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Le Capitan (film, 1960)

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Le Capitan

Réalisation André Hunebelle
Scénario Jean Halain
André Hunebelle
Pierre Foucaud
d'après le roman de
Michel Zévaco
Acteurs principaux Jean Marais
Bourvil
Elsa Martinelli
Arnoldo Foà
Sociétés de production Production Artistique et Cinématographique
Pathé Films
DA. MA Cinematografica
Pays de production Drapeau de la France France
Genre film de cape et d'épée
Durée 101 minutes
Sortie 1960

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Le Capitan est un film franco-italien réalisé par André Hunebelle et sorti en 1960, d’après le roman éponyme de Michel Zévaco (1907).

Louis XIII vient d'atteindre l'âge de la majorité. Sa mère, Marie de Médicis, continue de gouverner le royaume avec Concino Concini, son favori et premier ministre, qui conspire pour éliminer le souverain et sème la terreur dans le pays. Une conjuration de grands seigneurs vise à chasser Concini et à remplacer le roi défaillant par le duc Charles d'Angoulême. Le chevalier François de Capestang, qui a été sauvé dans un combat par Gisèle d'Angoulême, veut faire triompher la justice et sauver la couronne de son roi, ainsi que la vie de Gisèle. Il part pour présenter à Paris, capitale du Royaume, les remontrances de la noblesse de sa province.

Au palais du Louvre[1] à Paris, en 1616, Louis XIII a 15 ans, sa mère Marie de Médicis est régente du royaume depuis l'assassinat d'Henri IV. Elle a confié le pouvoir à son favori Concino Concini, comme elle d’origine italienne, nommé premier ministre. Celui-ci contrôle les finances, la police et, encouragé par son ambitieuse épouse Leonora Galigaï, cherche à s'emparer du pouvoir, ne reculant devant rien. Il favorise l'insécurité, notamment dans les provinces du Sud-Ouest. Elles sont pillées et attaquées par des bandes armées, qui s'en prennent à la noblesse provinciale. Ces nobles ignorant que Concini est responsable de cette situation.

Contre ces ambitions, de grands seigneurs du royaume se sont unis. Les conjurés veulent placer sur le trône le duc Charles d’Angoulême. Il est le fils de Charles IX, mais illégitime, donc, exclu de la succession royale régulière.

En Gascogne, le château de Teynac est en flammes. Le chevalier François de Tremazenc de Capestang, gentilhomme de petite noblesse mais brave, se porte au secours de son ami le marquis de Teynac. Pendant la bataille, le marquis est assassiné, d'un coup de dague dans le dos, par le chef des bandits, Rinaldo, l'homme de confiance de Concini. François de Capestang jure à l'assassin qu'il vengera son ami, mais il est blessé d'un coup de pistolet. Un brigand s'apprête à le tuer, une belle jeune femme brune abat le bandit et le sauve. Elle le soigne et il perd connaissance sans avoir eu de réponse à sa question : « Qui êtes-vous ? ». A son réveil, une femme blonde le soigne, Béatrice de Beaufort, cousine du marquis de Teynac. Guéri, François se rend au conseil de la province. Les nobles sont rassemblés autour du gouverneur pour envisager de juguler l'insécurité grandissante. François se propose pour porter les doléances de la province au roi. Le parlement vient de le déclarer majeur et la régence de la reine-mère[2] a pris fin. Mais le gouverneur ne peut le recommander qu'auprès de Concini.

François part pour Paris. En chemin, dans une petite ville, il assiste au spectacle d'un baladin, Cogolin. Celui-ci s'aperçoit qu'un voleur déleste François de sa bourse et s'arrange pour la lui rendre. Les brigands, furieux que Cogolin ait fait échouer leur coup, l'attaquent dans la campagne et le dépouillent. Il est sauvé par François. Cogolin devient son ami et confident, les deux hommes continuent ensemble leur route pour Paris.

Dans une auberge, François reconnait celle qui lui a sauvé la vie au château de Teynac ; il l'aborde, elle l'éconduit froidement. Le lendemain, elle a quitté l'auberge ; François et Cogolin la suivent. Son carrosse est attaqué dans la forêt par les hommes de Rinaldo, François les met en fuite. Lorsque le combat cesse, le carrosse est reparti, emportant la belle inconnue.

François et son fidèle Cogolin arrivent à Paris, et arrivent à l'hôtel particulier de Concini.

