Ordre militaire

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Les ordres militaires sont des ordres religieux chrétiens dédiés à la protection armée de la religion. Ils sont constitués au Moyen Âge dans le contexte de la guerre sainte qui a motivé les croisades et la Reconquista.

Illuminure d'un livre biélorusse de 1443 consacré aux croisades contre les hussites.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Les ordres religieux militaires sont nés en réponse aux attaques musulmanes sur les lieux saints chrétiens.

La péninsule Ibérique[modifier | modifier le code]

Le territoire qui vit la première confrontation fut la péninsule Ibérique. Avec l'invasion musulmane en 711 et la bataille de Guadalete, presque toute la péninsule tombe sous la domination maure en moins de cinq ans. La Reconquista (reconquête) commence en 718 lorsque les musulmans sont défaits à la bataille de Covadonga par Pelayo, noble d'origine wisigothe ou asture. Seule la frange nord de l'Espagne, correspondant aux actuels Pays basque, Cantabrie, Asturies et Galice, reste sous domination chrétienne, au sein du royaume des Asturies.

La Terre Sainte[modifier | modifier le code]

Les Lieux Saints de Terre sainte font partie de l'Empire byzantin jusqu'à la conquête des Sassanides en 610. Suit la paix du califat arabe, omeyyade et abbasside. La domination musulmane fait perdre au christianisme sa position privilégiée, mais elle est assez bien ressentie par les courants minoritaires du christianisme, Syriaques, Nestoriens, Arméniens, admis à partager les lieux saints avec le clergé grec orthodoxe laissant les lieux saints accessibles aux pèlerinages. Mais la pression musulmane sur l'Empire byzantin et la destruction du Saint-Sépulcre, en 1009, par le calife fatimide du Caire, al-Hakim, va provoquer les croisades à l'appel de Urbain II, en 1095, pour la reconquête de la Terre Sainte et la création des états latins d'Orient.

La Prusse orientale[modifier | modifier le code]

Les puissances germaniques et scandinaves christianisées se lancent au XIIe siècle dans la conquête des territoires bordant la mer baltique. Les chrétiens d'Europe occidentale, à l'appel de Célestin III, vont leur venir en aides en lançant en 1193, les croisades baltes permettant la christianisation des peuples païens du nord-est de l'Europe et également les habitants originels de la Prusse orientale désignés sous le nom de Vieux-Prussiens (ou borusses).

Origine des ordres militaires[modifier | modifier le code]

La question de l'origine de ces ordres a fait débat : Joseph von Hammer compara dès 1818 les ordres militaires chrétiens (en particulier les Templiers) avec certains modèles islamiques tels que les Assassins chiites. En 1820, Jose Antonio Conde suggéra qu'ils étaient créés sur le modèle du ribat, une institution religieuse fortifiée qui combinait mode de vie religieux et combat contre les ennemis de l'islam. Aucune de ces opinions, ne sont aujourd'hui retenues, Jean de Joinville, biographe de saint Louis rapporte la visite du Vieux de la Montagne, chef des nizâriens, à Acre après la création des Templiers, comme d'ailleurs aucun ribat ne soit apparu en Palestine avant la fondation des ordres militaires[1].

Les premiers chevaliers[modifier | modifier le code]

Il faut peut être rechercher la création du « moine-soldat » dans les Chevaliers de Saint-Pierre (milites Sancti Petri), milice créée en 1053 par le pape Léon IX pour lutter contre les Normands d'Italie du Sud, à la Bataille de Civitate[2] ou dans la mise en place de l'ordre des chanoines du Saint-Sépulcre, après la prise de Jérusalem en 1099, par Godefroy de Bouillon. L'Ordre avait pour mission d'aider le patriarche de Jérusalem dans ses diverses tâches. Un certain nombre d'hommes d'armes, issus de la croisade, se mirent alors au service du patriarche afin de protéger le Saint-Sépulcre[2]. Les hommes chargés d'assurer la protection des biens du Saint-Sépulcre ainsi que de la communauté des chanoines étaient appelés chevaliers du Saint-Sépulcre (milites sancti Sepulcri). Ces chevaliers étaient des laïcs, mais ils profitaient des bienfaits des prières. Ce n'étaient pas encore des moines-soldats, ils n'avaient pas prononcé de vœux.

