Kiwi

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le fruit. Pour l'oiseau, voir Apterygidae. Pour les autres significations, voir Kiwi (homonymie).
Kiwi
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Kiwi » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
Trois kiwis, dont l'un coupé en deux
Trois kiwis, dont l'un coupé en deux
Taxons concernés

Parmi la famille des Actinidiaceae,
Plusieurs espèces du genre Actinidia :

Les kiwis sont des fruits de plusieurs espèces de lianes du genre Actinidia, famille des Actinidiaceae. Ils sont originaires de Chine, notamment de la province de Shaanxi. On en trouve par ailleurs dans des climats dits montagnards tropicaux. En France, les kiwis de l'Adour disposent d'une IGP et d'un label rouge.

Sa pulpe généralement verte, sucrée et acidulée, entourée d'une peau brune et duveteuse (poilue), contient une centaine de minuscules graines noires comestibles. Le kiwi est une source de vitamine C, mais aussi de vitamine A et E, de calcium, de fer et d'acide folique.

Il existe différentes espèces, comme Actinidia chinensis, Actinidia deliciosa, le kiwai (Actinidia arguta), le kiwi arctique, etc.

Les autres noms vernaculaires du kiwi sont entre autres : Groseille de Chine, Yang Tao (nom chinois), Souris végétale (à ne pas confondre avec la Plante souris), Actinide de Chine (traduction du nom scientifique), voire Actinidier (chez les pépiniéristes)[1],[2],[3],[4].

Histoire de la groseille de Chine[modifier | modifier le code]

Actinidia deliciosa et Actinidia chinensis sont originaires du sud-est de la Chine, dans la vallée du Yangzi Jiang. Il a été décrit pour la première fois vers 1750, par Chéron d'Incarville, un jésuite français. Le « yangtao », littéralement « Pêche du Yang », ou « mihoutao », « pêche des singes », poussait à l'état sauvage dans la forêt longeant le fleuve mais n'était pas cultivé, il était simplement cueilli par les Chinois qui l'appréciaient.

À la fin du XIXe siècle, des plants sont importés en Europe, sans qu'on s'intéresse encore à leurs fruits, puis aux États-Unis en 1904. Le fruit nommé « groseille de Chine » apparaît en Nouvelle-Zélande et en France entre 1904 et 1906. Le Néo-zélandais Alexander Allison plante chez lui des graines apportées par Isabel Fraser en 1906. Les plants portent leurs premiers fruits en 1910.

La plante a d'abord été cultivée dans les jardins domestiques mais la plantation commerciale a commencé dans les années 1940 en Nouvelle-Zélande. Par sélection les Néo-zélandais ont obtenu des variétés produisant des fruits de gros calibre (plus de 100 grammes) alors que les fruits sauvages ne pèsent que 20 grammes. Une intense campagne commerciale, doublée d'un plan marketing concertée en 1974, a imposé le nom de kiwi, emblématique de ce premier pays producteur et surtout des vertus du fruit.

Dans les années 1960, un architecte français, Jacques Rabinel, alors en poste en Chine, rapporte quelques fruits qui lui avaient été offerts. Il les présente au responsable du Jardin des Plantes à Paris. Peu de temps après, il est le premier fournisseur français de plants à Pessac-sur-Dordogne en Gironde.

La Nouvelle-Zélande reste au début du troisième millénaire l'un des principaux producteurs de kiwis, deuxième derrière l'Italie qui peut dépasser 400 000 tonnes par année, le Chili ne dépassant pas 100 000 tonnes, la France, l'Espagne, les États-Unis et le Japon.

Naturellement, des kiwis sont encore produits dans leur région d'origine, la Chine, mais celle-ci n'a jamais fait partie de la liste des dix principaux pays producteurs de kiwis. Ils sont maintenant cultivés principalement dans le secteur montagneux en amont du Chang Jiang. On en trouve également dans d'autres régions de la Chine comme le Sichuan, ainsi qu'à Taïwan.

Le kiwi a d'abord été connu sous le nom de « groseille de Chine », sa chair rappelant celle de la groseille à maquereau. Lors de la guerre froide, ce nom devient un problème pour sa commercialisation aux États-Unis. Sa culture se développant en Nouvelle-Zélande, à partir de 1953, les Néo-zélandais l'appelèrent donc « kiwi », sa peau velue rappelant celle de l'oiseau du même nom, emblème du pays. « Kiwi » a été adopté comme marque déposée à partir de 1974.

