Le Cailar

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Le Cailar
L'église Saint-Étienne.
L'église Saint-Étienne.
Blason de Le Cailar
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Canton Rhôny-Vidourle
Intercommunalité Communauté de communes de Petite Camargue
Maire
Mandat
Joël Téna
2014-2020
Code postal 30740
Code commune 30059
Démographie
Population
municipale
2 347 hab. (2011)
Densité 78 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 40′ 37″ N 4° 14′ 12″ E / 43.6769, 4.2367 ()43° 40′ 37″ Nord 4° 14′ 12″ Est / 43.6769, 4.2367 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 41 m
Superficie 30,01 km2
Localisation

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Le Cailar[1] est une commune française, située dans le département du Gard en région Languedoc-Roussillon.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Témoignage de la vie médiévale, ce nom de lieu rappelle la présence d'un château fort. Le latin "Castellum" est présent dans toute la France, comme il est présent dans notre département, il a donné avec le suffixe -are : Le Cailar (Castellare en 1018). Le Castellus de 675 confirme la réponse : il s'agit ici d'un château.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les communes de Vauvert, Saint-Laurent-d'Aigouze, Aimargues, Codognan et Vergèze sont limitrophes à la commune du Cailar. Ses habitants s'appellent les Cailarens et Cailarennes.

Le Cailar est l'une des 79 communes membres du Schéma de cohérence territoriale (SCOT) du sud-Gard et fait également partie des 51 communes du Pays Vidourle-Camargue.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site d'habitation de Le Cailar est très ancien. Il s'y déroule actuellement des fouilles archéologiques mettant au jour de nombreux vestiges d'influences grecque et celtique, remarquables par leur singularité, datant du Ve au IIIe siècle av. J.-C.. Il comporte également un autre site de fouilles, dit "des Clochettes" où a été retrouvé du matériel préhistorique. Dans le passé, le village était plus proche des rives du Rhône (dont le lit a varié avec les siècles) et était quasiment au bord de la mer, à laquelle on accédait par une lagune aujourd’hui ensablée. Pour mémoire, il en est distant aujourd'hui d'une quinzaine de kilomètres à vol d'oiseau (avec l’ensablement, le littoral a pris sur la mer qui s’est donc « éloignée »)... Cet emplacement privilégié, ajouté à sa situation au confluent de deux cours d'eau drainant l’arrière-pays, le Vistre et le Rhôny, en fait un endroit stratégique qui suscitera très tôt un intérêt pour les populations autochtones. Dans l'antiquité, il subira l'influence grecque et rhodienne jusqu'à devenir un petit comptoir, c’est-à-dire un port destiné à la pêche et aux échanges commerciaux qui comptera près de 5 000 habitants (contre 2 300 aujourd'hui environ), d'où l'importance quantitative des vestiges retrouvés.

Peuplé vers le IIIe siècle av. J.-C. par les Volques Arécomiques, une tribu celto-germanique, il subira ensuite l'influence latine. On ne compte plus les bornes et traces de présence romaine et gallo-romaine dans cette région traversée à cette époque par la Via Domitia, une des principales voies romaines de circulation. Au Moyen Âge, le village, proche de la célèbre abbaye de Psalmodie et situé non loin de Saint-Gilles (un des hauts lieux religieux de l'époque en France où est né le pape Clément IV) se trouve sur une route régulièrement empruntée par les pèlerins qui se rendent à Saint-Jacques-de-Compostelle (la Via Tolosane). C'est donc un site notable dont on trouve la trace dans des documents du VIIe siècle (Viguerie d'Aigues-Mortes, diocèse de Nîmes, archiprêtré d'Aimargues).

La région subira également à cette époque l'influence des Sarrazins, venus du sud, qui y font des raids réguliers pendant plus de cent ans. À l'opposé, elle connaîtra les conséquences des remous provoqués par Simon de Montfort en 1209 durant la croisade des albigeois qui voit les seigneurs du nord prendre l'ascendant sur ceux du sud. Cette campagne militaire signe le déclin de la Maison Trencavel, dont dépend alors la vicomté de Nîmes, dont dépend lui-même Le Cailar. En 1212, les Bermond d'Anduze en prennent le contrôle et ajoutent à leurs titres celui de "baron du Cailar".