Création de l'ordre du Temple[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre du Temple.

Depuis la prise de Jérusalem, un semblant de paix existe en Palestine. Des bandes de « grands ou petits chemins », des incursions sarrasines, font régner une insécurité constante. Une grande partie des croisés étaient rentrés au pays après la conquête, il existe bien une soldatesque, mais trop souvent limitée aux villes, les chemins nécessitaient des déplacements en groupe. L'augmentation des dispensaires et leur dispersion était un problème pour les pèlerins malades et pour les Hospitaliers[3].

Suivant Guillaume de Tyr, Hugues de Payns, un baron champenois, faisant très certainement partie des chevaliers du Saint-Sépulcre dès 1115[4], propose à Baudouin II, roi de Jérusalem, la création d'une communauté des « Pauvres Chevaliers du Christ » pour assurer la sécurité des routes. Lors du concile de Naplouse, en 1120, ces « chanoines-chevaliers » sont invités à reprendre les armes. La nouvelle confrérie est installée par Baudouin et Gormond de Picquigny, patriarche de Jérusalem, sur l'ancienne mosquée al-Aqsa, dite aussi, temple de Salomon. Ils tiennent de là leur nom de miles Templii, les chevaliers du Temple, les Templiers[5].

Très vite ces chevaliers, qui prononcent les vœux d'obéissance, de pauvreté et de chasteté, mais qui combattent efficacement les infidèles, posent problème au regard des principes de l'Église ; ces « moines-soldats » sont en état de péché les armes à la main. Hugues fait appel à son parent, l'abbé de Clairvaux, pour intercéder auprès du pape. Bernard de Clairvaux compose De laude nove militie dans laquelle il développe l'idée de malicidi, de non homicide en tuant le mal en l'homme et non l'homme. Hugues reprend ces propos dans sa lettre Christi militibus qu'il soumet, en janvier 1129, au concile de Troyes qui approuve le nouvel ordre[5]. Le premier ordre militaire est officiellement créé.

Ordres militaires en Terre Sainte[modifier | modifier le code]

La création de l'ordre du Temple, démontre l'utilité de chevaliers dévoués à la sécurité des pèlerins en chemin vers Jérusalem. Les « hostelleries », en même temps, hôpital et auberge, créées par les ordres hospitaliers et installées sur les routes de pèlerinage, vont aussi nécessiter protection. Les ordres hospitaliers les plus importants vont pour beaucoup se transformer à l'image des Templiers en ordre militaire.

Ordre de Saint-Jean de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

En 1080, le Frère Gérard crée une nouvelle « hostellerie » (hôpital) de Jérusalem[6]. C'est en 1099, que les armées croisées de Godefroy de Bouillon prennent Jérusalem et Gérard se met au service des croisés en soignant avec ses servants tous les blessés. Pour services rendus, Godefroy offre aux « moines noirs » de Gérard le casual (village fortifié) de Hessilia en Palestine et son fief de Montboon en Brabant ainsi que deux fours banaux[7]. Gérard fait alors construire près de l’hostellerie de Jérusalem une église dédiée à saint Jean Baptiste. La reconnaissance officielle de l'Église vient en 1113 par le pape Pascal II qui impose, en plus des vœux de pauvreté, obéissance et chasteté, un quatrième vœu, celui d'hospitalité[8]. Le premier ordre hospitalier est officiellement créé.