Espèces et cultivars[modifier | modifier le code]

Zespri Gold', une variété sucrée à chair jaune.

Le cultivar le plus souvent commercialisé est un cultivar de Actinidia deliciosa (espèce désormais distinguée d'Actinidia chinensis), nommé 'Hayward'. Il est apparu dans les années 1960 et a été amélioré dans les années 1980. C'est un fruit assez clair, brun vert aplati aux extrémités, à la peau velue.

Il existe d'autres espèces, des hybrides et cultivars moins commerciaux (car de plus petits calibres, de moindre tonnage/ha, de moindre conservation et de moindre résistance au transport), mais de grande qualité gustative :

  • Monty (petit et gris)
  • Bruno (allongé et brun foncé)
  • Abbott (marron clair et en forme de poire)
  • Solo (très petite taille mais autofertile)
  • Kiwi de Actinidia chinensis
    • Hort 16 A, vendu sous la marque Zespri Gold, un cultivar à la chair jaune et sucrée.
    • Soreli, un cultivar développé en Italie, à chair jaune et sucrée.
  • Kiwi arctique, Actinidia kolomikta
  • Kiwi de Sibérie ou kiwai, Actinidia arguta
  • Kiwi d'Actinidia polygama
  • Kiwi d' Actinidia rosae de Madagascar (petit et rose)

Il existe en France deux conservatoires du genre Actinidia.

Commerce[modifier | modifier le code]

Pays producteurs[modifier | modifier le code]

En 2009, 1,38 Mt de kiwis ont été produits dans le monde, dont environ la moitié en Méditerranée (656 kt en incluant le Portugal). C’est l’Italie, avec 32 % de la production mondiale, qui domine le marché. La Grèce avec 6,1 % et la France avec 5,5 % suivent derrière les deux autres pays leaders que sont la Nouvelle-Zélande (28 %) et le Chili (16 %).

L'Italie est le premier producteur mondial en 2009, d'où ses recherches dans le développement de nouveaux cultivars comme à l'Université d'Udine. La France (5e mondial et troisième européen) produisait un peu moins de 76 000 tonnes en 2004, son premier client est l'Espagne. Il est cultivé dans l'Ariège, en Tarn-et-Garonne et sur la façade atlantique, du Pays basque à la Bretagne.

Plantation de kiwis dans le sud des Landes.
Pays Quantité (t, 2009) Part mondiale
Total 1 377 233 100 %
Italie 436 300 31,7 %
Nouvelle-Zélande 390 000 28,3 %
Chili 227 000 16,5 %
Grèce 84 000 6,1 %
France 75 907 5,5 %
Japon 35 000 2,5 %
Iran 30 396 2,2 %
Turquie 23 689 1,7 %
États-Unis 23 133 1,7 %
Espagne 18 800 1,4 %
Autres pays 33 008 2,4 %

Pays exportateurs[modifier | modifier le code]

Le fruit conditionné est transporté dans des conteneurs équipés de mini-installations frigorifiques.

En 2008, 1,18Mt de kiwis ont été exportés, pour une valeur globale de 2,02 milliards de dollars américains.

Pays Quantité (Kt) Valeur ($)
Drapeau de Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 377 690565
Drapeau de l'Italie Italie 307 532551
Drapeau du Chili Chili 157 148540
Drapeau de la Belgique Belgique 124 313375
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 44 89084
Drapeau de la Grèce Grèce 38 46148
Drapeau de la France France 26 61349
Drapeau de l’Iran Iran 20 8442
Drapeau des États-Unis États-Unis 16 28461
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 11 26436

Pays importateurs[modifier | modifier le code]

En 2008, 1,15 Mt de kiwis ont été importées. Les principaux importateurs sont :

  1. Belgique, 155 Kt
  2. Espagne, 119 Kt
  3. Allemagne, 118 Kt
  4. Pays-Bas, 66 Kt
  5. Japon, 59 Kt
  6. Russie, 59 Kt
  7. Italie, 57 Kt
  8. France, 53 Kt
  9. États-Unis, 50 Kt
  10. Chine, 43 Kt

Composition[modifier | modifier le code]

Valeurs nutritionnelles[modifier | modifier le code]

Le kiwi contient davantage de vitamine C que l'orange ; il fournit aussi de la vitamine E contenue dans ses graines noires ou encore de la provitamine A, et des B1, B2, B3, B5 et B6. Il fournit 47 kilocalories (196 kilojoules) aux 100 grammes, ce qui le situe au niveau du melon, de la clémentine ou de l'abricot. Il est plus riche en potassium que la banane, son taux de magnésium est élevé. On y trouve aussi du fer, du cuivre, du zinc et du phosphore. De ce fait, le kiwi fait partie des fruits ayant l'activité antioxydante la plus élevée.

