Le Parrain (film)

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Le Parrain
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Titre original The Godfather
Réalisation Francis Ford Coppola
Scénario Francis Ford Coppola
Mario Puzo
Musique Nino Rota
Acteurs principaux
Sociétés de production Paramount Pictures
Alfran Productions
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre gangsters
Durée 175 minutes
Sortie 1972

Série Le Parrain

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Parrain (The Godfather) est un film de gangsters américain réalisé par Francis Ford Coppola et sorti en 1972.

Produit par les studios Paramount, le film est l'adaptation du roman du même nom (1969) écrit par le romancier Mario Puzo. L'histoire se déroule à New York sur une période allant de 1945 à 1955, et raconte les luttes de pouvoir au sein de la mafia américaine new-yorkaise, avec pour protagoniste principal la famille Corleone, l'une des cinq familles mafieuses de la ville, la famille Corleone étant menée par son patriarche, Don Vito Corleone dit le « Parrain » (Marlon Brando), un personnage puissant et influent. Son plus jeune fils, Michael Corleone (Al Pacino), qui initialement souhaitait rester en dehors des activités criminelles de sa famille, se voit contraint d'en devenir le membre le plus important et le plus impitoyable à la suite d'un enchaînement de circonstances tragiques, qui débutent quand son père est victime d'une attaque orchestrée par une famille mafieuse concurrente.

Le Parrain est considéré comme l'un des plus grands films du cinéma mondial[1] et l'un des plus influents, spécialement dans le genre des films de gangsters[2]. Il est classé à la deuxième place des meilleurs films du cinéma nord-américain par l'American Film Institute (AFI), derrière Citizen Kane[3]. En 1990, il est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, en raison de son intérêt « culturel, historique ou esthétique important »[4].

Le film remporta de nombreuses récompenses, notamment trois Oscars dans les catégories meilleur film, meilleur acteur (Marlon Brando, qui le refusa) et meilleur scénario adapté (Puzo et Coppola). Il reçut aussi sept nominations dans d'autres catégories, incluant les acteurs Al Pacino, James Caan et Robert Duvall pour l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle, et Francis Ford Coppola pour celui du meilleur réalisateur.

Deux suites au Parrain virent le jour, toujours réalisées par Coppola : Le Parrain, 2e partie (1974) et Le Parrain, 3e partie (1990).

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Une image de New York à l'époque du film, une ville sur laquelle la famille Corleone a la mainmise.

Le mariage de Connie[modifier | modifier le code]

À la fin de l’été 1945, dans sa résidence de Long Island dans l’État de New York, Don Vito Corleone, surnommé « le Parrain », est le chef de la famille Corleone, une organisation criminelle appartenant à la mafia américaine. Entouré de toute sa famille et d'invités, le Don organise chez lui le mariage de sa fille Constanzia (dite « Connie ») à Carlo Rizzi, un des bookmaker (organisateur de paris sportifs clandestins) faisant partie de la « famille » Corleone.

Conformément à la tradition, aucun Sicilien ne peut refuser de rendre un service le jour du mariage de sa fille. Ainsi, Don Corleone, entouré de son fils aîné Santino (dit « Sonny ») et de son fils adoptif, l'avocat Tom Hagen[Note 1], reçoit tour à tour dans son bureau plusieurs personnes cherchant à obtenir les faveurs du « Parrain ».

Tout d'abord, il accueille Amerigo Bonasera, un employé des pompes funèbres d'origine italienne qui demande au Don de venger sa fille (battue par des brutes), les tribunaux américains ne lui ayant pas donné justice. Mais Don Corleone, quand il voit le peu de respect que Bonasera lui accorde, refuse d'accéder à sa demande, notamment quand celui-ci lui propose vulgairement de le payer pour son aide. Cherchant à le vassaliser par une dette morale, Don Corleone obtient de Bonasera son allégeance après lui avoir fait remarquer son manque de respect, et quand il lui dit que son affaire aurait été vite réglée sitôt qu'il se serait adressé à lui en premier, et non aux autorités légales. Quand Bonasera finit par lui baiser la main en l'appelant par son titre de « Parrain », Don Corleone accepte de lui rendre ce service comme un « cadeau », non sans lui rappeler qu'il pourra, un jour peut-être, lui demander un service en retour. Bonasera parti, le Don confie l'affaire à un de ses lieutenants, Peter Clemenza (qui la fera exécuter par son sous-fifre, Paulie Gatto).

Peu après, le Don reçoit son filleul Johnny Fontane, un crooner sur le déclin, qui vient voir son parrain afin de profiter de son influence pour faire carrière dans le cinéma à Hollywood. Alors que Fontane cherche à obtenir un rôle dans un film pour lequel il « serait parfait », le producteur du film, Jack Woltz, refuse en raison de désaccords et du comportement déplacé de Fontane envers une jeune actrice débutante, que Woltz désirait lui-aussi. Le Don, tout en réprimandant Johnny pour sa geignardise, lui affirme que l'affaire sera réglée et qu'il va faire au producteur « une offre qu’il ne pourra pas refuser ».

Pendant le mariage, le plus jeune fils du Don, Michael Corleone, de retour de la Seconde Guerre mondiale en héros médaillé, explique à sa petite amie Kay (qui ignore tout des pratiques et règles propres au milieu mafieux) la façon violente dont son père règle les affaires avec ses concurrents. Il lui dit que ce sont les méthodes de sa famille mais pas les siennes, car il entend rester à l'écart des activités criminelles du clan Corleone. Le troisième fils du Don, Fredo, participe aussi à la noce.

Le soir même, Tom Hagen, le consigliere (conseiller) de la famille Corleone, se rend à Hollywood afin de persuader le producteur Jack Woltz de choisir Johnny Fontane dans son prochain film. D'abord refoulé par le réalisateur lorsque Hagen se présente sur son plateau de tournage, il est finalement invité à dîner dans sa luxueuse propriété lorsque Woltz apprend qu'il travaille pour Don Corleone. Avant le repas, Woltz présente à son invité le cheval de course qu'il vient d'acquérir, Khartoum, qu'il a payé 600 000 dollars. Mais, au cours du dîner, Woltz annonce sans ménagement à Hagen son refus d'engager Fontane comme acteur principal de son futur film. Tom Hagen s'en va sans faire d’esclandre, indiquant que Don Corleone aime être informé rapidement des mauvaises nouvelles. Au petit matin, Woltz se réveille dans sa chambre et découvre avec horreur la tête décapitée de Khartoum dans son lit, baignant dans son sang.

On apprendra plus tard dans le film que Johnny Fontane a été engagé par Woltz pour son film.

Virgil Sollozzo, dit le Turc[modifier | modifier le code]

Par la suite, Don Corleone est approché par Virgil Sollozzo (dit « le Turc »), un mafieux sicilien qui tente d'installer à New York le trafic d'héroïne, un nouveau marché très lucratif. Avant l'entrevue, Sonny et Tom Hagen manifestent au Don leur envie d'entrer dans ce marché. Selon eux, si la famille Corleone ne le fait pas, les ressources financières obtenues grâce au trafic de drogue par les autres familles mafieuses de New York leur permettront de corrompre plus de juges et de policiers que les Corleone, et en définitive de les marginaliser. Don Corleone accepte de rencontrer Sollozzo.

Sollozo, allié à la famille Tattaglia (comme l'a découvert Tom Hagen) cherche une protection juridique et politique (que le Don peut lui fournir, ayant les autorités new-yorkaises « dans sa poche ») ainsi qu'un million de dollars (ce qui lui servirait à développer son trafic) en contrepartie d'un pourcentage sur la vente d’héroïne. Mais Don Corleone, inquiet de l’image qu’il donnerait à ses amis politiciens, ainsi qu'aux juges et aux policiers qu'il soudoie, s'il acceptait d’être lié à un trafic de drogue, décline poliment l’offre de Sollozzo et lui explique pourquoi. Il lui affirme qu'il préfère concentrer ses activités sur les trafics habituels, à savoir les jeux d’argent clandestins et la prostitution, qui selon lui seraient mieux tolérés que le trafic de narcotiques, une affaire que le Don trouve trop dangereuse. Il souhaite néanmoins bonne chance à Sollozzo, son activité n'entrant pas en conflit avec les siennes.

Après la rencontre, le Don réprimande Sonny pour avoir fait état de son intérêt devant Sollozzo, une faute, quand celui-ci aurait du au contraire se taire et écouter, pour voir comment son père traite ses affaires. Le Don envoie ensuite Luca Brasi (un de ses fidèles hommes de main, un ganster particulièrement redouté) pour obtenir des informations sur la famille Tattaglia. Brasi, sur ordre du Don, doit faire croire qu'il est insatisfait et qu'il veut changer de famille ; mais il finit assassiné par Sollozzo et ses sbires dans un bar de Bruno Tattaglia, le fils de Don Tattaglia.