Le rôle militaire des hospitaliers commence réellement en 1137 quand Foulques I, roi de Jérusalem leur cède le castel Bath-Gibelin à l'est de Gaza. Ils construisent en 1140 Margat au nord de Tripoli, ils achètent la même année Belvoir au nord de Naplouse. Puis ils détiennent Sare, Chastel Rouge, Akkar al-Atiqa, Belmont et font construire à Jérusalem, Acre, Tortosa, et Antioche. En 1142, Raymond II, comte de Tripoli, leur cède la forteresse d'Homs et surtout le krak des Chevaliers ainsi que toutes les terres perdues à charge pour eux de les reconquérir[9].

L'Église proteste contre cette militarisation de l'ordre de Saint-Jean et ne voit dans les Hospitaliers, justement, que des hospitaliers. Le concile de Troyes n'a entériné le statut de « moine-soldat » que pour l'ordre du Temple, mais d'aucune façon il n'a été question de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La règle de Raymond du Puy vers 1130, ni celle de Roger de Moulins en 1182, ne font état d'un quelconque statut de chevalier[10]. Mais après la bataille de Hattin, en 1187, l'Église reconnaît en eux le meilleur rempart de la chrétienté comme Saladin a reconnu en eux ses pires ennemis[11]. Le statut de chevalier n'est confirmé, qu'en 1205 dans la forteresse de Margat, lors du chapitre général de l'ordre qui se tient sous le magistère d'Alphonse de Portugal[Lequel ?][10].

Ordre Teutonique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre Teutonique.

Frédéric Barberousse, venu, lors de la troisième croisade, à la tête d'une forte armée de chevaliers germaniques, se noie en Turquie en traversant le Saleph (aujourd'hui le Göksu) le 10 juin 1190. Si ses troupes se dispersent immédiatement après sa mort en rentrant en Europe beaucoup reste sous les ordres du fils de Frédéric, Frédéric de Souabe. Ils rejoignent Antioche où le prince Bohémond III d’Antioche tente de les entraîner dans une opération sur Alep, mais finalement ils préfèrent rejoindre les croisés français et anglais à Saint-Jean-d’Acre[12]. À l’origine simple communauté religieuse charitable venant en aide aux pèlerins chrétiens malades à l'image des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ils fondent un ordre hospitalier reconnu dès 1191 par le pape Clément III.

Après le retour en France de Philippe Auguste, la prise de Chypre par Richard Cœur de Lion et le traité de paix de ce dernier avec Saladin le 2 septembre 1192, les chevaliers germaniques qui restent en Terre sainte se regroupent avec des Hospitaliers chevaliers germaniques. Ils se réorganisent en ordre militaire vers 1192 pour former l’ordre Teutonique qui obtient la reconnaissance officielle du pape Innocent III en 1198.

Autres ordres militaires[modifier | modifier le code]

Avant les croisades, il existait à Jérusalem, en dehors des murailles de la ville sainte, un hôpital pour lépreux, placé sous l’invocation de saint Lazare. Dépendant des patriarches grecs-melkites de Jérusalem, il était desservi par des moines arméniens soumis à la règle de saint Basile-le-Grand. Après la prise de Jérusalem en 1099, les croisés atteints par la lèpre vinrent naturellement se faire soigner à l’Hôpital Saint-Lazare, beaucoup restèrent au sein de la communauté monastique et prononcèrent leurs vœux. Après l'adoption de la Règle de saint Augustin, l’ordre de Saint-Lazare fut confirmé comme ordre hospitalier par le pape Alexandre IV en 1255[13].

Il est établi que les chevaliers lépreux de l'ordre de Saint-Lazare ont participé à des actions militaires comme la prise de Saint-Jean d’Acre en 1191, la bataille de Mansourah en 1250 et ils participèrent aux côtés des autres ordres militaires à la défense de la dernière citadelle des chrétiens en Orient lors du siège de Saint-Jean d’Acre en 1291[14]. Il n'est pas certain que l'Ordre ait été reconnu par Rome comme un ordre militaire.

