Mise en abyme

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Exemple de mise en abyme (avec l'utilisation de la statue Le Penseur d'Auguste Rodin.

La mise en abyme — également orthographiée mise en abîme ou plus rarement mise en abysme[1] — est un procédé consistant à représenter une œuvre dans une œuvre similaire, par exemple en incrustant dans une image cette image elle-même. On retrouve dans ce principe l'« autosimilarité » et le principe des fractales ou de la récursivité en mathématiques.

Origine de l'expression[modifier | modifier le code]

L'expression utilisée dans le sens sémiologique remonte à André Gide, lequel note dans son Journal en 1893 :

« J'aime assez qu'en une œuvre d'art on retrouve ainsi transposé, à l'échelle des personnages, le sujet même de cette œuvre par comparaison avec ce procédé du blason qui consiste, dans le premier, à mettre le second en abyme. »

Gide applique ce principe dans son roman, Les Faux-Monnayeurs, construit sur une mise en abyme puisque l'oncle Édouard, écrivain, est présenté en train d'écrire un roman intitulé Les Faux-Monnayeurs, dans lequel il cherche à s'éloigner de la réalité, et qui a pour personnage principal un romancier.

En toute rigueur héraldique, « en abyme » (ou « en abysme ») ne s'utilise que pour qualifier une petite pièce ou un petit meuble lorsqu'il est en position centrale de l'écu et qu'il ne touche ni ne charge aucun autre ; à l'opposé d'une pièce ou d'un meuble « sur le tout », il est réputé être au fond (« abîmé ») et est nommé en dernier.

Il existe plusieurs exemples où cet élément reprend le motif de l'écu. Par exemple, le blason des seigneurs de Brandenbourg, comtes de Vianden, au Luxembourg, que l'on trouve ainsi décrit : « De gueules à l'écu en abyme d'argent » [2]. De même, les armoiries de la famille de Barbezieux portent « D'or à l'écu en abyme d'azur » [2]. En Lorraine, la famille Serre de Germiny porte « D'azur, à un écusson d'argent en abîme » [3] (tout comme les communes de Wavrin, Gouzeaucourt et Colombey-les-Belles) et la famille Amance alias Asmentz « D'argent à l'écusson en abyme d'azur » [2].

Armoiries des seigneurs de Brandenbourg (Luxembourg), branche des comtes de Vianden, jusqu'en 1288.

Il semble donc probable que Gide fasse bien référence à ce thème héraldique, plutôt qu'au genre poétique du « blason », en vogue au XVIe siècle, dans lequel l'auteur fait une description détaillée d'une personne ou d'un objet.

La locution exacte « mise en abyme » dans son sens littéraire est apparue en 1950 dans l'ouvrage Histoire du roman français depuis 1918 de Claude-Edmonde Magny.

Bien qu'attestée par l'Académie française dans la dernière édition de son Dictionnaire[1], l'orthographe « abyme » — dernier vestige de l'ancienne graphie — a été discutée par certains grammairiens :

« Les théoriciens de la littérature […] ont ressuscité la vieille graphie abyme dans la formule en abyme servant à désigner un procédé évoquant le jeu des miroirs. […] Littré mentionne l'emploi d'abîme en héraldique, mais sans lui conférer une graphie particulière. Certains estiment, non sans raison, que, même dans ce sens, la graphie ordinaire peut convenir : “Qui sait si le but d'un tel jeu de miroirs n'est pas de nous donner, par cette réflexion en abîme de Hegel sur Genet, de Genet sur Hegel, le vertige de l'indéfini ?” (C. Delacampagne, in Le Monde, 3 janvier 1975[4]). »

— Maurice Grevisse, Le Bon Usage, §96(a)1º.

Procédé artistique[modifier | modifier le code]

Giacomo Stefaneschi portant le triptyque même sur lequel il est représenté (peinture de Giotto).

En littérature, la mise en abyme est un procédé consistant à placer à l'intérieur de l'œuvre principale (récit ou pièce de théâtre) une œuvre qui reprend de façon plus ou moins fidèle des actions ou des thèmes de l'œuvre principale, comme dans la pièce Hamlet (voir exemples ci-dessous). Il ne faut pas confondre la mise en abyme avec le récit enchâssé, qui consiste à faire raconter par le personnage d'un récit un autre récit, dans lequel peut apparaître un personnage qui en racontera encore un autre, comme dans les Mille et une nuits ou certaines des Lettres de mon Moulin (par exemple, La Chèvre de Monsieur Seguin et Le Curé de Cucugnan).