Alors que Don Corleone se trouve à New York à son bureau (où il gère ses affaires légales d’importation d’huile d’olive), accompagné de son fils Fredo et de Paulie Gatto, il est victime d'une tentative d’assassinat orchestrée par Virgil Sollozzo. Juste avant de retourner chez lui, et alors qu'il achète des oranges à un commerçant de rue, le Don est attaqué au revolver par deux hommes inconnus qui surgissent devant lui. Atteint de cinq balles, Vito Corleone survit miraculeusement mais se retrouve alors dans un état critique. Fredo, stupéfié, n'a rien pu faire pour le protéger.

Peu après, Sollozzo (pensant que le Don est mort) fait enlever Tom Hagen afin que celui-ci transmette une nouvelle offre à Sonny au sujet du trafic d’héroïne. Cependant, après la tentative d’assassinat de son père, celui-ci refuse de prendre en compte l’offre de Sollozzo et décide d'attendre les informations glanées par Luca Brasi. Mais, lorsqu’un paquet (contenant un poisson mort, enroulé dans le gilet pare-balles de Brasi) est livré aux Corleone, Sonny comprend que Luca Brasi a échoué : il reconnaît ce message, traditionnellement utilisé par la mafia calabraise, qui signifie que Brasi « dort avec les poissons ». Sonny, désormais à la tête de la famille Corleone en tant que fils aîné, se prépare alors à une guerre totale contre les quatre autres familles de la ville. Il ordonne ensuite à l'un des caporegimes (en) (lieutenants) de la famille Corleone, Peter « Pete » Clemenza, de tuer Paulie Gatto (le garde du corps et chauffeur du Don blessé), convaincu que c'est lui qui a trahi son père.

Michael Corleone, qui ne participe pas aux affaires illégales de la famille et qui donc mène une vie à part avec Kay à New York, découvre par hasard en lisant le journal que son père a été victime d'une tentative de meurtre et qu'il est présumé mort. Après s'être informé au téléphone grâce à Sonny, Michael se rend immédiatement à l’hôpital où son père a été amené. Mais, à peine arrivé, il ne trouve ni policier en faction, ni garde du corps auprès de son père ; ceux-ci ont tous été arrêtés ou déplacés par la police. Michael comprend alors que son père est en danger.

Avec l’aide d’une infirmière, Michael déplace le lit de son père vers une autre chambre. Le Don, très affaibli mais conscient, verse une larme quand son fils lui assure qu'il va veiller sur lui. Puis, Michael enrôle un innocent boulanger italien, Enzo, venu présenter ses respects à son père (qui l'a aidé à obtenir la nationalité américaine) pour simuler la présence de gardes du corps devant l'hôpital, en adoptant une posture menaçante. C'est alors qu'une voiture arrive, chargée d'hommes à l’allure inquiétante. La voiture s'arrête un instant devant eux puis repart, en voyant les deux hommes mettre la main à leur poche comme s'ils s'apprêtaient à dégainer une arme.

Peu de temps après, la police arrive sur les lieux, avec à sa tête le capitaine McCluskey. Ce dernier, accusé par Michael d’être corrompu par Sollozzo, frappe Michael au visage, lui cassant la mâchoire. Sur le point de se faire arrêter malgré son statut de héros de guerre et son casier judiciaire vierge, Michael est tiré d'affaire in extremis par l'arrivée de Tom Hagen accompagné d'hommes de main du clan Corleone. Hagen fait réinstaller ses hommes au chevet du Don (en tant que détectives privés, avec des permis de port d'armes en règle) et indique au capitaine McCluskey qu'il devra s’expliquer devant la justice en cas d’interférence. Comprenant qu'il ne peut rien faire, le policier abandonne la partie et repart avec ses hommes.

La guerre à New York[modifier | modifier le code]

Le lendemain matin, Peter Clemenza, Tom Hagen et Michael Corleone découvrent qu'une centaine de gardes surveillent la propriété de la famille Corleone à Long Island. Le collègue de Clemenza, Salvatore « Sally » Tessio, leur explique que le matin même à quatre heures, Sonny a fait tuer en guise de représailles Bruno Tattaglia, le fils de Don Tattaglia et principal allié de Sollozzo ; la guerre est alors totale.

Michael décide désormais de s’impliquer dans les affaires familiales. Se rendant compte que Sollozzo ne s’arrêtera pas tant que son père ne sera pas mort, il se porte volontaire pour assassiner Sollozzo et McCluskey lors d'une réunion prévue pour mettre fin au conflit, malgré l'hostilité de Sonny pour ce plan. Grâce au réseau d’indics de la famille Corleone qui surveille la police, Sonny apprend le lieu du rendez-vous à la dernière minute, dans un restaurant du Bronx. Sur ordre de Sonny, Clemenza y fait placer un pistolet, dissimulé dans les toilettes. Lors de la réunion, Michael s’excuse pour aller aux toilettes, prend l’arme et abat Sollozzo et McCluskey, puis quitte les lieux en jetant l'arme à terre (comme Clemenza lui avait conseillé de faire). En commettant ce double meurtre, Michael plonge définitivement dans la criminalité.

Don Corleone, de retour de l’hôpital, apprend que Michael a tué Sollozzo et McCluskey alors qu’il l’avait volontairement tenu à l'écart des opérations illégales, ayant pour lui des aspirations politiques. Par la suite, Michael est envoyé clandestinement en Sicile, à Corleone (la ville natale de son père) sous la protection de Don Tommasino, un mafieux sicilien, ami de Vito et partenaire de longue date de ses affaires légales d'huile d'olive. Là-bas, Michael rencontre Apollonia, une jeune femme dont il tombe amoureux au premier regard et qui deviendra son épouse, peu de temps avant d'être tuée dans l'explosion d'une voiture piégée destinée à Michael.

À New York, Sonny corrige son beau-frère Carlo quand celui-ci lève la main sur sa sœur Connie. Mais Carlo récidive et bat une seconde fois son épouse, alors enceinte. Fou de rage, Sonny part seul en voiture afin de lui régler son compte, Hagen envoyant des hommes à sa suite pour le protéger. Mais Carlo, qui a trahi la famille Corleone, est aidé en secret par les hommes de main d'une famille concurrente. Ceux-ci attendent Sonny à un péage routier (où il arrive seul, ayant semé ses gardes du corps) et l'assassinent dans sa voiture, le criblant de balles de mitraillette. Plus tard, Don Corleone, accablé de chagrin, sollicite l'aide d'Amerigo Bonasera, l'employé des pompes funèbres qui lui avait demandé un service au début du film, afin que celui-ci s'occupe de son fils et s'efforce de le rendre présentable lors de ses funérailles, pour épargner à sa mère des souffrances supplémentaires.

Afin de mettre un terme à ce cycle de tueries, Don Corleone — qui a depuis récupéré de ses blessures — recherche la paix avec les autres familles de New York, notamment pour que son fils Michael puisse revenir sain et sauf en Amérique. Durant une rencontre au sommet organisée avec les autres familles, Don Corleone se rend compte que ce n’est pas Don Tattaglia qui tire les ficelles, mais Don Barzini, ce dernier étant à la manœuvre dans cette guerre et le vrai responsable du meurtre de Sonny.

Après plus d'un an d’absence, Michael rentre de Sicile. Il reprend ensuite contact avec Kay, et convainc la jeune femme de se marier avec lui. Il lui assure que, dans cinq ans, toutes les affaires de la famille Corleone seront devenues totalement légales.

Fredo, le plus timoré des frères Corleone, désormais l'aîné, est envoyé à Las Vegas pour y apprendre les affaires dans les hôtels et casinos.

L’ascension de Michael Corleone[modifier | modifier le code]

À New York, les caporegimes (en) Clemenza et Tessio se plaignent d'être harcelés par la famille Tattaglia et veulent la permission de contre-attaquer. Quand Michael, à qui son père a désormais transféré tous ses pouvoirs de chef de famille (et donc de « Parrain ») refuse parce que, leur dit-il, les « choses sont en cours de négociation », les deux hommes demandent la permission à Don Corleone de fonder leur propre « famille », comme il le leur avait promis par le passé. Mais Michael leur répond qu'il a pour projet de faire migrer les affaires illégales de la famille Corleone dans une entreprise légale, au sein des casinos du Nevada ; cela fait, Clemenza et Tessio pourront former leur propre « famille » à New York.