Concini est en train de promettre à Béatrice de Beaufort de gracier son père et de le libérer, si elle lui apporte d’autres renseignements. Il reçoit François, lui dit qu’il connait les activités des bandes armées qui s'attaquent à toutes les familles du royaume, et lui reproche d’avoir empêché l’arrestation de Gisèle d’Angoulême, finalement arrêtée peu après. Concini lui propose, pour racheter sa faute, d’entrer à son service comme espion. François refuse cette basse proposition faite à un Capestang, que le premier ministre appelle alors ironiquement « Capitan[3] » ; François le traite de « Polichinelle[4] » et Concini le met en garde contre ses insolences ; à la sortie de l’audience, François se trouve face à la bande de Rinaldo, et le reconnaît ; il s'échappe, après un combat à dix contre un, en sautant à travers le vitrail d’une fenêtre du premier étage, sur son cheval, amené par Cogolin.

François met au point une ruse pour faire entrer Cogolin au service de Concini, en tant que bouffon du roi. Il pourra y récolter des informations utiles, notamment, où est détenue Gisèle. Cogolin distrait la cour, charme une servante de la reine-mère, Giuseppa, et apprend que Gisèle est enfermée dans le château de Clairefont.

François et Cogolin partent délivrer Gisèle d'Angoulême ; François escalade la muraille, Cogolin mine le pont-levis du château pour empêcher les poursuites. François atteint les geôles, délivre Gisèle. Ils la ramènent dans une maison forestière. François sauve le roi dont le cheval s'est emballé (drogué par un agent de Concini) et s'est jeté dans une rivière. Mis en garde contre son premier ministre, Louis XIII reprend confiance, soutenu par son sauveur devenu son fidèle ami. François revient à la maison forestière, Gisèle est partie, mais lui a laissé un signe de reconnaissance pour qu'il puisse la rejoindre.

François se rend au rendez-vous, tombe dans une réunion des conjurés, refuse de participer à une action contre le roi. Gisèle se porte garant qu'il ne les trahira pas, et François quitte la réunion librement.

Concini passe de nouveau à l'attaque. Le roi échappe à un empoisonnement. Cogolin est menacé par Concini, qui l'a percé à jour, et le fait torturer. Giuseppina fait intervenir Louis XIII. Cogolin et elle partent rejoindre François.

Le prochain rendez-vous des partisans d'Angoulême au château de Saint-Leu est dévoilé par Béatrice de Beaufort, mais celle-ci apprend que son père est mort sous la torture, et se précipite pour avertir Capestang du danger.

À Saint-Leu, Capestang arrive à temps, il prévient les conjurés de l'arrivée des sbires de Concini. La bataille s'engage. Pour protéger Gisèle, Béatrice est blessée mortellement ; Rinaldo est tué par Capestang après un duel à rebondissements. Les conjurés sont sur le point de succomber, quand le roi arrive à la tête de ses soldats, prévenu par Cogolin. Le roi annonce la mort de Concini. Gisèle lui sauve la vie, menacée par un des hommes de Rinaldo. Cet acte prouve au roi la loyauté de la fille du duc d’Angoulême. Celui-ci reconnaît alors que, malgré sa jeunesse, le roi vient de se révéler un grand roi, et déclare : « Messieurs Concini est mort, vive le roi ! » La réconciliation entre les Valois[5] et les Bourbons devient possible pour assurer l’unité du royaume, tandis que Capestang alias « Le Capitan » épousera Gisèle et Cogolin aura enfin le temps de parler d’amour à sa bien-aimée.

Fiche technique

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Distribution

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Du fait historique à la fiction

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Le film est une pure fantaisie, mais le cadre de l’arrière-plan est fidèle à la réalité historique. Le récit associe la Grande Histoire, celle du règne débutant de Louis XIII[6], à la petite histoire, celle imaginée par les scénaristes de la fiction.

L’action se déroule six ans après l’assassinat d’Henri IV, en 1616, quand Marie de Médicis, mère du futur Louis XIII, trahit la noblesse du royaume, après avoir nommé son conseiller Concini premier ministre pour mener une nouvelle politique qui se révèle néfaste au pays. De graves troubles éclatent dans le Royaume (religieux, nobiliaires, sociaux). Louis XIII , craignant que Concini ne le remplace, fait un coup d'État et ordonne au baron de Vitry de l'assassiner. Pour mettre fin à la régence, il exile sa mère à Blois. Louis XIII remerciant les meurtriers s’écrit : « Grand merci à vous, à cette heure, je suis roi ! »

Dans cette grande Histoire, vient s’incruster la petite, purement imaginaire : un noble, d’origine modeste, nommé François de Capestang, dit le Capitan, loyal au roi, se dresse contre l’infâme conspirateur Concini, tout en sauvant de l’emprisonnement la fière Gisèle d’Angoulême, fille (imaginaire) du duc Charles d’Angoulême. Ce personnage a réellement existé, ses partisans ont organisé une conjuration contre Concini, afin de mettre le duc sur le trône à la place du jeune et faible roi Louis XIII, âgé de 15 ans.

