Générac (Gard)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Générac.
Générac
Vue générale.
Vue générale.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Canton Saint-Gilles
Intercommunalité Communauté d'agglomération Nîmes Métropole
Maire
Mandat
Frédéric Touzellier
2014-2020
Code postal 30510
Code commune 30128
Démographie
Gentilé Généracois - Généracoise
Population
municipale
3 983 hab. (2011)
Densité 164 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 43′ 45″ N 4° 20′ 58″ E / 43.7291666667, 4.3494444444443° 43′ 45″ Nord 4° 20′ 58″ Est / 43.7291666667, 4.34944444444  
Altitude Min. 29 m – Max. 144 m
Superficie 24,26 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Gard

Voir sur la carte administrative du Gard
City locator 14.svg
Générac

Géolocalisation sur la carte : Gard

Voir sur la carte topographique du Gard
City locator 14.svg
Générac

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Générac

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Générac
Liens
Site web www.generac.fr

Générac est une commune française située dans le département du Gard, en région Languedoc-Roussillon.

Le village est localisé au sud de la ville de Nîmes, dans la région naturelle des Costières. Il s'est développé au cœur d'un espace géographique fréquenté par l'homme depuis de nombreux siècles. Celles et ceux qui l'ont fait prospérer ont appris à tirer profit d'un tel emplacement, au carrefour de grandes routes historiques. Aujourd'hui, Générac est membre d'une communauté d'agglomération de 220 000 habitants. La commune fait partie intégrante du terroir viticole des Costières de Nîmes et affirme ses racines occitanes.

Ses habitants sont les Généracois et Généracoises et ils sont surnommés Li racanels dans le langage des sobriquets collectifs[1] parce qu'ils étaient considérés comme des râleurs.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Générac dans le Gard.

La commune de Générac se situe à 14 kilomètres au sud de Nîmes, au centre d'un triangle formé par les villes de Nîmes, Vauvert et Saint-Gilles. Elle se trouve en plein cœur de la région naturelle et agricole des Costières et aux portes de la Petite Camargue.

Générac est entourée des communes suivantes :

Générac fait partie de l'arrondissement de Nîmes et du canton de Saint-Gilles. Il s'agit de l'une des 79 communes membres du SCOT du Sud-Gard[2] et de l'une des 41 communes du pays Garrigues-Costières de Nîmes[3].

Relief[modifier | modifier le code]

Grès des Costières.

Situé sur la rive droite du Rhône, le plateau des Costières contre lequel se niche Générac s'est principalement formé par l'action tumultueuse du fleuve durant la fin de l'ère tertiaire. À cette période, l'écorce terrestre se soulève sensiblement par la forte pression des sédiments maritimes. Parallèlement à ce phénomène, le climat se radoucit et entraine la fonte des glaciers. Des masses d'eau et d'embâcles suivent le lit du fleuve rhodanien afin de rejoindre la mer. Ce long trajet permet un tri tout à fait naturel : les plus grosses masses rocheuses s'échouent et les plus petites se déposent en aval, dans le cône de déjection du fleuve.

Les galets patinés des Costières, localement appelés grès, sont principalement composés de silice. Les flots charrièrent également des roches granitiques et calcaires aujourd'hui érodées. Notons que ces alluvions villafranchiens ont mis plusieurs millions d'années à s'accumuler pour former le paysage que nous connaissons aujourd'hui. Leur faculté drainante, notamment lors des forts épisodes pluvieux que connait la région à l'automne, est exceptionnelle. En profondeur, le sous-sol des Costières présente des strates d'argile rouge, localement appelées gapans. Plus en profondeur encore, on retrouve des sédiments méditerranéens du Pliocène[4].

L'altitude moyenne du village est de 85 mètres au sein de l'aire urbaine[5]. Cette altitude diminue doucement en direction du nord. En revanche, au sud, le village est immédiatement entouré de petites collines d'une centaine de mètres environ, les puechs, formés par la puissante érosion hydro-éolienne du plateau. Le plus haut d'entre eux, le puech de Dardaillon, culmine à 146 mètres[6]. S'il est couramment fait référence aux « sept collines de Générac », les puechs sont en réalité plus nombreux. Au moins huit d'entre eux se distinguent :

Puech Altitude en mètres
Puech de Dardaillon 146
Puech du Moulin à Vent 141
Puech Cocon 139
Puech Lachet 136
Puech Roussin 135
Puech de Casseport 133
Puech de la Savatte 127
Puech du Cade 110

Paysage[modifier | modifier le code]

Au nord, Nîmes et la plaine du Vistre.

Un vaste panorama peut être aperçu du sommet des puechs généracois, sur les plaines environnantes et au-delà.

Au nord, en direction de l'agglomération nîmoise, se développe la plaine du Vistre où se côtoient vergers et cultures maraîchères. Au loin se dessinent les montagnes des Cévennes. Vers le sud, le plateau caillouteux des Costières est depuis longtemps propice à la viticulture ; de là, le paysage embrasse les étangs de Camargue gardoise et la plaine camarguaise. Par beau temps, la mer Méditerranée peut également être aperçue. À l'ouest, les Costières s'étendent jusqu'aux communes de Beauvoisin et Vauvert. Le pic Saint-Loup se dessine à l'horizon. À l'est, le mont Ventoux est tout aussi aisément repérable. En revanche, en direction de la vallée du Rhône, les plus hauts sommets des Alpes ne peuvent être aperçus que par un temps parfaitement clair.

La nature à la fois rocailleuse et sablonneuse du sous-sol des Costières a favorisé la présence d'une végétation basse, méditerranéenne, de type garrigue. De nombreuses essences caractéristiques de ce milieu recouvrent les collines généracoises : pin parasol, chêne vert, chêne kermès, amandier, genêt, genévrier cade, ciste, thym[7]... Cette végétation sèche et soumise aux vents connait un fort risque d'incendie en période estivale. À titre d'exemple récent, plus de 85 hectares de garrigue généracoise ont été la proie des flammes dans la nuit du 22 au 23 août 2009.