À Las Vegas, dans l'hôtel-casino en partie financé par la famille Corleone et dirigé par le sulfureux Moe Greene[Note 2], Michael retrouve son frère Fredo et leur ami Johnny Fontane. Il propose à ce dernier de signer un contrat comportant plusieurs spectacles dans l'année au casino, l'incitant à obtenir de ses amis de Hollywood qu'ils fassent de même. Johnny accepte sans problème, heureux de pouvoir rembourser la dette morale qu'il a envers son parrain. Peu après, Michael propose à Moe Greene de lui racheter ses parts du casino (prétextant des erreurs de gestion), ce qui provoque la colère de ce dernier qui affirme avoir déjà négocié en ce sens avec Don Barzini. Fredo, qui travaille en tant que subordonné de Moe Greene, essaye de faire intervenir Tom Hagen pour qu'il parle à Don Vito, mais Hagen lui répond que le Don est en semi-retraite et que c'est Michael qui est désormais le seul responsable des affaires de la famille Corleone. Quand Michael dit à Moe Greene qu'il attend son offre pour le rachat du casino, ce dernier, de rage, quitte la pièce. Peu après, Fredo reproche à Michael sa conduite envers Moe Greene, une figure influente de Vegas. Mais Michael lui répond froidement que, bien qu'étant son frère aîné et l'aimant beaucoup, il ne doit plus jamais prendre parti contre la famille en public. Il retourne ensuite à New York.

De retour à Long Island, Michael rend visite à son père qui le conseille sur la stratégie à adopter et sur les possibles tentatives d'assassinat dont il pourrait être la cible. Don Vito lui avoue également qu'il avait espéré qu'il ne soit pas, lui son plus jeune fils, mêlé aux affaires criminelles de sa famille, rêvant qu'il devienne un homme politique influent et respectable. Il lui avoue aussi qu'il n'a « pas fait assez » pour protéger sa famille, mais Michael le rassure en lui disant qu'il va tout arranger.

Peu après, Don Vito meurt d'une crise cardiaque, alors qu'il jouait avec son petit-fils dans son jardin. Pendant l'enterrement, Tessio (maintenant à la tête de sa propre « famille ») propose à Michael une réunion avec Don Barzini, l'assurant de sa protection sur son territoire. Mais, avant de mourir, Vito Corleone avait prévenu son fils que ses ennemis essaieraient de le tuer en utilisant un homme de confiance de son organisation. Tessio, démasqué, est fait éliminer par Michael.

Michael complote ensuite l'assassinat des chefs des autres familles de New York : Philip Tattaglia, Emilio Barzini, Victor Stracci, Raphael Cuneo, ainsi que Moe Greene à Las Vegas. Tous ces meurtres sont commis pendant que Michael assiste à la cérémonie de baptême du deuxième fils de Connie et de Carlo, Michael Francis Rizzi, dont il est le parrain. Après la cérémonie, Michael questionne Carlo au sujet de la mort de Sonny et lui fait admettre sa participation au complot. Lui ayant fait croire qu'il allait l'épargner pour obtenir de lui son aveu, Michael le fait ensuite exécuter dans la voiture censée l'amener à l'aéroport.

Plus tard, Connie, en crise, accuse Michael d'avoir commandité le meurtre de Carlo. Kay, témoin de la scène d'hystérie de sa belle-sœur, demande alors des explications à Michael. Mais ce dernier reste inflexible, disant à son épouse : « Ne m'interroge pas au sujet de mes affaires, Kay ». Cependant, devant son insistance, Michael accepte une question de Kay, mais « seulement pour cette fois » pour finalement, les yeux dans les yeux, nier toute implication dans la mort de Carlo.

Kay, soulagée, accepte ce démenti de la part de Michael. Cependant, elle semble avoir des craintes lorsqu'elle observe Clemenza et le nouveau caporegime, Rocco Lampone, quand ceux-ci présentent leurs respects à Michael (embrassant sa main et s'adressant à lui comme on s'adressait naguère à Don Corleone), tandis que Kay est mise à l'écart lorsque la porte du bureau de Michael se referme devant elle.


Arbre généalogique de la famille Corleone.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Icône signalant une information Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Distribution[modifier | modifier le code]

Source : livre de Puzo[11]

Légende : Doublage de 1972 / Redoublage de 2008

Notes du doublage[modifier | modifier le code]

Le doublage initial est dirigé par Louis Malle, sur proposition du producteur Christian Ferry, qui proposa un budget plus élevé qu'habituellement pour celui-ci. Cela permit d'avoir un casting vocal considéré comme prestigieux[12].

Les deux doublages sont disponibles sur l'édition DVD de 2008, et l'édition Blu-Ray du film.

Sorties internationales[modifier | modifier le code]

  • États-Unis :
  • Japon :
  • Allemagne :
  • Italie :
  • Argentine :
  • Suède :
  • France :
  • Australie :
  • Pays-Bas :
  • Hong Kong :
  • Tchécoslovaquie :

Production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Coppola et Paramount[modifier | modifier le code]

Francis Ford Coppola n’était pas le premier choix pour réaliser le film : au moins cinq autres réalisateurs avaient été approchés auparavant. Le réalisateur italien Sergio Leone refusa, ne trouvant pas d’intérêt à l’histoire ; il commença à réaliser son propre film de gangster, Il était une fois en Amérique, centré sur les gangsters du Lower East Side, quartier juif de New York, la rédaction du scénario seul lui prenant une douzaine d'années[13]. Peter Bogdanovich fut également approché pour réaliser le film mais déclina l'offre au profit de On s'fait la valise, Doc ? ; Peter Yates, Richard Brooks et Constantin Costa-Gavras refusèrent tous les uns après les autres. Robert Evans, à la tête de la Paramount à cette époque, chercha spécifiquement un italo-américain pour diriger le film parce que ses précédentes productions sur la mafia faites par des réalisateurs non italo-américains avaient été des échecs au box-office et il voulait, selon ses propres mots « que cela sente le spaghetti ». Quand Coppola soumit l'idée de faire une métaphore du capitalisme américain, couplée à la culture italienne et plus spécifiquement sicilienne, la Paramount lui offrit la réalisation. Dans une interview de 1997 accompagnant l'édition en coffret pour le 25e anniversaire de la sortie du film, Coppola explique : « Ils voulaient le faire avec un très petit budget, c'est sûrement pour cela que j'ai été engagé. J'étais jeune ; j'avais deux enfants et un bébé en route. Je n'avais pas vraiment d'argent. Donc, je n'ai eu d'autre choix que de réaliser le film pour le studio. »

À cette époque, Francis Ford Coppola avait déjà réalisé huit films, dont le plus notable était la version cinématographique de la pièce musicale Finjan’s Rainbow — bien qu’il ait reçu un Oscar pour avoir coscénarisé Patton en 1970. Coppola avait des dettes auprès de Warner Bros. à hauteur de 400 000 dollars à cause du film de George Lucas, THX 1138, qu'il avait produit. Il accepta Le Parrain sur un conseil de Lucas[Note 4].

Durant le tournage, les tensions furent importantes entre la Paramount et Coppola, qui faillit être remplacé à plusieurs reprises. Dès la première semaine, Coppola fut presque congédié après que Pacino se fut sérieusement blessé, retardant la production. Même si, selon Coppola, la première semaine se passa bien, Paramount était très sceptique dès le début de la production : le studio jugeait Coppola peu fiable quant au respect de la durée de tournage prévue — non-respect des horaires, erreurs de production et de distribution, dépenses inutiles — ce qui allait inévitablement aboutir à un non-respect du budget prévu. Dans le commentaire inclus au DVD, Coppola explique que deux des producteurs avaient cherché, sans succès, un nouveau réalisateur pour reprendre son travail seulement quelques jours après le début du tournage. Heureusement, la scène de l'assassinat de Sollozzo et de McCluskey fut tournée le troisième jour et fut rapidement vue par la direction de Paramount qui fut alors rassurée par le travail de Coppola et de Pacino. Le réalisateur fut toutefois soumis à de grandes tensions, étant surveillé constamment dans son travail ; durant les premières semaines de tournage, le producteur exécutif tentait régulièrement de le faire remplacer. Malgré ces difficultés, il fut conseillé à Coppola de ne jamais démissionner de lui-même (car alors il n'aurait pas été payé) ; le réalisateur « attendait » donc d'être renvoyé, toujours en travaillant le mieux possible, sachant que les studios renvoyaient généralement les employés en fin de semaine.

Pressions[modifier | modifier le code]

Avant le début du tournage, la Ligue de défense des droits civiques des Italo-Américains, un groupe de pression visant à lutter contre les préjugés stigmatisants envers cette communauté, commença une campagne pour boycotter la réalisation du film et fit pression sur la production. Elle accusait le film de dénigrer tous les Italo-Américains en les assimilant à des mafieux. Ironie de la situation, le président de cette organisation était Joseph Colombo, le patron de la famille Colombo, l'une des cinq familles du crime organisé installées à New York[14].

