Sauve

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sauve (homonymie).
Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec La Sauve, commune du département de la Gironde.
Sauve
Image illustrative de l'article Sauve
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Gard
Arrondissement Le Vigan
Canton Sauve (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Piémont cévenol
Maire
Mandat
Alexandra Mollard
2014-2020
Code postal 30610
Code commune 30311
Démographie
Population
municipale
1 944 hab. (2011)
Densité 62 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 56′ 36″ N 3° 56′ 57″ E / 43.9433, 3.949243° 56′ 36″ Nord 3° 56′ 57″ Est / 43.9433, 3.9492  
Altitude Min. 75 m – Max. 470 m
Superficie 31,56 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Gard

Voir sur la carte administrative du Gard
City locator 14.svg
Sauve

Géolocalisation sur la carte : Gard

Voir sur la carte topographique du Gard
City locator 14.svg
Sauve

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Sauve

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Sauve

Sauve (en occitan : Seuva ou Sauva) est une commune française située dans le département du Gard en région Languedoc-Roussillon.

Ses habitants sont appelés Sauvains.

Géographie[modifier | modifier le code]

Village gardois bâti à flanc de rocher, aux pieds de la Mer des rochers ; situé en bordure du fleuve Vidourle, qui après un parcours souterrain ressurgit à las fons di Saouvé[1] ; village médiéval très agréable et très visité durant le printemps et l'été.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première occupation humaine d’importance date des périodes gauloise et romaine : elle est située sur le site de Mus, au nord de la commune[2].
Les premières mentions du bourg de Sauve sont plus tardives : selon les ouvrages consultés, le « castrum » de Sauve est cité pour la première fois en 898 ou une soixantaine d’années plus tard, en 959[3],[4]. La bibliographie s’accorde en revanche pour situer le premier lieu d’implantation dans la zone haute de Sauve, au niveau de la mer de Rochers.
L’habitat se fixe ensuite en zone basse, sur le site actuel, à partir du début du XIe siècle. Lorsqu’une abbaye y est fondée par les seigneurs de Sauve : elle occupait l’emplacement actuel de la mairie et de la place Astruc. La ville est marquée, du XIe au XIIIe siècle, par la présence de la puissante famille de Sauve-Anduze qui possède également la ville stratégique de Sommières. Les Anduze se qualifient d'ailleurs selon les chroniques du temps du curieux et rare titre d'origine perse de "Satrapes de Sauve"[5]. Cette période voit la construction du Pont Vieux et des remparts et le développement commercial de la ville, point de passage du Vidourle. La ville connaît alors un premier développement autour de l’enclos abbatial et du Pont Vieux, rive droite mais aussi rive gauche avec la formation du faubourg de la Vabre.
Au XIIIe siècle, la seigneurie passera aux mains des Roquefeuil, descendants des Anduze, puis fut confisquée par le roi de France avant d'être acquise par les évêques de Maguelonne. Elle sera ensuite partagée entre plusieurs seigneurs.

À la période moderne, la ville est majoritairement protestante. Sur le plan économique, elle voit son importance décliner au profit de la ville voisine de Saint-Hippolyte du Fort à partir du XVIIe siècle : Sauve produit comme d’autres villes des textiles (bas de laine), mais les échanges importants se font à Saint-Hippolyte, ou à Nîmes, et la ville reste avant tout un centre de production agricole[6]. À la fin du XVIIe siècle, la construction du Pont Neuf entraîne un déplacement des activités d’hébergement et de transit des marchandises vers le secteur des Combes, aujourd’hui place Florian. Le secteur nord de la ville se développe.

Aux portes de Cévennes, Sauve fut un bastion lors de la guerre des camisards. L’église abbatiale, le château de Roquevaire, sont incendiés, de nouvelles fortifications sont édifiées (de cette époque date la construction du Castelas, qui domine la ville). L’église actuelle a été reconstruite au cours du XVIIIe siècle Les casernes ( écrites "cazernes" sur leur fronton) sont construites en 1759.

Les dragons du roi avaient élu domicile[2] dans des bâtisses qu'aujourd'hui encore on nomme, les casernes, actuellement accolées à l'école publique. Autrefois, ce village était une cité plus importante que Nîmes, aujourd'hui préfecture gardoise.

La physionomie de la ville change avec la destruction, pendant la période révolutionnaire, de l’enclos abbatial. Sur son ancienne emprise, la mairie de style néo classique avec son portique à colonnes est construite, dans la première moitié du XIXe siècle. À la même époque, le temple est construit place Florian, lui aussi de style néo classique très sobre avec un vaste fronton triangulaire couronnant la façade. Enfin la gare de chemin de fer est édifiée en 1872.