D'un point de vue faunistique, le territoire de Générac est fréquenté depuis plusieurs années par l'outarde canepetière[8]. Cet oiseau migrateur rare et protégé a choisi de s'implanter en plusieurs endroits du sud-Gard, essentiellement en zone agricole ou de prés salés. L'hivernage de l'espèce se déroule la plupart du temps sur des parcelles de plaine peu dérangées. On estime la population locale de mâles chanteurs à environ 500 individus pour le seul département du Gard. Afin de protéger l'avifaune des Costières, une partie de ce territoire bénéficie depuis 2006 d'une mesure de classement en zone de protection spéciale, intégrée au réseau Natura 2000[9]. Au même titre, une partie du territoire communal généracois est l'objet d'une ZNIEFF, dont le périmètre est situé à l'est du village[8]. Une deuxième ZNIEFF, située au sud de la première, protège par ailleurs les puechs Lachet et de Dardaillon[10].

Climat[modifier | modifier le code]

Générac bénéficie d'un climat méditerranéen. Les étés y sont fortement ensoleillés, chauds et secs. Les hivers y sont plutôt doux et humides. La moyenne des températures en été (23,7 °) et l'ensoleillement (2700 heures par an) figurent parmi les plus élevés de France. La commune est régulièrement exposée au mistral, qui souffle en violentes rafales l'hiver et tend à relativiser la douceur de ce dernier. En revanche, cette douceur est plus marquée lorsque souffle le vent marin de secteur sud, depuis le littoral.

Le mois le plus chaud est clairement le mois de juillet. C'est également le mois comprenant la plus faible quantité de précipitations, avec moins de 26 mm. Le mois le plus froid est celui de janvier, avec une moyenne s'élevant à 6,3°. Notons qu'à Générac, l'enneigement est quasi nul et n'excède jamais un maximum de 2 jours par an. Les années sans neige y sont régulières.

L'intersaison la plus redoutée est sans conteste l'automne, où des orages d'une grande brutalité peuvent éclater. Les 6 et 8 septembre 2005, plus de 400 mm d'eau se sont abattus sur l'ensemble des Costières[11]. En moyenne, plus de 130 mm de pluie s'abattent sur cette partie du département au mois d'octobre, mois ou la pluviométrie est la plus élevée.

Données climatiques de Nîmes et sa région
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,4 3,4 5,1 7,8 11,2 14,9 17,7 17,2 14,7 10,8 5,9 3 9,5
Température moyenne (°C) 6,3 7,7 9,9 12,8 16,6 20,5 23,7 23 20 15,4 10 6,9 14,4
Température maximale moyenne (°C) 10,3 11,9 14,7 17,8 21,9 26,2 29,8 28,9 25,3 20 14 10,7 19,3
Ensoleillement (h) 143,5 147,4 203,1 227,6 267,8 310,2 353,8 315,3 236,6 186,8 143,9 133 2 668,9
Précipitations (mm) 67,7 70,7 55,9 59,2 60,9 38,6 25,3 51,6 66,8 131,9 69,2 64,1 761,9
Source : Climatologie mensuelle à la station départementale de Nîmes de 1961 à 1990[12].


Hydrologie[modifier | modifier le code]

La commune n'est traversée par aucune rivière. Seuls quelques ruisseaux s'échappent des collines ; les plus notables sont le Campagnolle et le Rieu, tous deux affluents du Vistre.

Les nappes de la Vistrenque et des Costières constituent quant à elles un réservoir d'eau important pour tout le sud du département du Gard[13].

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Quatre routes principales permettent l'accès à la commune :

  • la route départementale D 13 en direction de Nîmes ;
  • la D 14 en direction de Saint-Gilles ;
  • la D 139 en direction de Beauvoisin ;
  • la D 197 en direction de Franquevaux.

Les transports de l'agglomération nîmoise TANGO desservent le village par 3 lignes de bus[14] :

  • la ligne 12, qui relie Générac à Poulx, via Nîmes ;
  • la ligne tempo 221, qui relie Saint-Gilles à Milhaud (lycée) ;
  • la ligne tempo 222, qui relie Générac à Saint-Gilles (collège).

Les transports départementaux Edgard desservent quant à eux le village par la ligne C34, qui relie Nîmes à Vauvert[15].

Le village est traversé par la ligne de chemin de fer reliant Nîmes au Grau-du-Roi. Par ailleurs, l'aéroport de Nîmes-Garons, ouvert au trafic international vers la Belgique et l'Angleterre, se trouve à 10 kilomètres de Générac.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Générac possède un habitat essentiellement groupé, dont le cœur urbain est la place de l'hôtel de ville. À proximité de cette place se trouvent d'ailleurs les zones où le bâti est le plus ancien (circulade du fort[16], quartier du château).

Plusieurs extensions s'articulent autour de ce cœur de ville : les premières ont été aménagées au XIXe siècle, avec l'arrivée du chemin de fer et l'extension du vignoble des Costières, tandis que les plus récentes datent des dernières décennies, avec l'explosion de la demande en habitat individuel. Dès la fin des années 1970, de nombreux lotissements sont ainsi créés. On peut citer le quartier des Molières, à l'est de la commune, le lotissement des Chenevières, au nord, ou encore celui des 7 collines, à l’ouest. Durant les années 1980, la zone d'activités de Générac est également aménagée à l’extérieur de la commune, en direction de Nîmes. Si la création de nouveaux lotissements a perduré à un rythme soutenu jusqu’au début des années 2000 avec, par exemple, l’aménagement de la ZAC du Château et de sa controversée résidence « sénior », la tendance est aujourd’hui à un très net ralentissement.

Le village est entouré de zones naturelles et agricoles peu urbanisées. Seuls quelques mas témoignent d'un habitat plus dispersé.

