13].

Bob Weinstein approcha Wes Craven dès la mise en place du projet. Après avoir vu ses précédents films, Weinstein était persuadé que Wes Craven serait la personne idéale pour porter à l'écran le scénario de Kevin Williamson, mélangeant la comédie et l'horreur. À ce moment-là, Craven était en plein développement d'un remake pour La Maison du diable, préférant s'éloigner du genre horreur[13]. Weinstein approcha aussi d'autre réalisateurs comme Robert Rodriguez, Danny Boyle, George A. Romero et Sam Raimi[9]'[12]. Williamson était préoccupé, ayant peur qu'après avoir lu le script les réalisateurs pensent qu'il s'agisse d'une comédie. Craven fut approché une nouvelle fois malgré plusieurs demandes déjà refusées. Lorsque la production de La Maison du diable stoppa, Craven n'avait plus de projet en main et devait rapidement en trouver un autre. Pendant ce temps-là, à sa propre demande, Drew Barrymore avait déjà signé pour le film. Quand Craven entendit qu'une actrice ayant déjà une carrière établie derrière elle avait demandé de faire partie du projet, il estima que Scary Movie devait être différent des autres films du genre sur lesquels il avait déjà travaillé. Il contacta Weinstein pour finalement accepter l'offre[12].

Juste avant la fin du développement, les frères Weinstein décident de changer le titre du film, passant de Scary Movie à Scream[11]. Ils furent inspirés par la musique de Michael Jackson du même titre[9]. Bob Weinstein considérait que le titre « Scary Movie » était inadapté, en raison de l'horreur et de la violence du film, ce dernier contenant aussi des éléments entre la satire et la comédie. Le changement de titre fut réalisé si tardivement que, lorsque des cadeaux de félicitations pour la fin du projet furent distribués, ils portaient tous le nom Scary Movie et non Scream. Immédiatement, Kevin Williamson et Wes Craven ont rejeté ce titre le qualifiant de « stupide ». Les deux ont ensuite fait remarquer plus tard que ce changement était finalement très bien et que Weinstein avait bien fait de choisir ce titre. Après le grand succès du film en projection test, Wes Craven fut autorisé à signer un contrat pour deux suites supplémentaires.

Sony Pictures a ensuite porté plainte contre Dimension Films et Miramax affirmant que le titre Scream plagiait le film Planète hurlante (Screamers) (sorti en 1995). Après que l'affaire fut réglée confidentiellement, la productrice de Scream 2 Marianne Maddalena, considère que cette affaire était le résultat de plusieurs autres histoires entre les deux sociétés mais qu'il n'y avait rien à voir avec ce changement de titre. Elle a ensuite confirmé que la production serait libre d'utiliser le titre pour les suites à venir[14].

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Un casting féminin fort[modifier | modifier le code]

Le casting de Scream marque un tournant dans l'histoire des films d'horreurs, ces derniers mettant en scène des acteurs très peu connus jusque-là. Ce genre de films était alors considéré comme inadapté aux grands noms du cinéma, les budgets étant très bas et les critiques souvent négatives.

Neve Campbell incarne l'héroïne Sidney Prescott.

Drew Barrymore lut le script et fut tout de suite intéressée pour participer au film. Elle approcha la production d'elle-même pour obtenir un rôle. Drew Barrymore était alors connue pour son rôle dans E.T. l'extra-terrestre sorti en 1982. Les producteurs ont donc profité de l'intérêt inattendu de l'actrice pour le projet et lui offrirent le rôle de Sidney Prescott[11]. La participation de l'actrice était supposée contribuer à attirer d'autres acteurs populaires vers le film, malgré son faible budget. C'est aussi grâce à cette participation que Wes Craven reconsidérera sa décision et réalisera finalement le film[13],[9]. Peu avant que le tournage ne commence, 5 semaines avant[9], Barrymore fut confrontée à des engagements inattendus pour d'autres tournages. Ces différents engagements n'ont finalement plus permis à l'actrice de jouer le rôle-titre, rôle assez exigeant. La jeune femme voulait également jouer le rôle de Casey Becker pour que les spectateurs pensent qu'elle survivrait dans le film[14]. Elle joue finalement le petit rôle de Casey Becker, première victime, ce qui lui a permis de rester impliquée dans le film et de donner à la production l'avantage de son statut[11]. Tuer une des stars du film lors de la première scène fut un risque calculé mais il fut entendu que ce serait encore plus choquant et inattendu pour les spectateurs qui penseraient qu'aucun personnage ne serait à l'abri après cette mort.

Plusieurs actrices incluant Alicia Witt, Melissa Joan Hart et Brittany Murphy passeront le casting dans le but d'obtenir le rôle de Sidney Prescott[14],[9]. Melinda Clarke passera elle aussi une audition pour le rôle. La production approchera aussi Reese Witherspoon, malgré le fait qu'elle n'ait pas auditionné pour un personnage du film[12],[9]. Molly Ringwald, grande admiratrice de Kevin Williamson, se voit aussi proposer le rôle-titre mais refusera à cause de son âge, jugeant qu'à 27 ans, elle n'avait pas à jouer le rôle d'une lycéenne[14]. Wes Craven avait remarqué Neve Campbell dans la série La Vie à cinq et lui demanda d'auditionner pour le rôle[14]. Il pensa qu'elle pouvait jouer un rôle innocent qui pourrait en même temps prendre soin de lui de façon réaliste tout en apportant les émotions et la condition physique requises pour le rôle[13]. Neve fut d'abord réticente de jouer dans un autre film après son rôle secondaire dans Dangereuse Alliance[13]. Après une très bonne audition, elle acceptera d'interpréter le rôle quand l'offre se présentera à elle. Les raisons qui la poussent à accepter sont Scream représente à ce moment-là le premier film dans lequel elle joue le rôle principal et surtout parce qu'elle adore le personnage déclarant : « C'est un personnage fantastique pour tout genre de films. »[13]

Pour le rôle de la journaliste Gale Weathers, le studio voulait une actrice reconnue. Ils approchent Brooke Shields et Janeane Garofalo entre autres[13]'[14]. Courteney Cox, qui joue à cette époque-là, le rôle de Monica dans la série très populaire Friends, approche elle-même le studio pour obtenir un rôle[13]. Elle est intéressée par ce rôle dans le but de jouer une « garce » afin de casser avec son image de gentille fille dans la série. C'est d'ailleurs à cause de cette image que les producteurs ont d'abord refusé de lui donner le rôle[14]. L'actrice à donc continué à faire pression sur le studio, elle qui était persuadée de pouvoir incarner ce rôle, ce qui lui rapportera finalement le personnage[13].

Les actrices Melinda Clarke et Rebecca Gayheart auditionnent pour le rôle de Tatum Riley, la meilleure amie de Sidney, alors que Melinda Clarke refuse le rôle, avant que Rose McGowan ne soit choisie. Le directeur de casting pensait que l'actrice était le meilleur choix pour pouvoir incarner un personnage courageux, cynique et en même temps innocent. Rebecca Gayheart quant à elle obtiendra un petit rôle dans Scream 2[13]. Rose se teint les cheveux en blond pour pouvoir contraster avec les cheveux bruns de Neve Campbell[14]. Il est dit que le tournage de Scream est le meilleur tournage auquel Rose McGowan ait participé[14].

Le studio comprend alors que Neve Campbell, Courteney Cox, Rose McGowan et Drew Barrymore apportent au casting une force féminine qui pourrait attirer un public féminin beaucoup plus important[13].