Finalement, le producteur Albert S. Ruddy rencontra Colombo et les deux hommes parvinrent à un accord : les expressions « Mafia » et « Cosa Nostra » ne devaient pas apparaître dans le script ni être prononcées dans le film[14]. Après cet accord, la ligue aida à la production du film, notamment en fournissant la maison et le jardin pour la scène de mariage du début du film à Todt Hill, sur Staten Island.

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Coppola fit des choix qui ne plurent pas aux cadres du studio de Paramount Pictures, particulièrement Marlon Brando pour le rôle de Don Vito Corleone. Ses deux premiers choix étaient Brando et Laurence Olivier. Mais l'agent d'Olivier refusa, expliquant : « Lord Olivier ne prend aucun travail. Il est très malade. Il va bientôt mourir et il n'est pas intéressé. » (Olivier mourut 18 ans après ce refus). La Paramount qui voulait engager Ernest Borgnine, refusa de permettre à Coppola d'engager Brando, citant les difficultés de ce dernier sur les plateaux de ses récents films. Un des cadres dirigeants du studio proposa Danny Thomas pour le rôle, arguant du fait que Don Corleone était un puissant « homme de famille ».

Le président de Paramount, Stanley Jaffe, lui déclara de façon péremptoire : « Marlon Brando ne fera jamais ce film. » Après avoir plaidé sa cause auprès des cadres, Coppola eut la permission d’engager Brando à la condition qu'il touche un salaire bien moindre que dans ses précédentes productions, qu’il accepte de tourner un bout d’essai et qu’il bloque une certaine somme d'argent qui servirait à rembourser la production s'il causait du retard dans le tournage, comme il l’avait fait sur de nombreux tournages précédents. Coppola choisit Brando à la place de Borgnine seulement après son essai[Note 5]. L'interprétation de Brando doit beaucoup à l'imagination de l'acteur qui usa de deux procédés pour se fondre dans la peau du parrain : insertion de mouchoirs en papier dans les joues afin d'alourdir le bas du visage (il estimait que le parrain devrait ressembler à un bulldog) et cheveux colorés au cirage. C'est grâce à cet essai que les cadres des studios Paramount l'acceptèrent, notamment Charles Bludhorm qui fut franchement fasciné par sa prestation. Brando a finalement remporté un Oscar pour sa prestation, qu'il refusa pour marquer son opposition à la façon dont le cinéma nord-américain traitait les Indiens dans les films[15].

Le studio voulait Robert Redford ou Ryan O'Neal pour interpréter Michael Corleone, mais Coppola voulait un inconnu qui eût l'air d’un Italo-américain, ce qu’il trouva en Al Pacino[16], fils d'Italo-Américains et petit-fils d'Italiens originaires de Corleone en Sicile. Al Pacino était encore peu connu à l’époque, n'ayant fait que deux petits films, et le studio ne le considéra pas adapté au rôle[16], notamment en raison de sa petite taille. Jack Nicholson, Dustin Hoffman, Warren Beatty, Martin Sheen et James Caan ont également auditionné[16]. Elvis Presley, qui était intéressé par le rôle, n’a pas auditionné. Au début, Caan était le premier choix pour jouer Michael, alors que Carmine Caridi était engagé pour jouer son frère ainé, Sonny. Pacino, dont c'est le premier grand rôle, se vit confier celui-ci seulement après que Coppola eut menacé de cesser la production. Caan explique que Coppola envisageait Michael comme le sicilien-type et Sonny comme son pendant américain. Les studios acceptèrent enfin de confier le rôle à Pacino (après avoir vu sa prestation dans Panique à Needle Park) à condition que Caan fût engagé pour le rôle de Sonny à la place de Caridi, malgré son physique d'européen du nord et les différences physiques notables avec le personnage du roman (petit, trapu et cheveux noirs). Coppola et Puzo s'accordèrent pour créer un rôle pour Caridi dans les suites[17].

Avant que Robert Duvall ne soit engagé, Paul Newman, Bruce Dern et Steve McQueen furent envisagés pour le rôle de Tom Hagen. Sylvester Stallone auditionna pour les rôles de Carlo Rizzi et Paulie Gatto, Anthony Perkins pour Sonny et Mia Farrow pour Kay.

Albert S. Ruddy proposa, dans un premier temps, le rôle de Moe Greene à Peter Falk. D'abord très emballé, l'acteur changea finalement d'avis en découvrant, dans le scénario, qu'il s'agissait d'un personnage mineur. Hésitant à exprimer son refus au producteur, Falk lui fit une mauvaise blague en le rappelant avec quelques jours de retard et en lui affirmant qu'il avait engagé un détective privé pour « retrouver son personnage » dans le script[18]. William Devane et Mario Adorf ont été auditionnés pour le rôle qui revint en définitive à Alex Rocco.

Pour le rôle de Luca Brasi, tueur et homme de main de Vito Corleone, Lenny Montana fut choisi alors qu'il assistait au tournage du film. Son importante corpulence (145 kg pour 1,97 m) le fit remarquer par le producteur Albert S. Ruddy[19]. Ancien champion de lutte, son passé dans ce sport permit de résoudre l'un des effets spéciaux les plus difficiles du film : la scène de la strangulation de Luca Brasi lors de la négociation avec Sollozzo et Tattaglia. Plusieurs tentatives de maquillage furent essayées pour donner au visage la couleur violette et le gonflement caractéristique d'une strangulation, mais aucune ne fut convaincante. Lenny Montana utilisa finalement une technique apprise durant sa carrière de lutteur, consistant à agir sur les muscles tenseurs afin de faire monter le sang à la tête[20]. Outre son physique impressionnant, Montana a rencontré Coppola car il était un réel exécutant de la mafia new-yorkaise. En effet il était au service d'un membre de la famille Colombo, et celle-ci avait exigé un regard sur la conception du film et le tournage.[réf. souhaitée]

Un autre inconnu, Robert De Niro, auditionna pour les rôles de Michael, Sonny, Carlo et Paulie Gatto. Il devait interpréter Paulie, mais Coppola intervertit le rôle avec Al Pacino pour le rôle principal du film Bang the Drum Slowly. (Toutefois il jouera plus tard Vito Corleone jeune dans Le Parrain 2, rôle pour lequel il sera « oscarisé » en tant que meilleur second rôle).

Frank Sinatra fit pression sur la production pour jouer le personnage de Johnny Fontane qui, dans le roman de Puzo, est inspiré par sa vie en raison de ses liens présumés avec la Cosa nostra. Malgré cela, il n'obtint pas le rôle.

Pour Coppola, le film est aussi une affaire de famille. Son père, Carmine Coppola, compositeur et arrangeur de musique, écrivit les musiques additionnelles du film, et il apparaît dans une scène comme joueur de piano. Coppola fit apparaître sa propre fille, Sofia, dans le rôle du nouveau-né de Connie et Carlo, Michael Francis Rizzi, dans la scène du baptême de la fin du film. (Sofia Coppola a joué d'autres rôles dans les suites du Parrain. Dans le deuxième volet, elle joue une immigrante anonyme sur le bateau qui amène Vito Corleone à New York. Dans la troisième partie, elle joue un rôle majeur, celui de Mary, la fille de Michael Corleone[21].) Coppola a aussi lancé ses fils dans les rôles de Frank et Andrew Hagen, les deux fils de Tom Hagen. On peut les voir dans la scène de combat de rue entre Sonny et Carlo, derrière Al Pacino et Robert Duvall pendant la scène funèbre.

Salaire des vedettes[modifier | modifier le code]

Al Pacino, James Caan et Diane Keaton ont reçu chacun 35 000 dollars pour leur travail sur Le Parrain ; Robert Duvall a été payé 36 000 dollars pour huit semaines de tournage.

Marlon Brando a, finalement, reçu 50 000 dollars de salaire pour six semaines plus 5 % des recettes du film, soit un total de 1,5 million de dollars. Brando a par la suite vendu ses parts à Paramount pour 300 000 dollars.

Tournage[modifier | modifier le code]

La propriété (qui se trouve à Staten Island) qui sert de décor pour la résidence de Don Corleone à Long Island, où se déroule le mariage de Connie et où évoluent les protagonistes du film.

Le tournage se déroula entre le et le , hormis une scène entre Pacino et Keaton, tournée durant l'automne. Le tournage ne dura que 77 jours, moins que les 83 jours prévus par la production.

Le plan-séquence d'ouverture du film est un mouvement de recul long et lent de la caméra. Il commence par un gros plan du visage de Bonasera, qui se plaint à Don Corleone, et se termine par un premier plan de Don Corleone vu de derrière et, en arrière-plan, toujours Bonasera. Ce plan, d'un seul tenant et qui dure trois minutes, a été tourné avec un zoom contrôlé par ordinateur conçu par Tony Karp[22].