Ordres militaires de la Reconquista[modifier | modifier le code]

La péninsule Ibérique fut le siège de la plus longue guerre sainte puisqu'elle durera près de huit cents ans. Elle apportera dans al-Andalus aux ordres militaires espagnols une renommée encore plus grande que celle des Templiers ou des Hospitaliers[15]. À partir de 1031, le califat omeyyade de Cordoue, se scinde en taïfas permettant aux chrétiens de reprendre l'initiative militaire avec la conquête de Tolède en 1085[16]. C'est pendant cette période que les Templiers et les Hospitaliers s'installent en Espagne en y fondant de nombreuses commanderies[16]. En 1134, à la mort de Alphonse Ier d'Aragon, celui-ci cède son royaume aux Templiers, aux Hospitaliers et aux chanoines du Saint-Sépulcre[16]. Pour protéger Tolède des raids en provenance de Courdoue à travers les hautes plaines la séparant de la Sierra Morena, l'empereur Alphonse VII s'empare, en 1147, de la citadelle de Qualat Rawaah (château guerrier), à 130 km au sud de sa capitale, sur les marécage du Guadiana. Il charge les Templiers de la défense de cet avant-poste, mais ceux-ci, doutant de pouvoir le conserver face à des rumeurs d'expédition, l'évacuent en 1157[17]. Il faut donc très certainement rechercher l'origine de ordres militaires de la Reconquista, non dans les Templiers, mais dans les hermangildas, groupes de paysans, inspirés des ribats, qui s'engagent par serment à protéger les chrétiens. Il est possible qu'ils prononçaient des vœux de célibat au moins temporaires[17].

Ordre de Calatrava[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre de Calatrava.

Après l'abandon de Qualat Rawaah, Sanche III de Castille confie en 1158, par l'intermédiaire d'un noble commun de leur connaissance, Diego Vélasquez, la forteresse de Calatrava (Qualat Rawaah) et les terres environnantes à Ramón Sierra, abbé du monastère navarrais cistercien de Santa Maria de Fitero[18]. Avec l'aide de Vélasquez, Sierra transfère toute sa congrégation à Calatrava. Il y est rejoint très certainement par des hermangildas que Vélaquez organise en moines-soldats en les dotant de la règle bénédictine de Cîteaux[18]. En 1164, à la mort de Ramón Sierra, les moines se donnent un nouvel abbé et les chevaliers de Calatrava un nouveau maître en la personne de don García[18]. Celui-ci jure de respecter la règle cistercienne et demande à Cîteaux de reconnaître ses frères. Cîteaux accueille la congrégation en véritables frères, et non en confrères, heureux de les reconnaître « non soldats du monde, mais soldats de Dieu »[19]. C'est la même année, en 1164, que le pape Alexandre III reconnaît l'ordre de Calatrava comme ordre religieux militaire[18].

Ordre de Santiago[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre de Santiago.

Au milieu du XIIe siècle, les pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle sont régulièrement attaqués par des brigands. C'est alors qu'un hermangildas, organisé en confrérie de Cáceres, propose aux chanoines de Saint-Éloi du León de protéger les pèlerins. Ces chevaliers de Cáceres reçoivent, vers 1164, la ville d'Uclés, à la frontière de la Castille, au sud du Guadiana, pour en assurer la défense contre les Maures[20].

Les chevaliers de Cáceres reçoivent en 1171, du légat du pape, le cardinal Jacinto, une règle fondée sur celle de saint Augustin. Le pape Alexandre III reconnaît an 1175 les chevaliers de Cáceres comme ordre religieux sous le nom d'ordre de Saint-Jacques-de-l'Épée. Cet ordre en accueillant des chevaliers mariés, non comme confrères, mais comme frères à part entière, marque ainsi sa différence ; il est alors connu comme un ordre militaire sous le nom d'ordre de Santiago (ordre de Saint-Jacques)[21].