La commune de Générac est aujourd'hui soumise à un plan local d'urbanisme, administré par le service urbanisme de la municipalité[17].

Logement[modifier | modifier le code]

En 2011, la majorité des habitations de Générac sont des résidences principales, avec 90,8 %. La part de résidences principales au sein de la commune est globalement en augmentation depuis un demi-siècle, en corrélation avec la forte demande en habitat individuel évoquée plus haut. De plus, 86,2 % des logements généracois sont des maisons, contre 13,4 % seulement d'appartements[18].

Projets d'aménagement[modifier | modifier le code]

Peu de projets résidentiels sont actuellement en cours à Générac. La commune se concentre principalement sur la rénovation de son centre-ville et de sa voirie. En 2012, un nouvel espace commercial a ainsi ouvert ses portes, l'espace Soleyrol, situé au croisement de la Grand'Rue et de la rue des Marchands.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'hypothèse la plus probable concernant l'origine du nom Générac prend en considération une possible origine romaine du village. La mention du lieu-dit Generiacum dans un cartulaire de l'abbaye de Psalmodie appuie cette hypothèse[19]. Le suffixe gallo-romain -acum revêtant une dimension locale, Generiacum signifie de fait « le domaine de Generius ». On retrouve cette même origine toponymique pour de nombreuses localités du sud de la France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

On sait aujourd'hui avec certitude que le site de Générac est déjà fréquenté durant le Paléolithique supérieur. En témoignent des éclats de pierre taillée (dont un grattoir caréné typique) trouvés aux alentours du puech de Dardaillon[20].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le développement de Générac durant la période antique, par la présence possible d'une villa romaine, n'a à ce jour jamais été démontré par l'archéologie. Seule la toponymie du site nous laisse donc imaginer ses origines. Mais à cette époque, le plateau des Costières réunit déjà toutes les conditions pour que la vie se développe et que se crée le futur village :

  • des terres argileuses permettant leur travail, l'argile étant la matière première d'une industrie florissante au cours des siècles ;
  • abondance de bois permettant le chauffage et les constructions ;
  • proximité de la Voie Domitienne et de la colonie romaine de Nemausus (Nîmes), qui, combinées, favorisent les échanges commerciaux.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Façade est du château.

Au fil des siècles, le site connait une très lente urbanisation. Au Ve siècle, Générac n'est probablement qu'un petit hameau. Au milieu du Xe siècle, un cartulaire provenant de Nîmes mentionne déjà l'existence d'une église sous le vocable de Saint-Jean[19].

Au XIe siècle, le vaste comté de Toulouse englobe la ville et les terres de Saint-Gilles. Selon la tradition, le château de Générac est construit à l’époque où Raymond IV de Toulouse, qui porte d’ailleurs le surnom de « Saint-Gilles », domine le Languedoc. Il convient toutefois de signaler que de récentes recherches tendraient à relativiser ce fait, en datant la construction de l'édifice actuel de l'époque de la Renaissance[19]. Toujours est-il que, vers la fin du XIe siècle, le fief de Générac est attribué à l’un des vassaux de Raymond IV. En 1121, Ermessinde, fille de Bernard Aton IV Trencavel, obtient le fief de Générac en dot lors de son mariage avec Rostaing de Posquières (Vauvert). Les terres du village resteront dans le domaine des comtes de Toulouse jusqu’en 1213.

En 1216, alors que la croisade des Albigeois évolue peu à peu en guerre de conquête, Raymond VI et Raymond VII de Toulouse souhaitent reprendre leur comté aux croisés. Si leur entreprise réussit dans un premier temps, le manque d’organisation des troupes conduit rapidement à de nouvelles défaites et la régente de France, Blanche de Castille, mère du futur roi Louis IX, obtient la victoire finale. Par le traité de Paris, en 1229, Raymond VII se soumet et perd toutes ses possessions. La sénéchaussée de Beaucaire, dont dépend Générac, revient alors définitivement au trône de France[21]. Plus tard, à la veille de son départ en croisade aux côtés de Louis IX, Pons de Montlaur, seigneur de Posquières, fait une donation considérable à la Maison du Temple de Saint-Gilles. Le 6 juin 1248, il lui donne ses castra de Générac et d'Aigues-Vives, avec leurs tènements et leurs droits seigneuriaux[22].

Au début du XIVe siècle, la seigneurie de Générac passe sous le contrôle de Guillaume de Nogaret, qui y exerce la justice. Juriste et conseiller du roi Philippe IV le Bel, Nogaret est également seigneur de Marsillargues, Calvisson, Vergèze et de la Vaunage. Ces fiefs lui sont octroyés suite à l'arrestation et à la mort du pape Boniface VIII, dont le roi ne pouvait supporter l'autorité sur l'église de France. De plus, le roi et son conseiller s’acharnent contre les Templiers dont ils ne peuvent accepter l'influence et le pouvoir. Nogaret les fait accuser de sorcellerie et autres fautes graves. Les chefs des Templiers sont arrêtés en 1307, puis jugés, dépossédés de leurs biens et condamnés. Ainsi, à la mort de Guillaume de Nogaret en 1313, les terres de Générac passent entre les mains des hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem[23]. Un temps érigé en commanderie, Générac redevient simple membre du grand prieuré de Saint-Gilles vers la fin du XIVe siècle.

Au XVe siècle, des troubles juridiques apparaissent concernant la seigneurie de Générac, notamment à l'encontre des descendants de Guillaume de Nogaret. En 1508, l'application définitive du concile de Vienne par le parlement de Toulouse permet le rétablissement des droits du grand prieur[19]. Ce dernier aménage largement le château vers 1540.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Tours nord et sud du château.

C’est au milieu de XVIe siècle que de nouveaux évènements se produisent, en lien direct avec l'arrivée de la Réforme protestante.