Le tournage se déroule souvent avec beaucoup d'improvisations de la part des acteurs[23] :

  • dans la scène d'ouverture du film où Marlon Brando est assis dans son fauteuil avec un chat blanc : le chat en question rôdait autour du studio et fut mis dans les bras de Brando à la dernière minute par le réalisateur[24] ;
  • James Caan improvise le moment où il casse l'appareil photo du reporter à l'entrée de la propriété. Ainsi la peur du figurant est authentique ;
  • acteur non professionnel, l'inexpérience et la nervosité de Lenny Montana (Luca Brasi) furent mises à profit par Coppola pour les scènes avec Don Corleone[19]. Le réalisateur a également filmé l'acteur répétant son texte assis derrière la table de Michael et Kay ;
  • après l'exécution de Paulie Gatto, Richard S. Castellano (Clemenza) improvisa la réplique « Laisse le pétard, prends les cannolis ! ».

Coppola insiste également sur les moindres détails de l'aspect des années 1940 / 50. Par exemple, certaines voitures de l'époque comportent des pare-chocs en bois, ceux en chrome étant censés avoir été récupérés puis recyclés pour des efforts financiers de guerre.

Une des scènes les plus frappantes du film est l'apparition dans un lit d'une véritable tête de cheval décapitée. Des groupes œuvrant pour la protection des animaux protestèrent contre l'inclusion de cette scène. Plus tard, Coppola expliqua que la tête de cheval lui avait été livrée par une entreprise de nourriture pour chien et qu'aucun cheval n'avait été tué spécifiquement pour les besoins du tournage[25]. On remarque d’ailleurs que la tête du cheval trouvée dans le lit ne porte pas la tâche blanche sur le front que portait l’étalon.

Dans le roman, le producteur Jack Woltz qui se retrouve avec la tête de cheval dans son lit, est montré comme pédophile quand Tom Hagen voit une très jeune fille (probablement une des enfants vedettes de Woltz) sortant de sa chambre en pleurant. La scène correspondante fut tournée, puis supprimée par la production pour la sortie en salles, mais on peut la trouver sur les éditions en DVD / Blu-Ray.

La tentative d'assassinat de Don Vito est basée sur celle de Francesco Scalice, patron de la famille Gambino, le devant un étal de fruits au 2380 Arthur Avenue (en) à New York.

Pour ce qui est de la scène où Michael est conduit en voiture avec McCluskey et Sollozzo et où on les voit passer sur le pont George-Washington à New York, celle-ci n'a pas été tournée en conditions réelles : ce sont des techniciens qui font bouger des lumières derrière les vitres pour donner l'illusion que la voiture roule, ceci afin de faire baisser les coûts de tournage[26].

Pour la scène où Sonny tabasse son beau-frère Carlo, l'équipe a fait insérer un camion jaune à l'arrière-plan du plateau dans le but de masquer non seulement la rue mais aussi des immeubles ayant été construits à des époques ultérieures à l'action du film.

La scène de l'enterrement de Vito Corleone a exigé vingt limousines, 12 000 dollars de fleurs et 150 figurants[26].

La scène la plus difficile à tourner est la mort de Sonny Corleone sur le pont-jetée du Jones Beach Toll Plaza. Elle s'inspire de la scène finale de Bonnie et Clyde, le costume de James Caan est criblé de 127 impacts de balles avec des pochettes de faux sang qui explosent dans une simulation de tirs de mitraillette.

L'assassinat de Moe Greene avec un tir dans l'œil (appelé depuis « Moe Greene Special »[27] en référence à cette scène[28]), est inspiré par la mort du mafieux Bugsy Siegel. Pour créer l'effet spécial, l'acteur Alex Rocco avait deux tubes cachés dans les lentilles de ses lunettes. Un tube était rempli de faux sang et l'autre d'une bille avec de l'air comprimé. Quand le tir eut lieu, l'air comprimé fit sortir la bille, tandis que l'autre tube libéra le faux sang. La production utilisa le même type d'effet spécial pour l'assassinat de McCluskey : un faux front fut mis sur le sommet de la tête de Sterling Hayden, avec un creux créé en son centre, rempli de faux sang avec une capsule de matière prosthétique ; au moment de l'exécution, la capsule fut rapidement enlevée au moyen d'un fil de pêche attaché à la capsule, faisant apparaître le trou sanglant au milieu du front de Hayden.

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Le bar de Vitelli, le père d'Apollonia, à Savoca en Sicile.
Église de St Nicolo à Savoca, où a lieu le mariage de Michael Corleone avec Apollonia.

De nombreux endroits de New York ont été utilisés pour le film, avec une scène dans le magasin Best & Company sur la Cinquième Avenue, qui fut décoré pour la scène dans laquelle Al Pacino et Diane Keaton sortent du magasin à Noël. Au moins un lieu à Los Angeles a été utilisé (pour les extérieurs du manoir de Woltz), pour lequel ni Robert Duvall ni John Marley n'étaient disponibles pour les prises de vue. Il est possible de voir les extras dans certaines éditions en DVD / Blu-Ray. Une scène avec Pacino et Keaton a été filmée dans la ville de Ross en Californie. Les villages siciliens de Savoca et Forza d'Agrò, à côté de Taormine, ont aussi été utilisés pour les prises de vue extérieures. Les intérieurs ont été filmés au Studio Filmways à New York.

La porte d'entrée du Bellevue Hospital a été utilisée pour la confrontation avec le capitaine McCluskey. En 2007, les marches et l'entrée était en mauvais état par manque d'entretien.[réf. nécessaire] L'intérieur de l'hôpital, montrant Michael rendant visite à son père, a été filmé au New York Eye and Ear Infirmary (en) sur la 14e rue, dans Manhattan.

La Cour suprême de New York, lieu de la scène de l'assassinat de Don Barzini dans le film.

La scène dans laquelle Don Barzini est assassiné a été filmée sur les marches du bâtiment de la Cour suprême de New York sur le Foley Square, à Manhattan.

La scène du mariage dans la maison de la famille Corleone a été filmée au 110 de l'avenue Longfellow dans le quartier de Todt Hill (en) à Staten Island. Les nombreuses maisons Tudor du quartier donnent l'impression qu'elles font partie d'un même bâtiment[29]. Le studio Paramount fit construire un mur de « pierre » en plexiglas traversant la rue, le même mur où Santino frappe l'appareil photo. Beaucoup de figurants pour la scène de mariage étaient des italo-américains du quartier, auxquels Coppola a demandé de boire du vin de fabrication maison, de manger de la nourriture traditionnelle italienne et de participer à la scène comme s'il s'agissait d'un vrai mariage. La nourriture a été fabriquée par Demyan's Hofbrau, un restaurant sur Van Duzer Street (à Stapleton Staten Island) qui n'existe plus. Le gâteau de mariage a été préparé par un pâtissier sur Port Richmond Avenue.

Le Calvary Cemetery (cimetière situé dans le Queens), avec vue sur Manhattan en toile de fond, où est jouée la scène des funérailles de Vito Corleone.

Deux églises ont été utilisées pour la scène du baptême. Les prises de l'intérieur ont été tournées dans la cathédrale Saint-Patrick à New York. Les prises extérieures du baptême ont été filmées à l'Old Church of St. Joachim and St. Anne (en) dans le quartier de Pleasant Plains, Staten Island (en). En 1973, une grande partie de l'église a été détruite par le feu. Seule la façade et le clocher de l'église d'origine sont restés debout, ayant plus tard été intégrés à un nouveau bâtiment. Pour le baptême, l'accompagnement sonore a été conçu par Nino Rota à partir de la Passacaille et fugue en do mineur (BWV 582) et de la fantaisie en sol mineur (BWV 542) pour orgue, de Jean-Sébastien Bach.

La scène de funérailles a été filmée au Calvary Cemetery à Woodside dans le Queens[30]. La scène de la cabine de péage, où Sonny se fait tuer, a été filmée sur le site du Nassau Veterans Memorial Coliseum à Uniondale, sur Long Island, qui était, au moment du tournage, en construction. Coppola a aussi utilisé l'ancienne Mitchel Air Force Base et l'autoroute pour l'occasion[26].

Bande originale[modifier | modifier le code]

The Godfather
Original Score

Bande originale de Nino Rota
Sortie 1972 (vinyle)
1991 (CD)
Durée 29:33
Genre musique de film
Format vinyle, CD
Compositeur Nino Rota, Carmine Coppola
Label MCA Records
Critique

Bandes originales de Le Parrain

La musique originale est composée par l'italien Nino Rota. Il est l'auteur de toutes les pièces sauf indications contraires. Carmine Coppola, père du réalisateur, compose quelques morceaux

Face 1
No TitreAuteur Durée
1. Main Title (The Godfather Waltz) 3:04
2. I Have But One Heart (interprété par Al Martino)Johnny Farrow, Marty Symes 3:00
3. The Pickup 2:56
4. Connie's WeddingCarmine Coppola 1:33
5. The Halls of Fear 2:12
6. Sicilian Pastorale 3:03
Face 2
No TitreAuteur Durée
1. Love Theme from the Godfather (interprété par Andy Williams) 2:37
2. The Godfather Waltz 3:35
3. Apollonia 1:22
4. The New Godfather 2:00
5. The Baptism 1:51
6. The Godfather Finale 3:50

L'affiche[modifier | modifier le code]

Logo symbolisant un pantin, tiré de l'affiche du film.