Kiwi cru
(valeur nutritive pour 100 g[5],[6])

eau : 83 07 g cendres totales : 0 61 g fibres : 3 0 g valeur énergétique : 61 kcal
protéines : 1 14 g lipides : 0 52 g glucides : 14 66 g sucres simples : 8 99 g
oligo-éléments
potassium : 287 mg calcium : 34 mg phosphore : 34 mg magnésium : 17 mg
sodium : 3 mg fer : 310 µg zinc : 140 µg cuivre : 130 µg
vitamines
vitamine C : 92,7 mg vitamine B1 : 27 µg vitamine B2 : 25 µg vitamine B3 : 341 µg
vitamine B5 : 183 µg vitamine B6 : 63 µg vitamine B9 : 37 µg vitamine B12 : 0 µg
vitamine A : 87 µg rétinol : 0 µg vitamine E : 1,46 µg vitamine K : 40,3 µg
acides gras
saturés : 29 mg mono-insaturés : 47 mg poly-insaturés : 287 mg cholestérol : 0 mg

Reproduction[modifier | modifier le code]

Une fleur femelle de kiwi.
Une fleur mâle de kiwi.

Les Kiwis sont généralement dioïques : les fleurs des plants mâles ne produisent que du pollen et celles des plants femelles produisent les fruits (leurs étamines sont stériles).

Culture[modifier | modifier le code]

Les Actinidia apprécient les sols profonds et légers, bien drainés au ph compris entre 6,0 et 6,5 avec une exposition ensoleillée abritée du vent. La plante est sensible au froid (-10 à -15 °C selon les variétés alors que le Kiwaï résiste jusqu'à -30 °C).

La pollinisation des kiwis est difficile car leurs fleurs ne sont pas très attirantes pour les abeilles. Certains producteurs pollinisent artificiellement avec du pollen récolté et d'autres placent des ruches dans les champs pour optimiser les chances de pollinisation[7].

Depuis les années 1990, on trouve des plants hermaphrodites qui permettent théoriquement de ne cultiver que des pieds « productifs ».

Le kiwi apprécie la mycorhization [4]

Arrosage[modifier | modifier le code]

À la plantation, positionner au centre d'une cuvette qu'on remplira une fois par semaine à la belle saison. Mettre un bon paillis de paille, BRF ou encore du gravier pour établir une isolation thermique des racines superficielles très susceptibles. Quand le plant est adulte, il protège des racines par l'ombrage de son feuillage abondant. Lorsqu'il est jeune, il faut à tout prix ombrer le sol et en tous cas éviter les expositions trop sévères. Pour ces raisons, il faut déconseiller sa culture en zone venteuse ou bien créer des coupe-vent au moyen de haies ou encore de filets.

Taille[modifier | modifier le code]

Dès la chute des feuilles, il est important de tailler cette liane. Éliminer les rameaux ayant produit du fruit. Couper au niveau du « rameau de l'année » qui n'a aucune ramification latérale. Les fruits vont pousser sur les premiers nœuds. On peut donc ne laisser que 20 ou 30 cm de bois mais on peut aussi garder plus de longueur pour palisser en pergola ou verticalement. Il n'y a pas de « charpentière ». Il faut éviter le foisonnement et remplacer les rameaux anciens par des plus récents (un peu comme les rosiers grimpants). Trop de bois diminue la taille des fruits.

Taille « en vert » : dès le mois de juillet, éliminer les vrilles et les rameaux très fins. Pour augmenter le diamètre des fruits, éliminer le rameau au-delà du fruit et supprimer les petits fruits d'une grappe trop chargée.

Multiplication[modifier | modifier le code]

Le marcottage est très facile. Le bouturage est plus complexe. Les bois de taille se conservent au réfrigérateur dans du polyéthylène. Vers le 15 mars, planter sous cloche à l'ombre ou demi-ombre. Après apparition des feuilles, soulever de 2 cm la cloche pour éviter le dessèchement car les racines tardent à apparaître.

