Tavel (Gard)

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Tavel
Vue générale de Tavel
Vue générale de Tavel
Blason de Tavel
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Canton Roquemaure
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Gard rhodanien
Maire
Mandat
Claude Philip
2014-2020
Code postal 30126
Code commune 30326
Démographie
Gentilé Tavelois
Population
municipale
1 834 hab. (2011)
Densité 92 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 00′ 43″ N 4° 42′ 02″ E / 44.0119, 4.700644° 00′ 43″ Nord 4° 42′ 02″ Est / 44.0119, 4.7006  
Altitude Min. 50 m – Max. 265 m
Superficie 19,96 km2
Localisation

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Tavel

Tavel est une commune française située dans le département du Gard en région Languedoc-Roussillon.

Géographie[modifier | modifier le code]

Orographie[modifier | modifier le code]

La carrière de Tavel

L'orographie de Tavel est tributaire du massif des garrigues du Gard. Celui-ci s'étend sur 20 kilomètres entre Uzès et Tavel pour une dizaine de kilomètres de largeur. Son altitude varie autour de 250 mètres d'altitude, dominant la plaine de 150 mètres[1].

Ce massif date de 110 millions d'années avant notre ère. Il s'est formé à la fin de l'ère secondaire, au cours de la période du Crétacé. La zone était couverte par une mer chaude où se forma une immense barrière de corail qui forme aujourd'hui les collines calcaires de Tavel et Lirac. La pierre de Tavel est extraite de ce calcaire dur contenant des fossiles d'ammonites[2].

La carrière d'extraction se situe sur la route de Lirac dans une dépression calcaire dominée au nord par le plateau calcaire de la Montagne et au sud par le plateau calcaire de la Forêt de Tavel-Rochefort[3].

Géologie[modifier | modifier le code]

Le terroir viticole de Tavel est composé de quatre zones distinctes. Une zone alluvionnaire générée par le Rhône qui se retrouve sur les coteaux des AOC Lirac et Tavel sous la forme d'alluvions anciennes recouvrant les basses et moyennes terrasses. Une zone sableuse datant du pliocène moyen, dont les sables se retrouvent entre Tavel et Roquemaure. Une zone de calcaires marneux déposés au cours du barrémien inférieur qui forment le massif de Villeneuve les Avignon, Les Angles et Tavel. Enfin une zone de calcaire du Barrémien supérieur à faciès urgonien qui compose le massif de Tavel-Rochefort du Gard. Ce sont essentiellement des calcaires cristallins (argileux et récifaux) et des calcaires graveleux (calcaires détritiques)[4].

Climatologie[modifier | modifier le code]

Le climat de ce terroir est soumis à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches (une brève en hiver, une très longue et accentuée en été), deux saisons pluvieuses, en automne (pluies abondantes et brutales) et au printemps. Sa spécificité est son climat méditerranéen qui constitue un atout exceptionnel :

  • Le mistral assainit le vignoble
  • La saisonnalité des pluies est très marquée
  • Les températures sont très chaudes pendant l'été.

Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare[5].

Relevés météorologiques de la région d'Avignon
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2 3 6 8 12 15 18 18 14 11 6 3 9,6
Température moyenne (°C) 6 7,5 11 13 17,5 21 24 24 19,5 15,5 8,5 7,5 14,7
Température maximale moyenne (°C) 10 12 16 18 23 27 30 30 25 20 13 10 19,75
dont pluie (mm) 36,5 23,3 24,9 47,5 45,6 25,4 20,9 29,1 65,8 59,6 52,8 34 465,4
Source : Données climatologiques d'Avignon 2000-2007


Selon Météo-France, le nombre par an de jours de pluies supérieures à 2,5 litres par mètre carré est de 45 et la quantité d'eau, pluie et neige confondues, est de 660 litres par mètre carré. Les températures moyennes oscillent entre 0 et 30° selon la saison. Le record de température depuis l'existence de la station de l'INRA est de 40,5 °C lors de la canicule européenne de 2003 le 5 août (et 39,8 °C le 18 août 2009) et −12,8 °C le 5 janvier 1985. Les relevés météorologiques ont lieu à l'Agroparc d'Avignon.

Vue générale de Tavel
Le mistral

Le vent principal est le mistral, dont la vitesse peut aller au-delà des 110 km/h. Il souffle entre 120 et 160 jours par an, avec une vitesse de 90 km/h par rafale en moyenne[6]. Le tableau suivant indique les différentes vitesse du mistral enregistrées par les stations d'Orange et Carpentras-Serres dans le sud de la vallée du Rhône et à sa fréquence au cours de l'année 2006. La normale correspond à la moyenne des 53 dernières années pour les relevés météorologiques d'Orange et à celle des 42 dernières pour Carpentras[7].

« = » : idem à la normale ; « + » : supérieur à la normale ; « - » : inférieur à la normale.

Mistral. Jan. Fev. Mars. Avril. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Dec.
Vitesse maximale relevée sur le mois 96 km/h 97 km/h 112 km/h 97 km/h 94 km/h 100 km/h 90 km/h 90 km/h 90 km/h 87 km/h 91 km/h 118 km/h
Tendance : jours
avec une vitesse >
16 m/s (58 km/h)
-- +++ --- ++++ ++++ = = ++++ + --- = ++


Histoire[modifier | modifier le code]

Néolithique[modifier | modifier le code]

Le site du village actuel fut occupé entre le VIe et le IIe millénaire avant notre ère par des chasseurs-cueilleurs installés sur les pentes du plateau de Vallongue.

Antiquité[modifier | modifier le code]

- Olivet: Des pierres taillées, tuiles, briques, tuyaux d'hypocauste, dolium, amphores et peintures murales, liés à un Habitat de type villa, daté du 3*s apr. jc.

