La Passion de Jeanne d'Arc

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jeanne d'Arc (homonymie).
Affiche américaine de La Passion de Jeanne d'Arc (1929).

La Passion de Jeanne d'Arc est un film français réalisé par Carl Theodor Dreyer en 1927 et projeté pour la première fois à Copenhague le . Il s'agit d'un film muet mais qui avait été initialement conçu comme un film parlant, ce à quoi Dreyer dut renoncer pour des raisons liées à l'équipement technique du studio. D'où l'aspect déconcertant de ce film, qui adopte déjà les codes du parlant tout en restant un film muet.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Dreyer choisit ici de centrer son propos non pas sur les guerres menées par Jeanne d'Arc, ni même sur son exécution, mais sur le procès qui devait y aboutir. Dans ce cadre très resserré, il met en opposition ce qui se lit sur le visage de la pucelle d'Orléans avec les grimaces de ses accusateurs et bourreaux, opposition qui est encore accentuée par le réalisme dont fait preuve le réalisateur pour exposer sa chronique de cet événement. Il ne s'agit donc pas ici de rendre compte d'un destin grandiose, mais de montrer quelle peut être la force de la foi face à la pression des institutions.

La passion de Jeanne fait évidemment écho à la Passion du Christ. Comme le Christ qui a dû affronter l'incompréhension, la haine et les outrages des Pharisiens, Jeanne doit affronter l'incompréhension, les humiliations et la haine de l'Église. Mais en montrant une femme souffrante et persécutée, Dreyer renvoie également aussi bien à la figure de la Vierge qu'aux premières martyres de l'Église. Jeanne est en état de grâce et désire y rester : comme plusieurs personnages de Dreyer, elle a fait le grand saut dans l'indicible et ne pourra être comprise que par ceux qui auront eux-mêmes réalisé une telle conversion. La scène finale de la mort de Jeanne apparaît comme une apothéose.

On relèvera l'apparition très remarquée d'Antonin Artaud dans le rôle de Jean Massieu.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Restauration[modifier | modifier le code]

La restauration de la version d'origine tient presque du miracle, puisque le premier négatif avait subi des coupures exigées par la censure, puis avait été perdu dans un incendie. Dreyer avait alors réussi à en reconstituer une seconde version à partir de chutes restantes, laquelle devait pourtant elle aussi disparaître dans un autre incendie. Il ne restait plus alors que des copies douteuses, et ce n'est qu'en 1981 que l'on retrouva dans un asile psychiatrique d'Oslo un double oublié du premier négatif, non censuré, à partir duquel la Cinémathèque française reconstitua en 1985 le film et les intertitres dans une version probablement très proche de celle montée par le cinéaste pour la première de 1928.

Projections en France du film restauré avec orchestre[modifier | modifier le code]

Reims[modifier | modifier le code]

La première projection du film restauré avec intertitres français et musique en direct eut lieu en 1985 à Reims sur un écran géant installé en plein air sur le parvis de la cathédrale avec un accompagnement à l'orgue improvisé par Jacques Charpentier[réf. nécessaire] (Voir le n° de l'Avant-Scène du cinéma cité dans la bibliographie).

Nanterre[modifier | modifier le code]

En janvier 1988, le film fut présenté au Théâtre des Amandiers de Nanterre accompagné d'une partition originale de Arnaud Petit[réf. nécessaire].

Cannes[modifier | modifier le code]

Le , pour fêter ses dix années d'existence, l'association Andantino coorganise avec les Rencontres Cinématographiques de Cannes (RCC), une soirée originale, au palais des festivals, mêlant cinéma et musique autour du film, appuyé par l'orchestre régional de Cannes-Provence-Alpes-Côte d'Azur, dirigé par Philippe Bender, interprétant la musique de Jo van den Booren[1] composée spécialement pour ce film. C'est une Première dans la capitale du cinéma, qui plus est en présence de l'auteur de la musique[2],[3],[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jo van den Booren sur wiki néerlandais
  2. « Anniversaire d’Andantino - 10 ans », dans Art Côte d'Azur, 23 novembre 2010, Anniversaire d’ANDANTINO - 10 ANS
  3. Laurie Huet, Johanna Pocobene, « Jeanne d'Arc et son orchestre », dans Le petit journal des Rencontres cinématographiques de Cannes, 8 décembre 2010
  4. Aurore Busser, « Ciné-concert : Jeanne et la musique… passionnément! », dans Nice-Matin, 10 décembre 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Tesson, « Jeanne d'Arc sauvée des flammes », Cahiers du Cinéma, no 366, page x, décembre 1984.
  • L'Avant-Scène du cinéma, "Carl Th. Dreyer, La Passion de Jeanne d'Arc", n° 367-368, Janvier-Février 1988.
  • Hervé Dumont, Jeanne d'Arc, de l'histoire à l'écran : cinéma & télévision, Paris / Lausanne, Favre / Cinémathèque suisse, , 173 p. (ISBN 978-2-8289-1270-3).
  • Françoise Michaud-Fréjaville, « Cinéma, histoire : autour du thème "johannique" », Cahiers de recherches médiévales, Orléans / Paris, CEMO / Honoré Champion, no 12 « Une ville, une destinée : Orléans et Jeanne d'Arc. En hommage à Françoise Michaud-Fréjaville »,‎ , p. 285-300 (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]