Le reste de la distribution principale et secondaire[modifier | modifier le code]

Kevin Patrick Walls et Justin Whalin étaient parmi les derniers candidats en lice pour le rôle de Billy Loomis, le petit ami de Sidney. Whalin prend même part à une audition avec Neve Campbell lorsque cette dernière auditionna également pour le rôle de Sidney. Michael Landes auditionnera pour le rôle tandis que Joaquin Phoenix quant à lui refusera de le jouer alors que Ben Affleck lui est considéré[14]. Skeet Ulrich obtiendra finalement le rôle. Les producteurs le considéraient comme « parfait » pour le rôle, lui trouvant aussi une ressemblance avec Johnny Depp lorsque ce dernier apparaît dans Les Griffes de la nuit, l'un des nombreux films dont Scream se sert comme référence[14]. À noter qu'Ulrich et Campbell avaient déjà travaillé ensemble dans Dangereuse Alliance avant Scream. Ils pensaient que cette expérience les aurait aidés à être plus détendus entre eux, ce qui a permis une représentation plus naturelle de la relation entre leurs personnages[14]. Comme il n'était pas parvenu à obtenir le rôle de Billy Loomis, Kevin Patrick Walls obtient le rôle mineur de Steve Orth, le petit ami de Casey Becker, personnage de Drew Barrymore. David Arquette fut lui aussi approché pour le rôle de Billy Loomis mais fut plus intéressé par le rôle de Dewey Riley, le grand frère de Tatum[14]. Le rôle, décrit comme étant un « bellâtre », fut tout d'abord mal adapté pour le physique assez mince d'Arquette mais ce dernier fut quand même autorisé à passer l'audition[14]. Craven apprécia son approche plus douce et amusante au personnage et lui donne alors le rôle[13].

David Arquette interprète l'adjoint Dewey Riley. Dewey aura un rôle encore plus important dans les trois suites de Scream.

Matthew Lillard auditionne pour le rôle de Stu Macher, petit ami de Tatum et ami de Billy Loomis par chance. C'est en accompagnant sa compagne de l'époque à une audition ayant lieu dans le même bâtiment, mais sans rapport avec les auditions de Scream, que la directrice de casting, Lisa Beach vu Lillard dans un couloir et lui demanda de passer l'audition. Il obtiendra ensuite le rôle avec une « férocité incroyable ». Il fut d'abord considéré pour le rôle de Billy avant d'auditionner pour celui de Stu[14].

Le rôle de Randy Meeks fut partagé entre Jamie Kennedy, Jason Lee et Breckin Meyer[14]. Les producteurs favorisent Jamie, le croyant meilleur pour incarner le rôle et ayant rajouter des touches d'humour pendant son audition ce qui plaira beaucoup à Wes Craven[14]. L'acteur n'ayant jamais eu de rôles importants auparavant, a failli ne jamais remporter le rôle, le studio voulant un acteur beaucoup plus connu[13]. Les producteurs ont alors insisté sur le fait qu'il est le meilleur choix pour jouer le rôle et se sont battus avec succès pour lui offrir le rôle[11]. À noter que ce personnage est en quelque sorte un personnification de Kevin Williamson lui-même[2].

Roger L. Jackson, la voix de Ghostface, fut choisi après plusieurs semaines de casting local à Santa Rosa, ou des scènes de Scream furent tournées. Les producteurs décident que la contribution de Jackson était parfaite et ils décident de le garder. Wes Craven décrit la voix de Roger L. Jackson comme étant une voix « intelligente » et « effrayante » qui deviendra irremplaçable pour la saga. Pour faciliter leur performance, Jackson ne fut jamais autorisé à rencontrer les autres acteurs, les empêchant de mettre un visage sur sa voix. Durant le tournage, Jackson était présent sur le tournage mais dans un coin privé, leur parlant à l'aide d'un véritable téléphone pour les aider dans leur performances[13]. Il se trouvait présent lors de la scène de Drew Barrymore, derrière une fenêtre, pouvant donc la voir jouée[16].

D'autres acteurs secondaires complètent la distribution du film : W. Earl Brown qui interprète le cameraman de Gale, Kenny, Joseph Whipp interprète le shérif Burke, Laurence Hecht joue le rôle de Neil Prescott, le père de Sidney et C.W. Morgan joue le père de Billy, Hank Loomis. Quant à Liev Schreiber, il joue le rôle mineur de Cotton Weary, l'amant de Maureen Prescott accusé à tort du meurtre de cette dernière. Schreiber reprendra son rôle dans Scream 2 et Scream 3 dans lesquels son personnage est bien plus important. L'actrice Linda Blair fait une petite apparition en tant que journaliste devant le lycée après l'attaque sur Sidney[9]. Enfin, Henry Winkler apparaît en tant que proviseur Himbry, le proviseur désagréable. Il fut non crédité pour que le public ne perde pas l'attention sur le groupe des jeunes acteurs principaux. Une des deux cheerleaders présentes dans les toilettes du lycée juste avant que Sidney ne se fasse attaquer par le tueur est jouée par la petite amie de Skeet Ulrich de l'époque[14].

Anecdotes sur le casting[modifier | modifier le code]

C'est pendant le tournage du film que les acteurs Courteney Cox et David Arquette se rencontrent. Après s'être mariés le , ils mettent au monde une petite fille, Coco Riley Arquette, née le et dont la marraine est Jennifer Aniston. Cox et Arquette se sont séparés pendant le tournage du quatrième opus après 11 ans de vie commune. Leur séparation fut annoncée en novembre 2010 et le , David entame une procédure de divorce pour « différends irréconciliables »[17].

Henry Winkler, qui joue le rôle du proviseur dans le film, a aussi joué le rôle de Fonzie dans la série Happy Days. Avant de se faire tuer, il se recoiffe exactement comme il le faisait régulièrement dans la série.

Tournage[modifier | modifier le code]

Sonoma Grammar School, le lycée qui servira de lycée fictif du film appelé le Woodsboro High School.

Le tournage de Scream se déroule sur une période de 8 semaines[14] entre le 15 avril et le avec 15 millions de dollars de budget[18]. Les frères Weinstein voulaient alors tourner le film à Vancouver au Canada car ils pouvaient économiser un million de dollars comparé à un tournage aux États-Unis[13]. Mais Wes Craven fut catégorique sur le tournage aux États-Unis, il voulait un film qui fasse « vraiment américain ». Si bien que Wes Craven lui-même aurait voulu se retirer du projet avant que les frères Weinstein décident de garder la production sur le territoire américain[14],[12],[13]. La Caroline du Nord fut alors une possibilité de repérage pour l'équipe avant que ces derniers ne se rendent compte que les sites trouvés nécessitaient pour le film la construction de vastes bâtiments, des réparations et des modifications ajoutant des frais bien trop élevés[13]'[14].

Les repérages de l'équipe se dirigent ensuite vers la Californie, découvrant le Comté de Sonoma et les villes de Santa Rosa, Healdsburg et à la baie de Tomales (en) voisine. La maison du personnage de Casey Becker que l'on peut voir au début du film se trouve au sud-est de Santa Rosa, sur la Sonoma Mountain Road, directement face à la maison utilisée pour le film d'horreur Cujo, sorti en 1983[13]. La maison de Sidney Prescott est située près de Calistoga, au nord de Santa Rosa. La maison de Dewey et Tatum est située sur la McDonald Avenue à Santa Rosa, à côté des maisons utilisées pour les films Pollyanna sorti en 1960 et L'Ombre d'un doute d'Alfred Hitchcock de 1943[14]. La maison du personnage de Stu Marcher, qui est le lieu de l'ensemble du troisième acte du film, se trouve sur Tomales Road à l'est de Tomales Bay. Cette maison était devenue disponible après le décès de ses propriétaires. La place de la ville de Woodsboro, incluant la fameuse fontaine où l'ensemble des acteurs principaux se réunissent pour tourner une scène clé au début du film, est représentée par la place de la ville de Healdsburg. Le vidéoclub dans lequel travaille Randy se nomme le Bradley Video et se trouve aussi à Santa Rosa[19].

Pour ce qui est du lycée de Woodsboro, Wes désirait un bâtiment qui fasse « américain » et les producteurs se tournent très vite vers le lycée Santa Rosa High School. À noter que la commission scolaire aurait insisté pour lire le script et s'opposa très vite à la violence contre les adolescents et les dialogues sombres incluant ceux du proviseur fictif du film[11]. Les journaux locaux critiquent alors le projet et les parents des élèves de l'établissement s'opposent au tournage du film dans l'enceinte du lycée. Ces oppositions sont probablement aussi dues à la violence du film qui rappelle l'enlèvement et l'assassinat de Polly Klaas 3 ans auparavant. Les producteurs ont tout de même reçu le soutien de certains élèves de l'école mais aussi des résidents locaux qui ont reconnu que des avantages économiques seraient générés grâce à la présence du film. D'autres ont plaidé pour les droits du premier amendement du film. Le différend a entraîné un débat de 3 heures qui se déroule le 16 avril, un jour après que le tournage du film devait commencer. Ne voulant pas être retardé, Wes Craven commença le tournage du film comme prévu, le 15 avril.