Au théâtre, il ne faut pas confondre la mise en abyme et le « théâtre dans le théâtre », où un personnage joue le rôle d'un comédien qui joue un rôle… Il faut que la deuxième pièce de théâtre (celle qui est insérée dans l'autre) représente le sujet ou les personnages de la première.

En arts graphiques, Giotto di Bondone, dès le Trecento, utilise le procédé dans le triptyque Stefaneschi (musées du Vatican), où l'on voit, sur l'envers, le cardinal Giacomo Stefaneschi portant le triptyque de sa représentation portant le triptyque.

On peut également citer l'exemple du dessin de la boîte de fromage en portions « La vache qui rit » : la vache porte des boucles d'oreilles qui elles-mêmes sont des boîtes de Vache qui rit, etc. Ce procédé est également employé sur certains paquets de chips « à l'ancienne » de marque Lays.

Utilisation du procédé[modifier | modifier le code]

Le Malade imaginaire de Molière est une pièce présentant de nombreux exemples de mise en abyme, notamment lorsque Cléante et Angélique, deux amants, se jouent de la naïveté d'Argan, père d'Angélique : Cléante se fait passer pour un maître de musique et chante avec Angélique leur propre histoire d'amour qu'Argan prend pour une pastorale ; l'histoire du berger Tircis et de la bergère Philis est en tous points similaire à celle de Cléante et Angélique. La mise en abyme permet ici de rire de la naïveté d'un père et de montrer l'habileté de la jeunesse rebelle ; elle participe au comique de la pièce.

La mise en abyme peut également jouer le rôle de clin d'œil inséré par l'auteur, ou lui permettre d'engager, sur le mode de l'humour (autodérision), une critique sur sa propre œuvre, voire sur le genre auquel elle appartient.

Milan Kundera est un auteur qui a l'habitude d'utiliser la mise en abyme pour apporter une réflexion sur son œuvre que les protagonistes eux-mêmes ne pourraient avoir, puisqu'ils sont prisonniers, trop occupés par ce qui leur arrive.[réf. souhaitée]

Géométrie[modifier | modifier le code]

Une mise en abyme à l’infini de polygones étoilés.
Article détaillé : Fractales.

En géométrie pure, une mise en abyme peut se répéter à l’infini. Par exemple, étant donné un octogone (régulier) étoilé inscrit dans un cercle, les huit côtés du polygone étoilé prolongent ceux d’un octogone régulier convexe, inscriptible dans un cercle concentrique plus petit. Les huit sommets de ce polygone convexe sont les sommets d’un nouvel octogone étoilé : une reproduction de l’étoile initiale, qui révèle encore le tracé d’un polygone convexe plus petit. On peut donc itérer le procédé. Si ce procédé est itérable indéfiniment, il s'agit d'une fractale.

L’action d’une homothétie se répète indéfiniment, qui réduit une paire d’octogones réguliers en une autre paire semblable, qu’elle réduit encore et encore. Le centre de l’homothétie est le centre commun des octogones réguliers, convexes et étoilés. Le rapport d’homothétie est 2 – 1 en valeur absolue ; il peut être négatif à cause de la symétrie centrale de la figure.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Images[modifier | modifier le code]

