Apocalypse Now

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Apocalypse Now
Description de l'image Apocalypse Now.svg.
Titre québécois C'est l'apocalypse
Réalisation Francis Ford Coppola
Scénario John Milius
Francis Ford Coppola
Michael Herr
Acteurs principaux
Sociétés de production American Zoetrope
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Guerre
Durée 141 minutes
194 minutes (Redux)
Sortie 1979

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Apocalypse Now est un film américain réalisé par Francis Ford Coppola, sorti en 1979. Ce film est une adaptation libre de la nouvelle de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres (Heart of Darkness), parue en 1899.

Il a obtenu, entre autres distinctions, la Palme d'or du Festival de Cannes en 1979. Un nouveau montage du film est sorti en 2001 sous le titre Apocalypse Now Redux. Il est listé à la 30e place des meilleurs films du cinéma américain par l'AFI. En 2000, le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la bibliothèque du Congrès des États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique »[1].

En 1991, le documentaire Aux cœurs des ténèbres : L'Apocalypse d'un metteur en scène retrace l'aventure insensée que fut le tournage du film. Coppola voit sa carrière presque anéantie par les problèmes de tournage, de budget et de casting tandis que son équipe est confrontée a toutes sortes de problèmes qui mettent leurs nerfs à rude épreuve.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre du Viêt Nam, les services secrets militaires américains confient au capitaine Willard la mission de retrouver et d’exécuter le colonel Kurtz dont les méthodes sont jugées « malsaines ». Celui-ci, établi au-delà de la frontière avec le Cambodge, a pris la tête d’un groupe d’indigènes et mène des opérations contre l’ennemi avec une sauvagerie terrifiante.

Au moyen d’un patrouilleur et de son équipage mis à sa disposition, Willard doit remonter le fleuve jusqu’au plus profond de la jungle pour éliminer l’officier. Au cours de ce voyage, il découvre, en étudiant le dossier de Kurtz, un homme très différent de l’idée qu’il s’en faisait.

Deux membres de l'équipage du patrouilleur sont tués avant d'arriver au camp de Kurtz. Arrivé au camp, Willard est d'abord enfermé, puis est laissé libre. Un autre membre de l'équipage est décapité avant qu'il ne donne les coordonnées du camp pour qu'il puisse être bombardé. Le dernier membre de l'équipage, Lance, se fond dans la culture ambiante du camp. Kurtz explique à Willard que ce sont les horreurs auxquelles il a assisté qui l'ont décidé à monter son projet. Willard finit par assassiner Kurtz, et repart avec Lance. Le camp est bombardé peu après[2].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Légende : doublage de la version originale (1979) ; doublage de la version Redux (2001)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Pré-production[modifier | modifier le code]

George Lucas, associé de Coppola au sein de la jeune société de production American Zoetrope est d'abord pressenti pour réaliser le film, mais des divergences artistiques entre les deux hommes le conduisent à se consacrer entièrement au premier épisode de la saga Star Wars. Le titre initial du film en 1972, trouvé par John Milius, était « The Psychedelic Soldier ». Finalement, après trois années de travail et une dizaine de versions, Milius et Coppola accouchent d'un manuscrit de 1 000 pages avec pour titre « Apocalypse Now » inspiré du slogan « Nirvana Now » inscrit sur les badges des hippies[3].

Le montage financier est difficile et finalement fixé à 16 millions de dollars en 1976, tout dépassement incombant au producteur. Pour qu'American Zoetrope puisse produire son film, Coppola a l'idée d'adapter les deux premiers Parrain sous forme de mini-série pour la télévision, pensant qu'elle ferait une bonne audience sur le petit écran permettant ainsi de se refaire financièrement[4].

Tournage[modifier | modifier le code]

La famille Coppola embarque le 1er mars 1976 pour Manille, y louant une grande maison car le tournage doit durer cinq mois. Ce tournage basé aux Philippines débute le 20 mars[5].