Wes commence le tournage avec la scène d'ouverture qui met en scène Drew Barrymore. La scène est tournée en 5 jours[15],[9],[11]. Pour l'anecdote, lorsque Ghostface brise une fenêtre avec sa tête et que Casey l’assomme avec son téléphone, c'est Wes Craven qui était caché sous le costume et qui s'est vraiment pris un coup[14]. Puis, le débat avec le Santa Rosa High School touche à sa fin : l'accès au lycée est refusé[9]. La production est donc contrainte de trouver un autre emplacement pour l'école et fini le tournage au Sonoma Community Center, dans le sud-est de Santa Rosa[9]'[11]. En échange, Wes Craven mit dans le générique de fin, dans la section « remerciements spéciaux », la phrase assassine « aucun remerciement au conseil d'administration de la Santa Rosa High School. »[14]

La maison du personnage de Stu Marcher, utilisée pour les quarante dernières minutes du film, représentant 21 nuits de tournage.

Le tournage est critiqué dès le départ. Bob Weinstein détesta le masque de Ghostface, pensant qu'il n'était pas effrayant[9] et même idiot[14]. Après avoir examiné toutes les images de la scène d'ouverture, le studio avait peur que le film soit réalisé dans une direction non désirée. Ils pensent même à remplacer Wes Craven. Pour diminuer les inquiétudes du studio, Wes Craven et Patrick Lussier ont dessiné une version grossière de la scène d'ouverture de 13 minutes pour montrer comment le film pourrait être achevé[9]. Après avoir visionné les nouvelles images, le studio laisse Wes Craven à sa place de réalisateur[9]. Bob Weinstein, après avoir vu le masque en action, fut finalement convaincu.

À noter que lorsque Roger L. Jackson passait des appels aux acteurs pour les besoins de certaines scènes. Les appels étant mis sur écoute aux États-Unis, l'équipe fut contactée par la police qui voulait s'assurer qu'un tueur n'était pas en train de harceler une personne[14].

Le troisième et dernier acte du film, plus de 40 minutes du film, est tourné dans une maison à Tomales pendant une durée de 21 nuits[9]. Ces scènes concernent la soirée à la fin du film lorsque Ghostface fait son apparition pour éliminer les personnages principaux restants. La scène, intitulée « Scène 118 » est considérée comme la plus difficile à avoir été tournée lors du tournage de Scream puisqu'elle prend place dans un seul lieu où l'histoire de plusieurs personnages évoluent et où plusieurs trouvent la mort. Les acteurs et actrices ont passé des jours et des jours à entreprendre des scènes physiquement et émotionnellement intenses, couverts de faux sang et de fausses blessures. Comme la scène se passe en soirée, toute l'équipe du film a dû tourner leurs scènes jusqu'à l'aube. Une fois cette scène en boîte, l'équipe technique du film portèrent des tee-shirts avec l'inscription « I Survived Scene 118 »(j'ai survécu à la scène 118)[14]. Une semaine avant la fin du tournage, le directeur de la photographie, Mark Irwin, est licencié. Après que Craven eut jeté un coup d’œil aux images tournées, il trouve alors que les scènes sont floues et inutilisables. Il fut alors ordonné à Irwin de virer toute son équipe mais il rétorqua que si son équipe était virée, alors il faudrait le virer aussi, ce que les producteurs décident de faire. Irwin est ensuite remplacé par Peter Deming qui finit le film[13]'[12].

Effets visuels et design[modifier | modifier le code]

Pour produire les nombreux effets horrifiques du film, les producteurs font appel à l'équipe du KNB Effetcs, à savoir Howard Berger, Robert Kurtzman et Gregory Nicotero.

Exposition d'une réplique du masque de Ghostface en arrière-plan à l'EXPOSYFY au côté d'une replique du gant aux lames acérées de Freddy Krueger.

Une de leurs premières tâches fut de créer le masque du tueur. Dans son scénario, Williamson avait seulement décrit l'antagoniste comme un "tueur masqué", ce qui n'a donné à Wes Craven aucune information spécifique sur le type de masque à utiliser ou même comment cacher le corps du tueur[14]. Pendant les repérages du film, Maddalena découvre le fameux masque de Ghostface dans une maison ayant servi pour le film L'Ombre d'un doute. Craven voulut tout de suite l'utilisé mais, le masque appartenant à la société Fun World, une société de déguisements, l'équipe ne pouvait pas s'en servir. Ils seront contraints de recréer un nouveau masque pour que la production puisse s'en servir et avoir tous les droits. KNB développe alors plusieurs croquis de masques à têtes et formes différentes mais monstrueuses, certaines ayant même des crocs. Ne trouvant aucune ressemblance avec le masque de Ghostface, Craven décida avec KNB de se baser complètement sur le fameux masque en y apportant quelques différences pour éviter un viol de droits d'auteurs. L'équipe réalise plusieurs moules basés sur la conception de Ghostface mais Craven ne trouva aucun masque assez bien pour combler ses attentes. Prêt à tout pour utiliser le masque, Wes Craven convainc finalement le studio pour approcher Fun World. Ils en obtiennent finalement tous les droits pour l'utilisation du masque. Pendant que les négociations étaient en cours, KNB réussit à créer un masque en mousse fine, ressemblant à celui de Ghostface qui fut utilisé à deux reprises sur tout le tournage : pour la scène d'ouverture avec le personnage de Drew Barrymore et pour l'assassinat du proviseur Himbry. Craven détestera ce masque en raison d'une faible ressemblance avec l'original et utilisera le masque de Fun World pour le reste du tournage. À savoir que le déguisement qui cache le corps du tueur devait être à la base tout blanc lors de la production du film pour faire en sorte que le costume du tueur ressemble vraiment à un fantôme. Mais de peur que les gens comparent le costume à la tenue des membres du Ku Klux Klan, la production décida de changer la couleur pour du noir[14]. Plusieurs rumeurs font état que le masque serait aussi inspiré par le tableau Le Cri d'Edvard Munch[20]'[21].

KNB Effects produisit plus de cinquante gallons de faux sang, composés de sirop de maïs et de colorants alimentaires afin de créer les effets visuels pour les blessures graves[14]'[11]. Pour tout le tournage, plus de 200 litres de faux sang furent donc utilisé[6]. Pour l'effet de pénétration des couteaux dans la peau ou à travers les habits lorsque le tueur poignarde les personnages, la production utilise des lames rétractables pour éviter des blessures quelconques[14]. Dans l'une des dernières scènes du film, c'est un parapluie rétractable qui est utilisé tandis que Skeet Ulrich portait un gilet de protection sous son haut pour encore une fois éviter des blessures en tournant une scène de combat avec la doublure de Neve Campbell. Pendant le tournage de cette scène, Skeet fut quand même poignardé à la poitrine, le deuxième coup de la doublure manqua le gilet de protection. Cette blessure nécessita alors une opération de chirurgie cardiaque ouverte. La véritable douleur de l'acteur fut capturée pendant le tournage et utilisée dans le montage final de Scream. Ce que nous pouvons voir à l'écran est donc la réelle blessure de l'acteur. Quant à Rose McGowan, elle se retrouve véritablement dans la chatière d'une porte de garage pour les besoins du tournage mais elle fut si petite qu'elle tomba à plusieurs reprises. L'équipe technique aura dû clouer le tee-shirt de l'actrice à l’intérieur de la porte de garage pour éviter qu'elle tombe à nouveau[14].

Les deux effets visuels les plus compliqués que l'équipe ait dû réaliser restent la conception des cadavres des personnages joués par Drew Barrymore et Kevin Patrick Walls[11]. Leur mort impliquèrent que les personnages ait dû êtres « vidés » de la cage thoracique au bassin, creusant le torse où se trouvent les organes internes, les intestins sortant donc de la plaie. Pour permettre à Kevin Patrick Walls de pouvoir encore bouger après que son personnage se soit fait éventrer, KNB conçut une chaise sans dossier où l'acteur se tenait à genoux en posant seulement la tête sur le mannequin représentant son personnage. Le mannequin représente le torse et les jambes du personnage et fut habillé de la même façon que l'acteur pour donner l'illusion que ce dernier et le mannequin ne fassent qu'un. Le mannequin possédait un "abdomen" rempli de caoutchouc, de latex et de morceaux de gélatine remplis de sang représentant les organes internes qui pourraient tomber tout seuls pour le besoin du tournage[11]. Le second effet visuel impliquait le personnage de Drew Barrymore vidé lui aussi et pendu à un arbre. L'équipe reproduit alors une approche similaire que pour celle utilisée le pour le personnage de Walls à la différence que c'est tout le corps de l'actrice qui est reproduit car il était impossible de pouvoir cacher le corps de Drew Barrymore et de montrer en même le cadavre de son personnage éventré[14],[11].