-Roque Hautes: petite nécropole à incinérations, 50-60 apr. jc, bol en terra sigillata, vases de fantaisie et patères, poterie indigène et lampe et couteau, verrerie, urnes en verre, cistes funéraires.

-Bouvettes: Edifice thermal public de 60m de long, occupé du 1er au 3e s. apr. jc, trois autels ont été retrouvés sur le site, trois états des thermes ont pu étre reconnus.

La colonisation romaine a permis de retrouver les vestiges d'une villa à proximité de la cave coopérative. Les archéologues ont mis au jour des pépins de raisins et des résidus de presse prouvant sa vocation viti-vinicole[8].


Moyen Age[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possédait l’église paroissiale Saint-Pierre, et en percevait les revenus[9].

Le château de Trinquevedel appartint à différentes familles nobles jusqu'à la Révolution.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Tavel Blason Orangé au chef fuselé de sinople et d'or.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2008 mars 2014 Jean Théron PS  
mars 2014 en cours Claude Philip[10] DVG  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 834 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
800 791 836 938 1 030 1 096 1 109 1 191 1 171
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 224 1 314 1 292 1 244 1 187 1 160 1 333 1 090 961
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
950 841 786 701 639 611 650 667 679
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
884 965 1 161 1 383 1 439 1 529 1 688 1 834 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Viticulture[modifier | modifier le code]

Entrepôt de vins et spiritueux à Tavel au début du XXe siècle
Gamme de vins de Tavel

En 1902, les producteurs de vins de Tavel formèrent un syndicat de propriétaires-viticulteurs. Son premier président fut M. Tourtin, du prieuré de Montézargues. Pour faire connaître et apprécier leurs vins rosés, les membres participèrent à différentes expositions nationales et internationales dont celles de Lyon, Marseille, Strasbourg et Liège[13].

En 1927, au cours du mois de novembre et à l'incitation du baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié, Aimé Roudil, président du syndicat, et quarante producteurs de Tavel engagèrent une action en justice auprès du tribunal civil du Gard afin de définir l'aire de production[14]. Le jugement fut rendu le 28 janvier 1928 mais il fallut attendre le 17 mai 1936 pour la parution du décret au Journal officiel et sa confirmation par le décret du 19 novembre 1937[15].

Le Tavel (AOC) est souvent appelé "1er rosé de France", avec de nombreux hectares de vigne et des caves connues, privées comme publiques ex:la cave coopérative. Chaque année un concours est organisé pour savoir quelle est la cave qui fait le meilleur vin. En 2006, c'est la cave Canto Perdrix qui l'a gagné. Cette cave existe depuis la fondation du village. C'est la famille Mejan qui s'en occupe aujourd'hui.

Le caveau Saint-Vincent
Les tavels du caveau Saint-Vincent

Dans le village, le Caveau Saint-Vincent a été le premier caveau généraliste créé en Côtes du Rhône gardoises en 1985. Sa responsable, Sylvie Tribert, y a regroupé la production des vingt-sept caves vigneronnes de Tavel et commercialise une soixantaine de vins différents de la gamme des AOC de la vallée du Rhône méridionale dont des lirac, châteauneuf-du-pape, gigondas, vacqueyras, côtes-du-rhône, muscat de Beaumes-de-Venise, cartagène et marc de Tavel. Le caveau organise des dégustations pour groupes et des visites du vignoble[16].

Leçon de dégustation au caveau Saint-Vincent par Sylvie Tribert

Huile d'olive de Provence AOC[modifier | modifier le code]

Huile d'olive de Provence AOC (La Balméenne à Beaumes-de-Venise (84))

L'huile d'olive de Provence est protégée par une appellation d'origine contrôlée (AOC) à la suite d'une enquête diligentée par l'INAO, dont les conclusions ont été déposées auprès de la commission le 26 octobre 2006, réunie à Arles. La signature du décret parut au Journal officiel le 14 mars 2007[17]

Pour pouvoir postuler à l'AOC, l'huile d'olive de Provence doit être élaborée à base des variétés aglandau, bouteillan, cayon, salonenque ainsi que celles dénommées localement brun, cayet, petit ribier et belgentiéroise. Il faut au moins deux de ces variétés principales présentes au sein de l'oliveraie[17],[18].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eugène Germer-Durand, Topographie du département du Gard, en ligne
  • Auguste Moison, Tavel, la renaissance d'un cru, Éd. Henri Péladan, Uzès, 1974.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La garrigue dans le Gard
  2. Le terroir de Tavel
  3. La carrière de Tavel
  4. Composantes géologiques du terroir viticole de Tavel
  5. La climatologie du Vaucluse.
  6. Jean Vialar, Les vents régionaux et locaux, 1948 ; réédité par Météo-France en 2003.
  7. Source : Services techniques d'Inter Rhône à Avignon Données météorologiques concernant l'année 2006 [PDF]
  8. Histoire de Tavel sur le site tavel.tm.fr
  9. Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du Xe au XIIIe siècle », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon n° 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), p 231
  10. Le Midi Libre, 29 mars 2014
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  13. Auguste Moison, op. cit., p. 29.
  14. Auguste Moison, op. cit., p. 44.
  15. Auguste Moison, op. cit., p. 23.
  16. Jean-Pierre Saltarelli, Vallée du Rhône : de l’appellation à la notion de cru, op. cit., p. 69.
  17. a et b (fr) « Décret du 14 mars 2007 relatif à l'huile d'olive de Provence AOC », INAO
  18. (fr) « Les variétés d'olives », sur terroirselect.info