En 1382, le château primitif est incendié par des Tuchins venant de Beaucaire (les Tuchins sont des paysans révoltés contre le pouvoir central). Après diverses péripéties, le fief passera au XVIe siècle, par le jeu des alliances, aux Baschy d’Aubais. À la Révolution, il ne reste déjà plus que des traces du château féodal, qui était probablement situé entre les arènes et le cimetière actuels, sur le point culminant du village et qui fut détruit définitivement par le prince de Condé en 1628 durant les guerres de religion. Seul le nom de celui-ci (qui vient de castellum = château, transformé en Cailus, Cayla, Chayla, Quila en occitan et enfin Cailar) gardera le souvenir de cette importante place forte.

Après la Première Guerre mondiale suivra une période de déclin relatif qui verra la population du village tomber à environ 1 000 personnes dans les années 1960, notamment à cause des grandes crises viticoles de la fin du XIXe et du début du XXe, pour remonter depuis grâce à un nouvel élan économique, dû notamment à l'essor du tourisme de masse.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : armorial des communes du Gard.
Blason du Cailar

Les armes du Cailar se blasonnent ainsi :

D'argent au saule de sinople[2].

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires depuis la Libération
Période Identité Étiquette Qualité
1977 1980 René Clavel    
  mars 2001 Pierre Bergé-Lefranc   Magistrat
mars 2001 avril 2014 Reine Bouvier DVG Commerçante
avril 2014 en cours Joel Téna DVD  Directeur d'établissement bancaire
Les données manquantes sont à compléter.

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Élection au Cailar.

Canton[modifier | modifier le code]

La commune fait partie du canton de Rhôny-Vidourle, dont le conseiller général est Patrick Bonton (PCF). Le canton dépend de l'arrondissement de Nîmes et de la deuxième circonscription du Gard dont le député est Gilbert Collard (app. FN).

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune appartient à la Communauté de communes de Petite-Camargue, qui était présidée par Reine Bouvier jusqu'en avril 2014, ex-maire du Cailar.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 347 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
940 987 1 048 1 085 1 101 1 148 1 193 1 183 1 255
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 295 1 249 1 335 1 231 1 257 1 302 1 289 1 306 1 344
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 516 1 529 1 545 1 411 1 418 1 309 1 321 1 068 1 156
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 109 1 158 1 222 1 412 1 929 2 311 2 369 2 347 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4])
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église[modifier | modifier le code]

Le village possède une très belle église romane dont certaines parties datent des XIe et XVIIe siècles (l'église St-Étienne du Cailar a en effet été incendiée plusieurs fois, notamment pendant la guerre des camisards, en 1705 par le chef camisard "Catinat", puis reconstruite). Saint-Louis s'y est probablement recueilli en 1248 avant son départ vers le port d'Aigues-Mortes et la 7e croisade. Elle est classée à l'inventaire des monuments historiques ainsi que les arènes pour jeux taurins (les « courses camarguaises » notamment), très typiques de la région.

La mairie[modifier | modifier le code]

La mairie est installée dans un bâtiment du XVIIIe siècle, ancienne caserne des dragons du Roi. Elle fut construite au début du XVIIIe, à la suite de la guerre des Camisards pour aider à « pacifier » la région.

Le temple[modifier | modifier le code]

À voir également le temple ainsi que l'originale et imposante tour de l'horloge coiffée d'une toiture.

Tombes[modifier | modifier le code]

Parmi les lieux à citer, à titre de curiosité, figurent plusieurs tombes d’un caractère particulier. Ce sont, en effet, des taureaux cocardiers qui y reposent, la population du village ayant décidé d’honorer leurs qualités de bravoure exceptionnelles lors de leurs participations aux courses camarguaises. La plus visible est celle du taureau Le Sanglier, de la manade Fernand Granon (années 1920-30), qui trône à l’entrée du village. Plus discrète, la tombe du taureau Le Cosaque, de la manade Lafont (années 1950), se trouve dans les prés.