Post-production[modifier | modifier le code]

Interdiction initiale.

Après que le tournage du film se soit terminé en juin 1996, Craven devra attendre 2 mois durant lesquels il finalisera le film. Il rencontra des conflits répétés avec la Motion Picture of America (MPAA) concernant les aspects de certaines scènes. Il fut forcé de limiter les côtés les plus sombres et gore des scènes pour éviter une interdiction aux moins de 18 ans (NC-17) qui était considéré comme étant un échec à l'avance pour un film au box office (box office suicide). À noter qu'à cette époque, les cinémas et les magasins refusaient très souvent de stocker des produits ayant obtenu cette interdiction[13]. Bien que Dimension Films avait déjà produit des films ayant eu la même interdiction auparavant, l'interdiction aux moins de 18 ans rendait ces films très difficiles sur le marché, attirant très peu de spectateurs.

« Je suis un réalisateur qui peut faire quelque chose de très bien mais qui n'est pas permis à apparaître à l'écran. Et, comme ils ont fait sur Scream, ils visent l'intensité. Ils diront « ce n'est pas les prises, ce n'est pas le sang, c'est juste trop intense. »

— Wes Craven au sujet de la censure de la MPAA lors de la production de Scream.

Dimension Films désespérait d'obtenir un classement R (les mineurs de moins de 17 ans doivent être accompagnés d'un adulte). Les producteurs estimèrent que les censures exigées enlèveraient des éléments clés du film, réduisant en même temps sa qualité. La scène d'ouverture mettant en scène Drew Barrymore fut l'une des parties du film la plus difficile à traiter pour la MPAA, qui exigea finalement une censure basée sur l'intensité de la scène. Wes mentira alors à la MPAA, clamant qu'il n'avait qu'une seule prise de la scène et qu'elle fut donc impossible à changer au niveau de son intensité. La MPAA autorisera donc la scène[13].

Logo de la MPAA.

Wes envoie alors 8 prises en traitement pour la MPAA. Les scènes problématiques qui ont dû obtenir une censure incluent la mort de Steve Orth, où il fut exigé d'enlever n'importe quel mouvements des organes internes du personnage, la scène où le personnage de Kenny est égorgé, où il a fallu réduire la durée de la fin de la scène, la MPAA déclarant que la grimace de l'acteur était trop choquante tandis que la scène où la nuque du personnage de Tatum est brisée dut être également écourtée.

La MPAA se retrouva également embêtée avec l'une des scènes finales, ou les tueurs se poignardent l'un et l'autre, créant donc une scène très gore.

Il est alors improbable que le film soit en mesure d'atteindre un classement R sans autres censures significatives. Avec la date de sortie du film qui se rapproche, Bob Weinstein intervient lui-même dans la production et contacte la MPAA. Il pensait que la MPAA avait mal compris à quel genre de films appartenait Scream, comprenant mal le film en lui-même, eux se concentrant beaucoup trop sur les éléments horrifiques[13].

Malgré le fait que Weinstein pensait également que le film était très porté sur les éléments horrifiques, il rappela néanmoins que Scream est également une satire et comporte également de nombreux moments comiques. Il n'était pas seulement un film montrant de la violence[13].

La MPAA revit alors sa décision peu de temps après et le film obtient le classement R[4]'[11].

Musique[modifier | modifier le code]

Music from the Dimension Motion Picture[modifier | modifier le code]

Scream
Music from the Dimension Motion Picture
Bande originale de divers artistes
Sortie
Durée 46:30
Genre rock alternatif
Producteur Marco Beltrami, Tony Cohen, Kelley Deal, Chris Randall, Ed Gerrard, Tim Harper, Timothy London, Tim Patalan, Jefferey Rabhan
Label TVT Records
Critique

Bandes originales de Scream

La bande originale de Scream sort le sur le label TVT Records. L'album présente plus de 11 musiques, qui apparaissent dans plusieurs scènes du film, avec en plus la mélodie appeler « Trouble In Woodsboro/Sidney's Lament » réalisée par Marco Beltrami. La version de School's Out d'Alice Cooper apparaît dans le film quelques minutes après la fermeture du lycée de Woodsboro mais est ensuite remplacée dans l'album par une cover de The Last Hard Men. Une version acoustique de la musique Don't Fear The Reaper de Blue Öyster Cult, chantée par Gus Black, apparaît en fond lorsque Sidney et Billy discute de leur relation au début du film. L’analyste Jeff Smith décrit ce choix de musique en disant :

« Un commentaire ironique sur la brutalité de l'ouverture du film que nous venons de voir. Plus important encore, par ailleurs, l'allusion à l'œuvre original de Blue Öyster Cult, son titre et sa signification est assez drôle. Alors que le titre parle de la faucheuse (The Reaper) comme étant un symbole de mort, le film nous présente non seulement une personne cachée sous ce costume de fantôme qui la représente mais aussi la rage de cette dernière qui s'abat sur les autres personnages. L'ironie ici bien-sûr c'est que Billy, présent dans la scène, se révélera être l'un des deux tueurs et donc une « faucheuse » à craindre[13]. »

La musique Red Right Hand de Nick Cave and the Bad Seeds est non seulement utilisée pour le premier volet mais aussi pour Scream 2 et Scream 3. D'ailleurs, dans le troisième film, Nick Cave chantera une version spécialement écrite pour le film. Une autre version du clip vidéo de la musique Drop Dead Gorgeous de Republica, dévoilant également des passages du film, fût diffusée sur des chaînes musicales comme MTV. Bien que la musique puisse être entendue dans le film, elle ne figure pas dans l'album. Ce dernier ne fût pas considérait comme un succès lors de sa sortie, à défaut de ne pas apparaître dans le Billboard 200[23]. All Music note l'album 3 étoiles sur 5[24].

Liste des titres[25]
No Titre Auteur(s) Interprètes Durée
1. Youth Of America Joey Ammo Birdbrain 3:03
2. Whisper Keith Brown, Kerry Brown, Mark Rew Catherine (en) 3:12
3. Red Right Hand Mick Harvey, Nick Cave, Thomas Wydler Nick Cave and the Bad Seeds 6:11
4. Don't Fear The Reaper Donald Roeser Gus Black 4:47
5. Artificial World (Interdimensional Mix) Julee Cruise, Louis Tucci, Supa D. J. Dmitry, D. J. Silver Julee Cruise & The Flow 5:08
6. Better Than Me Chris Randall Sister Machine Gun 4:02
7. Whisper To A Scream (Birds Fly) Robert Ian McNabb Soho 5:13
8. First Cool Hive Richard Hall Moby 5:16
9. Bitter Pill Peele Wimberley The Connells 3:41
10. School's Out Alice Cooper, Michael Bruce The Last Hard Men 2:17
11. Trouble In Woodsboro/Sidney's Lament (Original Motion Picture Score) Marco Beltrami Marco Beltrami 3:27
46:30

Bande originale de Marco Beltrami[modifier | modifier le code]

Marco Beltrami, ici en 2013, a composé la musique du film et celle de ses trois suites

La bande originale de Scream est composée par Marco Beltrami, qui n'avait alors travaillé que sur deux films à petit budget. Julie Plec, l'une des assistantes de Wes Craven sur le tournage, avait demandé un compositeur « nouveau, moderne et merveilleux ». Le nom de Beltrami est alors prononcé par plusieurs personnes.

Il est contacté pour qu'il puisse donner des échantillons de son travail. Impressionné par ce qu'il venait d'écouter, Wes Craven demande à Beltrami de venir sur le tournage pour voir l'ouverture du film, soit 13 minutes qui contiennent l’introduction de Scream et la mort du personnage de Drew Barrymore[13]. Beltrami est chargé de composer un morceau pour cette scène, qui sera ensuite examinée par les producteurs et les frères Weinstein.

Beltrami est ensuite engagé pour la composition totale de la musique de Scream, basée uniquement sur le premier morceau de musique pour la scène d'ouverture[26].