À cette époque, l'actuel département du Gard adhère en masse au discours de Jean Calvin et de l'allemand Martin Luther, dénonçant notamment le système des indulgences. D'Aigues-Mortes aux Cévennes, de nombreuses villes basculent du côté de la « religion prétendue réformée ». Générac devient en majorité calviniste. L’église comme le presbytère sont entièrement démolis. Les réformés gardent le cimetière ; ils en interdisent l’accès aux autres croyants et les empêchent, à leur tour, de pratiquer librement leur religion. Sur les ruines de l’église, ils établissent leur temple. Pendant une trentaine d'années (jusqu’en 1596), aucun prêtre n’exercera à Générac. La paix revient enfin quand Henri IV, qui vient de se convertir au catholicisme, signe l’édit de Nantes en 1598[24].

Suite à son assassinat, les seigneurs protestants armés s’opposent au nouveau roi, Louis XIII et à son ministre Richelieu. En Languedoc, le duc de Rohan organise des expéditions contre les papistes. En 1628, il charge un de ses soldats, le capitaine Huguet, de s’installer à Générac. La troupe occupe le château[19]. C’est de cette époque que date l’aile ouest, construite pour loger les militaires. La paix d’Alais (Alès), signée à Lédignan en 1629, ramène à nouveau le calme. La garnison du capitaine Huguet quitte le village. En 1648, le parlement de Toulouse rend aux généracois l’emplacement de leur ancienne église pour être reconstruite. Les délégués se rendant sur les lieux ne trouvent aucune trace de l’édifice, détruit jusqu'aux fondations. C’est Jean Popo, architecte du roi, qui en réalise le plan et ordonne que les fenêtres soient vitrées et grillagées. Les travaux de l’église ne commencent que le 9 mai 1687 pour se terminer un an plus tard.

En 1661, le roi Louis XIV n’acceptant pas qu’il existe deux religions en France s’en prend aux huguenots avec violence. Des interdictions de plus en plus nombreuses leur sont adressées. Celles-ci n'étant pas ou peu respectées, Louis XIV prononce en 1685 la révocation de l’édit de Nantes qui interdit la religion protestante[25]. Les pasteurs et leurs fidèles sont alors pourchassés ; ceux qui n’acceptent pas d’abjurer sont sévèrement punis. À Générac, des hommes sont envoyés aux galères[19]. Les femmes sont parfois emprisonnées, notamment à Aigues-Mortes dans la tour de Constance. Pour échapper à leur malheur, certains protestants fuient à l’étranger, essentiellement en Europe du Nord et en Suisse. En 1677, Générac comptait 300 réformés et 200 catholiques. En 1694 on dénombrait 450 « communiants » dans la paroisse.

Lorsque Louis XIV apprend qu’une partie de ses sujets résiste toujours, il va la frapper encore plus durement. Les troupes du roi épient les rassemblements au « désert » et punissent ceux qu’on y capture. Alors éclate une révolte qui va durer deux ans : la guerre des Cévennes. Poussés à bout, les rebelles incendient églises et villages, se vengeant sur la population et mettant en échec les troupes royales deux années durant. L’église de Générac est une nouvelle fois incendiée en 1704[26]. Suite au « brûlement des Cévennes » ordonné par le roi, la guerre prend fin la même année. Malgré ce, les persécutions perdurent durant toute une partie du XVIIIe siècle : ainsi en 1745, une lettre de cachet de Louis XIV envoie en prison Marie Chassefière, de Générac, mère de trois enfants. Elle y restera 23 ans, de 1745 à 1768.

Il faudra attendre la Révolution pour que chaque citoyen français ait la liberté de pensée et de culte[27].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Façade ouest du château.

En 1789, la communauté de Générac rédige son cahier de doléances. Les demandes concernent alors principalement l'accès à la justice, la soumission à l'impôt et le pacage des troupeaux[19]. Jusque là, le château aura appartenu au grand prieuré de Saint-Gilles[28]. Suite à la Révolution, il est attribué en fermage à un nommé Jacques Archinard. Dès 1791, le bâtiment et ses terres déclarés « biens nationaux » sont partagés en de nombreux lots vendus à des agriculteurs de la commune ou de la région[19].

Notons que si le château perd peu à peu son rôle stratégique, le village du XIXe siècle connaît pour sa part une période de prospérité remarquable. La population s'accroît toujours plus et l'aire urbaine connaît une forte expansion. Plusieurs monuments majeurs du village sont édifiés, dont l'hôtel de ville, l'église actuelle et le temple. À la sortie nord du village, les lavoirs sont aménagés. Les lois scolaires promulguées par Jules Ferry dès 1880 favorisent la construction des écoles communales, près du château. De plus, l'activité économique de la commune devient foisonnante. Le vignoble ne cesse de s'étendre et les fours des tuileries fonctionnent à plein régime. La gare de Générac, construite en 1873 sur une ligne de chemin de fer nouvelle reliant Nîmes au littoral, favorise cet essor. Les agriculteurs peuvent en effet s'approvisionner en engrais et exporter plus aisément leurs productions. La principale tuilerie bénéficie, quant à elle, d'un quai ferroviaire dédié.

Au début du XXe siècle, le chemin de fer permet à l'économie du village de se maintenir pendant un temps. Mais la crise économique et la chute démographique entrainée par la Première Guerre mondiale mettent à mal plusieurs secteurs, dont la viticulture. La cave coopérative de Générac est fondée en 1927, permettant aux viticulteurs de mutualiser leurs moyens et de maîtriser l'ensemble du processus de vinification. La dernière tuilerie s'éteint en 1946[19]. À cette époque, le château est occupé par plusieurs familles puis par leurs descendants. Le 25 mai 1993, il est l'objet d'une inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques[29]. Actuellement, il est copropriété de la commune qui a pris en charge sa restauration.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Générac depuis 1944
Maire Mandat Commentaires
Début Fin
Gaston Larguier 1944 1947
Jean Blanc 1947 1959
Gabriel Poitevin 1959 1965
André Christol 1965 1983
Charles Tronc 1983 1989
Alain Meiffre 1989 2001 Divers droite
Jean-Claude Demunck 2001 2008 Divers droite, vice-président de Nîmes Métropole
Frédéric Touzellier 2008 2014
Frédéric Touzellier 2014 en cours Divers, vice-président de Nîmes Métropole

Conseil municipal[modifier | modifier le code]

Le Conseil municipal généracois comprend 27 membres, dont le maire, 8 adjoints et 18 conseillers municipaux.