À propos de la séquence dite « du poignard cassé »

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Au cours du récit, Capestang devait sauver la belle Gisèle d’Angoulême, emprisonnée dans le château fort de Clairefont (en réalité le château de Val à Lanobre, non loin de Mauriac dans le département du Cantal). Pour cela, le seul moyen de pénétrer à l’intérieur était d’escalader les hauts murs[7],[8].

Les assurances refusèrent de couvrir le risque. L'acteur Jean Marais refusa d’être doublé. Après avoir suivi à la lettre les gestes à accomplir, montrés par des professionnels de l’escalade, comme l'alpiniste Pierre Kohlmann, il ne voulut pas répéter la scène, exigeant de la faire « en direct ».

Sous l’œil du réalisateur André Hunebelle et de ses assistants, l’escalade de la muraille se fit en deux temps. Dans la première partie, s’aidant de poignards qu’il devait glisser, successivement dans les interstices des pierres, Jean Marais grimpa les six premiers mètres, en enfonçant ses poignards l’un après l’autre. Soudain, l’un d’eux se brisa net. Avec souplesse, Jean Marais sut tomber sans se blesser. Il reprit l’ascension jusqu’à une sorte de plateforme à quinze mètres de haut sur laquelle, après un rétablissement, il put se tenir debout pour entreprendre la deuxième partie de l’escalade. De là, il lança une corde avec un crampon pour l’accrocher à une petite ouverture située sur une autre paroi du château. La corde arrimée, il s’élança dans le vide, et, à mains nues, grimpa pour atteindre ladite ouverture par laquelle il entra dans la forteresse[9] .

Depuis, les propriétaires du château de Val ont inscrit, pour les visiteurs, sur un écriteau placé à l'intérieur de cette ouverture : « Fenêtre par laquelle Jean Marais est monté lors du tournage du film Le Capitan en 1960 ».

Autre scène de cascade.

Une autre scène montre Jean Marais se balançant d'un bout à l'autre d'une longue salle d'armes, suspendu à un lustre en forme de roue de carrosse. Prenant ensuite son élan dans les airs, il passe au travers d'un haut vitrail (en fait du sucre cristallisé), pour atterrir sur le dos de Sultan, son cheval, qui démarre au galop. Il a joué la même scène dans Ruy Blas en 1948[10].

Marais explique : « J’aime les prouesses. Pour le plaisir, la sensation physique. J’estime qu’un homme est fait pour se surpasser. Comment dire ? Je hais la monotonie J’aurais eu horreur, après les rôles aussi merveilleux que ceux que j’ai eus dans les films de Cocteau, de m’enfermer dans la fausse jeunesse d’un jeune premier prolongé. Brouiller ses propres pistes, s’éveiller à l’imprévu, à l’insolite de soi-même, c’est le secret de la jeunesse. Cocteau m’a enseigné cela. »

Lieux de tournage

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Le film a été tourné dans plusieurs départements[11],[12].

La Dordogne a été le lieu de tournage de la première scène du film qui se déroule au château du marquis de Teynac a été tournée au château de Biron ; de la scène où l'on voit pour la première fois Cogolin sur une place de village, tournée sur la place des Cornières à Monpazier ; de la scène de l’attaque de Cogolin par des bandits, sur un petit chemin jouxtant la D50 au lieu-dit « Le Petit Pouget » à Veyrines-de-Domme ; d'autres scènes ont eu lieu au Château de Hautefort et au Château de Beynac

En Seine-et-Marne, la scène ou Capestang et Cogolin sont attablés et voient arriver Gisèle d’Angoulême a été tournée à Coulommiers (angle rue des Templiers et avenue Foch) ; plusieurs scènes ont été tournées à l’intérieur du château de Fontainebleau (dont le grand escalier, le grand couloir, l’arrivée de nuit dans la cour ovale de la calèche de Concini, le grand bal, la salle d’audience du roi, la galerie des cerfs)

En Côte d’Or, se situe la scène où le cheval effrayé du roi Louis XIII tombe des hauteurs rocheuses de la rivière Serein et où François de Capestang plonge pour sauver son roi.