Signalétique[modifier | modifier le code]

En 1996, le village s'est doté d'une signalétique hors du commun réalisée par l'artiste François Boisrond. Mise en place par les commerçants du village grâce à programme de la Fondation de France, elle indique l'ensemble des commerces, artisanats et lieux publics du village. Cette opération est une initiative du Cercle d'Art Contemporain du Cailar. Celui-ci présente depuis 1988 des créations relatives à l'identité culturelle du village dont l’élément principal est le taureau de Camargue. Fondé par Jean-Marie Bénézet, cette association a exposé plus de 140 artistes contemporains, certains émergents, d’autres de notoriété internationale tels que Jean Le Gac, Valery Koshlyakov, Claude Viallat, Hervé Di Rosa, Robert Combas, Gilles Aillaud, Jean-Michel Alberola, Pentti Sammallahti, Jean-Paul Chambas ou Lucio Fanti.

Tour d'Anglas[modifier | modifier le code]

À l'extérieur du village, on aperçoit la Tour d'Anglas, ancienne tour d'octroi en direction de la mer, datant du XIVe siècle qui est très bien restaurée. Elle doit son nom au comte François-Antoine de Boissy d'Anglas, noble d'origine protestante et figure de la Révolution française.

Mas « Les Hourtès »[modifier | modifier le code]

Le futur mausolée de Jean Lafont, aux couleurs de la devise.

On note également la présence du mas « Les Hourtès », ancienne propriété de Marie-Laure de Noailles, qui comporte de nombreux éléments décoratifs remarquables, dont, entre autres, une verrière réalisée par le sculpteur César Baldaccini et des tapisseries art and craft signées William Morris. C'est actuellement la résidence de l'ancien manadier Jean Lafont, dont on peut voir, non loin de là, le futur mausolée, sculpture de l'artiste Jean-Michel Othoniel à qui l'on doit l'entrée de la station de métro parisienne Palais-Royal-Musée du Louvre.

Tauromachie et élevage[modifier | modifier le code]

Le village dispose d'arènes communales, les Arènes du Cailar. Elles sont destinées aux novilladas et aux courses camarguaises. Elles ont été inscrites aux Monuments historiques le 18 janvier 1993[5],[6]. Elles ont une capacité de plus de 1100 places[7] et ont été construites entre 1900 et 1925 selon la fiche du patrimoine[8].

Outre les monuments, le site est particulièrement remarquable par sa situation exceptionnelle en petite Camargue et l'aspect préservé de ses alentours, partagés entre les prairies où paissent les taureaux et chevaux sauvages et les marécages (marais de la Souteyranne par exemple) à la flore et faune très diversifiée. C’est au Cailar que sont apparues, au XIXe siècle, les premières manades (troupeaux d’élevage en semi liberté) de taureaux exclusivement réservés à la course camarguaise. Cette pratique s’est développée grâce à la survivance d’un droit féodal, le "droit d’esplèche " : une jouissance à titre gracieux des terres non cultivées, par les habitants du village, pour y faire paître les troupeaux. C’est aujourd'hui encore le village qui comporte le plus grand nombre de ces élevages prestigieux, d'où son surnom de Capitale de la Petite Camargue.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Bérard (dir.), Histoire et dictionnaire de la Tauromachie, Paris, Bouquins Laffont,‎ 2003 (ISBN 2221092465)
  • Frédéric Saumade, Des sauvages en occident, les cultures tauromachiques en Camargue et en Andalousie, Paris, Mission du patrimoine ethnologique,‎ 1994 et 1995, 275 p. (ISBN 2-735105-87-3)
  • Jean-Baptiste Maudet, Terres de taureaux - Les jeux taurins de l'Europe à l'Amérique, Madrid, Casa de Velasquez,‎ 2010, 512 p. (ISBN 84-96820-37-1), Annexe CD-Rom 112 pages

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Castellus (Duchesne, Franc. Script. I, 850) 675
  2. Le blason de la commune sur Gaso
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  5. arènes du Cailar sur la base mérimée
  6. voir la fiche sur patrimoine de France
  7. Maudet 2010, annexe, p. 85
  8. voir le descriptif


Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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