Le tournage est particulièrement éprouvant. Après avoir tenté de confier le rôle de Willard à différents acteurs, James Caan, Jack Nicholson, Steve McQueen, Al Pacino, Dustin Hoffman et Robert De Niro, Coppola choisi Harvey Keitel et tourne les premières scènes avec lui. À la vision de premiers rushs au bout de trois semaines de tournage, mécontent de l’acteur, il décide finalement de le remplacer au pied levé par Martin Sheen, qui fait un infarctus le 5 mars 1977, ne pouvant revenir sur le plateau que le 19 avril. Durant cette période son frère Joseph le double pour les scènes qui ne réclament pas de gros plan[6]. Les conditions du tournage sont extrêmement difficiles et le plateau dans la jungle est ravagé par le typhon Olga le 26 mai 1976, si bien que le 8 juin, la production est interrompue pour six semaines[7]. Les hélicoptères, prêtés par l’armée des Philippines, doivent être peints le matin aux couleurs de ceux de l’armée américaine, puis repeints le soir dans leurs couleurs officielles. Finalement, le tournage se termine le 21 mai 1977, après 238 jours. Le budget, qui était initialement de 13 millions de dollars, passe à 30 millions. Le succès du film, et en particulier sa Palme d’Or au festival de Cannes 1979 (partagée avec le film allemand Le Tambour), sauve Coppola du désastre financier auquel il etait voué. En effet, Coppola a dû investir sa fortune personnelle dans cette aventure en hypothéquant tous ses biens. Il a été décrit par de nombreux témoins comme de plus en plus mégalomane et paranoïaque au fur et à mesure du tournage, fumant de la marijuana et ayant perdu plus de 40 kilos[8].

La scène de l'attaque des hélicoptères sur fond de la Chevauchée des Walkyries semble être inspirée d'une séquence de Die Deutsche Wochenschau portant sur la bataille de Crète où sont montrés attaques de bombardiers et largages de parachutistes[9]. Les affiches du film et la typographie du titre sont de Bob Peak.

Distribution[modifier | modifier le code]

Marlon Brando dans le rôle du colonel Kurtz

Durant le tournage du film, outre son épouse, les trois enfants du réalisateur sont présents, en particulier Sofia (la future cinéaste) ; Giancarlo (décédé en 1986) et Roman apparaissent dans la scène du dîner avec les Français.

Coppola fait un caméo dans le film : il apparaît dirigeant une équipe de télévision lors du débarquement, incitant les soldats à ne pas regarder la caméra et à continuer d'avancer. Laurence Fishburne mentit sur son âge pour participer au film. Il n'a alors que 14 ans au début du tournage, en mars 1976, alors qu'il devait en paraître 17.

Martin Sheen ayant eu trois semaines d'arrêt de travail à la suite de son infarctus, Francis Ford Coppola se contente de filmer des plans larges et de derrière de Willard avec le propre frère de Martin comme doublure. Steven Spielberg utilisera plus tard ce même procédé sur le tournage d'Indiana Jones et le Temple maudit lorsqu'une hernie discale affectera Harrison Ford.

Coppola offre aux acteurs d'exprimer ce que feraient leurs personnages, lors de la scène où leur bateau croise un sampan suspect. Le tournage de celle-ci est improvisé par les acteurs, qui choisissent, toujours en accord avec le metteur en scène, de la voir culminer en massacre. Bien qu'il n'ait pas plus de dix minutes de scènes dans le film, et bien que souvent doublé à cause de son excès de poids (120 kg)[10], Marlon Brando est crédité en premier au générique, bien avant Martin Sheen, pourtant acteur principal du film.

Pour la séquence de la plantation française, Lino Ventura pressenti pour le rôle d'Hubert de Marais, décline la proposition estimant que ce rôle n'est pas fait pour lui[réf. nécessaire].

Bande originale[modifier | modifier le code]

Outre les compositions originales du père de Francis Coppola, la bande originale comprend plusieurs morceaux de l'époque, dont The End des Doors (principalement dans les séquences d'ouverture et de fin), Satisfaction des Rolling Stones, Susie Q de Dale Hawkins interprétée ici par Flash Cadillac and the Continental Kids, mais aussi la Chevauchée des Walkyries de Richard Wagner qui reste depuis associée à un vol d’hélicoptères illustrant la folie guerrière du lieutenant-colonel Kilgore.

