La Grand-Combe

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La Grand-Combe
Chevalement de l'ancienne mine du Puits Ricard.
Chevalement de l'ancienne mine du Puits Ricard.
Blason de La Grand-Combe
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Gard
Arrondissement Alès
Canton La Grand-Combe
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Grand’Combien
Maire
Mandat
Patrick Malavieille
2014-2020
Code postal 30110
Code commune 30132
Démographie
Population
municipale
5 196 hab. (2011)
Densité 433 hab./km2
Population
aire urbaine
9 699 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 44° 12′ 40″ N 4° 01′ 46″ E / 44.2111111111, 4.0294444444444° 12′ 40″ Nord 4° 01′ 46″ Est / 44.2111111111, 4.02944444444  
Altitude 188 m (min. : 169 m) (max. : 623 m)
Superficie 12,01 km2
Localisation

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La Grand-Combe

La Grand-Combe est une commune française située dans le département du Gard, en région Languedoc-Roussillon.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune située sur le Gardon, à quelques kilomètres au nord d'Alès dans les Cévennes gardoises.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le Gardon d'Alès à La Grand-Combe.

L'élément Combe représente une francisation du terme occitan comba (combo), mot féminin, signifiant « vallée ». Il remonte au gaulois * cumba de même sens. Ce mot est aussi attesté anciennement en français, où il a été employé par des écrivains, mais il s'agit d'un emprunt au franco-provençal ou à l'occitan. C'est pourquoi il est absent des toponymies médiévales et plus contemporaines du nord de la France. En revanche, le type la Combe (la Co(u)me en Gascogne) est fréquent dans la toponymie du midi, des Alpes et du Jura[1].

En français moderne, combe a pris le sens savant et spécialisé de « vallée creusée le long d'une structure anticlinale ». La forme Grand-Combe sans e final à grand est un archaïsme datant de l'époque où cet adjectif était invariable. On le retrouve dans grand-mère, grand-messe, grand-rue, La Grand-Croix (Loire), Grand-Croix de la Légion d'honneur, « ce n'est pas grand-chose ». Il n'y a pas eu élision du e mais cette lettre a été ajoutée en français moderne pour uniformiser tous les féminins. L'apostrophe, souvent utilisée dans ce cas au XIXe siècle, n'a donc pas lieu d'être ; c'est pourquoi elle a été remplacée au XXe siècle par un trait d'union.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dolmen du Ronc Traoucat.
Vue de La Grand-Combe depuis Les Salles-du-Gardon.

Ville champignon surgie pendant la révolution Industrielle, celle-ci est érigée en commune en 1846, à partir des territoires des communes de Laval, Portes, Sainte-Cécile-d'Andorge et Les Salles-du-Gardon. La vallée fut l'un des berceaux de l'exploitation des Mines de charbon des Cévennes, dès le Moyen Âge, mais c'est véritablement vers 1780 sous l'impulsion de Pierre-François Tubeuf que démarra une exploitation proto industrielle beaucoup plus rationalisée avec fonçage de puits, boisage des galeries etc.

La Compagnie des Mines de la Grand’Combe et des chemins de fer du Gard fut créée en 1836 par le grand capitaine d'industrie Paulin Talabot (1799-1885). Ainsi dès 1841, La Grand-Combe et Alès sont reliées au réseau sur l'actuelle ligne des Cévennes, pour désenclaver les gisements de charbon du bassin houiller d'Alès. La « Ligne des Cévennes » est prolongée en 1867 jusqu'à Brioude via Chamborigaud. La Grand-Combe devient chef lieu de canton en 1858.

Tout au long de son histoire, la Compagnie des mines de la Grand-Combe est prospère. C'est une entreprise commerciale de premier plan qui alimente en charbon la marine nationale et marchande, ainsi que les chemins de fer. Elle flanque ses briquettes d'une ancre de marine, qui est sa marque en Méditerranée. Son « boulet le croissant » chauffe les maisons à Marseille et dans de nombreuses villes en France. La Compagnie de la Grand'Combe a en outre porté à sa perfection le « paternalisme », une doctrine sociale fondée sur la satisfaction des besoins matériels et spirituels de la main-d'œuvre qu'elle veut s'attacher. L'ouvrier est pris en charge de la naissance à la mort : il a droit à la gratuité du logement, du chauffage, de la scolarité, des soins, à des vivres à prix coûtant, il touche un très bon salaire. En échange il doit se plier à une morale et une pratique religieuse sans faille. De sorte qu'on peut dire qu'il y a eu à la Grand-Combe une alliance entre le trône et l'autel jusqu'à la Première Guerre mondiale. Son église édifiée de 1856 à 1864 en est la meilleure preuve. La plus grande église du Gard est une véritable cathédrale. Les protestants ne sont toutefois pas oubliés puisque la Compagnie construit pour eux en 1868 un temple à colonnades au quartier de Trescol. La prospérité est aussi dans la Culture, un grand kiosque à musique est construit sur l'esplanade de l'église à la "Belle Epoque". Après 1918, la ville tend à élire des maires plus indépendants de la compagnie, et se dote de municipalités socialistes puis, plus récemment, communistes. Les luttes et les grèves y sont alors plus fréquentes. Tandis que le niveau des rendements des autres compagnies minières stagne, celui de la Compagnie des mines de la Grand'Combe reste élevée (près de 1 000 000 de tonnes annuellement). La nationalisation intervenue en 1946 regroupe toutes les compagnies privées. Les Houillères du bassin des Cévennes ainsi créées embauchent et modernisent certains puits jugés plus rentables. Un record de production est atteint en 1958 avec 3 300 000 tonnes avec un effectif de 20 000 ouvriers sur l'ensemble du bassin houiller d'Alès - La Grand-Combe. La ville va atteindre 17 000 habitants en 1960. De nombreux logements sociaux et immeubles modernes pour loger les ouvriers sont construits à cette époque, notamment au quartier du Trescol. Ce quartier, bien que fortement réhabilité au début des années 2000 est aujourd'hui défavorisé (plus de 50 % de taux de chômage) et est classé en zone urbaine sensible (ZUS)[2].