Sur l'affiche du film (et des deux suites) figure un « logo » qui symbolise un pantin, une marionnette. Cela fait référence à la scène où Don Vito Corleone prépare sa succession et, s'adressant à son fils Michael, lui dit :

« J'ai toujours refusé d'être un pantin qui danse sur un fil tiré par de gros bonnets… Je voudrais que quand mon heure viendra, ce soit toi qui tires les ficelles. »

Don Corleone lui-même est à son niveau un habile stratège usant de son influence pour parvenir à ses fins, obtenant diverses faveurs pour lui-même ou ses proches, par petites touches, n'usant de la violence qu'en dernier recours, préférant obtenir de la part de ses subordonnés un serment d'allégeance mû par le respect autant que par la crainte.

Cette affiche peut aussi faire référence au très populaire opera de pupi[réf. nécessaire], théâtre de marionnette sicilien du XIXe siècle.

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Le Parrain, dès sa sortie en salles, a bénéficié d'un accueil critique très favorable. Il est depuis largement considéré comme un « classique » du cinéma, particulièrement dans le genre cinématographique des films de gangsters[32].

En 1972, le critique Roger Ebert du Chicago Sun Times a salué les efforts de Francis Ford Coppola pour suivre le scénario du roman de Mario Puzo, le choix de situer le film dans la même époque que celle du roman, et la capacité du film à « absorber » le spectateur au cours de sa durée de trois heures.[33]. Ebert a, par la suite, nommé Le Parrain « Le meilleur film de 1972 »[34]. En 1999, son compère Gene Siskel du Chicago Tribune a donné au film une note de quatre sur quatre, commentant qu'il était « très bon »[35].

Également en 1972, le critique Andrew Sarris (en) de l'hebdomadaire The Village Voice a estimé que Marlon Brando avait très bien représenté son personnage de Vito Corleone et que celui-ci dominait chaque scène où il apparaissait ; mais il a estimé que Puzo et Coppola avaient trop concentré le personnage de Michael Corleone sur la vengeance[36]. Par ailleurs, Sarris a estimé que les acteurs Richard Castellano, Robert Duvall et James Caan étaient tous bons dans leurs rôles respectifs[36].

La même année, la critique Pauline Kael du New Yorker écrivit : « S'il y a jamais eu un excellent exemple de la façon dont les meilleurs films populaires sont issus d'une fusion du commerce et de l'art, [Le Parrain en fait partie] »[37].

En 1997, le critique Desson Howe du Washington Post a qualifié le film de « bijou » et a estimé que Coppola méritait l'essentiel des honneurs du film[38]. Déjà en 1972, Vincent Canby, dans son article pour le New York Times, estimait que Coppola avait créé l'une des « chroniques les plus brutales et les plus émouvantes de la vie américaine » qui « transcende son milieu et son genre immédiats »[39],[40].

Parmi les avis négatifs, le critique Stanley Kauffmann (en) du magazine The New Republic a affirmé dans un article d', intitulé « Le Parrain et le déclin de Marlon Brando », que Al Pacino avec son personnage de Michael Corleone « s'agite dans un rôle trop exigeant pour lui », tout en critiquant également le maquillage de Marlon Brando et la partition musicale de Nino Rota[41].

Sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, le film obtient un score de 98 % d'avis favorables, sur la base de 97 critiques collectées et une note moyenne de 9,3/10 ; le consensus du site indique : « L'un des plus grands succès critiques et commerciaux d'Hollywood, [Le Parrain] fait tout bien ; non seulement le film a dépassé les attentes, mais il a établi de nouvelles références pour le cinéma américain »[42]. Sur Metacritic, le film obtient une note moyenne pondérée de 100 sur 100, sur la base de 15 critiques collectées ; le consensus du site indique : « Acclamation générale » (Universal acclaim)[43].

La bande-son originale du film, composée par Nino Rota, a été très largement acclamée, tandis que son thème principal (Speak Softly Love) est très connu, et a fait l'objet de nombreuses reprises. Toutefois, cette chanson est une reprise d'un thème que Rota avait composé auparavant pour le film italien Fortunella (1958)[44],[45].

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film est un succès commercial, battant de nombreux records pour devenir le film le plus rentable de l'année 1972. Le film rapporte ainsi 81,5 millions de dollars sur le marché nord-américain au moment de sa sortie en salle[46]. Lors de sa ressortie en 1973, il rapporte 83,7 millions de dollars supplémentaires[47]. Le total de recettes générées augmente encore avec une ressortie limitée en 1997. Mais pour l'année 1972, le total s'élève à prés de 135 millions de dollars.[Passage contradictoire] De ce fait, Le Parrain est censé[évasif] battre le précédent record de Autant en emporte le vent comme film le plus rentable. Il gardera cette place jusqu'en 1975, étant alors détrôné par Les Dents de la mer[48]. Des articles de l'époque ont affirmé que Le Parrain était le premier film à franchir la barre des 100 millions de dollars[48]. Toutes ces affirmations sont fausses depuis la sortie de La Mélodie du bonheur en 1965.[pas clair]

Le film est aussi un succès à l'étranger, rapportant un total de recettes sans précédent de 142 millions de dollars lors de sa sortie en salle, devenant, à cette époque, le film le plus rentable de l'histoire du cinéma, en termes de recettes avant indexation de l'inflation[49]. Les profits sont si importants pour le film que les actions de Gulf & Western Industries, Inc. qui possède Paramount Pictures, grimpent de 77 cents par action à 3,30 dollars par action au cours de l'année, selon l'article du Los Angeles Times du [48]. À ce jour, le film a engrangé entre 245 et 286 millions de dollars dans le monde en entrées en salles et, après ajustement de l'inflation, il fait partie des vingt-cinq films les plus rentables de tous les temps[50].

En France, le film totalise 4 016 877 entrées, dont 767 930 entrées à Paris, se positionnant en septième place du box-office français 1972[51].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Prix Catégorie Nommé Résultat
Oscars Meilleur film Albert S. Ruddy Lauréat
Meilleur réalisateur Francis Ford Coppola Nomination
Meilleur acteur Marlon Brando (refusé) Lauréat
Meilleur scénario adapté Mario Puzo et Francis Ford Coppola Lauréat
Meilleur acteur dans un second rôle Al Pacino Nomination
James Caan Nomination
Robert Duvall Nomination
Meilleur costume Anna Hill Johnstone Nomination
Meilleur montage William H. Reynolds et Peter Zinner Nomination
Meilleur son Charles Grenzbach, Richard Portman et Christopher Newman Nomination
Meilleure musique, bande originale dramatique Nino Rota Disqualifié[Note 6]
Golden Globes Meilleur film dramatique Albert S. Ruddy Lauréat
Meilleur réalisateur Francis Ford Coppola Lauréat
Meilleur acteur dans un film dramatique Marlon Brando Lauréat
Al Pacino Nomination
Meilleur scénario Mario Puzo et Francis Ford Coppola Lauréat
Meilleur acteur dans un second rôle James Caan Nomination
Meilleure musique de film Nino Rota Lauréat
BAFTA Awards Meilleur acteur Marlon Brando (aussi pour Le Corrupteur, The Nightcomers) Nomination
Meilleur acteur dans un second rôle Robert Duvall Nomination
Meilleur nouveau venu pour un rôle principal Al Pacino Nomination
Meilleurs costumes Anna Hill Johnstone Nomination
Meilleure musique de film (Anthony Asquith Award for Film Music) Nino Rota Lauréat
Grammy Awards Meilleure bande originale pour un film Nino Rota Lauréat
David di Donatello David di Donatello du meilleur film étranger Francis Ford Coppola Lauréat

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1990 et 1993, Le Parrain et Le Parrain II sont respectivement sélectionnés par le National Film Registry pour être conservés à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, en raison de leur « importance culturelle, historique ou esthétique »[52]. De façon nettement majoritaire, les critiques internationales considèrent ces deux films — parfois considérés comme un seul film en deux parties — comme des chefs-d'œuvre du cinéma mondial.[réf. souhaitée]

Sur le site de référence IMDb, le film est classé en deuxième positron de la liste des « Meilleurs films de tous les temps », avec une note de 9,2/10 (en ).