Ordre d'Alcantara[modifier | modifier le code]

Ordre d'Aviz[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre d'Aviz.

Ordre de Montesa[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre de Montesa.

Lors de la suppression de l'ordre du Temple, les biens de ceux-ci doivent être dévolus à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, mais Jacques II d'Aragon ne veut pas d'un renforcement d'un ordre souverain qu'il ne pourrait pas contrôler. Il refuse donc la réunion des biens des Templiers de ses états à ceux des Hospitaliers, il souhaitait les joindre à ceux de l'ordre de Calatrava. Une longue négociation s'engage avec le pape Jean XXII et qui se termine par une bulle datée du 10 juin 1317 qui entérine la création d'un ordre de Montesa. Jacques a finalement obtenu que les biens des Templiers et les biens des Hospitaliers sur le territoire de Valence soit attribués à un ordre national sous la responsabilité du roi et non du pape. Jacques attribue le château et le territoire de Montesa à l'ordre pour en faire son couvent. En échange, il concède la dévolution des biens des Templiers aux Hospitaliers sur les territoires d'Aragon et de Catalogne. L'ordre n'est effectif que le 22 juillet 1319 après des manœuvres de retardement de l'ordre de Calatrava. Le premier grand-maître de l'Ordre est Guillem d'Erill, hospitalier catalan, nommé par le pape[22].

Ordre du Christ[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre du Christ.

Le pape a attribué les biens des Templiers, après leur disparition, aux Hospitaliers, mais Denis Ier, de la même façon qu'en Espagne, et pour les mêmes raisons d'affirmation du pouvoir royal, refuse au pape la réunion des biens du Temple à ceux des Hospitaliers. Dès 1318, les anciens Templiers ne sont certainement plus admis dans les nouvelles congrégations[23]. Après d'encore plus longues négociations, mais sans compensation, il obtient de Jean XXII une bulle Ad ea ex quibus du 14 mars 1319, permettant la création de l'ordre du Christ. Il était prescrit dans cette bulle que le grand-maître devait, avant sa prise de fonction, rendre hommage au roi et lui prêter serment. Ce qu'aucun grand-maître n'oubliera de faire, faisant de l'ordre du Christ le plus fidèle soutien du pouvoir royal[24]. Le premier grand-maître est Gil Martinez, un chevalier de l'ordre d'Aviz et le couvent est établi, non pas à Tomar, siège des anciens Templiers, mais à Castro Marim, en Algarve.

Sous la direction de Henri le Navigateur, troisième fils de Jean Ier et clavero (grand-maître ou plutôt gouverneur) de l'ordre du Christ, celui-ci va partir à la conquête des Nouveaux Mondes, en 1425, les îles de Madère et des Canaries, en 1445 les Açores, sont conquises par les chevaliers du Christ, puis c'est les côtes d'Afrique et Lagos, les îles du Cap-Vert, qui vont faire sa richesse en même temps que celle du Portugal.

Ordres militaires de Prusse Orientale[modifier | modifier le code]

Chevaliers Porte-Glaive[modifier | modifier le code]

Ordre de Dobrin[modifier | modifier le code]

Évolution des ordres militaires[modifier | modifier le code]

Dans l'histoire des ordres militaires, on distingue une cassure très nette : le moment où ils ne sont plus en mesure d'accomplir leur rôle principal dans la région qui les a vus naître. En 1291 avec la chute de Saint-Jean d'Acre, les ordres de Terre sainte entament un reflux vers l'Occident. Les Templiers paient le prix de ce repli sur leurs possessions en 1312 où ils sont supprimés par le pape, à la suite d'un procès en hérésie. L'Hôpital s'enrichit alors des dépouilles du Temple et continue sa mission guerrière à Chypre puis Rhodes. Pour les ordres prussiens et ibériques, c'est le XIVe siècle qui voit la fin de la particularité des ordres militaires et leur stabilisation en puissances foncières. Les ordres ibériques seront progressivement soumis au contrôle royal, comme au Portugal dès le XIVe siècle et en Espagne sous les Rois catholiques. Les chevaliers teutoniques ont dirigé un État en Prusse-Orientale, à compter de 1231, qualifié de monastique. Puissance foncière, cette théocratie a conféré aux moines-soldats des pouvoirs cumulés sur les terres annexées et a duré jusque 1525, date à laquelle, après conversion à la religion réformée de Luther, elle finit par se séculariser en duché (laïc) de Prusse-Orientale.