Depuis les dernières élections municipales, sa composition est la suivante[30]:

Groupe Effectif Statut
« Générac, notre village »
Divers
22 majorité
« Générac en action »
Divers
5 opposition

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

SIVOM des Costières

Formé en 1965, le SIVOM des Costières de Générac-Beauvoisin assure la compétence transfert et traitement des eaux usées, sur le territoire de ces deux communes[31].

Communauté d'agglomération Nîmes Métropole

Depuis 2001, Générac fait partie des 27 communes membres de la communauté d'agglomération Nîmes Métropole. C'est, avec Saint-Gilles, la commune la plus au sud de l'agglomération[32].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Au 1er janvier 2014, Générac n'est jumelée avec aucune commune française ou étrangère.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 983 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 100 1 183 1 416 1 740 1 883 1 904 1 988 1 930 1 940
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 084 2 159 2 287 2 260 2 207 1 814 1 848 1 983 1 945
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 080 2 112 2 034 1 886 1 785 2 030 1 855 1 630 1 667
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 650 1 682 1 764 2 113 2 925 3 223 3 565 3 629 3 982
2011 - - - - - - - -
3 983 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[33] puis Insee à partir de 2004[34].)
Histogramme de l'évolution démographique


Depuis 1793, l'évolution démographique du village est grandement influencée par le contexte politique et socio-économique.

De la Révolution jusqu’à 1866, la population augmente car le vignoble qui se développe réclame une main d’œuvre toujours plus abondante. De 1881 à 1906, soutenue par la reconstitution du vignoble, la croissance continue. De 1906 à 1926, la crise viticole entraîne une nouvelle chute accentuée par la Première Guerre mondiale. De 1926 à 1931, la croissance reprend, en particulier grâce à la demande de main-d’œuvre de la tuilerie. De 1931 à 1946, la fermeture de la tuilerie, puis le départ de certains villageois vers la ville et la guerre, entraînent un dépeuplement marqué. De 1946 à 1968, la population se stabilise avec la mécanisation de l’agriculture qui diminue le besoin de main d’œuvre. Par la suite, la forte demande d’habitat individuel incite les propriétaires à vendre leurs terrains pour construire des maisons dont les habitants travaillent généralement en dehors du village. Ainsi, à partir de 1980, la population explose et passe des 1 700 aux 3 900 habitants d’aujourd’hui.

Pyramide des âges de la commune de Générac en 2011 en poucentage[18]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,5 
5,3 
75 à 89 ans
7,4 
14,4 
60 à 74 ans
12,9 
19,7 
45 à 59 ans
19,4 
22,0 
30 à 44 ans
22,3 
17,2 
15 à 29 an s
17,9 
21,2 
0 à 14 ans
19,6 

En 2011, la pyramide des âges de Générac montre une population relativement jeune. En effet, la part des plus de 60 ans représente 20,4 % tandis que celle des moins de 30 ans atteint 38 %. La tranche d'âge 30-60 ans demeure la plus importante, avec 41,7 % de la population totale. Notons que la répartition des sexes frôle la parité, avec 51 % de femmes et 49 % d'hommes.

Emploi[modifier | modifier le code]

Répartition de la population par type d'activité, en 2006.

Selon l'Insee, le taux de chômage de la commune atteignait 12,2 % en 2006 et 11,8% en 2011. Le chômage touche alors essentiellement les 15-24 ans, avec un taux avoisinant les 25 %.

La même année, la catégorie socio-professionnelle dominante est celle des ouvriers, avec 31,3 %, suivis des employés avec 24,8 %, et des professions intermédiaires avec 18,8 %. La part des artisans, commerçants et chefs d'entreprise atteint les 12,8 %. Le village ne compte que 7,4 % de cadres et 4,9 % d'agriculteurs.

En 2011, la part des actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi et travaillant au sein de la commune atteint 24,2 %. 65,6 % travaillent dans une autre commune gardoise et 10,3 dans un autre département français[18]. Notons que plusieurs métiers pratiqués au début du siècle dernier ont disparu du paysage généracois. Ces professions étaient, pour la plupart, liées à l'activité essentiellement agricole de la commune : meunier, bourrelier-sellier, maréchal-ferrant, tonnelier

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune de Générac dépend de l'académie de Montpellier. Elle dispose aujourd'hui de 2 groupes scolaires : l'un public, composé de l'école primaire Li flou d'armas (en occitan : la fleur des champs) et de l'école maternelle Les aristoloches et l'autre privé, composé de l'école Saint-Louis.

Les établissements d'enseignement secondaire les plus proches sont le collège Jean-Vilar à Saint-Gilles et le lycée Geneviève Anthonioz-de Gaulle à Milhaud. Les établissements d'enseignement supérieur sont notamment situés à Nîmes et Montpellier.

Équipements sociaux, culturels et sportifs[modifier | modifier le code]

Stade des Costières et gymnase.

La commune dispose d'une crèche, d'un centre de loisirs et d'une médiathèque.

De nombreux clubs sportifs évoluent à Générac et permettent notamment la pratique du football, du volley-ball, du badminton, du tennis de table, du tennis, du handball, du basket-ball, de la gymnastique, du judo… notons qu'en période de vacances scolaires, la municipalité met à disposition des enfants du village le service Sport pour tous.

En termes d'infrastructures, la commune dispose d'une halle de sports, d'un gymnase, de deux stades de football, de deux terrains de tennis et d'un boulodrome. De plus, les collines boisées des Costières regorgent de sentiers permettant promenades et randonnées. Un parcours de 14 km, signalé par un schéma local de randonnée (balises jaunes), couvre les zones naturelles de la commune depuis 2004[35]. En 2005, un parcours de santé d'une longueur de 1,3 km a été réalisé autour du puech Roussin.