En 2002, le résultat d'un sondage auprès de réalisateurs conduit par la revue spécialisée Sight and Sound classe l'ensemble composé des deux films comme la deuxième meilleure œuvre de tous les temps, derrière Citizen Kane[53]. Un sondage séparé auprès de critiques réputés place ces deux films à la quatrième place, derrière Citizen Kane, Vertigo et La Règle du jeu[54].

En 2007, Le Parrain est classé par l'American Film Institute (AFI) comme le second meilleur film (nord-)américain de tous les temps, derrière Citizen Kane[55] qui, en 1998, le classait troisième[56].

D'autres sondages et publications classent Le Parrain à la première place de leur liste, comme le magazine américain Entertainment Weekly en 1999[57] ou le britannique Empire en 2008[58]. Le film est par ailleurs classé « Meilleur film de gangsters » par l'American Film Institute[59].

Le réalisateur Stanley Kubrick a admis que Le Parrain était « possiblement le plus grand film jamais fait » et sans aucun doute celui avec la meilleure distribution[60],[61].

Analyse[modifier | modifier le code]

Une nouvelle vision de la mafia au cinéma[modifier | modifier le code]

Les films sur la mafia qui ont précédé la sortie du Parrain montraient un monde criminel marginalisé, constitué d'outsiders[62]. Le Parrain, au contraire, présente le gangstérisme du point de vue mafieux comme une réponse à une société corrompue[62]. Bien que la famille Corleone soit présentée comme immensément riche et puissante, il n'y a dans le film aucune scène de prostitution, de paris clandestins, de prêts à taux usuraires ou autres formes de rackets[63].

D'autres critiques argumentent que la contre-culture criminelle autorise une apologie des stéréotypes qui apparaît tout au long du film, comme quand, par exemple, Don Vito dit à un Johnny Fontane en larmes : « Agis comme un homme ! »[64].

Les différences avec le roman[modifier | modifier le code]

Une des parties primordiales du roman de Puzo, qui n’a pas été utilisée pour le film, était le récit en flash-back des débuts de Don Corleone, y compris son arrivée en Amérique, son mariage et sa paternité, le meurtre de Don Fanucci et son ascension dans la mafia — mais ces éléments ont été utilisés dans le deuxième film de la trilogie.

Beaucoup d’intrigues secondaires ont été éludées dans l'adaptation du roman à l’écran, dont :

  • les malheurs du chanteur Johnny Fontane avec les femmes et ses problèmes de voix ;
  • l'histoire de la maîtresse de Sonny, Lucy Mancini, et de sa rencontre avec le Dr Segal après l'assassinat de Sonny ;
  • le Dr Segal lui-même, qui non seulement répare le vagin blessé de Lucy, mais aussi met Michael en contact avec le chirurgien qui lui répare les os du visage brisés par le capitaine McCluskey, et qui diagnostique le problème des cordes vocales de Johnny Fontane ;
  • la pédophilie de Jack Woltz (une scène du film l'évoquant fut réalisée par Coppola, mais fut coupée au montage) ;
  • la vie domestique de Kay Adams ;
  • le passé noir de Luca Brasi ;
  • le plan ingénieux de Don Corleone pour faire revenir Michael de son exil en Sicile, consistant à convaincre le fils d'un clan allié (déjà condamné à mort pour trois assassinats) de reconnaître également les meurtres de Sollozzo et McCluskey, en échange d'une pension à sa femme ;
  • l'expédition punitive contre les deux hommes qui avaient agressé la fille de Bonasera (attaque menée par Paulie Gatto), et à laquelle il est seulement fait allusion dans le film.

Certains personnages ont de plus petits rôles dans le film par rapport au roman, tels Johnny Fontane, Lucy Mancini, Rocco Lampone et Al Neri ; ces deux derniers sont réduits à des rôles muets. Les personnages ayant disparu du film sont le Dr Segal, Genco Abbandando (on y fait seulement allusion, il apparaîtra dans le deuxième volet), Nino Valenti (le meilleur ami de Johnny Fontane, qui mourra d'alcoolisme) et le Dr Taza de Sicile. Autre différence : dans le roman Michael et Kay ont deux fils, alors que dans le film ils ont un fils et une fille. Dans le roman, Lucy Mancini n'a pas donné naissance au garçon de Sonny, mais dans le troisième film de la trilogie Vincent Mancini joue un rôle crucial dans l'intrigue.

Le roman et le film diffèrent aussi sur le sort des gardes du corps de Michael en Sicile, Fabrizio et Calo. Le film les fait survivre tous les deux. Dans le livre, cependant, Calo meurt avec Apollonia dans l’explosion de la voiture, et Fabrizio (responsable du meurtre) meurt à la fin lors de la série d'exécutions correspondant à la célèbre « scène du baptême », tué dans son restaurant en Amérique après qu’il a été retrouvé (on peut voir la scène, supprimée de The Godfather Part II, dans The Godfather Saga).

La fin du roman diffère aussi de celle du film : tandis que dans le film Kay se rend compte que Michael est devenu « comme sa famille », le drame est atténué dans le livre où Tom Hagen lui laisse entendre des secrets de la famille pour lesquels, selon lui, il serait tué s'il devait les lui révéler.

Pendant la scène de baptême du film, les cinq chefs des autres familles sont éliminés. Dans le roman, seuls Barzini et Tattaglia sont tués, dans des scènes distinctes de celle du baptême. Effectivement, pour des questions de durée du film monté[65], Coppola a eu l'idée de rassembler en une seule séquence la scène du baptême et celles des assassinats, produisant ainsi une glaçante juxtaposition, alors que dans le roman ces événements se passent à des moments distincts.

Héritage[modifier | modifier le code]

Adaptations et hommages[modifier | modifier le code]

La société de jeu vidéo Electronic Arts a travaillé sur une adaptation en jeu vidéo, dont le scénario s'inspire du premier film. Le jeu est sorti le . Le joueur a le rôle d'une petite frappe qui gravit les échelons dans l'organisation criminelle de la famille Corleone jusqu'à parvenir au statut tant convoité de « Don ». Ses missions ont lieu en parallèle avec le scénario du film : le joueur doit donc, par exemple, déposer la tête de cheval au pied du lit de Jack Woltz, ou encore cacher un pistolet dans les toilettes pour que le fils de Don Vito puisse venger son père sur qui on a tiré (différence majeure avec le film puisque c'est Michael lui-même qui est amené à assurer la succession de son père). Beaucoup d'acteurs du film ont prêté leur voix comme James Caan, Robert Duvall et même Marlon Brando avant sa mort.

En 2022, pour fêter le 50e anniversaire de la sortie du film, Paramount+ diffuse la mini-série The Offer racontant sa production[66].

Impact à la télévision[modifier | modifier le code]

Les Soprano[modifier | modifier le code]

Dans la série Les Soprano, créée par David Chase diffusée de 1999 à 2007, plusieurs épisodes font directement référence à la trilogie Le Parrain, notamment le premier opus.

Plusieurs acteurs de la série sont apparus dans Le Parrain : Tony Lip (Carmine Lupertazzi) et Lou Martini, Jr. (Anthony Infante) apparaissent en tant qu'invités au mariage. Dans la version ré-éditée des trois films Le Parrain, Richard Maldone (Albert Barese) a le petit rôle de Joey.

Christopher Moltisanti est fasciné par les films qui traitent de la Mafia, et finit par écrire lui-même le scénario d'un film d'horreur dans le milieu du crime organisé, dont un personnage est largement inspiré de son boss Tony Soprano, avec lequel il entretient des rapports conflictuels. Les personnages principaux ont tous regardé la trilogie si souvent qu'ils se réfèrent à chaque volet par un simple numéro (le premier film de la trilogie étant simplement désigné par « One » et le second « Two »), tandis que Paulie appelle la star du film Al Pacino simplement « Al » lors d'une conversation, et l'avertisseur sonore de sa voiture joue Speak Softly Love (la chanson-thème romantique du Parrain). Tony et son équipe discutent parfois de leurs scènes préférées, et Silvio Dante (incarné par Steven Van Zandt) imite à plusieurs reprises le personnage d'Al Pacino en prononçant certaines de ses plus fameuses répliques. Dans la première saison, Christopher débat avec le rappeur Massive Genius à propos de la trilogie, ce dernier insistant sur le fait que le troisième volet est « incompris ».

On voit aussi plusieurs hommages visuels à la trilogie. Dans la première saison, les personnages se réfèrent à la mort de Brendan Filone en évoquant le « Moe Greene special » (un tir dans l'œil). Moe Greene est un personnage du Parrain qui a été tué de la même façon que Filone[28].

Aux funérailles de Jackie Aprile Sr. dans la première saison, de nombreux détails évoquent la scène des funérailles de Vito Corleone. Tony Soprano et Christopher ont des positions similaires à celles de Michael Corleone et Tom Hagen dans Le Parrain, alors que Junior Soprano est assis de la même façon que Don Barzini. Les deux scènes ont été tournées au même endroit, au Calvary Cimetary, dans le Queens, NY.

