Outarde canepetière

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L’Outarde canepetière (Tetrax tetrax) est la seule espèce du genre Tetrax. C'est un des oiseaux les plus menacés des plaines cultivées de France.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Longueur : 40 - 45 cm
  • Envergure : 83 - 91 cm
  • Poids : 600 - 900 gr

Nourriture[modifier | modifier le code]

Feuilles et jeunes pousses, principalement de Légumineuses et de Brassicacées. Forte consommation d'insectes lors de la saison de reproduction. Les poussins sont essentiellement insectivores.

Habitat[modifier | modifier le code]

Régions assez sèches avec vastes étendues d'herbe ou de céréales. Fréquente les aérodromes faute de mieux.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Fonctionne sous forme de lek. Au printemps, le mâle en plumage nuptial hérisse les plumes du cou et lance à intervalle régulier un "prêt" sec. Les femelles sont très discrètes durant cette période. Le nid est un creux au sol recevant 3 à 5 œufs en une ponte d'avril à mi-août. Les femelles s'occupent seules de l'élevage des jeunes.

Statut de conservation[modifier | modifier le code]

Cette espèce a longtemps fait l'objet d'une chasse intensive, qui a contribué à en réduire le pool génétique. Mais c'est surtout les modifications des pratiques culturales (remembrements, intensification des cultures et l'utilisation des pesticides et insecticides) qui ont concouru au déclin rapide de l'espèce : chute de 70 % des effectifs dans les trente dernières années, avec aggravation récente du phénomène (de 2000 à 2008, l'effectif d'outardes a chuté de 40 %, sur les sites suivis considérés comme accueillant 60 % de la population migratrice de toutes les plaines céréalières françaises[1], malgré l'instauration d'une zone de protection spéciale (ZPS) sous l'égide de l'Europe sur les 8 sites les plus importants (142 655 ha) de la région Poitou-Charentes[1]).

Protection[modifier | modifier le code]

L'Outarde canepetière bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. Il est inscrit à l'annexe I de la directive Oiseaux de l'Union européenne[2]. Il est donc interdit de le détruire, le mutiler, le capturer ou l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids et de détruire, altérer ou dégrader leur milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, de le colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter.

Plan de restauration[modifier | modifier le code]

De nombreux travaux sont entrepris pour tenter de sauver l'espèce en France, en particulier dans les régions de l'Ouest et du Centre (population d'oiseaux migrateurs, passant l'hiver en Espagne), et dans le Midi, où l'on trouve la plus grosse population en Crau (entre Arles et Marseille).

En 2004, avec 204 mâles chanteurs d'Outarde, les ornithologues estimaient à 21 % le risque d'extinction avant 2030 des populations de l'Ouest de la France. Un projet Life finance un confortement de population à partir d'élevage conservatoire (oiseaux élevés en captivité). Dans le département de la Charente sur deux zones Natura 2000 (celles de Villefagnan sur 9531 ha et de la plaine de Barbezières à Gourville sur 8108 ha), une importante action de préservation de l'Outarde canepetière a été entreprise.

  • Des conventions sont passées avec les agriculteurs pour modifier des dates de fauches et faucher de l'intérieur du champ vers l'extérieur pour permettre aux oiseaux de s'échapper.
  • Depuis 2005, un programme Life Nature pour la sauvegarde de l'espèce est en cours sur les zones de protection spéciale de Charente mais aussi de Charente Maritime et de Vienne.
  • En Deux-Sèvres, la zone de protection spéciale de Niort Sud-Est bénéficie d'un programme de recherche sur les oiseaux de plaine en général et sur les outardes en particulier depuis 1996.

Le département du Gard accueille plus de 600 oiseaux. On y constate un fort dynamisme de la population, attribué à plusieurs facteurs essentiels :

  1. la disponibilité en insectes, notamment les Ephippigères, de grosses sauterelles sans ailes, du fait de l'abandon de nombreuses parcelles agricoles, recréant donc des zones exemptes de pesticides,
  2. la mise en place d'une réserve de chasse à l'Est de Nîmes : de 1998 à 2005, le nombre d'hivernants est passé de 3 oiseaux à plus de 300.

Sensibilisation[modifier | modifier le code]

Un film intitulé « Le chant des plaines » de Laurent Joffrion[3], montre comment le remembrement et l'intensification de l'agriculture ont dégradé les conditions de vie de certaines espèces dont celles des oiseaux de plaine (50 % des espèces d'oiseaux d’Europe) et tout particulièrement de la dernière population d'outarde canepetière en France (Poitou-Charentes) dont le nombre s'est effondré[4].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Programme LIFE Nature FR000091 (Renforcement des populations migratrices d'Outarde canepetière en France)
  2. Le statut juridique des oiseaux sauvages en France, Ligue pour la protection des oiseaux
  3. Film « Le chant des plaines », réalisé par Laurent Joffrion,construit sur une idée originale de Vincent Bretagnolle et Sylvie Houte ; 49 min, GEDEON Programmes - CNRS Images - 2007
  4. Présentation du film « Le chant des plaines » par France 5

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Jolivet, Vincent Bretagnolle, Daniel Bizet et Axel Wolff, « Statut de l'outarde canepetière Tetrax tetrax en France en 2004 et mesures de conservation », Ornithos, Rochefort, Ligue pour la protection des oiseaux, vol. 14-2,‎ mars 2007, p. 80-94 (ISSN 1254-2962)

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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