Au cours de l'époque moderne, la plupart des ordres disparaissent ou perdent leur caractéristique. Seul survit de nos jours l'ordre souverain de Malte, qui se veut l'héritier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en revenant à son premier rôle d'ordre hospitalier au travers du statut d'ONG humanitaires sans toutefois abandonner le titre d'ordre militaire.

Description et organisation[modifier | modifier le code]

La caractéristique des ordres militaires est la fusion du mode de vie des communautés d'ecclésiastiques, moines ou chanoines, avec une action guerrière.

Les membres de ces ordres sont donc des combattants, souvent des milites combattant à cheval, des chevaliers. Tous les combattants ne sont pas obligatoirement issus de la noblesse, mais peuvent être recrutés parmi la paysannerie libre. Dans ce cas, ils ne sont pas chevaliers, mais sergents d'armes. Seuls les chevaliers revêtent le manteau de l'Ordre auquel ils appartiennent (blanc pour les Templiers et les Teutoniques, noir pour les Hospitaliers).

Tous obéissent à des règles de vie en communauté qui sont celles de religieux. Ces règles sont souvent calquées sur celles d'ordres monastiques, comme la règle cistercienne adoptée par les ordres hispaniques, ou canoniaux, comme la règle de saint Augustin.

Toutefois, comme il existe dans les monastères des frères dont le rôle propre n'est pas de prier, mais de subvenir aux besoins de la communauté, il existe dans les ordres militaires des frères servants dont le rôle est de soutenir l'Ordre et son activité de combat par leur travail: ce sont les frères de métier (ou sergents). Les paysans qui exploitent les terres des commanderies ne font pas partie de l'ordre, mais bénéficient de sa protection spirituelle.

À l'exception du Temple, les ordres admettent généralement les femmes pour les fonctions liées à l'activité hospitalière et charitable. Les donatrices de l'Ordre du Temple peuvent uniquement prétendre au statut de sœur du Temple.

Les ordres militaires intègrent des prêtres (souvent appelés frères chapelains) pour célébrer l'office divin et assurer l'accompagnement spirituel. Tous les autres frères sont des laïcs ayant prononcé des vœux religieux.

Ce sont néanmoins les combattants qui occupent tous les postes de direction dans une structure strictement hiérarchisés. À la tête s'en trouve souvent un maître ou grand maître, ne répondant qu'au pape, permettant à l'ordre d'échapper à l'autorité des évêques et aux juridictions épiscopales. Le maître est généralement entouré de dignitaires tels le grand commandeur, le maréchal, le turcopolier commandant les turcopoles...

Pour soutenir leur action guerrière dans ces contrées souvent inhospitalières, les ordres bénéficient de l'apport financier d'un réseau de possessions en Occident, appelées commanderies. Possessions grâce auxquelles ils ont souvent été vecteur d'innovations techniques, notamment pour le système de gestion financière des Templiers. À la base de l'organisation, on trouve la commanderie, circonscription regroupant des terres et maisons appartenant à l'ordre et dirigée par un commandeur. Entre ces commanderies et l'état-major de l'ordre, on trouve généralement des structures intermédiaires telles les baillies et les provinces pour le Temple, les prieurés et les langues à l'Hôpital... Les ordres implantés dans les pays ibériques ont créé une structure nationale chapeautant les commanderies locales : l'encomienda mayor (en espagnol, la commanderie majeure ou principale).

Bibliographie[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]