En raison de son début de carrière, Beltrami n'avait aucune base dans la conception d'une bande originale de film d'horreur. Wes Craven et Patrick Lussier l'ont aidé sur la façon de composer une musique qui augmenterait la tension et qui saurait accentuer les moments les plus intenses du film[26]'[27].

Wes Craven voulait que la musique élève intentionnellement la tension pendant les scènes qui pouvaient rappelez au spectateurs certaine situation ou tension similaire qu'ils avaient pu trouvés dans d'autre scène de film d'horreurs[13].

Marco Beltrami décide de composer la musique en prenant soin de ne pas respecter le style de musique de film d'horreur habituel. Il s'inspire d'un style se rapprochant plus des films de western, prenant des influences d'Ennio Morricone, compositeur de plusieurs westerns[28].

Composition des morceaux[modifier | modifier le code]

Lors de la composition du thème musical pour le personnage de Dewey, Beltrami approche le personnage comme étant un shérif de l'ouest sauvage et bizarre en utilisant un accompagnement de guitare dans le style de Morricone. Le thème du personnage de Sidney Prescott, nommé « Sidney's Lament », représente l'arrangement d'une chorale de femmes qui jouent par rapport à la tristesse du personnage. La voix principale que l'on entend tout au long de la mélodie représente la voix du personnage, pleurant la mort de sa mère selon Marco Beltrami. Par ailleurs l'interprète de la voix principale sur la mélodie se nomme Rose Thompson et se contente de personnifier toute la féminité et la fragilité du personnage de Sidney[29]. Ce morceau est jugé comme étant la plus belle mélodie que Beltrami est réalisé pour le cinéma de toute sa carrière. Christian Clemmensen de Filmtracks nomme les voix de cette musique comme étant « obsédantes » ainsi que comme les « voix de la franchise ». La mélodie fut ensuite utilisée dans tous les films de la saga[30]. Pour le morceau « Altered Ego », utilisé pour la confrontation finale avec le tueur; des « vagues » de vents, de sourdines, des trompettes dans l'aigu, des « blocs » massifs de trombones/cors, et des cordes stridentes entre autres seront utilisés pour la création de cette mélodie[29]. Dans le morceau « Chasing Sidney », ses rythmes cuivres/percussions syncopés, typiques des musiques d'action/terreur de Beltrami, composent la mélodie qui en font un morceau massif qui représente la scène ou le tueur poursuit Sidney chez elle. À noter le rôle des effets électroniques toujours utilisés en arrière-plan sonore afin d'accentuer le côté terrifiant et paniquant de la musique[29]. Marco Beltrami apporte une véritable dimension émotionnelle au film, car entre deux déchaînements orchestraux, le compositeur n'hésite pas à glisser « A Cruel World », morceau poignant qui évoque l'isolement de Sidney, tentant d'oublier les mauvais souvenirs qui resurgissent après les premiers meurtres. Le morceau s'impose ici par la fragilité de sa ligne mélodique de piano accompagnée par une harpe, quelques cordes et la voix féminine liée à Sidney. C'est cette tristesse quasiment introspective qui apporte une émotion rare dans ce score horrifique, Beltrami ayant ainsi parfaitement su retranscrire toute la dimension dramatique et humaine de l'histoire, liée au personnage de Sidney Prescott, apportant par la même occasion un relief considérable au score[29]. « Trouble In Woodsboro » s'impose aussi par son ambiance plus mystérieuse où Beltrami dévoile ici une autre facette de son style, celle des rythmiques électroniques pop et des synthés modernes. La rythmique et les synthés évoquent bien évidemment ici l'univers musical des adolescents de Woodsboro dans la scène où l'on découvre que Casey et son petit ami ont été assassinés. L'ambiance qu'apporte la musique dans cette scène est particulièrement excitante, un mélange de mystère inquiété et d'appréhension[29]. Le dernier morceau qui représente la BO du premier Scream se nomme « NC-17 » qui illustre la scène d'amour entre Sidney et Billy, basé sur une nouvelle reprise vocale poignante du thème de Sidney sur fond de rythmiques électroniques modernes plus sensuelles. Toute la beauté et la fragilité du personnage de Neve Campbell sont illustrées ici dans ce morceau jugé de « magnifique  » et « incontournable » de la bande originale de Scream[29].

À noter l'absence dans l'album de la mélodie qui représente le prologue long d'une dizaine de minutes représenté par une puissance orchestrale redoutable due à des orchestrations parfois assez inventives et des combinaisons instrumentales plutôt personnelles. Beltrami n'hésite pas par exemple à faire intervenir les vents souvent laissés de côté dans ce genre de grosse partition orchestrale agitée, de même que les cuivres sont souvent utilisés de manière massives dans l'aigu avec les fameux « cuivres hurleurs » chers au compositeur, une sorte de manière de jouer musicalement sur le titre du film, Scream (qui veut dire « hurler »). Le prologue se termine sur une véritable lamentation chorale/orchestrale absolument poignante pour la mort de Casey, une sorte de bref "Requiem" déchirant qui annonce déjà la dimension plus dramatique de la musique de Scream[29].

Album Scream/Scream 2 (1998)[modifier | modifier le code]

L'album de ses compositions est commercialisée par le label Varèse Sarabande le , avec un CD du nom de Scream/Scream 2, qui contient également la bande original de Scream 2[31]. La bande originale du premier volet contient seulement 6 pistes : Sidney's Lament, Altered Ego, A Cruel World, Trouble in Woodsboro, Chasing Sidney et NC-17[31]. Les 6 mélodies forment une bande son de seulement 12 minutes, comparée à une heure de musique réalisée pour le film et les 30 minutes voire 40 ou 45 de bande son que l'on retrouve généralement dans d'autre films[31]. Certains critiques ont estimé que ces quelques minutes commercialisées étaient le résultat d'un coût trop élevé pour les compositeurs pour vendre leur musique, si on prend également en compte que le Varèse Sarabande était réticent à payer[13].

La bande originale de Scream/Scream 2 est globalement bien accueillie par la critique. Mikael Carlsson déclare qu'il s'agit « d'une des plus intrigantes bande originales d'horreur depuis des années »[32]. Filmtracks.com déclare même que la bande a désormais un « statut de culte », la notant 3 étoiles sur 5[3]. AllMusic accorde également une note de 3 étoiles sur 5[33].

Liste des titres sur la BO de Scream
No Titre Durée
1. Sidney's Lament 1:37
2. Altered Ego 2:47
3. Trouble in Woodsboro 1:49
4. A Cruel World 1:53
5. Chasing Sidney 1:27
6. NC-17 3:03
11:16
Scream: The Deluxe Edition (2001)[modifier | modifier le code]

Conscient de la popularité de la musique composée par Marco Beltrami, le label Varèse Sarabande édite le un cd limité à 2000 exemplaires, intitulé Scream: The Deluxe Edition, comportant l'intégralité du score réparti sur 25 pistes pour un total de 63 minutes, soit plus de 50 minutes de musique inédite par rapport au premier cd sorti en 1998.

Liste des titres
No Titre Durée
1. Dimension Logo 0:19
2. The Cue From Hell 10:32
3. Trouble In Woodsboro 1:57
4. Sid's House 1:12
5. Red Herring 2:17
6. Killer Calls Sidney 2:57
7. Chasing Sidney 1:29
8. Cell Phone 1:01
9. Backdoor Gail 0:49
10. Schoolyard 2 1:16
11. Sid's Doubt 1:27
12. Bathroom 3:03
13. Mr. Himbry Gets It 2:15
14. Sheriff And Dewey 1:25
15. Tatum's Torture 3:02
16. Sidney Wants It 3:11
17. Dewey And Gail 1:56
18. Off To See Himbry 0:47
19. Killer Stabs Billy 2:49
20. Randy Almost Gets It 2:37
21. Gail Crashes The Van 1:48
22. They're Crazy 9:49
23. Sid Stabs Billy 4:26
24. Billy's Back 1:15
25. End Credits 1:45
63:28

Accueil[modifier | modifier le code]

Promotion et sortie en salle[modifier | modifier le code]

L'avant-première du film a lieu le 18 décembre 1996 dans l'un des cinémas de la chaîne AMC Theaters à Westwood à Los Angeles. Bob Weinstein décide alors de sortir le film le 20 décembre, une date que beaucoup de personnes critiqueront car il s'agit de la période de Noël, là où les films familiaux sortent le plus fréquemment[12],[14]. Weinstein lança que ce fut la meilleure période de sortie pour le film car les amateurs de films d'horreur n'avaient alors rien à regarder dans ce registre[12].