Notons enfin que chaque année, une course VTT - la Canicula - et un cross - Généracrosstière - sont organisés sur le territoire de la commune.

Vie associative[modifier | modifier le code]

Le milieu associatif occupe une place prépondérante à Générac, dans des domaines tout à fait divers[36]. Ainsi, la tradition taurine est défendue par deux clubs, Lou meloun et Lou Racanel. Le club Générac Traditions a également pour credo la défense de la culture et des traditions généracoises. Un atelier musical, deux chorales et plusieurs clubs de danse connaissent chacun une belle fréquentation. Le troisième âge peut aussi se retrouver par le biais du club de l'âge d'or.

Santé[modifier | modifier le code]

Une pharmacie est présente à Générac. Une délégation de la Croix-Rouge française ainsi qu'une association des donneurs de sang sont à la disposition des habitants. Les services d'urgences les plus proches se trouvent à Nîmes (polyclinique Grand-Sud, hôpital Carremeau).

Cultes[modifier | modifier le code]

La paroisse catholique de Générac fait partie d'un ensemble paroissial regroupant Saint-Gilles, Générac et Beauvoisin. Ce dernier dépend du doyenné Plaine et Camargue et du diocèse de Nîmes[37].

La paroisse de l'église protestante unie regroupe quant à elle les temples de Générac, Aubord et Beauvoisin. Cet ensemble fait partie du consistoire Vaunage-Vistrenque et de la région Cévennes-Languedoc-Roussilon[38].

Médias[modifier | modifier le code]

La municipalité publie un bulletin d'information trimestriel ainsi qu'un programme mensuel[39].

Générac fait partie du territoire couvert par le quotidien Midi libre, par la télévision locale TV SUD Camargue Cévennes et par les programmes de France 3 Languedoc-Roussillon.

Activité économique[modifier | modifier le code]

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

Vignes sur le plateau des Costières.

Viticulture[modifier | modifier le code]

Depuis des siècles, l'économie locale est en grande partie liée aux activités viticole et vinicole. La viticulture des Costières connait un réel âge d'or entre la deuxième moitié du XIXe siècle et les années 1950 environ. Bien qu'il s'agisse d'un secteur aujourd'hui en crise, de très nombreux hectares de vignes sont encore cultivés sur le territoire de la commune de Générac.

Arboriculture fruitière[modifier | modifier le code]

La seconde moitié du XXe siècle voit le paysage des Costières se restructurer peu à peu. Dès les années 1980, la forte crise que connaît la viticulture incite de nombreux domaines à se reconvertir dans l'arboriculture, d'autant que la construction du canal BRL améliore grandement l'irrigation des sols. D'immenses vergers sont ainsi plantés : le pêcher et l'abricotier sont les principales espèces choisies. Au printemps, ces plantations offrent un paysage étonnant, très densément fleuri. Durant la période estivale, le secteur représente une source d'emplois saisonniers relativement conséquente.

À titre d'exemple : à Générac, le Domaine des Coteaux de la famille Bonnet emploie 500 à 600 personnes en juillet et en août et un peu moins de 350 personnes en juin et en septembre. Le verger, dispersé sur plusieurs communes (Nîmes, Saint-Gilles, Générac, Aubord, Beauvoisin) fait 280 hectares et produit 7 000 tonnes de fruits par an[40].

L'arboriculture fruitière est particulièrement soumise aux aléas. Ceux-ci peuvent être d'ordre climatique (gelées tardives, orages de grêle…) ou sanitaire (champignons, insectes…). Chaque année, les arboriculteurs doivent également composer avec les fluctuations de la demande, elle-même influencée par le climat.

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

Vinification[modifier | modifier le code]

La cave coopérative.

En 1876, la commune de Générac compte plusieurs marchands de vin qui achètent le cru dans les propriétés, où le vin est alors produit. Ils le rentrent en foudres (énormes tonneaux d’une capacité de 5 à 30 m3) puis le vendent directement aux consommateurs : des particuliers, des cafés, des débits de vin. Notons également le rôle du courtier, qui est de se rendre chez le viticulteur pour goûter son vin et en ramener un échantillon au marchand, qui se charge de faire une offre. En cas d’accord avec le viticulteur, le marchand verse une somme au moment de l’achat, le reste à la livraison.

Au début du XXe siècle, la vente du vin se développe grâce aux expéditions ferroviaires. S’il existe encore des « barricailleurs » qui expédient le vin par fûts, des commissionnaires commencent peu à peu à acheter le vin pour le compte de marchands extérieurs, en l'expédiant par demi-muids (220 à 600l). A partir de 1920 se développe la vente en gros. On commence alors à se servir de citernes pour aller chercher le vin à la propriété et même pour livrer certains clients.

Le 21 avril 1927, 56 viticulteurs généracois décident la création d’une cave coopérative. Ils se regroupent pour acheter des machines en commun et produire ensemble leur vin ; ils veulent ainsi améliorer la qualité du produit et le vendre plus facilement. La cave coopérative de Générac est rapidement reconnue pour l'importante capacité de ses cuves. Celle-ci a évolué au fil des décennies :

Capacité des cuves en hl de 1928 à 2006 :
1928 7 000
1936 27 340
1949 39 170
1951 71 030
1966 185 600
1991 235 000
2006 240 000[Note 3]
Production en hl de 1928 à 2006 :
1928 7 000
1944 31 000
1950 53 000
1956 72 000
1962 126 000
1968 110 000
1974 165 000
1980 210 000
1986 142 000
1991 75 000
2006 62 000

En observant ces chiffres, nous constatons une croissance importante jusqu’en 1980, suivie d’une chute spectaculaire jusqu’en 1989. Par les accords de Dublin, les pays membres de la Communauté économique européenne veulent stopper la surproduction de vin de consommation courante, en faisant distiller une partie du produit. Les producteurs du Languedoc-Roussillon ont opté pour un arrachage massif de la vigne, plutôt que de faire distiller le vin excédentaire. À Générac, des producteurs se sont convertis à la polyculture et ont entrepris de replanter leurs vignes avec des cépages améliorateurs[41].