On peut aussi procéder par semis mais on obtient en général 4 plants mâles pour 1 plant femelle. On ne peut différencier les mâles et les femelles qu'au moment de la première floraison. Les fleurs femelles ont un ovaire et un pistil assez volumineux au centre de la fleur. Les étamines sont très voyantes sur les fleurs mâles. On peut greffer les plants mâles avec un greffon femelle. Un semis fructifie de 3 à 8 ans après le semis, le pic de production a lieu entre 10 et 15 ans et la durée de vie d'un plant est d'environ 30 ans.

Greffe[modifier | modifier le code]

Elle est déconseillée en zone très froide (< -8 °C) où il ne faut cultiver que des plants « directs » car, si les plants greffés gèlent, ils repartiront en « sauvage ». En zone plus favorable, on peut greffer des pieds obtenus par semis (sauvages) de graines ou des mâles en excès ou encore une partie du plant mâle. On peut procéder dès la mi-février en fente ou encore à l'anglaise.

Sur les grosses sections, il faut greffer par « incrustation ». Retirer un cinquième environ du diamètre du rameau sur environ  cm. Tailler le greffon pour qu'il s'adapte (système tenon/mortaise) et mastiquer.

Fumure[modifier | modifier le code]

Un peu de cendre et de compost bien décomposé à la fin de l'hiver. Attention aux nitrates et à la tonte de gazon trop riche. Plante très sensible à l'azote. Les symptômes sont le jaunissement des feuilles et le brunissement des bordures des feuilles.

Pesticides[modifier | modifier le code]

Certains pesticides sont autorisés en France pour lutter contre les parasites du kiwi[8]. Pendant longtemps, il ne connaissait ni ravageur, ni maladie ou champignon et se cultivait donc aisément en agriculture biologique, mais depuis 2010, une maladie commence à toucher les vergers européens : la bactérie qui la propage, Pseudomonas syringae pv.actinidiae (PSA), est transportée par le vent et mute fréquemment, on ne connait pas encore de remède, les arbres touchés sont donc coupés et détruits.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Conservation[modifier | modifier le code]

Pour lui permettre de monter au maximum son taux de sucre, le kiwi doit être cueilli le plus tard possible à la fin de l'automne, si possible avant ou juste après la première gelée pas trop sévère. Le kiwi se conserve très longtemps loin des pommes (placées à côté, ou dans un même sac de plastique, celles-ci accélèrent sa maturation grâce à l'éthylène dégagée par les pommes), à la température d'une grange ou d'un garage (hors gel). Le temps de mûrissement est très variable ; il faut les trier de temps en temps et rapprocher les moins durs de l'assiette. Cueillis à l'automne, les derniers peuvent tenir jusqu'à l'été suivant (9 mois).

Pour la cuisine[modifier | modifier le code]

Purée de kiwis déshydratée ou « cuir de kiwis ».

Le kiwi est idéal à déguster en dessert, nature, ou avec des condiments sucrés. Il faut le choisir avec une peau souple mais pas trop molle. Mieux vaut les prendre trop durs sur le marché, ils mûrissent rapidement à température ambiante et se conservent 10 jours sans difficultés (et plus longtemps au réfrigérateur dans un bac entrouvert). Pour les faire mûrir doucement, les mettre dans une corbeille avec des pommes. Le dégagement d'éthylène dû à la maturation des pommes fait mûrir le kiwi. En cuisine, rester prudent quant à l'utilisation des kiwis : ils empêchent la gélatine de prendre. De plus, les kiwis font partie des aliments qui peuvent provoquer des allergies orales (notamment le syndrome oral croisé).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1], Arbre fruitier Kiwi, Souris végétale Chinensis Actinidia Chinensis - Jardinerie TRUFFAUT
  2. Super guide Mon jardin et ma maison : Vos arbres fruitiers. Publications BONNIER SA
  3. [2], Le kiwi - Groseille de chine, Yang tao
  4. [3], kiwi, groseille de Chine, souris végétale
  5. (fr) « Le kiwi : le fruit de la forme et de la santé ! », sur oliwer.net (consulté le 10 juin 2010)
  6. (fr) « Valeur nutritionnelle du kiwi », sur www.e-sante.fr (consulté le 10 juin 2010)
  7. (fr) « Pollinisation du kiwi », sur jardin.secret (consulté le 10 juin 2010)
  8. Liste sur Le catalogue des produits phytopharmaceutiques et de leurs usages des matières fertilisantes et des supports de culture homologués en France - Ministère de l'agriculture et de la pêche

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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