Les Époux Arnolfini par Jan van Eyck, National Gallery, Londres.
Dans le miroir suspendu sur le mur du fond, dont le cadre est décoré de médaillons représentant la passion du Christ, toute la pièce, avec son mobilier, le couple des époux vus de dos et le peintre lui-même, se reflète à l’envers dans une mise en abyme qui a rendu le tableau célèbre.
Détail du tableau Les Époux Arnolfini, ci-dessus.
  • L'étiquette de l'apéritif Dubonnet où un chat entoure cette même bouteille.
  • La boîte du fromage Bons Mayennais.
  • La boîte du fromage La vache qui rit où l'on voit une vache portant des boucles d'oreille représentant cette même boîte.
  • L'affiche du film Memento.
  • La pochette de l'album de Pink Floyd, Ummagumma (avec malgré tout quelques différences voulues).
  • La pochette de l'album de La Charanga Habanera, (No mires) La Caratula.
  • La couverture de la bande dessinée Vous n'avez pas honte ?, de Dany.
  • Les mains qui se dessinent elles-mêmes de Maurits Cornelis Escher.
  • Le paquet de chips à l'ancienne Lay's où l'on voit un homme tenir ce même paquet.
  • Le paquet de cacao Droste où l'on voit une infirmière portant un plateau sur lequel il y a ce même paquet (la mise en abyme graphique est d'ailleurs connue des anglophones sous le nom de Droste effect).
  • Le logo qui fut longtemps celui du nougat Chabert et Guillot, où l'on voit sur une boîte trois chiens se disputant cette même boîte.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Un roman parlant d'un romancier en train d'écrire un livre (exemples : Je suis écrivain ou Trois jours chez ma mère de François Weyergans ou La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, de Joël Dicker).
  • Un roman dont le sujet principal est ledit roman :
  • Dans L'Être et le Néant, Jean-Paul Sartre nous entretient un temps sur la capacité que possède l'être humain d'être conscient de son existence, puis sur la possibilité d'être conscient que l'on est conscient. Il nous prévient ensuite qu'il est préférable de s'arrêter à ce niveau de conscience pour toute étude philosophique, puisque tout niveau supérieur (c'est-à-dire la conscience d'être conscient d'être conscient), nous éloigne en quelque sorte de l'étude de la conscience elle-même.
  • Dans Je suis un écrivain japonais de Dany Laferrière, un écrivain ne parvient pas à écrire ledit roman homonyme, dont il est pourtant content du titre. « J'avais en tête de faire un livre où la littérature serait totalement mise en abyme, confie Dany Laferrière. Il y a bel et bien deux couvertures, mais il n'y a pas de livre. Un roman complet sur un roman qui n'existe pas, qui n'existera jamais, même dans la fiction, puisque le protagoniste rêvé par Laferrière ne l'écrira jamais après avoir pondu ce titre formidable. Et peut-être même a-t-il rêvé toute cette histoire[6]… ».
  • Dans L'Emploi du temps, de Michel Butor, le narrateur superpose des périodes de temps différentes, puis la même période de temps vue à des moments différents.
  • Dans Le Pouvoir des fables, La Fontaine fait l'éloge de ce genre qu'est la fable en introduisant dans son texte une deuxième fable.
  • Dans le roman Le Tunnel, d'Ernesto Sábato, le peintre a recours à une méthode de mise en abyme dans une de ses peintures. En effet, une fenêtre à l'intérieur du tableau révèle une autre scène, cachée. Celle-ci contient le véritable message de l'œuvre, alors que tout le reste n'est qu'une parure afin de tromper les moins éclairés.
  • Dans son roman Stéphanie Phanistée, Frédérick Tristan met en scène la même femme lors de récits emboîtés les uns dans les autres.
  • Le Retour à la terre, bande dessinée de Larcenet et Ferri où les personnages, représentant les auteurs, parlent de mise en abyme en réalisant celle-ci qui parle d'une mise en abyme et où le personnage de Manu ne comprend plus rien… Résultat, Manu se demande si on va rire de lui ou du personnage que dessine le personnage qu'il dessine dans la bande dessinée.
  • La mise en abyme est un thème majeur évoqué dans le livre Le Mystère des dieux de Bernard Werber.
  • Dans la Recherche du temps perdu, de Proust, Un amour de Swann (deuxième partie de Du côté de chez Swann), qui raconte les déboires amoureux entre Swann et Odette, est une mise en abyme de l'histoire d'amour entre le narrateur et Albertine qui se passe tout au long du roman.
  • Dans Un cabinet d'amateur, de Georges Perec, un tableau contenant une mise en abyme, puisqu'il se représente lui-même dans une galerie d'art, est l'objet principal de l'intrigue.
  • Dans le roman Le Monde selon Garp, de John Irving, le personnage de Garp écrit un roman dont certains éléments révèlent qu'il s'agit d'un autre roman de Irving : Hotel New Hampshire.
  • Si par une nuit d'hiver un voyageur, d'Italo Calvino, est totalement basé sur ce principe. Le lecteur suit les aventures d'un lecteur fictif qui entame de nombreux romans dont il ne connaît jamais la fin et qui s'enchevêtrent…