D'autres tournages ont eu lieu dans l'Yonne, à Avallon, dans l'église Saint-Lazare ; dans le Cantal, le château de Clairefont où est emprisonnée Gisèle d’Angoulême est en réalité le château de Val. Dans l'Oise, le château de Saint-Leu, lieu de la bataille finale, est en réalité le château de Pierrefonds dans la forêt de Compiègne. Et enfin dans le Val-de-Marne, aux Studios Franstudio de Saint-Maurice.

Hunebelle reprend, en 1960, le tandem Marais-Bourvil, rassemblé dans Le Bossu l’année précédente. Sous le costume du baladin Cogolin, Bourvil apporte au personnage de benêt une touche d’humour et de poésie. Ses farces et ses chansonnettes font le spectacle.

Bourvil interprète deux chansons : Baladin de Jean Halain et Jean Marion ; Pour se parler d’amour, de Jean Halain, Pierrette Bruno et Jean Marion.

Autour du film

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Une autre adaptation du Capitan a été réalisée en 1946 par Robert Vernay, avec, entre autres, Pierre Renoir, Jean Tissier, Lise Delamare, Sophie Desmarets et Serge Emrich (Louis XIII).

Parmi les titres utilisés pour l'exploitation en anglais, figure Captain Blood, homonyme du Captain Blood de Michael Curtiz avec Errol Flynn en 1935.

Des extraits du film sont repris dans Le Coup du parapluie.

Une bande dessinée tirée du film est parue dans Pilote (no 37 à 49) en 1960, adaptée par Georges Fontenelle et dessinée par Pascal.

Le film est vu par 4,8 millions de spectateurs et entre à la 4e place du Box-office France 1960.

Notes et références

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  1. Le palais du Louvre, à Paris, est la résidence royale depuis la Renaissance (XIVe siècle), sous le règne de Charles V, jusqu’à Louis XIV et le transfert de la Cour à Versailles.
  2. Marie de Médicis était reine de France en tant qu’épouse du roi Henri IV. À la suite de l’assassinat d’Henri IV, en 1610, elle était devenue reine-mère, douairière en tant que veuve du roi. Son fils Louis XIII étant héritier prématuré du trône à l’âge de 8 ans et demi, c’est Marie de Médicis qui fut nommé régente, jusqu’à la majorité du roi à 15 ans, en 1616.
  3. Le « Capitan » est un personnage type de la commedia dell’arte du XVIe siècle : personnage fanfaron, faux brave, hâbleur, vantard à la manière de Matamore, de Scaramouche. C’est la même attitude bravache que l’on retrouve dans la littérature française avec le Capitaine Fracasse et Cyrano de Bergerac. Marie de Médicis invita à Paris de nombreuses troupes d’artistes italiens représentants de cette forme de théâtre.
  4. Polichinelle est aussi un personnage de la commedia dell’arte comparable à une marionnette.
  5. La Maison de Valois est une branche de la dynastie capétienne qui régna sur le royaume de France de 1328 à 1589, avant les Bourbons, autre branche des capétiens.
  6. Christian Bouyer, Louis XIII, la montée de l’absolutisme, Éditions Tallandier, 2006 (ISBN 978-2-84734-352-6)
  7. Gilles Durieux, Jean Marais - Biographie , Paris, Flammarion, 2005 (ISBN 9782080684325)
  8. Sandro Cassati, Jean Marais, une histoire vraie, City Éditions, 2013 (ISBN 978-2-8246-0377-3)
  9. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 167.
  10. Henri-Jean Servat, Jean Marais, l'enfant terrible, Éditions Albin Michel, 1999, page 51 (ISBN 2-226-10924-2)
  11. « Lieux de tournage du film Le capitan | Lieuxtournage.fr », sur www.lieuxtournage.fr (consulté le )
  12. « L2TC.com - Capitan (Le) (1960) - Lieux de tournage », sur www.l2tc.com (consulté le )

Bibliographie

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  • Isabelle Collin, Pauline Dufourcq et Mélanie Lemaire, Les plus grands films de Cape et d’Épée en DVD : Volume 1, Paris, Éditions Atlas, , 208 p. (ISBN 2-7312-3088-6, BNF 40945156), « Le Capitan », p. 4-16

Articles connexes

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Liens externes

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