Cléo de 5 à 7

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Cléo de 5 à 7

Description de cette image, également commentée ci-après

Le parc Montsouris, un site de tournage extérieur

Titre original Cléo de 5 à 7
Réalisation Agnès Varda
Scénario Agnès Varda
Acteurs principaux
Sociétés de production Rome-Paris Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Sortie 1962
Durée 90 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Cléo de 5 à 7 est un film français réalisé par Agnès Varda et sorti en 1962.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'action se déroule en temps réel[1] à Paris. Cléo, une jeune et belle chanteuse plutôt frivole, craint d'être atteinte d'un cancer. Il est 17 heures et elle doit récupérer les résultats de ses examens médicaux dans 2 heures. Pour tromper sa peur, elle cherche un soutien dans son entourage. Elle va se heurter à l'incrédulité voire à l'indifférence et mesurer la vacuité de son existence. Elle va finalement trouver le réconfort auprès d'un inconnu à l'issue de son errance angoissée dans Paris.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Par ordre d'apparition à l'écran[modifier | modifier le code]

Film burlesque muet : Les Fiancés du pont Macdonald — Durée : min 30 s[modifier | modifier le code]

Chansons[modifier | modifier le code]

  1. Sans toi[4]
  2. La Menteuse
  3. La Joueuse
  4. La Belle P…[5]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

  • Histoire de saison : Agnès Varda voulait filmer le 21 mars pour « Capter dans Paris le passage merveilleux de l'hiver au printemps avec les jardins passant du dessin à la plume à la peinture impressionniste ». Pour des raisons financières, le tournage ne put commencer que le 21 juin. Le film bénéficie quand même de très belles images d'un blanc cotonneux lors des scènes tournées à 6 heures du matin au Parc Montsouris pour une action censée se passer à 18 heures…
  • Les Fiancés du pont Macdonald : pour ce mini-film dans le film, burlesque, mais néanmoins clé de voûte de l'histoire de Cléo, Agnès Varda a fait appel à des copains. Les Fiancés, c'est le couple Godard-Karina, vedette de la Nouvelle Vague et entouré de ses comparses. On aperçoit Frey et Brialy, le cinéma vétéran étant représenté par le couple Delorme-Robert. Pour Varda, cela reste « Un souvenir qui symbolise la Nouvelle Vague telle que nous l'avons vécue, l'imagination au pouvoir et l'amitié en action. » (sic).

Scénario[modifier | modifier le code]

  • Découpage en chapitres numérotés qui s’affichent avec leur minutage et le prénom du personnage moteur de la séquence. En même temps, ce décompte marque l’inexorable progression vers un résultat redouté. Dans la Revue belge du cinéma[6], Bernard Pingaud écrit : « Je ferai une remarque sur la division, au premier abord irritante, du film en treize petits chapitres. […] L'ironie mathématique de ces annonces est une manière de nous avertir, par l'absurde, que le temps ne compte plus. C'est comme si nous voyions tomber un à un les grains du sablier, tandis que sur l'écran, dans l'attente de l’heure fatidique, se déroulait un spectacle destiné à distraire notre attention. Le minutage du drame accuse son inconsistance et l'apparente inutilité des gestes qui remplissent ce long entracte. […] Mais les noms que l'auteur place en tête des chapitres (Cléo, Angèle, Bob, Dorothée, Raoul, Antoine) veulent dire plus. Ils signifient que, pour un moment, nous allons adopter le point de vue de tel ou tel personnage. »

Tournage[modifier | modifier le code]

  1. 1er arrondissement : rue de Rivoli
  2. 14e arrondissement : quartier du Montparnasse (rue Huyghens, place Pablo-Picasso, brasserie Le Dôme, rue Delambre, boulevard Edgar-Quinet, passage Montparnasse)
  3. 15e arrondissement : gare de Paris-Montparnasse
  4. 14e arrondissement : Montparnasse, parc Montsouris
  5. 13e arrondissement : hôpital de la Pitié-Salpêtrière

Restauration[modifier | modifier le code]

  • En 2012, 50 ans après sa sortie, le film est restauré : numérisation 2K (formats DCP et 35 mm) par les Archives françaises du film/CNC, les laboratoires Digimage et Elude pour le son[8]. Agnès Varda en a supervisé l'étalonnage en précisant « conformément aux désirs et aux choix de Jean Rabier, chef opérateur[9], et de moi-même »[10].

Accueil[modifier | modifier le code]

Jean-Yves Bloch[11] : « Intégrant les apports du « cinéma-vérité », mais ayant d’ores et déjà conscience de ses limites, Agnès Varda a bâti une œuvre qui, par ses méthodes de tournage et sa construction, résout avec le plus grand art l’une des interrogations brûlantes du cinéma de son époque. […] Par cet état de synthèse entre objectivisme et subjectivisme déjà précédemment recherché par l’auteur dans La Pointe courte et dans L'Opéra-Mouffe, la cinéaste nous livre, en 1962, un film qui conserve aujourd’hui toute sa force. »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nomination et sélections[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Exactement ce que l'on voit dans le film durant 90 minutes, comme l'écrit Agnès Varda dans l'ouvrage Varda par Agnès, section Peinture pour Paris (page 48, Éditions Cahiers du Cinéma, 2005) : « Un film minimal dans un temps continu. J'y ai ajouté un trajet réel qui peut s'inscrire sur une vraie carte du centre de Paris. […] Chanteuse déambulant dans Paris, affolée par sa peur du cancer, souvent accompagnée par sa gouvernante « fataliste ». […] Tout ce que je sentais de la tension intérieure de cette femme douce pendant les quatre-vingt-dix minutes du film (de 17 h à 18 h 30). »
  2. Raymond Cauchetier, photographe de plateau et cadreur, interprète exceptionnellement, dans ce film, le rôle de « Raoul, le projectionniste. »
  3. Le 45 tours sur Encyclopédisque.fr
  4. Ce titre a été un succès populaire et a notamment été repris par Michèle Arnaud en 1963, extrait :

    Toutes portes ouvertes,
    En plein courants d’air,
    Je suis une maison vide
    Sans toi, sans toi…

  5. Titre complet : La Belle Putain.
  6. Numéro de « L'été indien 1987 » (no 20) : Agnès Varda, section Agnès Varda et la réalité (page 16), Éditions Apec (Association des professeurs pour la promotion de l'éducation cinématographique), Bruxelles.
  7. Marin Karmitz : « Je me souviens d’avoir trouvé cet atelier (et j’étais fou de joie parce que j’avais beaucoup, beaucoup cherché) dans ce quartier magnifique, c’était dans le 10e ». Source : extrait de son entretien avec Agnès Varda dans le bonus Souvenirs et Anecdotes (DVD Cléo de 5 à 7, édition Ciné-Tamaris).
  8. Site officiel de Monal Group
  9. Décédé en 1997.
  10. a et b Source : dossier de presse Festival de Cannes 2012.
  11. Extrait du chapitre Le Violon et le Métronome de l'essai : Études cinématographiques no 179–186 : Agnès Varda, Paris, Lettres Modernes Minard,‎ juillet 1991, 212 p. (ISBN 2-256-90894-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Conférences[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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