Ils produisent depuis 1986 un vin d’appellation d’origine contrôlée (en 2006, 30 000 hl d'AOC « Costières de Nîmes » sur une production de 62 000 hl).

Industrie agroalimentaire[modifier | modifier le code]

Un atelier de l'épicier de luxe Hédiard est présent à Générac. Il produit essentiellement des confitures, des fruits confits et des pâtes de fruits[42].

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Zone d'activités[modifier | modifier le code]

Créée au cours des années 1980 sur un espace de 21 hectares au nord du village, la zone d'activités (ou zone artisanale) de Générac accueille aujourd'hui 12 entreprises et emploie près de 150 personnes[43]. Les entreprises implantées incluent des secteurs tels le transport routier de marchandises ou encore la vente de machines agricoles. Notons que de nouvelles entreprises de services tendent à s'y installer, depuis la récente viabilisation de la partie sud de la zone.

Grande distribution[modifier | modifier le code]

Une enseigne de hard-discount ainsi qu'une supérette, toutes deux issues de la grande distribution, sont présentes à Générac.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Dans le village[modifier | modifier le code]

  • L'hôtel de ville et son beffroi, qui n'est pas sans rappeler la base d'un clocher roman provençal, la flèche en moins ; édifiés en 1847.
  • L'église. Vers l’an 1000, des moines de l’abbaye de Saint-Gilles érigent un petit prieuré, sous le vocable de de Saint-Jean. Elle fut détruite à deux reprises lors de la Réforme puis reconstruite en 1860 dans un style éclectique.
  • Le temple. D'architecture originale et particulièrement travaillée au niveau de sa façade, il fut bâti à partir de 1863. Consacré en 1872, il abrite aujourd'hui l’église protestante unie de Générac[44].
  • Le château. Pour rappel, sa construction débuta probablement au XIe siècle. Rappelons également qu'il appartint aux comtes de Toulouse jusqu’en 1212. En 1248 il passe aux mains des Templiers, comme celui de Beauvoisin. À la mort de Guillaume de Nogaret en 1313, le château et ses terres revinrent au grand prieuré de Saint-Gilles qui y fit d'importants travaux au XVIe siècle. À l’heure actuelle, le château est en rénovation et la commune en est copropriétaire. L’on peut y découvrir un escalier à vis et une façade ajoutée à la Renaissance. Il abrite le musée de la tonnellerie depuis 1995[45].
  • Les anciennes écoles communales. Utilisées en tant que telles pendant plus d'un siècle, de 1881 à 1992, elles abritent aujourd'hui le centre de loisirs du village.
  • La circulade du Fort. Il s'agit là d'une particularité urbanistique qui concerne une partie seulement du centre-ville - accessible par la rue du Fort - et non l'ensemble du vieux village, qui à ce titre n'est pas une circulade. Ce quartier adjacent à la place du village fut très certainement construit à l'époque médiévale. À l'image d'autres bourgades circulaires languedociennes, les habitations qui le constituent sont clairement disposées de façon rayonnante autour d'une petite place centrale. La circulade du Fort devait ainsi constituer le cœur du Générac médiéval[16].
  • La cave coopérative. Construite en 1927 par l'architecte gardois Henri Floutier, la cave coopérative des Costières de Générac a été tout au long du XXe siècle un lieu central pour l'économie du village, de par l'importante capacité de ses cuves[46].
  • La gare. Elle fut construite en 1873, sur une ligne qui connut par la suite un important trafic. Si aujourd'hui la gare a perdu sa vocation marchande, des trains de marchandises empruntent toujours la ligne pour transporter le sel extrait des Salins du Midi d'Aigues-Mortes. Il n’y a plus de chef de gare depuis 1981, néanmoins le TER s’arrête toujours pour conduire les voyageurs vers Nîmes ou le Grau-du-Roi.

Hors du village[modifier | modifier le code]

  • Les lavoirs, dont les premières traces datent de 1255. On parle alors de « fontaine aux Allemands ». Le premier aménagement a été réalisé en 1810. Les lavoirs furent fermés au cours des années 1980 pour des raisons d’hygiène et de sécurité. Situés à proximité de l'ancien site de l'usine de pompage des eaux, ces importants bassins bordés de platanes ont été récemment réhabilités[47].
  • La ferme du Puech-Roussin. Depuis 2004, les propriétaires de cette ferme biologique et pédagogique proposent aux visiteurs la découverte de leur exploitation agricole, son historique, l'élevage des chèvres, la transformation fromagère ainsi que leurs différents produits. La découverte in-situ et la vente directe sont grandement privilégiées par les exploitants.

Traditions[modifier | modifier le code]

Festivités[modifier | modifier le code]

Fête votive

À l'instar de nombreuses communes de la région, Générac organise chaque année sa fête votive, qui se tient généralement autour du 15 juillet. Cette fête populaire est notamment marquée par la tauromachie camarguaise, appelée localement bouvine. À cette occasion, les rues du village accueillent abrivados et bandidos, courses taurines impliquant le plus souvent des manades locales telle la manade Cuillé[48] et se manifestant sous la forme d'un parcours clos au cœur du village. Des courses camarguaises se tiennent également dans les arènes.

La fête est un vrai moyen d'expression pour la jeunesse généracoise, notamment grâce aux aubades. Largement répandue dans les communes de la région, cette tradition puise ses origines au début du XXe siècle, lorsque la communauté fêtait le départ pour le service national des jeunes gens âgés de 18 ans. On réalisait alors l'empègue, dessin au pochoir appliqué sur les portails des maisons, dont le motif représentait un élément emblématique de la bouvine ou même parfois un événement de l'année en cours. Notons que la tradition de l'empègue se poursuit aujourd'hui encore[49].

