Intolérance (film, 1916)

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Intolérance
Description de cette image, également commentée ci-après

Affiche du film

Titre original Intolerance: Love's Struggle Throughout the Ages
Réalisation D. W. Griffith
Scénario D. W. Griffith
Acteurs principaux
Sociétés de production Triangle Film Corporation
Wark Producing Corporation
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Durée 163 minutes
Sortie 1916

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Intolerance
Image du film, décor de Babylone.

Intolérance (Intolerance : Love's Struggle Throughout the Ages) est un film américain muet de D. W. Griffith, sorti en 1916.

Griffith veut répondre par ce film à l'accusation de racisme proférée à son égard après Naissance d'une nation. Intolérance est souvent considéré comme un chef-d'œuvre magistral du génie de Griffith pour l'écriture du scénario, la direction des acteurs, la mise en scène des décors et, bien sûr, le montage.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Quatre époques sont présentées en alternance pour dénoncer l'intolérance : la répression des grèves, le massacre de la Saint-Barthélemy, la Passion du Christ et Babylone. De la Babylone antique au début du XXe siècle, une illustration en quatre épisodes de la cruauté et de la férocité de l'homme envers son prochain.

Dans l'ordre d'apparition[1] :

Début du XXe siècle[N 1]

L'intolérance d'un groupe de femmes, décidées à combattre l'immoralité, va être l'élément déclencheur d'une grève dans une minoterie, qui mènera le héros à la pauvreté et au crime...

Début de l'ère chrétienne

L'intolérance des pharisiens va mener à la crucifixion de Jésus, après les épisodes des noces de Cana et de la femme adultère.

1572[N 2]

L'intolérance des catholiques menés par Catherine de Médicis va être la cause du massacre de la Saint-Barthélemy.

Babylone -539

Lors du conflit entre Balthazar et Cyrus, la chute de Babylone est due à des dissensions entre les adeptes de Baal et d'Ishtar.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

en Judée St-Barthélémy
Babylone époque moderne

Production[modifier | modifier le code]

La génèse d'Intolérance remonte à 1914, alors que Griffith termine un film intitulé La Mère et la Loi, un drame social inspiré deux histoires vraies : une erreur judiciaire (l'affaire Stielow) et la répression d'une grève de mineurs à Ludlow, au Colorado.

Après le succès retentissant qu'obtient Naissance d'une nation, son premier long-métrage, Griffith entreprend d'englober La Mère et la Loi dans une œuvre plus vaste où seraient racontées simultanément quatre histoires distinctes se déroulant à quatre époques différentes, mais rattachées entre elles par le thème central du fanatisme et de l'intolérance. Griffith espère ainsi répondre à la controverse suscitée par Naissance d'une nation, qui, malgré son succès, se voit taxé de racisme.

La Majestic Motion Picture Company avance les premiers fonds pour la production de ce film, puis D. W. Griffith et Harry E. Aitken créent la Wark Producing Corporation pour terminer le film et l'exploiter[2].

Superproduction qui coûte plus de 1 750 000 dollars, Intolérance fait travailler 60 000 figurants, ouvriers, techniciens et acteurs. Le film est tourné aux studios Fine Arts à Hollywood[2].

Selon certaines sources[2] Griffith aurait eu aussi comme assistants sur ce film Erich von Stroheim, Edward Dillon, Tod Browning, Joseph Henabery, Allan Dwan, Monte Blue, Elmer Clifton, George Hill, W. Christy Cabanne, Jack Conway, George Nichols et Victor Fleming.

Accueil et influences[modifier | modifier le code]

Intolérance est présenté en septembre 1916, mais cette fois-ci, le succès est nettement moindre. Griffith venait de fonder avec Thomas H. Ince et Mack Sennett la firme Triangle. L'échec commercial du film en entraîne la chute. Intolérance n'en reste pas moins un film très admiré, en particulier en URSS, où il exerce une grande influence. Ainsi, Eisenstein déclare : « Le meilleur du cinéma soviétique est sorti d'Intolérance. Quant à moi, je lui dois tout. »[3]

En 1923, Buster Keaton propose une parodie d'Intolérance intitulée Les Trois Âges. Mais ce film, son deuxième long-métrage, n'est pas considéré comme l'une des œuvres majeures du célèbre comique.

En 1982, une version d'Intolérance restaurée par les soins de Raymond Rohauer est présentée en ouverture du Festival de Cannes. Selon Rohauer, impliqué dans la succession de D.W. Griffith depuis 1959, il ne manque à sa version qu'à peu près cinq minutes du film original.

L'intrigue de Good Morning, Babylon (1987) des frères Taviani se déroule en partie sur le tournage de Intolérance, les deux personnages principaux participant à la création des décors.

En 1989, Intolérance fait partie de la première sélection de films conservés par le National Film Registry.

Le lieu de tournage de ce film peut être visité. Il est en partie détruit par le héros Cole Phelps dans le jeu vidéo L.A. Noire (2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) William M. Drew, D.W. Griffith's Intolerance : Its Genesis and Its Vision, Jefferson (New Jersey), McFarland & Company, 2001 (1ère édition : 1986), (ISBN 0-7864-1209-7).

Article connexe[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes

  1. Aucune date n'est indiquée mais plusieurs indices situent l'histoire dans les années 1910 : les intertitres mentionnant simplement que l'histoire se déroule dans le présent (donc à l'époque du tournage) et une courte scène de combat de la Première Guerre mondiale est visible à la fin du film.
  2. Cet épisode était censuré lors de la sortie du film en France mais est désormais visible dans les versions actuelles.

Références

  1. Voir le découpage sur le site du Ciné-Club de Caen
  2. a, b et c Selon une note de la fiche du film sur le site de l'American Film Institute
  3. Sergueï Eisenstein, cité par Claude Beylie dans son livre Les Films-clés du cinéma