Après les premiers résultats du film lors de son week-end de sortie avec des recettes s'élevant à seulement 6,3 millions de dollars[34], il fut dit que cette date de sortie n'était pas appropriée et serait la cause de l'échec du film. Seulement voilà, le film surprend dès sa deuxième semaine de sortie, en augmentant ses recettes. Il poursuit sur cette même route durant les semaines suivantes atteignant la barre des 100 millions de dollars et les éloges de la critique[12],[13].

Box-office[modifier | modifier le code]

Scream sort dans 1413 cinémas en Amérique du Nord, obtenant un total de 6,3 millions de dollars lors de son premier week-end d'exploitation. Il se classe second lors de ce week-end-là derrière Beavis et Butt-Head se font l'Amérique[34]. Les recettes du film vont alors ensuite augmentées progressivement de jour en jour, obtenant 87 millions de dollars lors de sa sortie initiale avant de ressortir au cinéma le où il obtient 16,2 millions de dollars de plus, arrivant à un total de 103 046 663 $ en Amérique du Nord et plus de 173 millions à travers le monde[34]. Scream est le plus grand succès de la saga Scream, recevant en même temps de très bonnes critiques. En 2013, Scream est le 577e plus gros succès dans le monde de tous les temps. Aux États-Unis, sans compter l'inflation, Scream est le 20e film d'horreur le plus rentable de tous les temps et détient le record du plus grand succès de tous les temps du genre slasher, suivi par Scream 2 et Scream 3[34]. Il représente aussi le plus gros succès de la carrière de Wes Craven.

Malgré la concurrence au box-office avec des films comme Jerry Maguire avec Tom Cruise et Mars Attacks de Tim Burton, sa sortie pendant les vacances de Noël, Variety le qualifiant même de flop avant sa sortie[13], Scream devient le 15e plus grand succès de l'année 1996 dans le monde et le 13e aux États-Unis[34], se plaçant même aux côtés d'énormes blockbusters sortis cette année-là comme Independence Day et Mission impossible. Scream fut diffusé au cinéma pendant près de 8 mois[12]'[13].

En France aussi, Scream est un énorme succès obtenant 335 687 entrées pour son démarrage pour un total de 2,2 millions d'entrées au box-office[35]. Il s'agit du second plus grand succès de la saga en France après Scream 3.

Date de sortie

(États-Unis)

Budget

(estimé)

Box-office Rang au box-office Réf
Drapeau des États-Unis États-Unis

Drapeau du Canada Canada

À l'étranger Alt=Image de la Terre Mondial Drapeau de la France France Année de sortie Domestique Tous les temps dans le monde
14 000 000 $ 103 046 663 $ 70 000 000 $ 173 046 663 $ 2 207 347 entrées #15 #572 (2015) #576 (en 2012) [34],[35],[36]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Scream est tout simplement acclamé par les critiques. Ces dernières apprécient beaucoup les citations sur les films d'horreurs pour adolescents des années 1980 et leur « interminable série de suites de films ratées » dans le slasher de Wes Craven[37]. Basé sur 60 critiques, Scream obtient un résultat de 78 % d'avis favorables sur le site de critiques américain Rotten Tomatoes[38]. Le site Metacritic affiche un score de 65 sur 100 basé sur 25 critiques, indiquant « un film aux avis généralement favorable »[39].

Kevin Thomas du Los Angeles Times nomme Scream comme étant « une bravoure » et le complimente pour le fait qu'il soit « effrayant et horrible à la fois »[13]. Adam Smith d'Empire le décrit comme « intelligent, rapide et drôle »[40]. Le scénario de Williamson a aussi été salué par la critique, décrit comme « diaboliquement intelligent » et « ayant une intrigue passionnante qui mêle habilement ironie, auto-référence et une réflexion sur la société avec des frissons et beaucoup de sang »[41].Time Out London salue également l'intelligence du film mais aussi les frayeurs qu'il procure, tout en louant la très bonne performance du casting en rapportant « enfin un film d'horreur pour lequel on peut crier positivement ». Film4 cite Freddy sort de la nuit, le propre film de Wes Craven, et son casting de personnages à demi-conscients comme étant une source d'inspirations pour Scream mais déclare que, tandis que Freddy sort de la nuit est un « noble échec », bien que « très intelligent » mais malheureusement « pas très effrayant », Scream est « non seulement effrayant, mais il est à couper le souffle à partir de sa scène d'ouverture. Il est tout simplement terrifiant. »[42]. Roger Ebert du Chicago Sun-Times donne une très bonne critique au film, accordant 3 étoiles sur 4 en appréciant « les éléments comiques et la conscience des personnages tout au long de l'histoire » mais fut tout de même confus quant à savoir si le niveau de violence du film « n'est pas décrédibilisé par la façon ironique dont le film se sert pour aborder son sujet et le dépeindre. »[43] Janet Maslin de The New York Times ne fut pas aussi enthousiaste déclarant que « pas beaucoup d'éléments dans Scream sont terrifiants » [44]. En dépit d'être critique de film lui-même, rapportant qu'il s'agit « d'une expérience qui avait besoin de plus de temps en laboratoire », Variety complimente le casting fort du film, dont notamment Neve Campbell et Skeet Ulrich qu'il décrit comme « charismatiques »[45].

En France, Scream est également très bien reçu, notamment sur Allociné ou il obtient 3,5 étoiles sur 5 côté spectateurs[46]. Stéphane Bouquet, pour le Cahiers du cinéma, déclare que le film est « l'un des meilleurs de Wes Craven ». Philippe Rouyer du Positif avoue volontiers que pour lui « Scream est à la fois l'analyse pertinente d'un certain cinéma d'horreur et un de ses meilleurs fleurons ». Les deux critiques accordent 5 étoiles sur 5 pour le film[47]. Allan Blanvillain, de L'info tout court, site internet d'actualité culturelle, déclare que « Non seulement Scream se paye le luxe d’un twist inimitable au sein d’un des meilleurs scénarios que le cinéma d’épouvante ait pu fournir, mais Craven crée également l’un de ses « monstres » les plus populaires : Ghostface. Sadique, malin, sous son masque, il représente l’incarnation parfaite de la maxime « tous suspects ». C’est là toute la beauté du long-métrage : l’alliance parfaite entre la terreur psychologique et l’hémoglobine. »[48].

Controverses[modifier | modifier le code]

Dans les années qui ont suivi la sortie de Scream, plusieurs incidents inspirés du film se sont produits.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

En janvier 1998, Mario Padilla, âgé de 16 ans à cette période, et son cousin Samuel Ramirez, âgé de 14 ans, poignarde la mère de Mario Padilla, Gina Castillo, à 45 reprises. L'affaire est connue sous le nom de « Scream murder » et deviendra la cible privilégiée des médias après que les adolescents ont raconté s'être inspirés de Scream et Scream 2. Les deux gamins ont ensuite raconté avoir eu besoin d'argent pour acheter deux déguisements du tueur du film ainsi qu'un échangeur de voix comme utilisé dans Scream. Durant leur procès, la psychiatre Madeline Levin qui travaillait sur l'effet de la violence sur les enfants, déclare : « Il y avait tout un tas de raisons pour lesquelles ils ont agi de cette façon. Est ce que le film les a aidés ? Absolument. » L'affaire a donc mis en exergue la question de savoir si les films violents ont un effet sur les adolescents, ou si ceux-ci, déjà perturbés mentalement, auraient agi sans voir le film. Le juge John Cheroske a décidé que le lien avec Scream serait interdit et que l'affaire ne soit donc pas référencée en tant que « Scream murder », refusant également l'entrée des médias dans la salle d'audience, avec la ferme intention de juger l'affaire comme étant un meurtre et rien d'autre[11]'[49].