Accueil[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Apocalypse Now est projeté pour le première fois au Festival de Cannes de 1979 en tant que work in progress. Il reçoit la Palme d'or qu'il partage avec Le Tambour (Die Blechtrommel) de Volker Schlöndorff. Au sujet du film, Coppola déclare : « Apocalypse Now n'est pas un film sur le Viêt Nam, c'est le Viêt Nam. Et la façon dont nous avons réalisé Apocalypse Now ressemble à ce qu'étaient les Américains au Viêt Nam. Nous étions dans la jungle, nous étions trop nombreux, nous avions trop d'argent, trop de matériel et petit à petit, nous sommes devenus fous »[11].

Adaptation et documentaire[modifier | modifier le code]

Le tournage du film a fait l’objet d'un documentaire sorti en 1991 : Aux cœurs des ténèbres : L'Apocalypse d'un metteur en scène (Hearts of Darkness: A Filmmaker's Apocalypse), réalisé par Fax Bahr et George Hickenlooper sur la base des films amateurs tournés sur les plateaux par l’épouse de Coppola, Eleanor Coppola.

Le livre de Joseph Conrad a fait l’objet d'une adaptation beaucoup plus fidèle, réalisée pour la télévision par Nicolas Roeg en 1994 : Heart of Darkness avec Tim Roth, John Malkovich, Isaach de Bankolé, James Fox.

Versions : Apocalypse Now Redux[modifier | modifier le code]

Lors de sa sortie en 1979, le film, projeté en copie 70 mm, ne comporte aucun générique, ni de début ni de fin. Un petit livret, avec la liste des techniciens et des acteurs, est distribué à l’entrée des salles. L’absence du générique de fin s’explique par le fait que les dernières images, où le camp de Kurtz est bombardé, ont été retirées. On peut trouver des versions avec cette fin.

Une nouvelle version considérablement rallongée (49 minutes supplémentaires) a été distribuée en 2001 sous la dénomination Apocalypse Now Redux. Elle a été accueillie de manières diverses. En effet, certains considèrent que le sens du film est clarifié et que des détails flous de la première version retrouvent leur place. D’autres voient les ajouts comme des digressions qui amoindrissaient la force du récit, car elles constituent des pauses dans la remontée du fleuve. Par ailleurs cette version révèle également un capitaine Willard plus humain voire plus drôle par moment. Quoi qu’il en soit, Coppola a travaillé le nouveau montage à partir des éléments originaux. Il le justifie de la manière suivante :

« Mon but avec Apocalypse Now Redux est de présenter une expérience plus riche, plus ample, plus texturée du film, qui comme l'original à l'époque donne aux spectateurs la sensation de ce que fut le Viêt Nam ; l'immédiateté, l'insanité, la griserie, l'horreur, la sensualité et le dilemme moral de la guerre la plus surréaliste et la plus cauchemardesque de l'Amérique. » [12]. « Qu'une culture puisse mentir sur ce qui se passe en temps de guerre, que des êtres humains soient brutalisés, torturés, mutilés et tués et que tout cela soit présenté comme moral, voilà ce qui m'horrifie. »[12]

Dans cette version Redux :