Fête de la souche et du terroir

La fête de la souche est une manifestation propre au village de Générac. C'est l'illustration par excellence de l'attachement du village à la viticulture et au terroir des Costières.

La fête se déroule chaque année depuis 1990, lors du dernier week-end du mois d'avril. Bien que la viticulture en soit la thématique centrale, la municipalité souhaite également mettre en avant toute activité exprimant le terroir et la culture locale. Ainsi, généracois comme visiteurs de passage peuvent rencontrer de nombreux producteurs de vin, mais également des manadiers et des artistes locaux. Un défilé traditionnel se tient généralement le dimanche, avant que la « cérémonie de la souche » ne vienne clôturer les festivités.

En avril 2010, le village organise la vingtième édition de cette fête. Il est à noter que la fête de la souche attire entre 5 000 et 10 000 visiteurs chaque année, selon les conditions climatiques.

Culture occitane[modifier | modifier le code]

Générac est très empreinte de la culture occitane. L'occitan provençal est souvent couramment parlé par les plus anciens et des cours sont même dispensés dans le village par l'Institut d'études occitanes[50].

Depuis 2009, les trois entrées principales de la commune signalent son nom traduit en occitan, Geneirac, conjointement à l'appellation française officielle. La croix occitane, symbole de cette culture, est quant à elle évoquée au cœur du logo du village.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  3. Actuellement seul 1/3 est utilisé, soit 62 000 hl.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les Sobriquets collectifs d'André Bernardy ; édition: les ateliers Henri Pelatan en 1962 à Uzès
  2. « Site officiel du S.CO.T. Sud-Gard »
  3. « Pays du département du Gard », sur Gard.gouv.fr
  4. « Géologie et hydrogéologie de la plaine de la Vistrenque et du plateau des Costières », sur Vistrenque.fr
  5. Carte topographique de randonnée IGN n°2943 O - St-Gilles/Vauvert
  6. « Les unités de paysages de la Costière », sur Atlas.dreal-languedoc-roussillon.fr
  7. « Garrigues en pays languedocien », sur Euziere.org
  8. a et b « ZNIEFF 910030034 - Costières de Générac », sur Inpn.mnhn.fr
  9. « Natura 2000 FR9112015 - Costières nîmoises », sur Inpn.mnhn.fr
  10. « ZNIEFF 910011527 - Puechs Lachet et de Dardaillon », sur Inpn.mnhn.fr
  11. « Suivi de l'épisode pluvio-orageux des 6 et 8 septembre 2005 », sur Forums.infoclimat.fr
  12. « Climatologie mensuelle à Nîmes », sur Infoclimat.fr
  13. « Les nappes de la Vistrenque et des Costières », sur Vistrenque.fr
  14. « Réseau de transports en commun péri-urbain de Nîmes Métropole », sur Tangobus.fr
  15. Réseau de transports en commun départemental Edgard, sur Edgard-transport.fr
  16. a et b Circulades languedociennes de l’an Mille - Naissance de l’urbanisme européen, Krzysztof Pawlowski, éd. Presses du Languedoc, 1992, p. 200
  17. « L'urbanisme », sur Generac.fr
  18. a, b et c « Insee - commune de Générac (30128) », sur Insee.fr
  19. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Histoire de la commune de Générac », sur Nemausensis.com
  20. Paléolithique Supérieur et Epipaléolithique en Costière du Gard, Frédéric Bazille, Bulletin de la Société préhistorique française, 1973
  21. « Texte intégral et analyse du traité de Meaux sur le site du centre historique Henri Platelle (Lille) »
  22. « Les templiers d'Aigues-Vives », sur Templiers.net
  23. « Les templiers à Nîmes et dans le Gard », sur Nemausensis.com
  24. « Texte intégral de l'édit de Nantes », sur Huguenotsweb.free.fr
  25. « Exemplaire imprimé de l'édit de Fontainebleau (1685) », sur Gallica.bnf.fr
  26. « Les camisards à Générac », sur Camisards.net
  27. « Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789, article 10 », sur Textes.justice.gouv.fr
  28. « État récapitulatif des propriétés gardoises du grand prieuré de Saint-Gilles », sur Nemausensis.com
  29. « Château de Générac », base Mérimée, ministère français de la Culture
  30. Bulletin d'information de la mairie de Générac - no 13, juin 2014
  31. Bulletin d'information de la mairie de Générac - no 9, mars 2013
  32. « Les communes de la communauté d'agglomération Nîmes Métropole »
  33. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  34. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  35. Bulletin d'information de la mairie de Générac - no 22, octobre 2004
  36. « Les associations », sur Generac.fr
  37. « Les paroisses du diocèse de Nîmes », sur Nimes.catholique.fr
  38. « Carte des consistoires », sur Protestants-unis-du-midi.fr
  39. « Publications de la municipalité », sur Generac.fr
  40. « Article du quotidien MidiLibre du 10 juillet 2009 », sur MaVille.com
  41. Bulletin d'information de la mairie de Générac - no 30, février 2006
  42. « Hédiard », sur Patrimoine-vivant.com
  43. « Zone d'activités de Générac sur le site Code 30 de la CCI de Nîmes »
  44. « Paroisse protestante de Générac-Aubord-Beauvoisin »
  45. « Le musée de la tonnellerie », sur Generac.fr
  46. « Coopérative vinicole des Costières de Générac », sur Laregion-culture.fr
  47. « Les lavoirs », sur Generac.fr
  48. « Une nouvelle édition réussie de la fête votive », sur midilibre.fr,‎ 18 juillet 2012 (consulté le 9 janvier 2014)
  49. « Aubades et empègues pour les fêtes votives en Camargue »
  50. « Cours d'occitan pour adultes », sur Generac.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]