Le 17 janvier 1999, Ashley Murray, âgé de 13 ans, sera retrouvé poignardé à de nombreuses reprises à la tête et au dos avant d'être laissé pour mort par Daniel Gill, 14 ans, et Robert Fuller, 15 ans. Le jeune garçon sera retrouvé et sauvé par un homme âgé qui promenait son chien. Les deux agresseurs seront surnommés « Scream attackers » après qu'il a été affirmé qu'ils avaient visionné le film peu avant l'agression. Ils avaient également des dessins du masque de Ghostface en leur possession. Ils ont en outre été accusés d'attaque physique ainsi que pour possession de drogues et exposition à la magie noire dans leur domiciles[50]. Murray, qui plus tard témoignera contre ses deux agresseurs, dira que le film les avait sûrement influencés à l'agresser[51].

Le 4 mai 1999, après la fusillade de Columbine et les reportages des journalistes sur l'effet des films, jeux et autres médias violents sur la société, la United States Senate Commerce committee a tenu une audience au sujet de la commercialisation hollywoodienne des films destinés aux adolescents. Le comité se dirigea directement vers les films d'horreurs en particulier donc. La scène d'ouverture de Scream, ou le meurtre du personnage de Drew Barrymore est représenté, fût présenté au comité comme un exemple de couverture médiatique négative qui peut être vu par les jeunes[13]'[52],[11].

En France[modifier | modifier le code]

Quatre faits divers liés au film ont eu lieu en France :

Avril 2000, à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) : Nicolas, 16 ans, avait mis le fameux masque avant d'agresser son père et sa belle-mère à coups de couteau[53]. Deux jours plus tard, à Sarcelles (Val-d'Oise), un autre adolescent était interpellé, lui aussi affublé du même déguisement et armé d'un couteau, aux abords de la gare[53].

Été 2001, à Saint-Cyr-l'École (Yvelines) : cinq jeunes portant le même masque avaient agressé et violé une jeune femme de 21 ans[53].

Juin 2002, à Saint-Sébastien-sur-Loire (Loire-Atlantique) : un lycéen de 17 ans, revêtu du fameux déguisement du tueur, assassinait Alice, une de ses camarades de classe, âgée de 15 ans[54]. Le garçon, qui selon ses proches ne présentait aucun trouble mental, avait « décidé de tuer quelqu'un », comme il l'a expliqué aux enquêteurs. Après avoir poignardé sa victime à 42 reprises, l'agresseur s'était enfui à l'arrivée d'un voisin qui avait découvert la jeune fille agonisante. Avant de mourir, elle avait eu le temps de donner le nom de son meurtrier. Le 19 novembre 2004, la cour d'assises de Rennes condamne en appel l'assassin à 25 ans de réclusion (alors qu'une peine de 22 ans avait été prononcée en première instance)[55].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Après sa sortie, Scream recevra plusieurs nominations et récompenses incluant le Saturn Award de la meilleure actrice pour Neve Campbell, le Saturn Award du meilleur scénario pour Kevin Williamson et le Saturn Award du meilleur film d'horreur en 1997. Skeet Ulrich et Drew Barrymore recevront tous les deux une nomination pour le Saturn Award du meilleur acteur dans un second rôle et de la meilleure actrice dans un second rôle tandis que Wes Craven recevra une nomination lors de cette même récompense de prix en tant que meilleur directeur. Wes sera récompensé du Grand Prix au Festival de Gérardmer[56]. Scream sera aussi élu meilleur film aux MTV Movie Awards de 1997 tandis que Neve Campbell y recevra également une nomination pour la catégorie de la meilleure performance féminine[57]. En 2017, le film rejoint la sélection officielle de la seconde édition du Festival des Busters.

Année Nom des récompenses Catégories Travail Résultat
1996 International Horror Guild Meilleur film Scream Gagné[58]
Saturn Awards Meilleure actrice Neve Campbell Gagné
Meilleure réalisation Wes Craven Nominé
Meilleur film d'horreur Scream Gagné
Meilleur acteur dans un second rôle Skeet Ulrich Nominé
Meilleure actrice dans un second rôle Drew Barrymore Nominée
Meilleur scénario Kevin Williamson Gagné
1997 MTV Movie Awards Meilleure actrice Neve Campbell Nominée[59]
Meilleur film Scream Gagné[59]
Festival international du film de Gérardmer Grand Prix Wes Craven Gagné
1998 ASCAP Film and Television Music Awards Top Box Office Films Marco Beltrami Gagné

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Le film s’inspire ou rend hommage à plusieurs films américains :

  • Halloween : le film de John Carpenter est à plusieurs reprises mentionné dans Scream notamment dans la scène d'ouverture où le personnage de Casey dévoile que son film d'horreur préféré est le film de Carpenter. Quelques minutes plus tard, lorsque Billy est dans la chambre de Sidney, la musique que l'on peux entendre en arrière-plan est Don't Fear the Reaper. Cette musique apparaît dans une autre version chantée dans une scène d'Halloween lorsque les personnages de Laurie et Annie sont en voiture. Lors de la soirée de Stuart, Randy diffuse le film et un peu plus tard, des notes de musiques du film seront directement ajoutées à la bande originale de Scream[60]. Le nom de famille de Billy Loomis est un hommage au nom du personnage joué par Donald Pleasence.
  • Les Griffes de la nuit : le personnage de Billy a pour habitude de s'introduire dans la chambre de Sidney par la fenêtre ce qui est une référence directe au personnage de Glen Lantz interprété par Johnny Depp qui lui aussi s'infiltre dans la chambre de sa petite amie Nancy par la fenêtre. Plus tard, juste avant que le principal Himbry ne se fasse tué, nous pouvons apercevoir l'homme de ménage du lycée (joué par Wes Craven lui-même) portant la tenue de Freddy Krueger[60].
  • Vendredi 13 et Le Tueur du vendredi : dans sa scène d'ouverture, le tueur harcèle Casey Becker en lui posant des questions sur le cinéma d'horreur dont l'une d'elle porte sur Vendredi 13 et sa suite réalisés respectivement par Sean S. Cunningham et Steve Miner[60].
  • Psychose : lorsque le principal Himbry est tué dans son bureau, le plan de la caméra sur l'œil du personnage est identique à celui de Marion Crane dans le film d'Alfred Hitchcock. Le nom de famille de Billy Loomis est un hommage au film également puisque le personnage de Sam Loomis est le fiancé de Marion[60]. Le fait que le personnage de Drew Barrymore soit tué au début du film est aussi une référence au film d'Hitchcock puisque le personnage de Janet Leight trouve la mort au milieu du film alors que les spectateurs pensaient que le personnage était le héros du film.
  • Massacre à la tronçonneuse : dans la version originale de Scream en VO, Randy traître Billy de « Leatherface ». Ce surnom n'est autre que celui du tueur de la saga des Massacre à la tronçonneuse[60].
  • Frankenstein : dans la scène du vidéoclub ou travaille Randy, le film de James Whale est diffusé sur l'un des écrans[60].
  • Le Bal de l'horreur : le film est mentionné par Randy lors de sa discussion avec Stuart au vidéoclub puis par Sidney lorsqu'elle s'étonne de tous les films d'horreurs dans lesquels Jamie Lee Curtis a joué lors de la fête de Stuart.
  • Le Monstre du train : le film est lui aussi mentionné par Sidney à la fête de Stuart.
  • L'Exorciste : lorsque Billy est dans la chambre de Sidney au début du film, il mentionne avoir regardé la version avec scènes coupées du film de William Friedkin avant de venir la voir. L'actrice Linda Blair, qui interprète Regan MacNeil, la petite fille possédée dans ce film, joue le petit rôle d'une journaliste lorsque Sidney arrive au lycée le lendemain de son agression.
  • Carrie au bal du diable : une fois avoir révélé être l'assassin, Billy fait une référence à Carrie lorsqu'il avoue à Sidney avoir utilisé du sang de porc comme pour la scène du bal pour faire croire à ses blessures.
  • Basic Instinct : le film est mentionné par Tatum lorsque cette dernière se trouve avec ses amis lors de la scène de la fontaine et où elle pense qu'une femme pourrait être le tueur comme dans le film avec Sharon Stone.
  • Le Silence des agneaux : Billy mentionne Jodie Foster, dans une discussion avec Sidney, et Hannibal Lecter à la fin du film en effrayant cette dernière.