  • Le lieutenant-colonel Kilgore fait désormais son apparition en atterrissant avec son hélicoptère (dans la première version, il est déjà à terre). De ce fait, une réplique a été modifiée : lorsque le capitaine Willard demande à un soldat où se trouve l'officier-commandant, celui-ci lui répond "Avec le chapeau, vous ne pouvez pas le louper." dans la première version puis "C'est le colonel. Il va se poser." dans la version Redux.
  • Après avoir demandé un bombardement au napalm par radio, Kilgore fait rapatrier une Vietnamienne et son enfant puis remet à Lance un caleçon de bain de la part de sa cavalerie aéroportée.
  • Kilgore se plaint du changement de vent, causé par le napalm, qui sabote les vagues pour surfer. Ensuite, Willard et l'équipage du bateau s'éclipsent, Willard dérobant au passage la planche de surf du lieutenant-colonel.
  • Kilgore envoie ses hélicoptères afin de retrouver le bateau et ainsi récupérer sa planche, en vain.
  • Le matin qui suit la soirée avec les playmates, Clean raconte à Philipps l'histoire d'un sergent américain qui a tué un soldat vietnamien pour une stupide histoire de magazine Playboy confisqué.
  • Tandis que Lance fait du ski nautique au son des Rolling Stones (la scène avait été insérée bien plus tôt dans la première version), Willard lit un article écrit par le colonel Kurtz tout en mangeant du chocolat.
  • Alors qu'il pleut à torrent, le bateau fait escale dans un camp américain totalement désordonné. Willard y rencontre l'animateur de la soirée et négocie avec lui deux bidons de gasoil contre une heure et demie en compagnie des playmates.
  • La fameuse séquence de la plantation française (Coppola l'avait retirée volontairement à l'époque car il l'avait jugée ratée) dans laquelle :
    • Willard et ses hommes sont chaleureusement accueillis par Hubert De Marais, propriétaire de la terre ;
    • Clean, tout juste abattu, obtient des funérailles militaires ;
    • Le dîner familial tourne au débat politique. Ayant chacun un point de vue différent, les membres de la famille française se disputent entre eux avant de quitter tour à tour la table ;
    • Willard passe la nuit avec Roxanne Sarraut.

Dans la version française, Aurore Clément s'est naturellement doublée elle-même. En revanche, Christian Marquand, décédé quelques mois plus tôt, est doublé par le comédien Joël Zaffarano.

  • Willard se réveille enfermé dans une boîte. Il reçoit la visite de Kurtz qui lui lit un vieil article du Time. Une fois la lecture terminée, le colonel décide d'accorder une liberté surveillée à Willard mais celui-ci s'évanouit à nouveau.
  • Le film a, cette fois-ci, un générique de fin mais sans les images du bombardement du camp de Kurtz.

La version originale de 1979 et la version Redux de 2001 sont désormais disponibles dans un coffret DVD également disponible en Blu-Ray depuis le 27 avril 2011 en France (chez Pathé Vidéo). Le générique final où le camp de Kurtz est bombardé est disponible dans les bonus de ces éditions.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "The National Film Registry List – Library of Congress". loc.gov. Retrieved March 12, 2012
  2. Ce bombardement a constitué le fond du générique de fin dans la version exploitée commercialement, en salle et en DVD, entre la sortie du film en 1979 et la constitution de la version Redux en 2001. Voir la section dédiée du présent article.
  3. (en) Peter Cowie, The Apocalypse Now Book, Perseus Books Group, , p. 3
  4. (en) Francis Ford Coppola, Gene D. Phillips, Rodney Hill, Francis Ford Coppola, Univ. Press of Mississippi, , p. 44
  5. (en) Peter Cowie, The Apocalypse Now Book, Da Capo Press, , p. 122
  6. (en) Peter Cowie, The Apocalypse Now Book, Da Capo Press, , p. 125
  7. (en) Peter Cowie, The Apocalypse Now Book, Da Capo Press, , p. 123
  8. (en) Peter Cowie, The Apocalypse Now Book, Da Capo Press, , p. 147
  9. (de) « Bataille de Crète », 30 mai 1941 [présentation en ligne], de 2 min 50 à 5 min 40
  10. Débarquant à Manille le 31 août 1976, Brando fut payé un million de dollars par semaine alors qu'il ne connaissait pas son texte (il improvisera à de nombreuses reprises) et n'était disponible que trois semaines. Devant jouer un officier des forces spéciales surentraîné dans un costume de militaire, Brando se proposa de lui raser la tête et Coppola l'habilla d'une ample chemise noire, le filmant en gros plan et en clair obscur (cf. (en) Peter Cowie, The Apocalypse Now Book, Da Capo Press, , p. 124).
  11. Francis Ford Coppola, Festival de Cannes, mai 1979
  12. a et b Francis Ford Coppola, Festival de Cannes, mai 2001

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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