La campagne de Sauve, au XIXe siècle, n'ignore pas la culture du mûrier, notamment sur le domaine de Vestric, qui s’étendait également sur la commune de Saint-Jean-de-Crieulon. Dans les années 1860, cette culture sera anéantie, et remplacée par la vigne : la crise du mûrier et de l’élevage des vers coïncidant, à quelques années près, avec l’arrivée du chemin de fer qui permettra la diffusion de la production viticole. L’activité urbaine mêle alors activités industrielles, artisanales, agricoles, avec l’installation de fabriques de bonneteries, de distilleries et la poursuite de la production, en grand nombre, de fourches de micocouliers[7].

Sauve a toujours été très célèbre pour ses fourches (fabriquées avec le bois du micocoulier, micoucoule qui voulait dire petite baie noire, comme les fruits du même arbre), ainsi que ses cerises dont les arbres étaient plantés dans la Mer des Rochers. Site, visité par de nombreux touristes en été, qui ne connaît actuellement plus de vie arboricole, agricole ou toute autre activité humaine qui fourmillait auparavant. C'est un village médiéval très bien conservé dont la visite en été est très agréable à travers ses rues en pentes, escaliers, porches et passages couverts, éléments d'architecture des façades très quantitatifs et qualitatifs du XVe au XVIIIe siècle.

Hymne[modifier | modifier le code]

Occità (original) Français

La Saouvenco :
Refrain : O Saouve, Oh tus douce patrio
fin lous éfants de ta famillo
Taïmen d'amour, taïmen de corp
Té cantarin jusqu'à la mort.

Couplets : Amoundaou, vésé là d'intré les rocs quillado
sus un plan inclina fiéremen estadiado
en sas tourré géanto et soun viel Castelas
superbo commandant lou Vidourlé aïcibas.

dé peiro et des roucas, es clafi son terraïre
es d'aqui qu'à plaisi, sous fourquiès bannédiaïres
sé naousou din l'air sous béau fruits savourous.

Dun ron espectavlou, réboundis merveillouso
un font de bonhur es lindo et fresquo
nou fara tous gaou, evesca viel couvent
Roco Vaïre Saint-Jion, mysterious avens.

Coumo toutes sous gars, sous valles et sas fillos
dé sous roudiés duraos, on la fresquo qué brillo
sous corps sont de diamant, d'aqui ven qué toudiour
Séguiran lous saouven lou drapéou dé l'hounour.

O Diou tous qué d'amoun dirigés nostré moundé
déles escarta lou maou et què lou bé y aboundé
maintins y l'unioun, la paz et sous éfants
de sa patrio fiers, tréfoulis cantaran.

La Sauvaine :
Refrain : Oh Sauve, Oh ta douce patrie
jusqu'aux enfants de ta famille
Je t'aime d'amour, je t'aime de corps
Je te chanterais jusqu'à la mort.

Couplets : Au mon Dieu, voit là entre les rochers quillé
sur un plan incliné fierement établi
et ses tours geantes et son vieux Castelas
superbe commandant le Vidourle ici bas.

de pierre de rochers, est ... son terroir
c'est ici que se plaisent, ses fourches ...
l'on sent dans l'air ses beau fruits savoureux (cerises).

(à completer)













.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Sauve Blason De gueules à la montagne de sable sommée d'une plante de sauge de trois branches de sinople, elle-même encadrée en chef de l'inscription SAL SAL en lettres capitales aussi de sinople, à la muraille crénelée avec deux tours, le tout d'or maçonné de sable, mouvant de la pointe.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis la Libération
Période Identité Étiquette Qualité
2014 en cours Alexandra Mollard DVG  
mars 2008 2014 Bernard Marion DVG  
mars 2001 mars 2008 Joseph Malgoire DVG  
juin 1995 mars 2001 Didier Fougerolles    
1988 juin 1995 Claude Pradille PS Sénateur du Gard (1988-1989)
Conseiller général du Canton de Sauve (1970-1995)
mars 1971 1988 Moïse Meilhac    
mars 1965 mars 1971 Georges Martin PCF Conseiller général du Canton de Sauve

(1951-1970)

1965 1965 Edgar Dorthes    
1947   Urbain Meilhac    
1947 1947 Aimé Faisse    
1945 1947 Émile Dorthes    
1944 1945 Ernest Pradille    
Les données manquantes sont à compléter.