Exploitation[modifier | modifier le code]

Éditions en vidéo[modifier | modifier le code]

Scream sort en vidéo sur le format AC3 Laserdisc (version non censurée) aux États-Unis le 2 juillet 1997[61], en VHS le 2 décembre 1997[62] et DVD le 3 décembre 1997. Un format DTS sur Laserdisc (version non censurée) est commercialisé le 26 août 1998[63] suivie par une Gold edition (collector's edition ou littéralement une édition collector) du film le 8 décembre 1998[13] contenant le film, la bande annonce, les interviews des acteurs, les commentaires du réalisateur et un « behind the scenes », qui ce traduit par la découverte du travail de l'équipe technique[64]. Ces sorties vidéos furent commercialisées par Buena Vista Home Entertainment[13]. Après la sortie de Scream 3, le premier volet ainsi que ses deux suites furent jointes dans une collection nommée « The Ultimate Scream Collection » distribué par la Dimension Films le 26 septembre 2000 avec un box contenant les trois films[13] et un disque, « Behind the Scream », contenant des bonus dont 30 minutes de documentaires sur la production des trois films plus les bout d'essai ou « screentest » et les moments drôles des tournages[13].

Scream sort aussi sur Laserdisc en France, à Hong Kong, au Japon et au Royaume-Uni en 1997. En Allemagne et une édition spéciale Japonaise en 1998[65].

Le film reste inédit en DVD dans certains pays d'Europe jusqu'en 2001. L'édition Japonaise sort en DVD en 1998[66] contenant la version R et l'original, le "Director's Cut", version ou la violence, auparavant supprimée par la MPAA, est rétablie[67]. Scream sort également en Europe avec Scream 2 et Scream 3 le 26 février par la Buena Vista Home Entertainment. Chaque paquet contenant des contenus supplémentaires présent également dans la version US. Sont également présents: les bande annonces, les clips musicaux, les commentaires de l'équipe techniques, les scènes coupées et les moments drôles des tournages[13]. Les trois films furent ensuite joints dans une seule et même collection baptisée « The Scream Trilogy » sortie le 26 février 2001[13]. Le sort une édition collector de Scream[68] en France.

Le 29 mars 2011, deux semaines après la sortie de Scream 4, le premier Scream fut re-commercialisé aux États-Unis en Blu-Ray par Lionsgate Home Entertainment. La version Blu-Ray présente le film sous le format 1080p. Cette sortie contient également tout le contenu présent dans l'édition collector sortie en DVD, incluant les bêtisiers et les scènes coupées[69].

Suites[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Scream (série de films).

Kevin Williamson avait écrit à la base deux blocs de 5 pages pour d'éventuelles suites à Scream lorsqu'il vendit le script, dans l'espoir de séduire plusieurs acheteurs éventuels pour un film, voir une franchise. Lorsque Dimension Films acheta le script, ils garantirent à Williamson la sécurité d'avoir au moins deux suites supplémentaires si le premier était un succès[11]. Après un screening-test de Scream qui fût largement bien reçu, Wes Craven signa pour réaliser les deux suites[13].

Après l'énorme succès et les très bonnes critiques du premier volet, Scream 2 obtint le feu-vert pour sa mise en chantier et entra en production alors que Scream était toujours dans les cinémas. Le budget du second volet fut nettement augmenté. Le casting "survivant" du premier film - Neve Campbell, David Arquette, Courteney Cox, Jamie Kennedy et Liev Schreiber - reviennent comme les membres de l'équipe dont Patrick Lussier et le compositeur Marco Beltrami[13].

Logo de la série télévisée.

Un troisième film sort à peine 3 ans plus tard, en l'an 2000, une nouvelle fois avec la même équipe technique mais aussi avec les acteurs qui forment le trio de la saga - Campbell, Arquette et Cox. À cette époque, ce troisième film est la conclusion de la saga Scream[13]'[70].

Les trois films, réalisés sur une période de cinq ans, suivent tous l'histoire de Sidney Prescott face aux horribles agissements d'un ou plusieurs tueurs cachés sous le masque de Ghostface. Les films analysent également la relation entre elle et sa mère décédée. C'est d'ailleurs par le personnage de Maureen Prescot que la base de l'histoire se développe[13]. Scream 2 sera un énorme succès au box-office mais aussi au niveau des critiques à l'instar de son prédécesseur[34]'[71] tandis que Scream 3 sera un grand succès au box-office mais sera très mal reçu par la critique, certains jugeant que Scream 3 est un des films dont Scream faisait la satire[72].

15 ans après la sortie du premier Scream et onze ans après la sortie du troisième, un Scream 4 est réalisé[73] et sort dans les salles le [74] en France et le 15 avril aux États-Unis. Neve Campbell, David Arquette et Courteney Cox reprennent leurs rôles alors que parallèlement Wes Craven, Kevin Williamson et Marco Beltrami reviennent à la production. The Weinstein Company déclare alors que si Scream 4 est un succès, une nouvelle trilogie pourrait être mise en place[13]'[75]. Scream 4, bien qu'étant satisfaisant pour la critique[74], n'attire pas les foules[76] et fait un flop au box-office U.S ce qui relance l'avenir de la saga[77]. Par ailleurs, Scream 4 est le dernier film de Wes Craven.

Une série portant le nom de Scream est diffusée depuis 2015 sur la chaîne MTV[78]. Les lieux, l'histoire, les personnages et même le costume du tueur n'ont que très peu de rapports avec les films dont la série s'inspire.

Postérité[modifier | modifier le code]

Avant la sortie de Scream, la popularité des films d'horreur était décrite comme étant en déclin à cause de nombreux films sortis directement en vidéo, ou, avec quelques films sortis au cinéma qui n'étaient que pour la plupart des suites de franchises célèbres et établies comme Halloween, Vendredi 13, Les Griffes de la nuit et Massacre à la tronçonneuse, capable d'attirer le public, malgré la baisse des budgets et la réception des films par la critique souvent très faible. La surabondance de suites a contribué au regard familier du public envers les icônes de la fin des années 1970 et du début des années 1980 comme Freddy Krueger et Jason Voorhees que l'on considerera alors comme incapables d'insuffler la peur ou d'attirer l'intérêt du public[79]. Scream, avec son casting populaire et sexy mais aussi avec un scénario innovant qui se moque et embrasse les conventions du film d'horreur qui étaient considérées comme clichés, devient ce qu'on peut appeler « un nouveau souffle » dans le genre du slasher en devenant un succès financier mais aussi critique, qui saura lancer la carrière de certains acteurs[80] et en faire découvrir d'autre.

L'impact de Scream fut tellement grand que plusieurs commentaires s'accordent à dire qu'à l'époque, cette relance du genre était la création d'une ère distincte de films d'horreur « post-Scream ». À la suite de son succès, plusieurs studios, comme Dimensions Film ; le propre studio de Scream, s’attellent à exploiter ce succès inattendu avec des films aujourd'hui cultes comme Souviens-toi... l'été dernier en 1997 et Urban Legend en 1998, des suites à des franchises populaires mais qui eurent moins de succès avec le temps comme les films Halloween, 20 ans plus tard en 1998 et La Fiancée de Chucky la même année[80].

En juin 2001, dans le cadre du American Film Institute, Scream apparaît dans plusieurs liste au sein des AFI 100 Years... series. Il fait par exemple partie en 2001 des 400 films nominés dans la liste « 100 Years... 100 Thrills »[81],[13]. En 2003, le personnage de Ghostface est nominé dans la liste « AFI's 100 Years...100 Heroes and Villains »[13]. En 2005, la phrase « What's Your Favourite Scary Movie ? » (Quel est ton film d'horreur préféré ?), est nominée dans la liste « AFI's 100 Years…100 Movie Quotes » . Il s'agit d'une liste des citations de films les plus populaires[13]. La scène d'ouverture avec la mort du personnage joué par Drew Barrymore est classée 13e de la liste « 100 Scariest Movie Moments » de Bravo[82]. Scream est classé comme étant le 32e meilleur films de lycéens ou de lycée dans la liste « 50 Best High School Movies » de l'Entertainment Weekly‍‍[13] tandis que ce même magazine surnomme le film de « New Classic » (nouveau classique) en plaçant le film 60e dans leur liste « 100 Best Films of the Last 13 years » en 2008[83]. La même année, Empire distingue le film à la 482 place dans leur liste « The 500 Greatest Movies of All Time », les 500 plus grands films de tous les temps[84].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Initialement, le film est classé interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie en salles, utilisé pour les premières éditions DVD Zone 2, avant que StudioCanal utilise la re-classification du CNC lors des récentes éditions vidéos (DVD et Blu-ray).

Références[modifier | modifier le code]

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