Cependant, cette période euphorique n'est que de courte durée. La concurrence d'autres sources d'énergie, le pétrole notamment, et les plans quinquennaux qui programment la fin du charbon en France contribuent à des fermetures de puits. Et l'on parle très vite de licenciements, de reconversions... et à nouveau d'exode pour les Cévenols qui s'étaient accrochés au pays et à leur métier hors norme.

Au cours des années 1960 et 70, les puits ferment les uns après les autres. En 1968, le site de Rochebelle à Alès est fermé, en 1978 fermeture du puits Ricard, le puits Destival (sur Alès) en 1984 et la fermeture du puits des Oules en 1985 marque la fin de l'exploitation du charbon dans les Cévennes.

La Grand-Combe reste une ville très sinistrée depuis la cessation des activités des mines, la ville se vide peu à peu de plus de la moitié ses habitants et atteint aujourd'hui à peine 5 150 habitants. Le taux de chômage y est très important (près de 40 %).

Cependant, depuis quelques années, l'hémorragie semble s'être freinée, le déclin s'est arrêté et La Grand-Combe peut regarder l'avenir avec beaucoup plus d'optimisme. L'activité économique se tourne aujourd'hui vers les nouvelles technologie de pointe et vers le tourisme.

L'ensemble des installations minières du puits Ricard est classé monument historique depuis un arrêté du 14 mai 2008. Ainsi, l'empreinte sociale et industrielle minière de ce territoire est reconnue comme patrimoine national et va avoir les moyens de parcourir le temps.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 mars 2001 Patrick Malavieille PCF Député (1997-2002), Conseiller général du canton de La Grand-Combe depuis 1988
mars 2001 mars 2008 Denis Aigon PCF  
mars 2008 en cours Patrick Malavieille PCF Vice-président du Conseil général, Vice-président de l'Association des maires du Gard
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 5 196 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1846. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886
4 011 4 730 6 315 7 780 9 362 8 872 10 152 12 138 11 341
1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936
13 141 13 358 11 484 11 292 11 547 11 232 12 378 12 116 12 343
1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
14 165 14 565 14 440 13 240 10 452 8 329 7 107 5 800 5 332
2007 2011 - - - - - - -
5 266 5 196 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


La population continue de diminuer. En moins de cinquante ans, La Grand-Combe a perdu près des deux tiers de ses habitants. Ce qui donne un côté « grande ville » (nombreux immeubles modernes et "barres HLM"), pour cette commune peuplée de seulement 5 150 habitants.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La maison du Mineur, ancien site de la mine du puits Ricard.
Église Notre-Dame de l'Immaculée Conception.
  • Église Notre-Dame de l'Immaculée Conception dans le style des églises de l'est de la France édifiée de 1857 à 1864 en grès par la Compagnie des Mines par l'architecte Pierre Prosper Chabrol. Il s'agit de la plus vaste église catholique du département. Imposante nef dont la charpente est métallique et de grande portée. Bel orgue Cavaillé Coll datant de 1880 et très nombreux vitraux conférant à l'édifice une belle luminosité. Son puissant clocher en façade à la flèche à 4 pans en pierre culmine à 55 mètres de hauteur.
  • Musée du mineur : la « Maison du mineur » propose une rétrospective réaliste du travail et de l’univers des « mans negros pan blan » (mains noires mais pain blanc) sur l'ancien carreau du puits Ricard (dont le chevalement en béton a été conçus par Charles Tournay). Une découverte émouvante du patrimoine et de l’histoire du bassin minier de La Grand-Combe notamment dans la « salle des lavabos » appelée dans le Nord « salle des pendus » où les mineurs, avant la descente jusqu’à 800 mètres de profondeur, suspendaient leurs habits dans des paniers métalliques. On peut aussi, aux abords du puits Ricard, visiter la salle des machines électriques datant de 1935. Accompagnement facultatif par des guides, rencontre possible avec des anciens mineurs dans la mesure de leur disponibilité.
  • Ruines de la chapelle Saint-Andéol de Trouillas.
  • Vestiges des plans inclinés de la Compagnie minière de Portes et Sénéchas sur la commune de Sainte-Cécile-d'Andorge avec les tours des Pinèdes et du Simonet.
  • Patrie d'adoption du poète maçon, d'origine nîmoise, Mathieu Lacroix (1819-1864), un des premiers félibres, ami de Frédéric Mistral et d'Alphonse Daudet qu'il initie aux vers provençaux quand ce dernier est au collège d'Alès (Gard). Mathieu Lacroix, est le fils d'Anne Lacroix, fille mère, originaire de la commune de Rochegude. Ce poète ouvrier qui a connu une enfance difficile d'orphelin, a été publié de son vivant. Pauvro Martino qui raconte une tragédie minière, un coup de grisou, fut publié en 1855 par Casimir Bousquet, alors bibliothécaire de la ville de Marseille. La ville de La Grand-Combe avait érigé à Mathieu Lacroix un buste en 1899 du sculpteur Tony Noël, Grand Prix de Rome.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 203a et b
  2. ZUS : Trescol sur sig.ville.gouv.fr
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]