Joseph Malgoire a présenté la candidature de Corinne Lepage à l'élection présidentielle de 2002.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 944 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 800 2 729 2 658 2 584 3 021 2 904 2 808 3 219 2 823
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 442 2 552 2 508 2 314 2 287 2 349 2 440 2 387 2 185
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 160 2 125 2 018 1 696 1 701 1 602 1 412 1 251 1 208
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
1 388 1 328 1 277 1 417 1 606 1 690 1 836 1 856 1 944
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune abrite quatre monuments historiques :

  • la construction maison de l'Évêque, classée en 2004 (contrairement à ce qui fut parfois annoncé, il ne s'agit pas d'un ancien évêché mais tout simplement d'une demeure de villégiature de l'évêque de Maguelone) ;
Pont de Sauve.
La tour de Môle.

Autres monuments et sites :

  • le "pont vieux", d'origine médiévale, franchissant le Vidourle ;
  • "Fontaine de Sauve" : résurgence de "type vauclusien" particulièrement impressionnante en période de fortes pluies notamment à l'automne ;
  • l'église, très remaniée au XIXe et son puisant clocher carré ;
  • la tour de l'horloge médiévale surmontée de son campanile en fer forgé abritant la cloche des heures ;
  • le temple protestant et son vaste fronton triangulaire surmontant sa façade néo classique de la première moitié du XIXe siècle ;
  • l'hôtel de ville et son important portique à colonnes néoclassiques (vers 1820) en face de l'église, place sur laquelle se trouvent d'ailleurs quelques maisons à arcades au rez-de-chaussée ainsi qu'une belle fontaine surmontée d'une statue en fonte de fer peinte en vert, sorte de "déesse" à l'antique semblant représenter la "Diane de Gabies" (milieu XIXe) ;
  • le Conservatoire de la fourche, le seul lieu a pratiquer encore la fabrication de fourche au bois du micocoulier. Avec l'office de tourisme, il est installé au sein d'anciennes « cazernes » (casernes) du XVIIe siècle ;
  • le village, à l'aspect extrêmement pittoresque, est accroché sur une pente abrupte dominant le Vidourle ; nombreuses ruelles avec passages voutés, venelles et escaliers. Nombreuses façades gothiques du XIVe au XVIIIe siècle ;
  • la Mer de Rochers est un chaos de rochers calcaires. Cette zone de karst à tourelles et sorte de cité ruiniforme se visite gratuitement. On y trouve les restes du château de Roquevaire qui est une propriété privée ouverte au public pour les journées européennes du patrimoine. Ou encore les restes du Castellas dominant la cité médiéval au sud. Plus au sud encore, on notera les ruines de l'ancien château de La Roquette au dessus d'une boucle du Vidourle.
  • divers autres mas dont celui de Pigné ou Pignet remarquable (fin XVIIIe, début XIXe ; maison natale de Théodore Sivel) ;
  • l'ancien établissement thermal de "Fonsange-les-Bains" au pied du massif de Coutach dont le pont culminant domine Quissac et Sauve de 472 mètres ;
  • le château de l'Évesque, résidence de Jean Astruc et le moulin à eau attenant, plus ancien ;
  • à l'est de la commune, sur la route de Durfort, dominant cette dernière, l'élégant château de Valfons dont le corps de logis principal est entouré à chaque extrémité de deux tours rondes ;
  • l'ancienne gare, aujourd'hui restaurant, datant de 1872, typique de l'architecture ferroviaire du PLM dans la seconde moitié du 19e siècle.

Etc.

Économie[modifier | modifier le code]

L'un des deux sites d'Éminence est présent à Sauve, le siège étant basé à Aimargues. La fourche dite de Sauve, en bois de micocoulier, est encore fabriquée selon la méthode ancestrale deux fois par semaine, mais quoique recherchée pour le textile (elle ne produit pas d'électricité statique) c'est une vente touristique et estivale ; et la production est menacée de disparition ou forte diminution[10]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vidourle souterrain
  2. a et b Carte archéologique de la Gaule, le Gard, Michel Provost et alii, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1999.
  3. Sauve hier et aujourd’hui, Jacques Gaubiac, 2001
  4. Dictionnaire topographique du Gard, Germer-Durand, 1868
  5. cf. Notice sur la ville d'Anduze par A. Viguier - Delaunay Paris 1823page 192 - lire en ligne
  6. Le Gard de la préhistoire à nos jours, dir. Raymond Huard, éd. Bordessoules, 2003.
  7. Le Salavès. Étude monographique du Canton de Sauve, Pierre Clément, 1953
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  10. Bulletin municipal premier semestre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]