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Dans L'Illusion comique, de Corneille, les spectateurs assistent à une pièce de théâtre (L'Illusion comique), et voient donc des acteurs jouer des personnages. Parmi ces personnages, certains sont des spectres, évoqués par le magicien Alcandre, qui vont représenter une sorte de pièce, dont un autre personnage, Pridamant, sera lui-même spectateur. Cette pièce est la vie de Clindor, fils de Pridamant. Or, ce dernier est lui-même devenu acteur, et on le découvre précisément au moment où il est en train de jouer une pièce. Il y a donc une imbrication de trois pièces de théâtre : le spectateur de L'Illusion comique assiste à une pièce jouée par Clindor, lui-même joué par un spectre, lui-même joué par un acteur. Cette mise en abyme particulièrement poussée est une illustration de l'idée de theatrum mundi, chère à l'esthétique baroque.
  • La tragédie Hamlet, de Shakespeare : à l'intérieur de la pièce se joue une pièce de théâtre qui dénoncera l'adultère et le meurtre du père d'Hamlet.
  • Le Malade imaginaire, de Molière.
  • Six personnages en quête d'auteur, de Luigi Pirandello, une pièce théâtrale où les personnages vivent et rencontrent « leurs acteurs », qui devront jouer ces personnages, etc.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Le film Le Million, de René Clair, dans la scène de l'opéra, montre deux amoureux, Prosper et Béatrice, arrivant sur scène, obligés de se cacher derrière les décors pendant un duo d'amour ; les paroles de cet air correspondent à leurs propres déboires et leur permettent de se réconcilier.
  • La Rose pourpre du Caire, de Woody Allen, ou sa transposition plus récente Last action hero, de John McTiernan, deux exemples de film contenant un film.
  • Noblesse oblige, de Robert Hamer. Condamné pour le seul crime qu'il n'a pas commis, un gentilhomme décrit dans sa cellule ses véritables crimes, et… y oublie son manuscrit lors de sa libération.
  • Dans Sherlock Junior, de Buster Keaton, Buster, projectionniste, s'endort et entre en rêve dans le film projeté. Il se retrouve alors renvoyé d'une scène à l'autre, dans des environnements paradoxaux et inattendus.
  • Dans Le Charme discret de la bourgeoisie, de Luis Buñuel, on assiste à un rêve, puis à un rêve dans le rêve.
  • Dans Nous étions libres, l'héroïne Gilda Bessé (jouée par Charlize Theron), tient un rôle dans un peplum que l'on aperçoit au cinéma.
  • Dans La Folle Histoire de l'espace, de Mel Brooks, l'équipage regarde la vidéo du film et arrive au moment où « maintenant est en train d'arriver ».
  • Dans la scène d'ouverture du film Team America, une marionnette joue devant un mur dessiné de Paris, puis la caméra se décale nous montrant que l'on est vraiment à Paris.
  • Dans Sueurs froides d'Alfred Hitchcock (Vertigo dans la version originale), le personnage de Madeleine est une représentation de la mystérieuse Carlotta du tableau, mais est aussi Judy qui jouait le rôle de Madeleine lors de l'horrible machination. L'ironie du sort fait que le protagoniste principal la transformera en Madeleine.
  • Dans La Cité de la peur, l'intrigue se concentre autour de la diffusion d'un autre film, nommé Red Is Dead.
  • Le premier Saw comporte une situation présente puis un flashback (de Lawrence) et ensuite un flashback dans ce même flashback (d'Amanda).
  • Dans Shakespeare In Love, plusieurs scènes de la pièce de Shakespeare Roméo et Juliette, qui est écrite et jouée par les personnages du film, se confondent avec l'histoire de ces mêmes personnages. Un exemple parmi plusieurs : lorsque les comédiens s'apprêtent à répéter la scène de la dispute entre les Capulet et les Montaigu, un groupe d'hommes hostiles fait irruption et une véritable bagarre se déclenche.