Après la mort de Livia Soprano dans la troisième saison, un plan subjectif montre Tony prenant l'ascenseur pour aller au sous-sol de la maison funéraire. Cette scène rappelle celle du Parrain où Vito demande une faveur à Bonasera après la mort de son fils, Santino.

Dans l'épisode Buffet froid, durant la séquence de rêve, Tony cherche un pistolet derrière des toilettes, en référence à la scène dans laquelle Michael Corleone va chercher un pistolet derrière les toilettes d'un restaurant afin de tuer le capitaine de police McCluskey et Virgil Sollozzo, un criminel rival.

Lors de la dernière scène de la série, dans l'épisode Made in America, un homme inconnu, que Tony regarde suspicieusement, marche jusqu'aux toilettes du restaurant. Avant que l'homme revienne, la scène finit abruptement par un cut-to-black silencieux de plus de 20 secondes, laissant les spectateurs dans le doute quant au fait que l'homme ait tué Tony (hypothèse la plus probable bien que le créateur David Chase ait refusé d'expliciter cette fin déroutante). Dans Le Parrain, Michael Corleone prend une arme dans les toilettes et tue Virgil Sollozzo ainsi que le capitaine de police McCluskey.

Dans le premier épisode de la série, quand Chris Moltisanti attend Big Pussy après avoir tué Emil Kolar, il dit « Louis Brasi dort avec les poissons » et Big Pussy répond « C'est Luca Brasi ».

Quand Tony offre un radio-cassette à sa mère, il mentionne « Tony Francis » parmi les chanteurs.[précision nécessaire]

Les Simpson[modifier | modifier le code]

Dans la série Les Simpson, au 9e épisode de la 14e saison, intitulé « Les Muscles de Marge » (« Strong arms of the Ma »), la scène où Marge Simpson passe à tabac son agresseur est une référence à une scène similaire avec James Caan dans le film de Francis Ford Coppola.

Au 2e épisode de la saison 16, intitulé « Tous les goûts sont permis » (« All's Fair in Oven War »), l'assassinat de James Caan est un clin d'œil au film. Tout comme Sonny Corleone qu'il incarnait dans le film de Coppola, James Caan meurt assassiné à un péage par les membres d'un gang.

Dans le 1er épisode de la saison 18, intitulé « Parrain par intérim » (« The Mook, the Chef, the Wife, and Her Homer », en référence au film The Cook, the Thief, his Wife and her Lover), l'intrigue s'inspire de certains éléments ou scènes du film : le fils de Gros Tony s'appelle Michael, en référence à Michael Corleone ; la rencontre entre Michael et les ennemis de son père est une référence à la rencontre entre Michael Corleone, Virgil Sollozzo et le Capitaine McCluskey dans la scène du restaurant ; la scène finale parodie la scène finale du film montrant l'allégeance des caporegimi envers Michael ; à la fin de l'épisode on peut entendre la chanson The Godfather Waltz de Nino Rota.

Dans le 8e épisode de la saison 3 intitulé « Le Poney de Lisa » (« Lisa's Pony »), la scène où Lisa trouve son poney dans son lit fait directement référence à une des scènes emblématiques du film[67].

Autres hommages[modifier | modifier le code]

Le film Premiers pas dans la mafia (The Freshman, 1990), écrit et réalisé par Andrew Bergman et dans lequel Marlon Brando joue un rôle très proche de celui de Don Vito Corleone, fait plusieurs références au film Le Parrain[68].

Dans le film Zootopie, Mr. Big est inspiré de Vito Corleone. Il porte les mêmes habits que Don Vito lors du mariage de Conny. De plus, il accède aux demandes de Nick et Judy lors du mariage de sa fille.

Dans le film La Grande Bouffe sorti un an plus tard, le personnage incarné par Ugo Tognazzi reprend l'apparence de Don Corleone.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « The Godfather » (voir la liste des auteurs).
  1. Tom Hagen, jadis un enfant des rues germano-irlandais a été recueilli par Don Corleone et élevé comme l'un de ses propre fils ; il est par la suite devenu le consigliere (conseiller) de la famille.
  2. Personnage basé en partie sur Bugsy Siegel.
  3. Le dialecte sicilien entendu dans le film est le vrai dialecte parlé dans le village de Corleone, situé dans la province de Palerme en Sicile.
  4. C'est George Lucas qui a tourné le plan où Michael apprend la tentative d'assassinat de son père.
  5. D'ailleurs Brando effectua un essai à son insu (Coppola lui dit que c'était pour des réglages de lumière et de maquillage) et alors qu'il n'en avait pas fait depuis 20 ans. C'est pendant cet essai qu'il trouva sa fameuse grimace de bouledogue à l'aide d'un bout de fromage qui faisait partie du décor.
  6. Nino Rota est disqualifié car le thème principal du film est une reprise d'un thème qu'il avait composé pour le film italien, Fortunella, sorti en 1958[45].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The Godfather (1972) », the-numbers.com.
  2. (en) « The Mafia in Popular Culture », History.
  3. (en) « AFI's 100 Years...100 Movies - 10th Anniversary Edition », sur afi.com (consulté le ).
  4. (en) « Brief Descriptions and Expanded Essays of National Film Registry Titles », Bibliothèque du Congrès.
  5. (en) Le Parrain sur l’Internet Movie Database.
  6. Le Parrain sur Allociné.
  7. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database.
  8. « LE PARRAIN (THE GODFATHER) - MARLON BRANDO BOX OFFICE 1972 », sur BOX OFFICE STORY (consulté le ).
  9. https://cbo-boxoffice.com/v4/page000.php3?inc=fichemov.php3&fid=10591.
  10. https://www.cnc.fr/professionnels/visas-et-classification/39917.
  11. Puzo, quatrième de couverture.
  12. Pierre Billard, Louis Malle, le rebelle solitaire, Plon, , « Les Paradis Perdus », p. 329-330.
  13. (en) Christopher Frayling, Spaghetti Westerns: Cowboys and Europeans from Karl May to Sergio Leone, Routledge & Kegan Paul Books, 1981 (ISBN 978-0-7100-0503-8), p. 215.
  14. a et b (en) The Making of 'The Godfather' - Sort of a Home Movie - Nicholas Pileggi, The New York Times, 15 août 1971.
  15. Voir sur independent.ie..
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  17. (en) The Godfather Wars - Mark Seal, Vanity Fair, 4 février 2009.
  18. Peter Falk, juste une dernière chose édité chez Michel Lafon, 2006.
  19. a et b Jenny M. Jones, p. 37.
  20. Jenny M. Jones, p. 75.
  21. Sofia Coppola played roles in the later Godfather movies. In Part II, she plays a nameless immigrant girl on the ship that brings Vito Corleone to New York. In Part III, she played the major speaking role of Michael Corleone's daughter Mary..
  22. (en) « Doing the impossible - Part 1 - "The Godfather" », Art and the Zen of Design, 24 juin 2007.
  23. « LE PARRAIN - Les détails que vous n'aviez pas remarqués - Allociné » sur YouTube, consulté le 13 septembre 2020.
  24. (en) Harlan Lebo, The Godfather Legacy, Fireside, 2005, p. 76. (ISBN 978-0-7432-8777-7).
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  27. (en) « Moe Greene Special », tvtropes.org (consulté le 28 décembre 2019).
  28. a et b Dans la série The Sopranos, Salvatore « Big Pussy » Bonpensiero explique que « les yeux de Moe Greene étaient devenus plus gros que son ventre, alors on l'a abattu d'une balle de petit calibre dans l'œil ». (Meadowlands, saison 1, épisode 4).
  29. (en) Kim Potts, « Famous Movie Locations: Corleone Mansion from The Godfather ». Moviefone (Staten Island, NY: Inside Movies - On the Scene), 6 mai 2010.
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  63. De Stefano, p. 119.
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  65. Commentaire du réalisateur sur la version DVD du film.
  66. Roch Arène, « The Offer (Paramount+) : une série sur la réalisation du Parrain arrive bientôt », sur CNET France (consulté le ).
  67. (en) Al Jean, The Simpsons season 3, commentaire de l'épisode « Lisa's Pony » (DVD), 20th Century Fox, 2003.
  68. (en) Mary Stevens, « `The Freshman` Meets The Godfather on tape », The Chicago Tribune,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mario Puzo (trad. Jean Perrier), Le Parrain [« The Godfather »], Éditions Robert Laffont, coll. « Best-seller », (1re éd. 1968), 483 p.
  • Jenny M. Jones (trad. de l'anglais), Le Parrain : L'album officiel, Enghien-les-Bains, Éditions Premium, , 263 p. (ISBN 978-2-35636-103-5). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]