  • Le film Scream 2 parodie le premier opus de la trilogie, Scream sous la forme d'un film de série B : Stab.
  • Le film Inception (2010), de Christopher Nolan, utilise le procédé de mise en abyme avec le « rêve dans le rêve », nous amenant à penser que ce qui nous est présenté comme étant la réalité est lui-même issu d'un rêve.
  • Dans le film Même la pluie (También la lluvia dans la version originale) d'Iciar Bollain (2010), les personnages tournent un film en Bolivie au début des années 2000.
  • Le film eXistenZ, de David Cronenberg qui est entièrement centré sur le thème de la mise en abyme. Les personnages étant connectés à un jeu virtuel se retrouveront forcés de jouer à un jeu dans le jeu, à n'en plus savoir à quel moment ils se situent dans la réalité.
  • À la fin du film Reviens-moi (Atonement, dans la version originale), Briony explique à la caméra qu'elle a écrit un livre intitulé Expiation (Atonement en anglais) racontant l'histoire de sa sœur Cecilia et de Robby — c'est-à-dire l'histoire que le spectateur vient de se voir raconter tout au long du film.
  • Le Nombre 23 raconte l'histoire du livre que Jim Carrey lit, il découvre à la fin que c'est sa propre histoire qu'il a oubliée.
  • Le film Adaptation, réalisé par Spike Jonze, sur un scénario de Charlie Kaufman, raconte l'histoire de Charlie Kaufman en train d'écrire le film Adaptation.
  • Un des nombreux gags visuels du film Y a-t-il enfin un pilote dans l'avion ? utilise une mise en abyme photographique de l'acteur Lloyd Bridges alors qu'il s'accoude à un pupitre, disant pour lui-même que « les choses n'ont pas beaucoup changé ici ».
  • Dans Rubber, de Quentin Dupieux, on voit des spectateurs qui regardent le film et font partie de l'histoire. Les responsables du film essayent de les tuer afin de mettre fin au film. Le réalisateur reprend ce procédé en le complexifiant encore dans Réalité (2014).
  • Le film Scream 4 bénéficie, lui, d'une double mise en abyme dès le début du film, passant du film fictif Stab 6 au film Stab 7, pour arriver dans l'histoire originale : deux adolescentes regardant un film d'horreur (En l’occurrence Stab 7).
  • Dans Micmacs à tire-larigot, de Jean-Pierre Jeunet, on aperçoit, dans plusieurs séquences du film, des affiches de ce dernier qui correspondent à la scène qui est en train de se dérouler : la balle qui transperce le dvd du film, quelques secondes après, Bazil s'effondre devant une autre affiche. La voiture conduite par des hommes de main de François Marconi et Nicolas Thibault de Fenouillet rentre dans une autre affiche représentant le pont derrière eux. Le « trois roues » (une Tempo Hanseat) de Bazil passe dans une grande rue avec l'affiche du film sur un immeuble. Enfin, avant d'être conduits à Tire-larigot, ils passent devant une affiche avec leur moto sur laquelle ils roulent.
  • Dans Le Hobbit : La Désolation de Smaug de Peter Jackson, lors de l'affrontement entre Gandalf et l'esprit de Sauron, la caméra effectue un zoom sur l'« œil de Sauron » dans lequel se trouve un autre œil et ainsi de suite.
  • Dans High School Musical 3 : Nos années lycée, les personnages mettent sur point une comédie musicale qu'ils nomment Senior Years, et qui raconte leur propre histoire.
  • Dans Synecdoche, New York, le personnage principal, un metteur en scène de théâtre, monte une pièce sur sa vie actuelle. Un acteur l'interprète donc dans la pièce en train de mettre en scène la pièce, et ainsi de suite.

Télévision[modifier | modifier le code]

  • Dans certaines séries télévisées, il arrive que les personnages écoutent ou chantent la musique du générique ; par exemple dans Les Simpson (Homer : « Bart ! arrête de siffler cette chanson débile ! »)
  • La série télévisée Stargate SG-1 s'auto-parodie en intégrant dans l'intrigue de plusieurs épisodes une série de médiocre qualité intitulée Wormhole X-Treme (ce n'est cependant que l'exemple le plus frappant, les scénaristes étant coutumiers de ce type d'allusions).

Musique[modifier | modifier le code]

  • Dans les deuxième et troisième versions francophones de l'opéra-rock Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon, le personnage de Ziggy annonce qu'il compte « envoyer une lettre pour passer dans Starmania » (au début de La Chanson de Ziggy).
  • Le clip de la chanson Bachelorette de Björk, réalisé par Michel Gondry, se base sur un principe de mise en abyme à plusieurs niveaux.
  • Le titre Pictures Of People Taking Pictures, de Jack Johnson.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Le jeu vidéo Wing Commander (simulateur de vol avec batailles), ainsi que de nombreux jeux du même genre, comporte lui-même dans la salle des pilotes un simulateur de vol sur lequel les pilotes peuvent s'entraîner à piloter leurs appareils.
  • Dans Maniac Mansion: Day of the Tentacle, on peut jouer à la version complète de Maniac Mansion en utilisant l'ordinateur d'Ed Edison le fou. Maniac Mansion: Day of the Tentacle n'est autre que la suite de Maniac Mansion sorti six ans plus tôt.
  • Dans Runaway: A Road Adventure, le héros se plaint d'avoir l'impression de ne pas décider de ce qu'il fait et d'être contrôlé comme dans les anciens jeux d'aventure. C'est une référence à des jeux comme Maniac Mansion: Day of the Tentacle, dont Runaway se pose en successeur.
  • Dans la plupart des jeux Pokémon, on peut distinguer dans la chambre du personnage la console de salon correspondant à la même géneration (une NES pour les jeux Game Boy, etc.). Le réalisateur du jeu (et parfois d'autres membres du staff, comme dans Pokemon Version Noire ou Pokemon Version Blanche) est présent dans le jeu.
  • Dans Grand Theft Auto: San Andreas, il est possible de jouer à des jeux d'arcade dans le jeu.
  • Dans Planescape: Torment, il est possible de trouver un accès à un dédale. Ce dédale caricature une expérience qui n'est autre qu'un jeu de rôle. Cette caricature est d'autant plus forte que le jeu original est axé sur la réflexion et la lecture de dialogues, tandis que le jeu intérieur est un hack and slash.

Informatique[modifier | modifier le code]

  • Les acronymes récursifs, procédé répandu dans le monde du logiciel libre : le projet GNU signifiant « GNU is Not Unix », PHP pour « PHP Hypertext Preprocessor », LAME pour « LAME Ain't an Mp3 Encoder », Wine pour « Wine Is Not an Emulator »…
  • Le compilateur gcc du langage C est programmé en C (méthode dite de bootstrapping).
  • La commande Unix man man affiche le manuel de la commande man.
  • On peut lancer la commande bash en étant dans une session bash.
  • Il est possible de rechercher Google sur Google (et plus généralement rechercher le nom d'un moteur de recherche sur celui-ci).

Divers[modifier | modifier le code]

Article Encyclopédie dans L'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert.
  • L'article Wikipédia dans Wikipédia (de même qu'il existe un article Encyclopédie ; voir également ci-contre).
  • The Infinite Cat Project[7] : des chats qui regardent des chats dans un écran qui regardent des chats dans un écran.
  • Les poupées russes.
  • Plusieurs miroirs disposés les uns en face des autres (galerie des glaces).
  • Une caméra braquée sur son moniteur vidéo.
Mise en abyme de l'article Mise en abyme.
  • Cet article constitue une mise en abyme qui se poursuit dans cette phrase et se termine dans cette singularité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dictionnaire de l'Académie française, 9e édition, en ligne
  2. a, b et c Claude-François Ménestrier, Nouvelle méthode raisonnée du blason, ou de l'art héraldique, Lyon, 1770
  3. Paul Digot, La Chevalerie Lorraine (1000-1665), Nancy, Mangeot-Collin, 1887
  4. À propos de Jacques Derrida, Glas, éditions Galilée, Paris, 1974.
  5. « Premiers chapitres - Carlos Ruiz Zafón, L'Ombre du vent »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur edition-grasset.fr
  6. « L'art poétique de Dany Laferrière », article du journal Le Devoir, le 12 avril 2008 (consulté le 30 avril 2016).
  7. site The Infinite Cat Project, consulté le 21 février 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Dällenbach, Le Récit spéculaire. Essai sur la mise en abyme, Paris, Seuil, 1977.
  • Article Mise en abyme dans le Dictionnaire international des termes littéraires.
  • Le Cinéma au miroir du cinéma (sous la direction de René Prédal), Cinémaction, no 124, Corlet, 2007.
  • Yannick Mouren, Filmer la création cinématographique, le film-art poétique, L'Harmattan, 2009.
  • Jean-Claude Vuillemin, "Réflexions sur la réflexivité théâtrale", L’Annuaire théâtral, 45 (2010): 119-135.

Articles connexes[modifier | modifier le code]